Attack on Titan Rpg

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 [Flashback] Slutty Tricks || Elemina & Ymir

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Soldat ~ Titan
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MessageSujet: [Flashback] Slutty Tricks || Elemina & Ymir   28/3/2017, 23:03



Slutty Tricks
An 846 (années prémilitaires d'Ymir)
feat. Elemina


Je cours à en perdre haleine dans ces "trous à rats" que sont les souterrains. Mes prises de souffle étant, parfois, entrecoupés d'un ricanement mutin. C'est qu'ils gardent le rythme, les p'tits poulains ! Il suffit que je me retourne deux secondes pour apercevoir leurs uniformes, parés d'une licorne, me poursuivre au loin. Ces abrutis me hurlent des "Halte !" ou encore "Stop, là !". Ahlalala... Comme si j'allais m'arrêter gentiment et me faire arracher des mains mon précieux butin ! Ils sont au courant de la galère que c'est pour voler une miche de pain ? Rien que quitter incognito les souterrains pour gagner la surface et le marché de Sina, ça relève du génie ! Et pis... S'ils pensent qu'ils m'font peur ! J'suis une crève-la-faim. Une ado sans foi ni loi. Alors, "Allez vous faire foutre, les poulains !" Et je continue à détaler comme un lapin. Zigzagant entre mes confrères sans abris en narguant la milice incapable d'arrêter la gamine que je suis. Bah quoi ? Avouez que ça fait pitié. Ça s'fait marcher sur les pieds par une orpheline qui couche à même le sol et qui bouffe un morceau de pain tous les trois jours et ça s'dit élite des soldats ? Laissez moi rire.

J'ai pas vraiment compté, mais, ça doit faire un bon quart d'heure que ces emmerdeurs me suivent à la trace. J'veux bien être athlétique, mais, j'commence à fatiguer. Heureusement que je connais, par cœur, le véritable dédale que sont les bas-fonds de l'humanité. Contrairement à ces nigauds, moi, je sais où bien me planquer et encore mieux comment les semer !
Après les avoir fait tourner en rond entres deux ou trois "pâtés de maisons" (entendez là des abris pourris en carton), je finis par me glisser furtivement dans un établissement "pas très fréquentable pour des jeunes gens d'mon âge". M'enfin. Comme si on se souciait de l'âge des clients qui rentraient dans ce genre de bordel. J'suis pas cliente, hein ! Allez pas vous imaginer des trucs. Naaaaan. Moi, j'suis juste cette sale môme, ce p'tit rat, qui vient s'cacher là quand les emmerdes planent au-dessus de son crâne. J'suis sûre qu'à force, certaines putains ne prêtent plus attention à moi. Dans un sens, j'suis loin d'être la première, et encore moins la dernière, à venir se planquer dans ce genre d'endroit pour échapper à la justice. Dans les souterrains, tant qu'un fuyard ne t'entraîne pas dans ses sales histoires, tu t'en fous royalement. C'est le cas pour moi. C'est le cas pour tous les pauvres du coin.

Pour une fois, j'ai pas dû faire assez gaffe. Pas assez discrète ? Merde alors. Ça me ressemble pas. En tout cas, les trois mecs qui me courraient après comme des dératés sont là. Et ils ont l'air vénère. Ils beuglent comme des putois pour savoir où je suis. Le gérant leur râle de se calmer. Il ne veut pas d'histoires.
Dans le doute, je me recule d'avantage, bien planquée sous le réfectoire orné de tissus et de soies. Un drap parfait pour me camoufler.
Tenant fermement mon pain, je regarde autour de moi. Un sac. Troué et usé. Une vieille besace comme celles que tous les gens des bas-fonds traînent sur leur carcasse. J'y fourre mon trésor. Si jamais j'me fais chopper, je saurais où le retrouver. Et, si jamais j'venais à le paumer, baaah... Ça s'ra pas moi qui s'ra accusé.

Dans tous les cas, c'est bénef pour moi.


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Dernière édition par Ymir le 1/4/2017, 18:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Flashback] Slutty Tricks || Elemina & Ymir   30/3/2017, 20:07



Slutty Tricks
An 846
feat. Ymir






Elle bâilla, passa une main sur son visage, puis tenta d'ouvrir ses yeux un peu plus.
Dormir.
Juste un peu.
Une petite heure, à peine, peut-être deux. Juste dormir.
Elle avait perdu le compte des jours depuis plusieurs mois déjà.
Sa vie ne ressemblait à pas grand-chose : un condenser de documents avec de faux noms, de faux âges, de faux sexes...Et malgré toutes les fausses informations qui se compilaient dans sa tête, elle ne retenait que les véritables identités qu'elle modifiait en trois nuits ou plus. Ça allait au prix, à l'urgence... Mais surtout au prix.
Au fond, elle se moquait bien de se qui arriverait après. Les gens feraient bien ce qu'ils voudraient avec eux-mêmes, elle avait déjà assez de ses propres problèmes pour s'en soucier.

Bang.
Elle laissa sa tête tomber lourdement sur le bureau, ses mains reposant sur la surface couverte de papier et d'encre.
Les derniers jous avaient été... éprouvants... Un joli mot pour dire qu'elle avait eu une semaine de merde.
Elle tentait vainement d'oublier la foutue descente qui avait eu lieu trois jours auparavant. La police militaire était débarquée sans un mandat de perquisition et avait fouillé toutes les putains de pièce du bordel. Pour quoi, au fond? Découvrir quelques doses d'opiacé qui valaient à peine dix pièces, se prendre quelques putes au passage... Et pour quoi, au fond?
C'était sans doute une excuse pour les hommes mariés de la surface de se tremper le pinceau ailleurs sans qu'âme qui vive ne soit au courant... Ou se vider par désir plutôt que par devoir. Dans les bas-fonds, il n'y avait rien qui les retiendrait, rien qui les salirait... C'était une ellipse de leur réalité.
À chaque fois que Mina les voyait débarquer, elle les haïssait encore plus... Et quand elle croyait qu'elle avait atteint le paroxysme de sa rage, elle se retrouvait encore plus enfoncer dans une hargne à peine contrôlable... c'est à ce moment-là qu'elle perdait normalement les pédales...
Où elle était entrée sans frapper  dans les toutes pièces, une à une, surprenant les soldats dans leurs ébats, les mêmes cons qui s'étaient crus tout permis parce qu'ils ne valaient rien, et elle les avait sortis de la maison close de Church à grand coup de pieds dans le cul.
Ils l'avaient cherché. ces porcs.
Il n'y avait rien de plus jouissif que de les voir blêmir de pudeur tandis qu'elle leur serrait les couilles. Ils ravaleraient leur fierté et leur sperme et avant même qu'ils eurent le temps de s'en rendre compte ils étaient dehors, en minorité, devant les habitués et les voisins qui les méprisaient tout autant qu'elle pouvait le faire.

Tout habillés comme des putains de laquais à baiser le cul d'un Roi qui se fouttait de leur gueule, tous autant qu'ils étaient. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Le roi, la populace d'en-haut, les militaires, leurs stupides murs. Après c'était elle la prostituée...
Un corps, ça se vendait de bien des façons.... Et eux, ils avaient le choix de se plier à un système qui les gardait comme du bétail prêt à être abattre.
Vachement noble, l'acquisition de la liberté des Murs Sina et Rose.

« Tch. »


Le bruit lui avait échappé tout seul.
Juste à un repenser, elle sentait ses nerfs se raidir et son envie de dormir dégager.
Le Mur Maria était tombé depuis déjà un an que déjà ils agissaient tous comme si rien était. Les gens de la surface comprenait à peine les conséquences de ce qui arriveraient. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne crèvent de faim comme en-bas.
Peut-être cela leur ferait-il réalisé que les avoir emprisonnés dans leur caniveau n'aura été qu'une façon d'ignorer la misère environnante, leur rappeler à quel point ils étaient proches de leur état de survivance...
Ignorer faisait souvent croire à l'impossibilité d'une situation, bonne ou mauvaise.
Elle soupira.  
Se calmer. Il fallait qu'elle se calme.
À trop penser, on finissait par ne plus voir aussi clair qu'on ne le croyait.
C'était lui qui lui avait appris... Lui et ses yeux trop bleus.
Et ses cheveux trop blonds.
Ses épaules trop larges.

« Ça suffit. » siffla-t-elle entre ses dents, les serrant si fort qu'elle sentit sa mâchoire craquer.

Pas ça.
Pas maintenant.
Pas jamais. Qu'il dégage de sa tête.
Elle se leva de sa chaise de bois, complètement vannée. En marchant à l'extérieur du bureau, elle entendit à peine les cris des nouveaux clients qui passaient la porte un peu trop bruyamment. Ses pas la dirigèrent directement vers le bar. Ses mains sur ses tempes massaient tant bien que mal ses tempes, et pendant que les voix montaient, on remplissait son verre de Moonshine. Elle but cul-sec.
C'était dégueulasse.
Dégueulasse, mais fort.
Mais pas assez.

Elle remit son verre sur le comptoir pour qu'on la resserve.
La voix de Niklaus lui semblait lointaine... Jusqu'à ce qu'on tire une balle en sa direction et qu'elle sente son verre éclater entre ses doigts.
La douleur fût vive, mais pas autant que sa colère quand elle se dressa sur ses pieds,  couteau dégainé.
Énervée était un mot trop faible pour décrire la fureur qui la contrôlait à ce moment-là, tandis que les  trois lurons beuglaient pour quoi, exactement?
Ce fût plus fort qu'elle... Elle empoigna une table vide avant de la faire glisser directement sur leurs cuisses, tous trois recevant le coup avec surprise, tant qu'ils perdirent l'équilibre sous le coup... Elle n'avait pas remarqué Church qui la leurrait avec désapprobation malgré ses mains plaquées sur la table.
Il l'avait aidé à contre-coeur et tandis que l'arme à feu avait été propulsée sur la sol, Mina n'attendit pas une seule seconde avant de s'en emparer. Elle la tiendrait hors de portée le temps que ces crétins comprennent qu'ils n'étaient pas dans leur élément.
Les Souterrains, c'était leur territoire.
Leur petite vie à la surface ne méritait pas d'être perdue de façon aussi pathétique... Ils avaient sans doute des familles là-haut, qu'ils y retournent...

Tandis que la scène continuait, la jeune femme aux cheveux blancs se retourna lorsqu'une ombre attrapa son attention.
Elle ne perdit pas trois secondes que déjà elle avait retiré le cran de sûreté sur le flingue des Licornes...Trop facile d'utilisation.
C'était risible.
Ses pas s'approchèrent de la forme qu'elle devinait être féminine avant de lui balancer la crosse entre les omoplates pour être certaine que le coup la fasse tomber plat-ventre pendant son évasion.
Le talon de sa botte s'inséra à l'endroit exact où elle avait frappé le dos son adversaire avant de braquer la bouche du canon en plein milieu de sa tête.

« Les Poulains? Sérieusement?
J'ai vraiment eu une semaine de merde et tu ramènes de de la pourriture dans les Souterrains? »


Elle hésita quelques secondes avant de lever son arme pour la laisser se relever.
Par sa carrure, elle pouvait voir qu'elle était plus costaude.
Plus grande qu'elle, sans doute. Plus compétente pour le combat.
Elemina ne bougea pourtant pas sachant son désavantage : elle avait l'arme la plus rapide pour mettre un terme à sa misérable existence... Tout était mieux que de survivre un jour de plus dans cette merde, tout compte fait.
Il suffisait d'avoir le courage d'y mettre un terme.
Elle recula de quelques pas pour lui laisser de l'espace.
Qui était-elle pour décider du sort d'une gamine?
Elle se haïssait pour sa clémence....

« Dégage avant qu'il ne te repère...
Le plus vite tu foutras le camp d'ici, le mieux tu seras. »


Elle garda sa voix très basse sans pourtant retirer l'arme de sa cible.
Si elle tentait quoi que ce soit, elle n'aurait qu'à appuyer sur le détente et lui exploser la tête.
Facile, simple, rapide.

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Soldat ~ Titan
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MessageSujet: Re: [Flashback] Slutty Tricks || Elemina & Ymir   1/4/2017, 23:14



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J'ai le souffle coupé. J'en ai presque lâché un halètement d'étonnement. Ma cage thoracique est compressée, comme ça, soudainement. Et une certaine douleur est notable, non loin de ma nuque. Je grimace. Putain, sérieusement ? J'viens de me faire plaquer au sol ? Les poulains ? Ils m'ont vu ? Pas possible. Ils n'ont pas dépassé le comptoir et je les entends beugler contre le gérant qui leur ordonnent de se calmer. En plus, les voix semblent s'éloigner. On doit sûrement les raccompagner vers la porte. Mais, alors, qui ? Nan... Z'allez quand même pas me dire que c'est une putain qui me maintient comme ça ? Pfiou. Chapeau la miss. T'as d'la poigne. Ou plus précisément du talon. Au moins, tu m'as pas assommé. Voilà qui est très bien. J'ai juste à... Un mouvement rapide... Me redresser un peu, sur mes coudes, et te tacler d'un bon mouvement de la jambe, en me retournant, telle une faucheuse... Mais y'a un détail qui me refroidit. Un détail, qui n'en est pas vraiment un dans un sens, qui me dissuade. Ce cliquetis. Un flingue, hein ? Je roule du regard et ricane. Sacrée putain ! Elle rigole pas. Je siffle, entre mes dents, un "fille de pute" avant de me demander si l'insulte compte double lorsqu'on la sort vraiment à une catin.
- J'lèverais bien les mains en l'air, mais, j'tiens à ma tête. Je soupire en ignorant complètement ses dires. Qu'est-ce que j'en ai à foutre de sa journée merdique ? Qui ne passe pas des journées à chier quand on vit dans les bas-fonds ? Elle croit que j'vis mieux qu'elle peut-être ? Laisse moi rire. La seule différence entre elle et moi, c'est que j'vends pas mon cul. J'ai un minimum de dignité. Rassure-moi, t'sais utiliser une arme ? Ça s'rait con qu tu me tires dessus comme une conne. J'ai toute la vie d'vant moi, t'sais ? 14 ans... J'ai encore de quoi passer des années dans ces trous à rats de souterrains à fuir ces poulains qui veulent pas me lâcher la grappe pour un bout d'pain. Car oui, m'dame, j'ai volé. Voyez-vous, y'a pas qu'vous qui passez de sales journées. Je cherche clairement la merde, j'avoue. Mais c'est rigolo de chercher les gens. Sauf si elle tire. Là, ça s'rait vachement dommage quand même. M'enfin. Qui serait assez pourri pour abattre une frêle jeune fille ? Bref. Crédible, n'est-ce pas ?

Je sens un faible relâchement. C'est pas pour autant que je bouge, sur l'instant. Sait-on jamais. Mais, visiblement, j'ai l'autorisation de me redresser. Chose que je m'empresse de faire, en hésitant fortement à lui foutre un coup de boule bien violent pour la route. Nan, mais sérieux. Qu'est-ce qu'elle croit la blondasse ? Qu'on me menace gratuitement ? Mwahaha.
Lui faisant face, je la détaille du regard en fronçant les sourcils. Alors comme ça, c'est, en prime, un peu plus petite que moi ? Eh bah ! Pas froid aux yeux, m'dame. Elle allie force et beauté, la bougresse. C'est plutôt classe la cicatrice. Ça fait charismatique. M'enfin. Je divague.
Je la fixe, prends une grande inspiration et force un grand sourire. Tout ce qu'il y a de plus faux et crispé.
- Merci bien, euuh... Catin d'bas-étages ?

Je hausse les épaules. J'me fous bien de sa réaction face à mes paroles. Tout c'que j'veux, c'est le sac dans lequel j'ai mis mon butin. Mais je sens que cette conne me prendra en joue au moindre geste.
- T'sais ? Pour que j'puisse m'en aller, faudrait qu'tu te détendes et arrêtes de me mater comme si j'allais te planter avec un couteau. Bien que l'idée d'te sauter à la gorge me traverse l'esprit. Juste pour te faire payer du coup dans l'dos.

Avec ma franchise, l'envie de me mettre une balle entre les deux yeux doit plus l'allécher que la révulser. Tant pis. Je vais pas changer ma façon de parler pour une meuf qui se la joue héroïne en m'arrêtant pour, ensuite, me dire de m'enfuir tel un petit oiseau libre.
Pendant ce petit combat de regard idiot pour savoir l'action de l'autre, nous, ou plutôt je, avons vraisemblablement oublié ce qu'il nous entourait. Et c'est ainsi qu'un "LA !" m'extirpe de cette bulle de conflictualité, au même moment qu'un tir ne déchire le vent et, surtout, la chair de ma jambe.
Je m'écroule en un cri. L'enculé. Il a bien visé. La rotule. Il m'a flingué la rotule. J'ai aucun moyen de marcher. Pas de cette jambe là en tout cas. J'fais comment, maintenant, pour m'échapper, moi ?

Putain... C'est comme ça ? C'est ça, ma fin ?
Une vie de merde jusqu'au bout ?

Je regarde, alors, la seule personne ici qui peut porter le titre de "lueur d'espoir". Et dire que j'ai insulté cette lumière. Tss ! Ça s'ra bien fait pour ma gueule si elle ne daigne pas m'aider.


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MessageSujet: Re: [Flashback] Slutty Tricks || Elemina & Ymir   4/4/2017, 13:55



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Blah. Blah, Blah,
Qu’est-ce qu’elle jacassait, cette môme.  
Fille de pute par ici,  catin  par-là.
Les classiques.
Ce qui la surprit chez elle pourtant, c’était la facilité avec laquelle elle rendait la gâchette tentante.
Juste un mouvement. Minime.
Et Pan.
Elle se ressaisie.
Les faits restaient les mêmes : aussi emmerdeuse puisse-t-elle être, c’était toujours une enfant. Une enfant imprudente et profondément acerbe, mais une enfant quand même. Il y en avait des centaines d’autres comme elles, comme il y avait des centaines d’autres prostituées. Tout le monde se copiait-collait à un mode de survivance, se protégeant comme il le pouvait.
La confrontation, les insultes, les coups, chacun avait sa méthode.
De toute évidence, l’Autre avait choisi ses armes.
Elemina, quant à elle, resta indifférente.
Si ses yeux étaient dirigés vers le corps allongé à plat-ventre sur le parquet du bordel, ses oreilles leurraient la scène d’à côté.
Elle ne ratait pas un seul mot de ce qui se passait un peu plus loin.  
Pour le moment, la jeune fille était la moindre de ses priorités.

Elle entendait la discussion monter. La voix de Niklaus était stable, mais elle reconnaissait les signes d’agacement chez son patron.
L’utilisation prononcée de certains mots plus que d’autres, la désertion des formules de politesse, des répliques de plus en plus sèches.
Church perdait patience. Et les militaires aussi.
Il fallait qu’elle trouve un moyen d’intervenir avant que la situation ne dégénère. C’était à prévoir. Elle le sentait.
Autour d’elle, elle pouvait deviner la présence de plusieurs employés, autant apeurés que prêts à sauter dans l’action advenant que la situation le requiert. Putes, barmans, clients.  La tension montait de partout.
Les gens d’en-bas n’aiment pas être interrompus dans leur business.

Elle fit un pas en arrière, releva son talon.
Une lueur d’amusement passa derrière les iris trop vertes de la faussaire.
En d’autres circonstances, peut-être aurait-elle ri. Un peu.
Elle garda sa posture fixe et son arme dégainée pendant qu’elle observait la jeune fille se remettre sur ses pieds, nonchalante.
Elle était définitivement plus grande qu’elle.
Brune. Des traits grossiers, carnassiers.
Parfois féminins, parfois masculins ; elle était un curieux mélange.
Avec ses points de rousseur, une peau basanée et ses yeux noisette.
Elle était une beauté particulière. Qui s’appréciait sans doute quand lorsqu’on la tenait à bout portant.
Elles se lorgnèrent encore quelques secondes avant qu’Elemina n’abaisse le pistolet, d’un geste lent et mesuré.
Le cran de sûreté était toujours retiré. Au moindre mouvement, elle n’hésiterait pas à lui tirer dessus. Elles pouvaient très bien s’en tirer, autant l’une que l’autre, sans la moindre égratignure ; cela ne dépendait que d’elle et, si oui ou non, elle coopérerait.  

« Quelle mauvaise langue tu as là, gamine. »

Le sarcasme avait épousé sa bouche tout seul, l’étirant ses lèvres en une moue joueuse, faussement attendrie.
Niklaus haussa la voix.
Son amusement se draina aussi vite qu’il était apparu. Ce que cette fille ne semblait pas comprendre, c’est que les prostitués sous ce toit étaient tous sa responsabilité. Si elle n’avait que sa peau à sauver, en ce moment-même, Elemina ne pouvait s’empêcher de calculer le nombre d’individus dans la pièce, par spéculation autant que par observation.
Tandis qu’ils avaient un démêlé avec les autorités, c’était l’immeuble et ses occupants qu’elle mettait en danger.

Qu’est-ce qu’elle attendait, au final?
Un peu de compréhension? De sympathie?
En vérité, elle ne le savait pas elle-même… Peut-être juste un peu de paix.
Pour eux, pour elle aussi.
Une chose certaine : pendant qu’elles se tenaient à un peu moins de deux mètres l’une de l’autre, les Poulains s’étaient impatientés eux aussi et avaient pénétré le bordel de force.

Il eut un bruit d’une chaise qu’on renversait, puis les voix qui montaient dans la stupeur.
Un cri, puis deux.
Une voix stridente liée à l’explosion d’une détente.
La balle était partie sans qu’elle ne puisse la prévenir.
Elle ne vit que le l’ombre de la brune retomber sur le sol.
Elle avait été touchée.

Sans le moindre signe de panique, elle regarda les soldats s’avancer vers elles.
Pas besoin d’explications pour qu’elle comprenne qu’ils allaient amener cette gamine au trou…
Son arme la titillait de plus en plus, mais pas autant que lorsqu’elle sentit le sang qui avait éclaboussé sa propre jambe brûlé une partie de son pantalon.
De la douleur à la surprise, elle avait presque cru qu’ils avaient tiré une seconde fois ; qu’elle avait été la cible.

La fille.
Elle retourna vivement sa tête vers elle, les yeux grands ouverts.
De la fumée?
Mais qu’est-ce qu’ils lui avaient faits?
Elle se pencha machinalement vers elle, dégageant les mains de sa jambe : elle devait comprendre l’étendue des dégâts.
L’examination fût rapide : son genou.
Mais encore… La fumée.
Du sang. De la fumée. De la chaleur…

« Mais qu’est-ce que… »

Pas le temps pour ces conneries : elle devait la tirer hors d’ici.
Qui c’est ce que ces maniaques de la surface pourraient faire si ils remarquaient ce type de blessure.
Une vivisection, peut-être…
Elle secoua sa tête : réfléchis, Mina.
Elle observa son environnement.
Il y avait trop de gens pour qu’elle risque de les blesser.
Et si elle tirait, les autres se feraient un plaisir de la descendre.

Et puis, ce fût comme une révélation : là, sur le comptoir, un sac de farine.
De la farine, repensa-t-elle avec regret.
Ce truc valait une fortune… Et elle doutait fort qu’ils en reverraient avant un bon bout de temps.
Elle serra les dents : si elle hésitait, elle aurait le sort de cette gamine sur le conscience… Et il n’y avait rien de pire que de devoir gérer ses putains de remords.
Elle ferma les yeux pour se concentrer et en moins de temps qu’il ne le fallait pour ne le dire, elle avait repris l’arme, visé. Tiré.
Dans le mille.
La pièce s’était enduite de particule blanche, aveuglant quiconque se tenait à hauteur d’homme.
Un écran blanc, dense : c’était l’arme parfaite pour leur évasion.

Elle attrapa la jeune fille par les épaules avant de mettre ses deux mains sous ses aisselles et de se mettre à la traîner.
Sa posture recroquevillée gênait ses mouvements, mais pas assez pour l’empêcher de bouger.
Elle devinait la douleur de l’autre, mais pour le moment, il fallait lui trouver un endroit sûr pour retirer la balle.
Le corps de la gamine à sa suite, elle pénétra dans le bureau avant de passer dans l’antichambre avec elle.
Elle relâcha le corps, verrouilla la porte et en se dirigeant vers un petit bureau de fortune, elle en tira un semblant de lame.

« Je sais pas ce que tu es.
Je ne veux pas le savoir. »


En se rapprochant de la jeune fille, elle attrapa une bougie au passage pour stériliser la lame du mieux qu’elle le pouvait.
Elle savait d’ores et déjà que si elle ne disait rien pour calmer son interlocutrice, c’était peine perdue.
En radoucissant sa voix, elle chercha son regard dans l’espoir qu’ils puissent se comprendre, l’une et l’autre :

« Par contre, il faut retirer cette balle de ton genou. Le plus vite du coopère, le plus vite tu retrouves ta liberté et on sera toutes les deux gagnantes. »

Elle attendit son approbation…
Même si, au fond, elle le ferait avec ou sans son consentement.
Parfois l’illusion d’avoir fait un choix était pourtant rassurante.
C’était tout ce dont Mina avait besoin.
Leur temps était compté.
[/b]


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MessageSujet: Re: [Flashback] Slutty Tricks || Elemina & Ymir   9/4/2017, 01:31



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Mauvaise langue ? Moui, en effet. C'est l'une de mes plus belles armes. J'n'en suis pas peu fière, d'ailleurs. Cracher son venin telle une vipère est le meilleur moyen de se faire respecter, ici. Parfait pour faire taire les petits malins et les commères. Aussi rapide, dévastatrice et efficace qu'une rafale de balle ou une claque en pleine face. Hélas, mes grands mots et ma grande gueule, bien qu'aussi blessants qu'une balle de plomb, ne servent pas de bouclier face à cette dernière. Sinon, j'n'en serais pas par terre à cause de l'un de leur foutus projectiles. Les enculés. Non seulement fait un mal de chien, mais, en plus, personne ne sait mieux que moi à quel point une blessure, même la plus minime, peut me valoir cher. Pire que la vie : mon droit au titre d'être humain. Voilà ce qui pouvait être touché, à cause de cette putain de chaleur dégagée par mes plaies. Ma putain de réelle identité.
Il faut que je me casse d'ici. Vite. Me foutre en sûreté. À l'abri des regards. Avant que ma chaire ne se consume et se soigne en un écran de fumée qui pourrait trahir mon anormalité. Ma monstruosité...
Les jets de pierres me lacèrent. Les regards me transpercent. Les cris haineux m'agressent.
Je secoue la tête et déglutis. Maudit souvenir. Il est hors de question. Hors de question que ça ré-arrive. Jamais. Vous m'entendez ? Plus jamais vous ne me frapperez. Plus jamais vous ne me traiterez de monstruosité. Parce que j'n'en suis pas une. Je le cache, là, bien profondément. Vous n'avez pas de preuves. Aucunes preuves.
J e     d o i s     m ' é c h a p p e r     a v a n t     l a     f u m é e.

Je serre les dents, les poings, tente de me relever. Fais chier ! Je grogne de rage et de douleur. Le poing que je frappe, coléreuse, contre le parquet, ne fait aucun bruit dans cet immense brouhaha de verres brisés et de cris. C'est la zizanie. Allez, merde, Ymir. Lève-toi. Profite de cette occasion pour t'enfuir. La douleur n'est que mentale. La douleur n'est que futilité.
B o u g e.     T o n.     P u t a i n.     D e.     C u l.     Y m i r.
.     .     .
.   .   .
.  .  .
J'y arrive pas...
C'est déjà fini ? Hein ? Tu parles d'une seconde chance. J'aurais mieux fait de ne jamais retrouver mon humanité. Car aujourd'hui, mon heure va sonner.
Bonjour, prison.
Bonjour, jugement.
Bonjour, pendaison publique.
J'me suis merdé. Bien merdé.
Fais chier !

Une paire de mains vient chasser les miennes, pressées contre mon genou ensanglanté comme par espoir de cacher la vapeur qui commençait à s'en dégager. La putain ? J'ai relevé la tête et mon regard s'est plongé dans le sien. Elle me vient en aide ? Tch. Bah bravo. Je le sens, ce sourire reconnaissant à la con se dessiner sur mes traits. Alors comme ça, y'a encore un minimum de bonne foi dans cette société ? Merci, humanité. Pour une fois que tu fais les choses bien, pour moi.
Ses yeux bifurquent sur le côté et je n'arrive pas à savoir ce qui attire son attention avant qu'un nuage dense et poudreux d'un blanc cassé n'engloutisse la pièce et nous fasse tous tousser. De la farine ?
Je me sens tracté vers l'arrière. Ma jambe me tire, me tend, me crispe. Putain de gros calibre...
En un rien de temps, je me retrouve du parquet de "l'entrée" à celui d'un bureau fermé. J'ai du mal à capter tout ce qu'il se passe. Ma tête me tourne. Je suis fiévreuse et j'ai des espèces de nausées. Surement à cause du saignement abondant et de mon manque de forces. Tch. J'dois faire pitié. Je déteste faire pitié. J'parais faiblarde, quand c'est le cas. J'suis pas faiblarde. Du moins, c'est ce que je me tue à me dire.

- Qu'est-ce que tu fous avec un couteau ? J'arque un sourcil en tentant de garder les pieds sur terre. Ne pas tomber dans les vapes. Vraiment. Ça serait le pompon.

Lorsque la blonde cendrée s'approche de moi, je comprends. L'information me monte au cerveau et me foudroie. Je fais un mouvement de recul, vif et irréfléchi. Comme pourrait le faire un animal apeuré. J'ai fléchi le genou qu'il ne fallait pas. Une douleur acerbe me parcourt. Oui. J'ai agit comme un gibier. Un gibier qui recule devant le chasseur.

- J'ai pas besoin d'aide.
J'ai besoin de personne.

L'autre n'a pas l'air de mentir. Mais, qui est quelqu'un aux airs sincères lorsque ce quelqu'un vous tenez en joue cinq minutes auparavant ? Quelqu'un de confiance ? Ah ! Permettez-moi d'en douter.
Hélas pour moi, madame ne semble pas prête à changer d'avis.
Mes sourcils se froncent. Un grognement m'échappe, l'air de dire, dans un premier temps "tu m'fais chier." et, dans un second temps "va-y avant que j'aie plus envie."
- J'te préviens. T'essais un seul coup de pute, tu vas voir à qui t'as affaire. Et ça sera la définition d'ton pire cauchemar.

Trempé et troué par le sang brûlant le tissu, j'arrache sans hésitation la jambe de mon pantalon qui, de toute façon, n'était plus à ça près pour un haillon. Maintenant, le tout était de parvenir à allonger, au mieux, ma jambe et, surtout, extraire cette balle avant que tout ne se refermer autour.
- Ça m'emmerde d'avance, mais, va falloir y aller comme un boucher si tu veux pas être emmerdé par... Ma particularité. Je la préviens en serrant déjà les poings. Comme pour me préparer à la douleur intense à venir. Mon dieu. J'allais le sentir passer. Très, très, très fortement passer.

Avant qu'elle ne tente quoi que ce soit, je l'agrippe, du peu de force que j'ai actuellement, par le col et la tire vers moi, d'un air menaçant comme j'en ai le don naturel.
- Un truc. Juste, un truc. Tu. N'as. Rien. Vu. De. Cette. Blessure. T'as pigé ? Rien. Si tu balances, crois-moi que je saurais t'retrouver. J'te cause pas d'emmerdes, tu m'cause pas d'emmerdes. j'me tire direct après tout ça, sans faire d'histoires, et tout le monde est content. Je hausse les épaules en esquissant un sourire d'un sarcasme cinglant, relâchant mon emprise sur elle. P'tête bien qu'même que je ferais ma bonne âme et j'vous laisserais mon bout de pain. Pour compenser de la farine et du dérangement. Ça reste à voir. J'ai les crocs.


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