Attack on Titan Rpg

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 Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |

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Caporal-chef
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MessageSujet: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   13/3/2017, 17:14

Se raccrocher à un espoir...


feat. Eren Jaeger

Livaï avait un arrière-gout amère dans la bouche. Le gout de la déception et de la défaire. Le gout de l’amertume et… de la peur. Pourquoi tout s’était passé de cette manière ? Pourquoi avait-il fallut que toute dérape de cette façon ? Ha ça valait bien la peine qu’Erwin passe tout ce temps dans son bureau à échafauder des plans par dizaine. Livaï lui avait bien dit que ça servait à rien et qu’une fois dehors ça allait une nouvelle fois partir en couille. Il avait eu ce pressentiment étrange qu’il n’avait pas réussir à expliquer. Ca n’était pas qu’une angoisse. C’était plus fort, plus étrange aussi. La veille du départ pour la 58 em expédition, il avait su que quelque chose de grave allait se produire. Il l’avait ressenti au plus profond de lui-même sans réussir à mettre de mots sur cette impression peu commune qui l’avait soudainement envahie. Et quand bien même qu’est-ce que ça aurait changé au final ? Rien du tout… la mission aurait quand même eut lieu parce que c’était la seule et unique porte de secours pour le Bataillon. La dépouille du titan féminin contre la survie des Explorateurs….

Ha il était beau l’ultimatum de Zackley ! Résultat des courses : la 58em expédition fut un fiasco complet. Les pertes humaines furent bien trop nombreuses. Et le titan féminin n’était pas démasqué pour autant. Il ne restait plus que quinze jours avant que le délai imposé par Zackley n’expire et jamais le Bataillon n’avait été dans une tourmente si profonde. Pour la première fois depuis qu’il avait rejoint ce bataillon de merde, Livaï se sentait un peu perdu. Il venait de perdre son repère… Il venait de perdre Erwin…

Rares étaient ceux qui étaient au courant de la relation étroite qui liait certaines nuits le Caporal et le Commandant du bataillon. Hansi était au courant depuis qu’elle les avait gaulé une fois en train de s’embrasser dans le bureau d’Erwin. Elle et sa manie de jamais frapper au porte ! Livaï avait eu bien du mal à se s’empêcher de lui enfoncer le crane dans la porte en bois pour s’assurer que la prochaine fois elle n’oublierait pas de frapper avant d’entrer ! Putain, un minimum de savoir-vivre quand même !

Quant aux autres ? Ha les rumeurs allaient bon train dans la caserne. Et s’il savait parfaitement quels étaient les ragots qui courraient sur son dos, Livaï n’avait jamais rien fait pour les endiguer ou pour les réfuter. Il s’en foutait royalement. Les soldats pouvaient penser ce qu’ils voulaient ça lui était égale. Et ça leur faisait un sujet de conversation pour égayer leurs soirées aux dortoirs…. Ce n’est pas comme si le Caporal accordait le moindre intérêt à ce genre de piépiétement débile.

Perde Erwin ce n’était pas seulement perdre son amant… C’était perde un soutien, un pilier dans sa vie. Perde la personne en qui il avait une confiance aveugle. C’était l’humanité tout entière qui perdait son plus fort élément. Le Bataillon d’Exploration était amputé de son cerveau le plus affuté. La perte du Major Erwin avait foutu un sacré coup au moral à tous les survivants qui s’étaient joint à Livaï et Hansi pour rentrer la queue entre les jambes entre les murs. L’échec était absolu…. Et l’épée de Damoclès planait toujours au-dessus de chaque explorateur. Quand le délai allait tomber, quelle serait la décision de Zackley ? Allait-il maintenir son envie de dissoudre le bataillon ? Si oui, qu’allaient devenir les membres de celui-ci ? Allaient-ils être reclassés dans d’autres corps d’armée ? Certains prétendaient que les hauts dirigeants seraient exécutés pour répondre de tous les morts causés par les explorations inutiles et couteuses. La perspective de se balancer dans le vide au bout d’une corde nouée à son cou réjouissait guère Livaï…. En se battant chaque jour durant pour l’humanité, il n’avait jamais songé être considéré un jour comme un criminel … Décidément, le gouvernement était pourri jusqu’à la moelle. Parce qu’il n’était pas dupe au point de croire qu’une telle décision relevait de Zackley. C’était le Roi… il n’y avait que lui pour avoir droit de vie ou de mort sur les membres de l’armée et Zackley, tout aussi puissant soit-il, ne pourrait rien trouver à y redire s’il ne voulait pas, lui aussi, se balancer sur la potence aux cotés des condamnés qu’il a essayé de protéger.

Dans la tête de Livaï, c’était le chaos le plus complet. Tout était si désorganisé. Leur retour, deux jours plu tôt, était encore bien trop frais pour qu’il arrive à l’accepter. Beaucoup de blessés. Certains grièvement. Beaucoup de pertes. Des hommes, des chevaux, du matériel…. L’échec était colossal et la réunion qu’il avait eu la veille avec Hansi n’avait fait que lui faire prendre conscience avec encore plus de cruauté de ce que cette expédition avait coutée en masse humaine. La liste était longue…. Son envie de gerber avait augmentée à chaque nom qu’il avait écrit sur le putain de rapport.

En l’absence d’Erwin, c’était Hansi qui se retrouvait propulsée à la tête du reste du Bataillon d’Exploration estropié. Elle avait bien proposé le poste à Livaï qui avait décliné. Il ne pensait pas avoir la tête assez froide pour gérer tout ça. Lui, il était le bras armé du bataillon. Il n’avait jamais été la tête pensante. Hansi serait bien mieux gérer la merde impossible dans laquelle le Bataillon était enlisé. Peut-être même qu’elle trouverait une échappatoire pour éviter que le bataillon soit dissous et que leur tête soit mise à prix….

Le Caporal-chef se passa ma main sur ses yeux. Il soupira puis leva sa tasse de thé noir qu’il porta à ses lèvres. Le liquide était froid et lui arracha une grimace. Dégueulasse. Il reposa la tasse avant de se lever. Il avait un rapport à rédiger mais il ne se sentait pas de replonger une nouvelle fois dans les détails sordides de cette mission devenue un fiasco. Et pour dire quoi ? Zackley voulait tous les détails. S’il tenait tant à savoir ce qui se passait à l’extérieur il avait qu’à venir mettre son cul sur un cheval et prendre part aux explorations ! Il verrait comment ça se passe ! Il verrait à quel point c’est impossible de tout décrire dans un rapport. Parce que les choses se passent trop vite, parce que tout relève du reflexe et plus de la réflexion. On agit par instinct quand on se trouve devant les titans. Et les conditions climatiques désastreuses n’avaient pas aidées. Zackley voulait savoir ce qui avait couté la vie à Erwin et au reste des hommes portés disparus ? Comment Livaï pouvait lui expliquer alors que lui-même ne comprenait pas ce qui s’était passé ! Il n’avait pas vu Erwin s’en aller. Il ne savait même pas s’il était réellement mort. Il n’avait rien retrouver pouvant le prouver ou non. Hansi partit du principe que c’était la seule explication possible à son non-retour auprés au point de ralliement. Mais Livaï, lui, refusait tout simplement de l’accepter. Erwin serait mort ? Non non non et re non ! Il n’avait pas le droit ! Il ne pouvait pas l’abandonner après l’avoir trainé dans son bataillon merdique !

La porte du bureau de Livaï s’ouvrit. Il avait besoin d’air. Il avait besoin de sortir un peu et de s’aérer l’esprit s’il ne voulait pas que ce dernier n’implose. Il prit le chemin d’un escalier en colimaçon tout de pierres grossières qui menait sur le toit de la caserne. Le soleil commençait doucement à se coucher, plongeant la ville dans un orange-doré crépusculaire chaleureux. C’était une atmosphère plutôt apaisante…. Le Caporal se mit assis à même le sol, repliant ses jambes en tailleur. Du haut de la tourelle de la caserne il avait une vue imprenable sur la vie qui se déployait sous ses pieds. Il aurait pu se sentir grand, puissant, dominant. Mais il avait surtout envie de se terrer dans un trou à rat… La perspective de retourner se cacher dans les bas fonds lui paraissait presque enviable.

Un bruit de pas attira son attention. Quelqu’un arrivait et il ne put que pincer les lèvres avec une certaine mine agacée. On ne pouvait donc pas être tranquille plus de cinq minute ici ? Si c’était un soldat qui venait le faire chier, Livaï aurait été tenté de le pousser du haut du rempart pour conserver encore un peu de sa paix tant désirée….Mais au lieu de ça, il tourna la tête sur le côté pour voir qui arrivait.

« Ha c’est toi…. »

Le jeune Eren Jaeger avançait dans sa direction et Livaï tourna de nouveau sa tête pour regarder devant lui. Il voyait au loin le mur Rose se découper à l’horizon et le soleil venait doucement se coucher derrière lui. Si Erwin était encore vivant, est ce qu’il voyait lui aussi ce soleil doré se coucher ?

Livaï laissait à Eren le choix ou non de s’assoir à ses côtés. S’il venait le rejoindre ici, c’est qu’il avait un truc à lui dire non ? Livaï garda le silence pour voir s’il allait se lancer à l’eau et comme rien ne venait il fit par prendre la parole

« Reste pas debout comme ça, fout toi assis »

S’il devait lever la tête pour le regarder il allait se faire mal à la nuque et se péter une cervicale. Il attendit que le gamin s’exécute avant de river son regard gris à celui brillant et émeraude du plus jeune

« C’est pas mal comme endroit ici, tu ne trouves pas ? »

Il aurait été tenté de lui expliquer pourquoi il aimait particulièrement cet endroit. Il aurait presque pu lui expliquer que la première fois qu’il était venu ici, c’était avec Furlan et Isabel pour contempler le ciel étoilé pour la première fois de sa vie. Mais il ne dit rien à Eren et garda pour lui ce souvenir précieux et mélancolique.

« Tu voulais me parler ? »



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   31/3/2017, 23:58



se raccrocher à un espoir
feat. Livai



Eren ne s'était jamais considéré comme particulièrement chanceux ou malchanceux. Il prenait la vie comme elle venait, faisant face aux épreuves du mieux qu'il le pouvait. La mort de sa mère, suivi de la disparition de son père avait été l'une des premières grosses épreuves qu'il avait du traverser. Il n'en était pas sorti indemne, mais cela n'avait fait que le rendre plus combatif encore. La seconde attaque du Titan Colossal et sa propre transformation en titan avaient été un choc, aussi bien pour lui que pour le reste de l'Humanité. Mais il en avait fait son parti et avait décidé de mettre ses nouvelles capacités au service des hommes. Le procès qui avait suivit la découverte de ses pouvoirs avait été particulièrement tendu, mais le Major Erwin Smith avait su se faire entendre de la hiérarchie. La garde d'Eren avait été confiée à l'Exploration et plus particulièrement au Caporal Livai, le soldat le plus fort de l'humanité, le seul jugé capable de s'occuper d'Eren en cas de problème. Malgré la dérouillée qu'il s'était pris au tribunal, Eren n'avait pas bronché, conscient qu'il valait mieux cela à se faire disséquer comme le souhaitait le Commandant des Brigades Spéciales.

Après deux mois d'entrainements, deux mois d'expériences en tout genre menée avec joie par Hansi Zoé, Eren et ses compagnons avaient participé à la 57eme Expédition Extra Muros. L'expédition qui devait prouver à tous qu'Eren était capable de faire parti du Bataillon et que son pouvoir serait utile à la reconquête du mur. L'opération avait été un désastre. Un nouveau titan avait fait son apparition, surnommé le Titan Féminin. Son but avait clairement été de capturer Eren, même si personne n'aurait su dire pourquoi. Les dommages causés par le Féminin avaient été énormes, de nombreux soldats avaient perdus la vie et beaucoup d'autres avaient été gravement blessés. Sans l'intervention de Mikasa et du Caporal Livai, Eren lui même aurait été perdu. Le retour du bataillon s'était fait dans l'urgence et la honte. Les conséquences ne s'étaient pas fait attendre et la hiérarchie militaire avait rapidement demandé des comptes au Commandant Smith. Eren ne connaissait pas les détails de ce qu'il s'était passé durant cette réunion où seuls les gradés avaient été convoqué, mais le résumé avait été simple. L'Exploration devait ramener le corps du Titan Féminin ou de celle qui l'occupait, ou le groupe serait fermé. Les conséquences pour les soldats de la liberté étaient encore incertaines. Reconversion dans un autre corps d'armée ou retraite anticipée, personne ne le savait encore. Mais les conséquences pour Eren étaient déjà prévisibles. Il serait tout bonnement confié aux Brigades Spéciales, qui ne cachaient pas leur but. Avec ces pensées en tête, tous les soldats avaient décidé de donner le meilleur d'eux même pour la 58eme Expédition Extra Muros.

Mais cela n'avait pas été suffisant. Comme si la nature elle-même se moquait de leurs efforts, la météo avait été loin d'être clémente. Entre l'orage qui ne leur laissait aucune visibilité et les titans qui s'étaient déchainés, les soldats n'avaient eu aucune chance. Leur mission avait été un échec encore plus désastreux que leur précédente expédition. Non seulement ils n'avaient pas trouvé le Féminin, mais près de la moitié des soldats du Bataillon avait été abandonné de l'autre côté du Mur. Il n'y avait aucune chance pour qu'ils s'en soient sortis, même avec le Commandant Smith parmi eux. Le choc avait été difficile à encaisser, et même quelques jours après les évènements, les esprits ne s'étaient pas calmés. L'avenir du Bataillon était incertain et Hansi, devenue nouveau Commandant par défaut, allait bientôt devoir répondre de ce dernier échec devant le Tribunal militaire. Les dernières  menaces des hautes instances ne laissaient rien présager de bon pour les semaines à venir. Et encore une fois, Eren sentait plus que jamais l'épée de Damoclès au dessus de sa tête. Si Hansi ne se trouvait pas être assez convaincante, Eren finirait très certainement ouvert sur une table d'autopsie. Il pouvait juste espérer que les Brigades aurait la clémence de le tuer avant de commencer à le découper.

C'est avec ces joyeuses pensées en tête que le garçon décida d'aller prendre l'air. Il ne supportait plus les regards que ses camarades lui lançaient. Tout le monde savait ce qui risquait de lui arriver et si certains avaient été réticents à son intégration, après ces deux expéditions, les membres du Bataillon se seraient les coudes plus que jamais. Mais c'était pesant pour Eren de les voir le regarder avec pitié, ou de les voir détourner le regard, incapables de lui dire quoique se soit. Certains lui promettaient d'être là en cas de besoin. Mikasa et Armin échafaudaient déjà des plans pour s'enfuir en cas de besoin, des plans plus ou moins cohérents selon les jours et la personne en charge. Si Eren écoutait Mikasa, ils passeraient tout simplement de l'autre côté du Mur pour tenter leur chance. Au final, Eren avait besoin de calme et ne plus subir toute cette pression. Et c'était pourquoi il avait pris la direction des toits, sachant que personne n'y allait jamais. Ce n'était pas la première fois qu'il s'y rendait, et à chaque fois, il n'avait croisé personne, il savait qu'il pourrait trouver quelques instants de paix ainsi. Mais contrairement à ce qu'il pensait, quelqu'un l'avait devancé sur les toits.
Il s'arrêta lorsqu'il entendit la voix du Caporal, et regardant dans sa direction, il hésita. Il était venu ici pour être tranquille et il se doutait qu'il devait en être de même pour Livai. Le supérieur risquait de ne pas apprécier sa présence, même s'il se montrait silencieux. Après être resté quelques instants immobile à prendre une décision, il allait finalement faire demi-tour et rebrousser chemin lorsque la voix s'éleva de nouveau, lui intimant de s'assoir. Eren s'installa alors à côté de Livai, regardant l'horizon quelques instants avant de reporter son attention vers son supérieur. Il était si rare de le voir en dehors d'un bureau dernièrement.


« La vue est plutôt pas mal, oui. »

Sans compter, que confiné comme il l'était aux chambres en sous sol, il avait parfois besoin de prendre l'air sans rien pour lui cacher la vue. Lorsqu'il se transformait en titan, il avait une vue imprenable sur ses alentours. Il pouvait voir au dessus de tout, pouvait voir loin, et bizarrement, lorsqu'il était humain, il devait bien avouer que cette vue lui manquait. Il n'en avait parlé avec personne d'autre, de peur qu'on l'accuse d'être plus Titan qu'Humain. Il y avait certaines choses qu'il était plus prudent de ne pas partager.
Livai le tira de ses pensées.


« Ah, euh, non. En fait, je viens ici de temps en temps, pour être un peu tranquille. On pourrait penser que j'aurais l'habitude du monde, pendant l'entrainement on n'était jamais seul. Mais des fois ça fait du bien d'être un peu seul. J'imagine que c'est pareil pour vous ? Je ne voulais pas vous déranger. »

Il n'avait pas envie de déranger le Caporal, mais maintenant qu'il était là, il n'avait plus vraiment envie de partir. Il se mit à fixer l'horizon, plongeant dans ses pensées et s'en sans rendre compte, il commença à fredonner une vieille chanson. C'était une chanson que sa mère lui chantait quand il avait du mal à dormir. Une pensée, trop préoccupante pour être tue s'imposait à lui, encore et toujours. Il s'adressa à son supérieur d'une voix calme, contradictoire avec le tourment de ses pensées.

« Vous croyez que quand on meurt on rejoint ceux qui sont parti avant nous ? Armin dit que ceux qui nous ont aimé nous attendent quelque part. Ça serait bien. J'aimerais bien que ma mère m'attende... Je risque de la revoir plus tôt que prévu... »

Il ne savait même pas pourquoi il racontait tout ça au Caporal. Il devait passer pour un idiot. Le Caporal avait surement d'autres choses à faire que de l'écouter se lamenter sur son probable sort à venir. Tous les soldats risquaient leur vie à chaque fois qu'ils s'aventuraient en dehors des Murs, il n'était pas le seul à avoir des raisons de s'en faire. Mais il avait toujours pensé, que s'il devait mourir ça serait en se battant contre les titans, pas à cause d'une bureaucratie défaillante et corrompue. Et maintenant, sa vie reposait sur les décisions de personnes n'ayant jamais mis les pieds hors des Murs. De personnes qui n'avaient très certainement  jamais vu de titan de leur vie pour la plupart. Et cela, il ne pouvait s'y résoudre. Il avait accepté de mourir en combattant pour l'Humanité, pas de mourir à cause de la stupidité des Hommes.

« Désolé, je ne devrais pas vous embêter avec ça. Vous avez déjà bien assez de problèmes à gérer. Je vais vous laisser. »

Eren commença à se relever, ne voulant pas accabler Livai de ses problèmes personnels en plus des siens. Le Caporal devrait très bientôt faire de nouveau face au Tribunal, il n'avait très certainement pas envie d'écouter les états d'âme d'un adolescent en prime.




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Caporal-chef
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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   3/4/2017, 10:00

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Cela faisait bien longtemps que Livaï ne s’était pas senti d’humeur aussi morose. Il n’avait jamais été du genre à laisser sa joie ou son enthousiasme s’étaler au grand jour. Même lorsqu’il était heureux, il demeurait toujours dans une certaine retenue. Il y avait bien quelques moments où, un peu alcoolisé lors de soirées avec Erwin, Hansi et Mike, il se laissait aller à un peu plus de liberté. Dans ces moments-là, il lui arrivait de sourire. Et même une fois, alors qu’Erwin qui ne tenait absolument pas l’alcool était rond comme une queue de pelle, il avait éclaté de rire. Les autres avaient tellement été surpris de le voir ainsi qu’ils s’étaient tous stoppés sur place pour le regarder avec incrédulité. Par la suite, les rires de Livaï s’étaient fait plus fréquent mais uniquement réservés à ces moments de détente partagés avec ces trois compagnons du Bataillon.

Il n’était pas rare, sans que ça soit trop souvent non plus, que l’état-major du bataillon d’exploration se retrouver entre eux pour passer du temps à se changer les idées. Sans ce genre de chose, ils auraient tous pété une case depuis bien longtemps à force de devoir porter sur leurs épaules le poids de l’espoir complet de l’humanité et les amères regrets des morts qu’ils avaient abandonnés sur le champ de bataille

En général, les soirées se déroulaient dans un bar assez éloigné de la caserne pour ne pas avoir à tomber sur des soldats en permission qui auraient pu être témoin de choses compromettantes pour leur réputation. Même si Livaï n’était pas stupide au point de croire que ça n’était jamais arrivé de tomber sur certains de leurs subordonnés.

Erwin, malgré sa carrure imposante n’avait jamais supporté l’alcool. Il aimait en boire mais ne le tenait absolument pas. Et à chaque soirée c’était la même rengaine. Il promettait de ne boire qu’un seul verre pour ne pas finir «  comme la dernière fois ». Mais inlassablement, dès qu’il avait le dos tourné, Hansi et le Caporal se chargeaient d’un commun accord machiavélique de remplir le verre en toute discrétion pour ne pas éveiller les soupçons. Ha ce n’était pas beau de faire boire son supérieur mais Livaï pensait que c’était pour la bonne cause. C’était la seule et unique façon de lui faire lâcher prise. De le délester du poids trop lourd qu’il trainait à ses chevilles. Et même s’il se tapait la gueule de bois le lendemain et que Livaï était obligé de l’escorter jusqu’à ses appartements, cette méthode peu avouable restait la plus efficace.

Ha ce qu’il paraissait loin ce temps-là. Ça ne l’était pourtant pas tant que ça. Leur dernière soirée à quatre avait eu lieu le samedi précédent la 58em expédition extra muros. Mais il s’était passé tellement de choses depuis. Hansi avait récupéré la tête du Bataillon amputé de la moitié de ses membres. Ce même bataillon qui était menacé de dissolution. Ce même bataillon qui avait perdu son commandant…. Erwin….

Erwin lui manquait tellement. Horriblement. Atrocement. Douloureusement…. Il n’avait jamais envisagé revenir un jour aux murs sans Erwin à ses côtés. La douleur était d’autant plus grande que Livaï ne s’y était pas préparé. Elle était d’autant plus horrible parce que Livaï refusait d’ouvrir les yeux sur la réalité. Tous, autant qu’ils étaient, ils avaient beau lui répéter encore et encore et encore qu’Erwin et les autres étaient morts, il refusait d’entendre raison. Obstiné comme il l’était, il s’était disputé a plusieurs reprie déjà avec Hansi. Elle n’ignorait rien de la relation intime et secrète du Caporal et de son Major. Et malgré tout le soutient qu’elle semblait vouloir lui apporter, Livaï le refusait tout en songeant que ça ressemblait beaucoup trop à de la pitié…

Le bruit qui se fit entendre derrière lui attira son attention. Le jeune garçon-titan s’approcha de lui tout en gardant le silence. Il semblait être sur le point de s’en aller jusqu’à ce que Livaï lui intime de rester et de s’installer à ses côtés. Pouvoir admirer ainsi le ciel depuis les hauteurs de la caserne était une sorte de privilège dont Livaï n’allait pas se priver. La beauté de ce ciel crépusculaire ressemblait presque à un cadeau de la nature sauvage et bien cruelle. A quoi beau avoir un ciel si magnifique si on ne pouvait pas le contempler sans devoir prendre de la hauteur pour surplomber les murs ?

« La vue est plutôt pas mal, oui. »


Plutôt pas mal…… C’était bien trop péjoratif pour décrire ce coucher de soleil d’une beauté sans pareil. Ou bien n’est là que le point de vue d’une personne ayant grandi et vécu trop longs dans les taudis. Emprisonné dans les entrailles de la terre avec la puanteur et le concentré de toute la misère humaine. Livaï n’avait vu la lumière du jour que tardivement. Il se souvenait encore de l’éblouissante lumière qui avait assailli ses yeux dont il s’était protégé en levant la main. Il se souvenait encore de la chaleur vivace du soleil sur sa peau. Cela lui avait arraché des frissons. Quant à la vue de son premier arc en ciel, il en était resté carrément médusé. Ce genre de chose si merveilleuse pour Livaï ne devait être que de stupides détails d’une banalité affligeante pour ceux qui avaient grandit à la surface et qui en étaient coutumiers.

Le silence du garçon intrigua le caporal. Tout comme sa présence si surprenante sur ce toit. Livaï y venait souvent et n’avait jamais croisé personne jusqu’à présent. Cela relevait sans doute que de la chance ou du hasard. Jusqu’à ce soir

« En fait, je viens ici de temps en temps, pour être un peu tranquille. On pourrait penser que j'aurais l'habitude du monde, pendant l'entrainement on n'était jamais seul. Mais des fois ça fait du bien d'être un peu seul. J'imagine que c'est pareil pour vous ? Je ne voulais pas vous déranger. »

Le regard métallique de Livaï se dirigea vers les iris d’un vert puissant de son jeune protégé. Il lui fit un signe de tête en guise de réponse. Finalement, ils avaient quelques points communs tous les deux. Bien plus que Livaï ne se l’était imaginé. Ils étaient tous les deux bien trop têtus et impulsifs. Un trait de caractère qui s’était estompé au fil des années chez le plus âgé. En prenant de l’expérience et de la maturité, Livaï s’était assagi. Il ne fonçait plus tête baissée contre autrefois. Il prenait le temps nécessaire à la réflexion pour ne pas agir de façon déraisonnée et entrainer vers une mort certaine des dizaines de ses camarades innocents.

Tous deux semblaient avoir ce même besoin d’isolement. Une solitude nécessaire pour protéger leur entourage des idées moroses qui pouvaient les angoisser.

« Vous croyez que quand on meurt on rejoint ceux qui sont parti avant nous ? Armin dit que ceux qui nous ont aimé nous attendent quelque part. Ça serait bien. J'aimerais bien que ma mère m'attende... Je risque de la revoir plus tôt que prévu... »

Ha…. C’était donc cela qui inquiétait à ce point Eren Jager. Il avait peur… Peur de mourir. Peur d’être livré aux Brigades Spéciales. Peur de devenir leur sujet d’expérimentation…. Cette peur était bien légitime. Quiconque se serait retrouvé à sa place aurait été terrifié à l’idée de se retrouver torturé et/ou exécuté. C’était un sort funeste que Livaï voulait à tout prit lui éviter… Et qu’importe les moyens. Qu’importe le prix à payer. Erwin lui avait confié la mission de veiller sur Eren. De le protéger. De faire en sorte qu’il reste en vie… Le garçon représentait un atout considérable pour l’humanité mais Livaï connaissait bien trop son major pour savoir que ce besoin de protéction ne se limitait pas seulement à ça. Il ne fallait pas uniquement protéger Eren parce qu’il était un atout de poids. Il fallait le protéger parce que nulle personne ne doit avoir le droit de vie ou de mort sur un gamin de quinze ans. Eren était jeune. Il avait la vie entière devant lui. Et c’est cette vie-là qu’il fallait épargner.

Ha quelle hérésie… Quelle plaisanterie de savoir que c’était le Major du bataillon d’exploration qui lui confiait cette mission. Celui la même qui envoyait des dizaines de ses hommes vers une mots aussi inévitable que cruelle. Eren inclus…. Ou bien était ce Livaï qui réfléchissait trop et qui avait faussé son jugement…. Depuis qu’Erwin n’était plus à ses côtés il lui semblait ne plus réussir à alligner deux pensées raisonnées.

En tout cas Eren venait de dire quelque chose de magnifiquement poétique. D’après Arlelt les morts attendaient quelque part d’être rejoint par ceux qu’ils aiment. Pour Livaï, cette possibilité prenait un sens tout particulier. Lui qui avait dans son entourage proche plus de morts que de vivants, se prenait à espérait que le gosse blond puisse avoir raison. Si ceux qui sont disparus l’attendaient, qui aurait-il dans cette «  autre monde » ? Est-ce que s’il se laissait tomber du haut du toit il aurait la joie, le soulagement de retrouver Erwin ? Est-ce qu’il pourrait revoir la frimousse rousse d’Isabel ? Est-ce qu’elle lui sauterait dessus en esclaffant un «  frérot ! te voila ! » comme autrefois ? Y trouverait-il la mine un peu plus sévère et sérieuse de Furlan ? Y verrai t’il le visage de sa mère  enfui si profondément dans ses pensées qu’il en avait presque oublié les traits ? A quoi ressemblait-elle, Kuchel ? Livaï était tellement jeune quand il avait assisté avec impuissance à sa mort. Il se souvenait de son regard aussi gris que le sien. Il se souvenait de ses cheveux d’un noir corbeau ténébreux. Il se souvenait de son sourire, radieux, quand elle le prenait dans ses bras pour le bercer à chaque larme qu’il avait pu verser. Malgré la solitude. Malgré la misère. Malgré la maladie…. Elle n’avait jamais cessé de l’aimait même si tout aurait pu l’y encourager.

Livaï croisa ses jambes en tailleur. Il s’inclina un petit peu vers l’arrière en prenant appuis sur ses mains qu’il venait de poser sur le sol derrière son postérieur. Son regard s’était levé pour fixer le ciel dans lequel les premières étoiles apparaissaient.

« Autrefois, j’avais une amie qui pensait que les étoiles étaient la réincarnation des personnes disparues. Elles disait que depuis là-haut, ils veillaient sur ceux encore vivants comme les anges gardiens de leur vie fragile. Je n’ai jamais voulu croire à ses conneries….. Jusqu’à aujourd’hui »

Jusqu’à ce qu’il puisse envisager qu’Erwin fasse partie de ces étoiles planant au-dessus de sa tête. Il aurait eu l’impression d’être un peu moins seul, moins abandonné…. A choisir, il préféré savoir son précieux major transformé en étoile dans le ciel plutôt qu’en boule dégueulasse et immonde recrachée par un titan s’étant trop gavé….  Cette même hypothèse lui donnait la nausée….

Le regard du caporal glissa sur Eren. Il ne le lâcha pas un instant pour lui faire comprendre que chacune de ses paroles n’avaient pas pour vocation de le rassurer. Elles n’étaient que la stricte vérité. Le fond des pensées de Livaï qui n’avait – de toute façon – pas l’habitude de cacher ce qu’il pensait !

« Désolé de te décevoir, Gamin, mais c’est pas demain la veille que tu reverras ta mère… Regarde-moi bien ! Tu crois vraiment que j’ai fait tout ça pour rien ? Tu crois sérieusement qu’on a pris tous ces risques pour te sauver juste pour les laisser, trois mois plus tard, te récupérer et te charcuter ? »

La langue du Caporal claqua contre son palais. C’était une mimique qu’il utilisait trop souvent sans même en avoir conscience. Une sorte de tique, une manière dont il ne pouvait se défaire. Une locution verbale qu’il employait dès qu’il était agacé ou exaspéré.

« Tch ! Tu sous estimes encore le Bataillon d’Exploration. On n’est peut-être plus que l’ombre de ce qu’on était autrefois mais on est toujours là ! Et tant que ça restera le cas, il est hors de question de te céder à Brigades spéciales ! »


Voilà qui avait au moins le mérite d’être clair ! Livaï ne pouvait pas se montrer plus convainquant pour essayer de faire voler en éclats les craintes d’Eren. Mais il savait que ça serait bien loin de suffire à le rassurer complétement. Et il savait aussi que la menace de voir Eren confié au Brigades Spéciales était réelle et importante.

« Désolé, je ne devrais pas vous embêter avec ça. Vous avez déjà bien assez de problèmes à gérer. Je vais vous laisser. »


Livaï attrapa la manche d’Eren pour l’obliger à rester près de lui. Il haussa les épaules avant de le regarder de nouveau

« Reste…. Tu ne me déranges pas…. Au contraire… Je suis las de ressasser mes idées noires »

Pouvoir passer un peu de temps avec Eren l’empêcherait sans doute de trop penser à l’absence d’Erwin et de tous ceux que sa décision avait laissé sur place, face aux titans. Le Major n’était pas le seul à avoir été abandonné de l’autre côté des murs. Il y avait des soldats…. Des amis aussi. Livaï n’ignorait pas les liens étroits qui avaient unis la 104em brigade d’entrainement dont Jaeger était sorti. Parmi les disparus on pouvait déplorer la présence de plusieurs soldats de cette unité. Sasha Braus…. Et Ymir, qui avait pourtant fait partie de l’escouade Livaï qui fut incapable de la sauver… Un nouvel échec…

Parmi les sombres tourments qui assaillaient sans pitié l’esprit de Livaï, il y avait la perspective de se retrouver de nouveau face au tribunal militaire. Cette fatalité ne concernait que l’état-major du bataillon dont allait dépendre le destin de tous les rescapés. Si Hansi et lui savaient se montrer convaincants, il y avait peut-être encore une chance de sauver les explorateurs. Mais si, en revanche, ce n’était pas le cas, c’était la potence qui attendait les deux derniers membres responsables de cette boucherie apocalyptique et les autres soldats seraient au mieux reclassés dans un autre corps d’armée. Au pire, ils seront emprisonnés pour répondre de leur sordide contribution à avoir nourri les titans….

Et Eren dans tous ça ? Comment Livaï pouvait le sauver des Brigades spéciales s’il se balançait joyeusement au bout d’une corde sur la place publique ? La seule idée qui lui été venue à l’esprit jusqu’à présent était de le faire porter disparu avec le reste du bataillon jamais revenu jusqu’au mur. Mais pour cela il fallait effacer les preuves de son retour. Il fallait falsifier les documents officiels. Il fallait lui trouver une autre identité, une autre histoire et lui construire une autre vie pour ne pas éveiller les soupçons de ceux qui le connaissaient déjà.

Si l’idée avait déjà parcourue son chemin dans l’esprit du Caporal, il n’était pas encore tout à fait certain que cela suffirait à le maintenir en vie une fois le Bataillon dissolu.

« Imagine…. Qu’aurais tu aimé faire de ta vie si tu avais la chance d’effacer ton passé pour tout recommencer ? Si ta mère était toujours vivante. Si ton père n’avait pas disparu. S’il n’y avait pas de titans, pas de murs, pas de bataillon d’exploration… Imagine, qu’est ce que tu serais devenu ? »


Livaï s’était souvent posé cette question. Il n’avait jamais réussi à trouver une réponse convenable. Il avait l’impression que quoiqu’il veuille faire, son destin le ramènerait inlassablement à sa vie actuelle. Il ne savait pas si c’était la faute de son sens de l’imagination déplorable. Ou si c’était sa vie bien trop cruelle et ancrée en lui qui refusait de se voir effacer de ses songes ou de ses pensées. Même sans titans ou sans murs, il n’arrivait pas à s’imaginer être autre chose qu’un fils de pute… Un enfant indésiré… Un gamin paumé…. Un mec grandissant sans amour et n’ayant pour seul modèle que celui d’un homme violent et démuni de sentiment…

Livaï se pencha un peu vers l’avant. Il posa son coude gauche sur sa cuisse et laissa ta tête reposée dans sa main tout en regardant Eren. Il se demandait quels pouvaient être les rêves d’une vie meilleure de ce gamin. Il avait une telle rage d’écraser les titans. Il avait une tête force de caractère. Une colère. Une fureur. Une agressivité….

« Tu vois…. Moi je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à m’imaginer quel serait ma vie sans les titans. Sans ces putains de murs. Sans le Bataillon d’exploration… Je ne me suis jamais demandé ce qu’il y avait au delà des murs. Je n’ai jamais cherché à comprendre ou à savoir. Parce que je pense et j’ai la certitude que quoique je fasse, c’est ici que doit être ma place »


Son regard se tourna sur le côté pour échapper à celui du garçon auquel il se confiait comme il ne l’avait jamais fait auparavant.

« Je suis né dans les bas-fonds…. Et je crèverai à la surface. C’est déjà une chance et un privilège inespéré pour quelqu’un qui vient de là-bas. En définitive, je ne me plains pas. J’ai presque de la chance je crois…. »



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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   23/4/2017, 00:14



se raccrocher à un espoir
feat. Livai



Si au départ la simple présence du Caporal avait suffit pour faire se raidir l'échine d'Eren, il avait maintenant passé ce cap depuis longtemps. Les entrainements, les engueulades, les coups de pieds au cul, tout cela faisait partie d'une certaine routine à présent. Eren s'y était fait. Mais de se retrouver ainsi, sans but précis, assis à contempler le soleil couchant, c'était nouveau. Contrairement à Hansi Zoé et son chaos environnant, Livai n'avait jamais dégagé d'aura particulièrement agitée, mais ce soir l'atmosphère était calme, teintée d'un autre sentiment qu'Eren ne saurait exprimer. Comme un moment suspendu dans le temps. C'était étrange. Et c'était peut-être pour ça qu'Eren exprima ses pensées sur la mort qui l'attendait très certainement. Depuis leur retour d'expédition, il n'avait parlé de ça avec personne, leurs regards posés sur lui étant déjà lourds de sens. Il n'avait pas eu envie d'en rajouter encore.

Les paroles du Caporal firent écho en Eren, et il se mit à penser qu'il aurait bien aimé rencontrer cette amie dont il parlait. Les livres d'Armin n'expliquaient pas ce qu'étaient les étoiles, alors de penser que les personnes qui les avaient quitté veillaient sur eux était plutôt rassurant. Eren ne fit pas l'affront de demander où était cette personne à présent, il savait à quel point le taux de mortalité était haut dans le bataillon. Il y avait peu de doutes sur le fait que cette amie se trouvait maintenant parmi les étoiles. Eren tourna son regard vers Livai, lui souriant légèrement, comme pour atténuer la noirceur de ses paroles.


« Si c'est le cas, j'espère que je pourrais veiller sur vous et mes amis le plus longtemps possible alors. »

Il ne se faisait que peu de doutes sur le sort qui l'attendait. Erwin Smith avait du batailler ferme pour avoir la garde d'Eren, sans sa présence et suite aux échecs des deux dernières expéditions, il était peu probable que la hiérarchie entende raison cette fois-ci. Les bureaucrates étaient rarement ouvert aux changements, même lorsqu'ils avaient tort. Même si l'idée ne l'enchantait guère, il ne pouvait rien faire pour remédier à sa situation. Enfin, rien de légal. S'il savait que beaucoup de membres de l'Exploration regrettaient la tournure des évènements, personne n'osait dire quoique se soit, ou du moins, pas à lui, alors il fut un peu surpris par les paroles du Caporal. Il savait qu'il ferait tout son possible pour l'aider, mais il ne s'attendait pas à une telle motivation. Si bien qu'il resta quelques instants silencieux, permettant à Livai de continuer sur sa lancée
.

« Désolé, je ne voulais pas dire que le Bataillon n'est pas compétent. Mais je vois mal ce que vous pourrez faire après tout ce qui vient de se passer. Et si vraiment vous devez choisir, il serait préférable de sauver le Bataillon entier plutôt que de faire tant d'efforts pour un seul membre. Même si j'apprécie vraiment l'effort.  »

Ne voulant pas gâcher l'ambiance encore plus par sa présence, Eren décida de partir, mais Livai l'en empêcha en attrapant sa manche. Il était rare que le Caporal requière le compagnie de qui que se soit. En général c'était plutôt Hansi qui s'incrustait dans son espace vital sans aucune considération des états d'âme du soldat. Eren se rassit donc, repliant ses genoux devant lui. Entourant ses jambes des bras, il posa la tête sur ses genoux, fixant l'horizon. Il ne savait pas quoi dire pour changer cette atmosphère pesante qu'il avait contribuer à créer. Il n'était pas vraiment doué pour les mots, c'était plutôt le rayon d'Armin ça. Il opta donc pour le silence. Jusqu'à ce que la voix de Livai s'éleva de nouveau.

Pour quelqu'un qui n'avait jamais vécu que dans l'ombre des murs, c'était une question que peu se posaient. La majorité des gens se contentaient d'être parqué comme du bétail, tant qu'ils étaient protégé des titans. Mais pour Eren, ça n'avait jamais été question de vivre ainsi toute sa vie. Il n'avait toujours eu pour but que de découvrir les mystères qui s'étendaient eu delà des murs. Mais sans la motivation que fournissaient les murs, aurait-il eu les mêmes désirs ? Il ne pouvait pas en être certain, mais il pensait bien que oui. Sa soif de liberté n'aurait pas diminuée pour autant.


« Je crois que j'aurais été une sorte d'explorateur, ou quelque chose comme ça. Quand on été gosses, on m'a montré un livre avec des images. Des étendues d'eau sans fin. Des sommets si haut qu'on pourrait presque toucher le ciel. » Il prenait un risque en parlant de ça, ce type d'ouvrage étant interdit, mais il n'avait plus grand chose à perdre à présent. Et de toute façon, il ne pensait pas que Livai irait raconter quoique se soit. « Même sans les murs, je crois que voudrais tout voir du monde. Tout explorer, tout découvrir. En tout cas je ne serait surement pas devenu médecin comme mon père, ça c'est sur. C'est bien trop compliqué pour moi. »

Eren ne savait pas pourquoi, mais un certain sentiment de tristesse montait en lui en écoutant Livai parler. Son regard se posa sur son supérieur, les mots étant incapable d'exprimer ce qu'il ressentait. Livai pensait réellement qu'il n'avait d'autre place que celle-ci. Il n'avait aucun rêve, aucune aspiration autre que celle d'être soldat. C'était l'inverse d'Eren qui ne vivait que pour son rêve de voir un jour la mer; de faire disparaître les titans. Eren ne savait pas ce qu'il serait devenu sans ses rêves pour le guider. On avait beau le traiter d'idiot régulièrement, il avait au moins le mérite de savoir pourquoi il se battait.

Il hésita quelques instants avant de poser sa question. Même si Petra lui avait dit que le Caporal venait des Bas fonds, il n'en parlait jamais lui même. Eren ne voulait pas dépasser les limites. Enfin si la question ne plaisait pas, son ainé le lui ferait savoir, comme à son habitude.


«  Comment vous êtes sorti des des Bas fonds ? Enfin, si vous ne voulez pas en parler ce n'est pas grave. C'est juste qu'il y a pas mal de rumeurs qui circulent, c'est difficile de savoir ce qui est vrai ou faux. Et comme vous dites, sortir des Bas fonds, c'est un miracle... »

Le soleil couchant était de toute beauté, mais avec la disparition des rayons du soleil, la température commençait à baisser rapidement. Les journées étaient assez chaudes pour la saison, mais les nuits étaient encore froides. Eren ne put réprimer un frisson et se frotta les mains silencieusement. Il n'avait que sa veste sur lui mais il ne voulait pas encore rentrer au dortoir. Il préférait rester ainsi avec le Caporal, qui pour la première fois qu'il le connaissait n'avait plus simplement l'air d'un soldat au dessus de tous, mais d'un homme, tout simplement. Eren avait toujours respecté la force du soldat, mais maintenant qu'il apprenait à le connaître sous un autre angle, il ne voulait pas que ça s'arrête aussi vite. Et qui sait, il n'aurait peut-être bientôt plus l'occasion de parler à qui que se soit.





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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   15/7/2017, 14:51

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Certains se vantaient de bien connaitre le Caporal Livaï. Mais dans les faits, ils étaient peu nombreux à le cerner parfaitement. C’était le cas par exemple des membres de son escouade. Ils étaient en possession de certaines informations à son sujet. Ils connaissaient son caractère dans les grandes lignes et savaient aussi par quoi Livaï était passé pour devenir le soldat qu’il était maintenant. Mais ils ignoraient pourtant encore beaucoup de choses à son sujet. En réalité, les seules personnes qui connaissaient parfaitement Livaï étaient le petit groupe restreint qui constituait l’Etat Major du Bataillon. Pour eux, Livaï n’avait pas vraiment de secret. Ils connaissaient tous son caractère volcanique et indomptable ( mise à part pour Erwin qui avait réussi ce tour de force ) tout comme ils connaissaient aussi des traits bien plus secrets de sa personnalité comme sa tendance à la mélancolie ou sa difficulté de se détacher de son passé qui revenait souvent le hanter

Difficile pour lui de ne pas penser à ces années vécues dans les bas fond avec Isabel et Furlan. Il n’en parlait jamais pourtant. Comme si la simple mention des prénoms de ses précieux amis allait rouvrir une cicatrice trop fraichement refermée.

Alors il ne savait pas trop pourquoi il venait de parler de façon si spontanée à Eren de cette histoire d’étoile qu’Isabelle lui avait dit il y a longtemps. A l’époque, Livaï avait cru qu’il s’agissait de foutaises. Des étoiles protectrices… et puis quoi encore ? Fallait-il être particulièrement con pour y croire. Mais maintenant, avec le recul et un peu plus de maturité, Livaï se plaisait à croire qu’elle avait pas tout à fait tort. Si les étoiles sont les âmes des personnes disparues, cela voulait dire qu’ils étaient quelque part par-là, Isabelle et Furlan… Quelque part dans ce ciel tacheté de petits points lumineux. Cela donnait à Livaï l’impression d’être un peu plus proche d’eux…

« Si c'est le cas, j'espère que je pourrais veiller sur vous et mes amis le plus longtemps possible alors. »

Ca y est, il remettait ça ! Livaï ne put empêcher un petit froncement de sourcil venir plisser l’arrête de son front alors qu’il adressa un regard réprobateur à son cadet. Il ne supportait pas l’idée qu’Eren se soit résigné à mourir. Il prenait ça comme un échec…. L’échec de n’avoir pas pu assurer sa protection. L’échec de ne pas pouvoir lui offrir une vie plus longue. L’échec de ne pas avoir pu exhausser la volonté d’Erwin qui consistait à protéger Eren envers et contre tous….

De plus, Livaï prenait cette remarque comme une sorte d’affront envers le Bataillon d’Exploration. Eren le pensait-il réellement incapable à ce point ? Il paraissait évident que le bataillon, tout aussi estropié soit-il, n’allait pas abandonner l’un des leurs en gardant les bras croisés ! Si Livaï devait mourir sur la potence, ça ne serait pas pour exemplarité ! Ca ne serait pas pour répondre des morts prétendument inutiles des dernières expéditions. Si ses pieds se balanceraient dans le vide ça serait uniquement pour cette raison : celle d’avoir voulu se battre et protéger Eren jusqu’au bout ! Même s’il devait faire acte de rébellion contre les forces gouvernantes ou contre l’armée elle-même ! Même s’il devait enfreindre des lois et devenir criminel pour ça ! Il ne laisserait pas Eren au Brigades Spéciales.

« Désolé, je ne voulais pas dire que le Bataillon n'est pas compétent. Mais je vois mal ce que vous pourrez faire après tout ce qui vient de se passer. Et si vraiment vous devez choisir, il serait préférable de sauver le Bataillon entier plutôt que de faire tant d'efforts pour un seul membre. Même si j'apprécie vraiment l'effort.  »

«  Alors si ce n’est pas ce que tu veux dire, ferme la ! Ça m’évitera d’avoir à entendre tes conneries ! »

La réponse de Livaï avait fusée immédiatement. Hors de question pour lui d’avoir à supporter plus longtemps ce genre de propos ! Que ça lui plaise ou non Eren restait la priorité du Caporal. Il s’était donné beaucoup trop de mal pour le sauver une première fois des griffes des Brigades Spéciales. Il n’allait pas le laisser y retourner en gardant les bras croisés.

Tournant la tête vers Eren, Livaï reprit la parole. Le coucher du soleil donnait quelques couleurs chaudes au visage du jeune garçon. Le crépuscule était vraiment un moment de la journée que Livaï appréciait. Le soleil orangé n’était presque plus visible. Il commençait à se dissimuler derrière la hauteur du mur Rose, projetant une espèce de lueur ocre qui les enveloppait encore mais qui allait progressivement laisser la place à un ciel bleuté constellé d’Etoiles… Parmi lesquelles Furlan et Isabel….Et Erwin… Etait-il parmi elles ?

«  Tu fais partie de mon escouade. Que ça te plaise ou non. Je n’ai pas pour habitude d’abandonner mes camarades… »

La dernière phrase de Livaï tendait à apaiser Eren. A le rassurer. A lui faire comprendre qu’il pourrait compter sur le soutient de son supérieur en n’importe quelle situation. Et afin de détendre un petit peu cette atmosphère lourde, Livaï changea de sujet pour lui demander ce qu’Eren aurait pu faire de sa vie s’il n’était pas prisonnier des murs et de la menace des titans. La réponse le surpris… mais pas tant que ça finalement

« Je crois que j'aurais été une sorte d'explorateur, ou quelque chose comme ça. Quand on été gosses, on m'a montré un livre avec des images. Des étendues d'eau sans fin. Des sommets si haut qu'on pourrait presque toucher le ciel. »

Explorateur…. Que ce soit à cheval pour lutter contre les titans ou pour lutter contre l’ignorance et faire des découvertes grandioses, cela lui ressemblait bien. Dans un cas comme dans l’autre, Eren était porteur d’espoir et de liberté.

« Même sans les murs, je crois que voudrais tout voir du monde. Tout explorer, tout découvrir. En tout cas je ne serais surement pas devenu médecin comme mon père, ça c'est sur. C'est bien trop compliqué pour moi. »

« Je pense que pour le bien de tous il est préférable que tu ne sois pas médecin… c’est certain »

Eren était quelqu’un de bien trop impulsif pour exercer un métier aussi compliqué que celui de médecin. Ce n’était pas vraiment un défaut en soi. Et venant de la part de Livaï il aurait été plutôt mal venu de critiquer quoique ce soit….

« J’espère pour toi que ce livre d’image ne tombera jamais entre de mauvaise mains…. C’est le genre de chose est prohibée dans l’enceinte des murs, je ne t’apprends rien. Certaines personnes sont mortes pour moins que ça… »

La pensée de Livaï allait vers Erwin. Son commandant et amant lui avait raconté qu’autrefois, son père instituteur avait disparu du jour au lendemain après avoir fait allusion à certains doutes concernant ce qui se trouvait derrière les murs. Tout était parti d’une simple question qu’Erwin, encore enfant à l’époque, avait posé. La réponse de son père n’avait pas tardé à se faire avoir auprès du gouvernement. Erwin n’avait aucune preuve de ce qu’il avançait mais il demeurait certain que son pére avait été exécuté pour être réduit au silence et ne pas ouvrir les conscience de ses élèves endoctrinés par une espèce de secret et une vérité fallacieuse parfaitement maitrisée

« Erwin pense la même chose que toi…. Il pense qu’au delà des murs il y a des richesses à découvrir. Il pense qu’il y a des choses que même notre imagination n’est pas capable d’envisager. C’est toute la raison d’être du Bataillon d’Exploration. Nous ne sommes pas qu’une bande de soldats téméraires qui vont zigouiller du titan. Si nous le faisons, c’est uniquement parce que nous y sommes contraint… »

Il prit une inspiration et soupira avant de désigner le mur d’un petit coup de menton

« … Pour découvrir ce qui se cache derrière ça. Des sommets si hauts qu’ils pourraient toucher le ciel…. Des étendues d’eau à perte de vue…. »

Livaï n’avait jamais été quelqu’un de particulièrement curieux ou d’intrépide. Il l’était devenu par la force d’un destin capricieux. Mais si ça ne serait tenu qu’a lui, il n’aurait jamais accepté le deal qui lui avait permis de sortir avec ces deux amis de ce trou à rat immonde appelé les bas fond. Mais pour le coup Livaï aurait bien aimé jeter un coup d’œil à ce fameux livre interdit histoire de voir de ses propres yeux ce qui y était écrit. Y avait-il encore d’autres merveilles plus surprenantes à découvrir ? Pour quelqu’un qui a grandi toute sa vie ou presque dans des égouts cela parait difficile à imaginer


«  Comment vous êtes sorti des Bas fonds ? Enfin, si vous ne voulez pas en parler ce n'est pas grave. C'est juste qu'il y a pas mal de rumeurs qui circulent, c'est difficile de savoir ce qui est vrai ou faux. Et comme vous dites, sortir des Bas fonds, c'est un miracle... »

A mesure que le temps passait le soleil continuer à descendre progressivement derrière le mur. Le fond de l’air se faisait plus frais et Livaï ne manqua pas de remarquer un frisson faire trembloter Eren avant que le jeune homme ne cherche à se réchauffer en se frottant les mains l’une contre l’autre.

Le Caporal se leva. Il ne servait à plus rien de rester là. Le soleil était parti se coucher et tout ce qu’ils allaient réussir à faire était de chopper une crève bien méritée. Le bataillon était déjà suffisamment dans la galère sans devoir rajouter en plus des soldats malades et des frais de médecin ou d’apothicaire dont tout le monde se passerait bien

« Tu es gelé…. On rentre »


Il adressa un regard au gamin qui était toujours assis. Ce dernier allait certainement prendre sa remarque comme une invitation à ne plus jamais l’interroger sur son passé. C’était loin d’être le cas. Livaï n’évitait pas le sujet et il répondrait à ses questions puisque cela semblait lui tenir à cœur et titiller sa curiosité. Mais pas ici. Au chaud devant une tasse de thé ça serait mieux

« Allez suit moi…. »

Sans laisser à Eren le temps de protester, Livaï regagna l’intérieur de la caserne. Il prit la direction d’un endroit bien particulier dans lequel Eren n’avait certainement pas eut l’occasion de mettre les pieds jusqu’à présent. Il s’agissait du bâtiment réservé aux appartements des officiers. Là où Livaï y avait sa chambre et c’est d’ailleurs là-bas qu’il le conduisit histoire de ne pas être dérangé ni importuné par d’autres personnes trop turbulentes – il ne visait certainement pas Hansie, non non pas du tout.

Il poussa la porte de la pièce avant d’y pénétrer et de se diriger vers un espace aménagé où il entreprit immédiatement de se faire bouillir de l’eau. Lui-même n’avait pas eu très chaud durant les dernières minutes dehors et un thé bien corsé serait des plus appréciables pour se réchauffer. Pendant qu’il s’activait à le préparer, il laissait le soin à Eren de découvrir la pièce.

« Alors comme ça il y a des tas de rumeurs sur ma sortie des bas fond ? Tiens donc…. Ca me donne presque envie de savoir ce que les gens peuvent raconter. »


Il entendit la bouilloire se mettre à siffler et il versa l’eau dans une théière avant de poser cette dernière sur la table en bois présente dans la pièce. Il fit un petit signe de tête à Eren pour lui faire comprendre qu’il pouvait s’asseoir

« Tu en veux ? Je crois savoir que tu n’es pas spécialement fan du thé mais je n’ai pas grand-chose de mieux à te proposer…. A part du café… »

Qu’il avait pris l’habitude d’avoir « chez lui » lorsque Erwin venait squatter ici. Même si, la majeure partie du temps, c’était davantage Livaï qui désertait ses appartements pour aller se réfugier chez son commandant

Il retira sa veste qu’il posa correctement sur le dossier de sa chaise. Il prit place dessus et croisa les jambes comme à son habitude

« A l’époque, j’habitais les bas fond avec deux amis. Furlan et Isabel. On avait trouvé de équipement tridimensionnel et on a appris à s’en servir. On vivait de larcins et de petits trafics. C’est un peu, avec la prostitution l’une des seules choses qui permet de survivre dans les bas-fonds »


Il remuait doucement le thé présent dans sa tasse. Des petites spirales formaient une sorte de micro typhon quand il retira la cuillère.

« Un jour on nous a proposé un contrat. On l’a accepté…. Puis on s’est fait chopper par Erwin et Mike qui nous ont proposé une sorte de marché. Soit on rejoignait le bataillon d’exploration. Soit ils nous livraient aux brigades spéciales pour répondre de nos méfaits. L’esclavage ou la peine de mort…. »

Il releva son regard pour scruter Eren un moment

« En finalité… Furlan et Isabel sont mort à notre première expédition. Quant à moi…. J’ai réalisé que cette mission était depuis le début qu’une machination fomenté par plusieurs personnes dont Erwin, pour me sortir des bas fond… Ce qui s’est passé après… je pense que tu le sais… »

Livaï croisa les bras sur la table. Il se pencha légèrement en avant pour se rapprocher d’Eren. Le regard bordé de cernes grises du Caporal cherchait celui, si éclatant, du plus jeune

« Mais tu en as trop dis ou pas assez Gamin. Alors raconte-moi c’est quoi toutes ses rumeurs ? Dis moi tout. Tu as toute mon attention »

Un très léger sourire amusé étirer un coin des lèvres de Livaï. Si parler de tout ça pouvait un peu détendre l’atmosphère et changer les idées d’Eren alors soit ! Allons y. Eren était bien trop inquiet en ce moment. Il était bien trop résigné à mourir aussi…. Livaï était bien décidé à lui faire comprendre que la vie valait la peine qu’on se batte pour elle ! Il voulait lui redonner le sourire et pourquoi pas, pour la première fois, réussir à le faire rire. Afin qu’Eren trouve l’espoir de s’en sortir. Afin qu’il ne soit plus résigné. Afin qu’il ne pense plus à mourir….



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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   31/8/2017, 03:32



se raccrocher à un espoir
feat. Livai




Devenir soldat, c'était accepter l'éventualité -et dans le cas de l'Exploration la quasi-certitude- de sa propre mort. Eren l'avait accepté, tout comme ses camarades. Il n'était pas surnommé l'idiot suicidaire pour rien non plus. Mais il devait avouer qu'il avait eu plus de mal à digérer l'idée qu'il allait mourir parce que des politiciens qui n'avaient probablement jamais risqué leur propre vie n'avaient pas confiance en lui. On pourrait pourtant penser qu'il avait prouvé sa loyauté envers l'Humanité lorsqu'il avait rebouché le mur de Trost. Mais non, ce n'était apparemment pas suffisant pour ceux qui prenaient des décisions bien à l'abri dans leurs bureaux. Mais même s'il avait eu du mal à accepter, il n'avait guère d'autre choix. À moins de déserter. À moins de devenir le traître que certains pensaient déjà qu'il était. Le choix n'était pas facile. La vie ou l'honneur. Il avait tellement ressassé cette question qu'il fut assez étonné de la véhémence dont faisait preuve Livai. Certes, il savait bien que son supérieur n'accepterait pas de le voir mourir pour rien, mais il aurait pensé qu'au vu des options présente, il n'aurait pas risqué l'entièreté du Bataillon pour un simple soldat comme lui. Encore une fois il avait tort. Livai semblait prendre bien plus à cœur cette histoire que bien d'autres, Eren y compris. Le jeune homme ne le dit pas, mais cela lui réchauffait le cœur. De savoir que d'autres qu'Armin et Mikasa se souciaient réellement de lui était une motivation à ne pas abandonner. Mais il pouvait difficilement déclarer au Caporal que si les choses tournaient mal, Eren s'enfuirait très certainement, même si ce n'était pas de gaieté de cœur.

Au final il préféra laisser Livai changer de sujet et répondit à ce qu'il aurait bien pu faire de sa vie si les Murs n'avaient jamais existé. Car sans murs, cela voulait dire qu'il n'y avait pas de Titans, qu'ils étaient tous libre de faire ce qu'ils voulaient, d'aller où ils le voulaient. Eren rêvait d'un tel monde depuis toujours. Il répondit honnêtement au Caporal, faisant mine de se vexer lorsqu'il approuva sa décision de ne pas devenir médecin.

« Hé ! Je vous signale je suis parfaitement capable d'effectuer les premiers soins sur un blessé ! Sauf s'il lui manque un bras, ou une jambe. Ça risque d'être un peu trop complexe pour moi là... »

À la mention du livre d'images d'Armin, il sourit avec tristesse. « Aucun risque que quelqu'un tombe dessus. Il est resté à Shiganshina...  Personne n'a eu le temps d'emporter quoique se soit ce jour là. » Il n'y avait pas besoin d'explications supplémentaires. Tout ce qui se trouvait là bas ne devait plus être en très bon état après le passage des Titans et des années.

Il ne fut pas surpris d'entendre que le Major partageait sa pensée sur ce qui s'étendait au delà des murs. Personne ne pouvait s'engager dans le Bataillon sans rêver à ce qui se trouvait devant eux, si près et pourtant si inaccessible. Il y avait bien trop de morts dans leurs rangs pour que tout cela soit en vain. Tous les membres de l'Exploration avaient leurs propres rêves qu'ils espéraient voir un jour se réaliser. C'était parfois la seule chose qui leur permettait de tenir face aux horreurs qu'ils enduraient à chaque sortie extra-muros.

Eren pensa avoir dépassé les limites lorsqu'il demanda au Caporal comment il était sorti des Bas-Fonds, car celui-ci se leva prestement. Certes Livai avait remarqué sa tentative pour se réchauffer, mais Eren ne voulait pas rentrer. Il voulait continuer à discuter, à ne pas penser à ce qui allait se produire bientôt. Mais une fois qu'il rentrerait au dortoir, ce serait impossible pour lui d'échapper aux regards des ses compagnons, tantôt compatissants, tantôt anxieux.

Sous le regard attentif du Caporal, Eren se leva tout de même avec un petit soupir. Il se préparait mentalement à retourner au dortoir et faire face à Mikasa, mais Livai lui demanda de le suivre dans une toute autre direction. C'est avec surprise qu'Eren suivit son supérieur jusqu'aux chambres réservées aux officiers. Il n'avait jamais eu raison d'y aller, et il comprenait mieux pourquoi les nouvelles recrues en étaient éloignées. Apparemment chaque officier avait droit à sa propre chambre. C'était bien différent des simples recrues qui se partageaient un même espace vital, avec tous les avantages mais surtout les inconvénients que cela impliquait. (c'est à dire les ronflements de Reiner et Jean...)

Eren ne fut pas étonné de constater la propreté et le rangement des quartiers de Livai. Le pauvre aurait très certainement une crise cardiaque s'il voyait dans quel état était leur chambre actuellement. Alors qu'il regardait autour de lui, Eren remarqua qu'il y avait même un espace 'cuisine' où Livai était en train de faire chauffer de l'eau. Ah, le Caporal et le thé, une grande histoire d'amour.

Eren préféra ne pas s'étaler sur les rumeurs concernant le Caporal et les Bas-Fonds alors qu'ils étaient dans ses quartiers. Il n'avait pas très envie que le supérieur se vexe et le jette dehors. Il voulait profiter encore de ce calme qui s'était installé entre eux. Il fallait dire que la plupart du temps, lorsqu'ils étaient ensemble c'était pour des entrainements, et il n'y avait rien de calme dans la façon dont Eren était entrainé quotidiennement.

Alors qu'il restait debout près de la porte, désireux de ne pas gêner Livai dans son espace, la voix de celui-ci attira son attention sur le thé qu'il venait de préparer.

« Tu en veux ? Je crois savoir que tu n’es pas spécialement fan du thé mais je n’ai pas grand-chose de mieux à te proposer…. A part du café… »

Il ne réussi pas à cacher sa surprise sur le fait que Livai sache qu'il n'était pas un grand adepte du thé. Les supérieurs ne se préoccupaient jamais de connaitre ce genre de détails sur leurs subalternes. Et même si en tant que Titan Humain, Eren était soumis à une plus grande surveillance qu'un quelconque soldat, il doutait que ses préférences en matière de boisson soient d'une importance assez vitale pour qu'on les retienne.

« Ah, euh du thé ça ira très bien ! Une tasse de temps en temps ça ne me gêne pas. Sauf si c'est Mikasa qui le prépare... La, mieux vaut ne pas le boire. »

C'est seulement une fois installé à table une tasse de thé dans les mains  qu'Eren se rendit compte qu'il commençait vraiment à faire froid au dehors. La chaleur qui provenait de la tasse fournissait un agréable contraste avec le froid extérieur et Eren se retint à grande peine de pousser un petit soupire de contentement. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas installé ainsi autour d'une table avec quelqu'un. Depuis l'échec de la dernière mission, les soldats n'avaient pas le cœur à se prélasser ainsi.

La voix de Livai le tira de ses réflexions, le ramenant à la question posée plus tôt et dont il pensait n'avoir jamais la réponse. C'est avec beaucoup d'attention qu'Eren écouta Livai parler de son passé et de ce qui l'avait conduit jusqu'au Bataillon d'Exploration. Même s'il ne disait rien, refusant d'interrompre le Caporal dans une histoire qui ne devait pas être facile à raconter, Eren compatissait avec son supérieur. Eren ne connaissait que trop bien la douleur de perdre ses proches. Et s'il avait eu la chance d'avoir Mikasa et Armin à ses côtés, Livai avait du traverser cette épreuve seul. Cela expliquait un peu mieux le caractère renfermé du Caporal. Entre la vie dans les Bas-Fonds et la perte des celles personnes qu'il pouvait considérer comme sa famille, il n'était pas étonnant que Livai paraisse froid au premier abord. D'autres auraient pu succomber sous le poids d'une telle vie et pourtant Livai était toujours là. Ces épreuves semblaient ne l'avoir rendu que plus fort. Eren ne pouvait pas dire que dans une telle situation il n'en n'aurait pas voulu à Erwin pour son rôle dans la mort de ses amis. Il ne savait pas comment Livai avait fait pour passer outre, car lorsqu'on les voyait ensemble il n'y avait aucun doute sur le fait que le Major et le Caporal soient de très bons amis.

Il ne savait pas quoi dire face à une telle histoire. Il ne voulait pas offrir de quelconques platitudes à Livai, qui au final n'en avait pas besoin. Il n'en eut de toute façon pas l'occasion car le Caporal revint sur un sujet qu'Eren avait tenté de passer à la trappe. Les fameuses rumeurs le concernant. Maintenant qu'il connaissait la véritable histoire, Eren se rendait compte à quel point tout ce qu'il avait pu entendre était farfelu.

« Euh, ce n'est rien de vraiment passionnant vous savez. Juste des ragots sans importance. » Voyant que l'homme ne lâcherait pas le sujet aussi facile, Eren se résolu à raconter ce qu'il avait entendu. « C'est plutôt idiot en fait. Il y a une rumeur qui dit que vous êtes le fils illégitime du roi et que c'est lui qui vous a fait sortir, mais personne n'y croit vraiment. Une autre qui dit que vous étiez une sorte de caïd des Bas-Fonds et que tout le monde vous obéissez si bien que même les soldats vous ont laissé sortir sans problème. » Plus il parlait, plus il se rendait compte de l'absurdité de ces rumeurs, et il se mit à rougir de honte à les prononcer de vive voix devant celui qu'elles concernaient. « Enfin, voila, juste des potins idiots sans fondement. Personne n'y croit vraiment, les paris ne sont pas élevés. » Sans le vouloir, il venait d'annoncer que des paris étaient menés sur les origines du Caporal. Il se mit à rougir encore plus violemment. « Enfin, pas que j'ai parié ! Je ne ferais jamais ça ! Et de toute façon je ne dirais rien sur ce que vous venez de me confier ! Je vous le promets ! »

Alors qu'il s'agitait comme un idiot, il bouscula sa tasse, en renversant le contenu en partie sur la table et en partie sur lui. Il n'était décidément pas doué. Il se leva d'un bond, cherchant des yeux une serviette pour éponger le massacre qu'il venait de faire.

« Je suis désolé ! Je vais tout nettoyer ne vous en faites pas ! Il me faut juste une serviette ! » Tout en parlant il se dirigea vers le coin cuisine mais se pris les pieds dans sa propre chaise et trébuchant se retrouva au sol avec tout la grâce d'un cheval de trait qui s'affaisse. Il était beau l'Espoir de l'Humanité...

Il releva les yeux vers Livai, complètement mortifié par la situation, songeant vaguement que c'était bien rare que ce soit Livai qui le regarde de haut, au vu de leurs tailles respectives. Le stress et la honte lui embrumant le cerveau, cette pensée s'échappa de sa bouche avant qu'il ait le temps de la retenir.

« Vu comme ça, vous faites beaucoup plus grand... »





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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   1/9/2017, 00:01

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Le passé de Livaï ne regardait personne. Nul soldat n’avait besoin de savoir ce que son supérieur avait vécu pour accéder à sa place dans la hiérarchie. Et pourtant il comprenait que les soldats soient curieux au point de vouloir savoir ce qu’il avait vécu. Il ne fut pas plus surpris que ça d’apprendre de la bouche d’Eren que les spéculations allaient bon train. C’était à son tour d’être curieux de savoir ce que les racontars de couloirs pouvaient lui prêter comme passé. Et il aurait volontiers interrogé Eren sur le champ si ce dernier ne s’était pas mis à grelotter de froid. Il jugea donc préférable pour le gamin de poursuivre la conversation dans un endroit à l’abri du vent frisquet que le crépuscule avait amené avec lui.

Ne donnant aucune explication sur leur destination, Livaï s’était levé et il avait ordonné à Eren de le suivre. Il avait pris la direction de ses quartiers privés suivi de près par son subordonné qui ne pipait mot. Même lorsqu’ils furent arrivés, Eren paraissait être dans ses petits souliers. Comme s’il était à un endroit où il n’aurait pas du être. Il n’avait pas spécialement tors. Eren n’était pas à sa place ici. Et hormis quelques soldats proches de Livaï, personne n’avait eu l’occasion de pénétrer dans ses quartiers privés.

Livaï se frotta ses mains l’une contre l’autre pour les réchauffer pendant que la bouilloire chauffait lentement. Il tourna la tête vers Eren pour écouter ce qu’il préférait boire entre les deux uniques boissons qu’il était en mesure de lui proposait.

« Ah, euh du thé ça ira très bien ! Une tasse de temps en temps ça ne me gêne pas. Sauf si c'est Mikasa qui le prépare... La, mieux vaut ne pas le boire. »

Un petit rictus amusé étiré les lèvres de Livaï. Il n’était pas du genre à surveiller les faits et geste de ses soldats. Chacun était bien libre de faire ce qu’il voulait du moment qu’ils se pliaient aux rigueurs des expéditions et aux ordres du Bataillon. Que ce soit les siens ou ceux d’Erwin. Car Livaï ne supportait que moyennement l’insubordination. C’était même quelque chose qui avait plutôt le don de l’irriter au plus haut point. Est-ce que Eren était surpris que Livaï connaissent ses gouts en matière de boisson chaude ? Peut-être. Mais le Caporal trouvait pourtant cela parfaitement justifié. Ils avaient vécu ensemble quelques temps lorsqu’Eren avait été placé sous son aile quand il avait intégré l’escouade. Par conséquent, il était normal que Livaï ait remarqué ce genre de petits détails tout comme il imaginait sans peine que Eren lui-même avait pu déceler certaines parcelles de sa personnalité.

« Ainsi Ackerman fait du thé…. Merci pour le conseil, je saurai m’en souvenir… »

Ackerman…. Ah comme les relations entre la jeune métisse et lui étaient compliquées. Trop entêtée, trop impulsive. Dès qu’il s’agissait d’Eren, elle ne savait pas garder son calme et toute forme de rationalités disparaissait subitement. Livaï n’en avait pour le moment jamais eut confirmation, mais il était certain qu’elle aurait pu mettre la vie de ses camarades en danger pour préserver celle de son précieux frère adoptif. Après tout, n’avait-il pas été blessé à cause de son empressement à se jeter dans la gueule du loup sans réfléchir ? Lorsque le Titan Féminin avait capturé Eren et qu’ils s’étaient mis tous deux à sa poursuite, Livaï avait dû réagir avec rapidité pour sauver la mise de la jeune femme. Résultats des courses, une jambe hors service et un Caporal sur la touche juste parce que Miss Ackerman n’avait pas jugé bon de lui faire davantage confiance.

Depuis les relations entre eux ne s’étaient jamais améliorés. Elle devait certainement lui tenir rancœur pour avoir tabassé Eren au tribunal même si cette comédie douloureuse qui avait finalement sauvé les miches. De son côté, Livaï lui reprochait son caractère impétueux et indomptable qui la poussait à se mettre en danger de façon inconsidérée. Elle était un atout important pour l’humanité. Elle aurait du en prendre conscience plutôt que de mettre sa vie au service unique d’Eren ! Quel égoïsme !

Dès lors, c’était devenu une sorte de jeu pour Livaï que d’asticoter, plus ou moins gentiment, la jeune femme. Il fallait dire qu’il ne se lasserait jamais de voir les traits de son visage se déformer à chaque fois qu’elle apprenait une contrariété au sujet d’Eren. Livaï était soldat. Il ne faisait pas dans le social mais il pouvait deviner sans trop de difficultés que la présence pesante de Mikasa devait certainement être difficile à supporter pour Eren. Rien que pour ça Eren pouvait le remercier de l’avoir accueilli dans son escouade et l’avoir ainsi libéré de l’emprise trop accaparante et écrasante de sa sœur.

Finalement la bouilloire émit un petit sifflement caractéristique et Livaï s’en empara avec un torchon enroulé autour de la poignée pour éviter de se bruler. Il versa avec précaution l’eau dans les deux tasses et invita d’un signe de tête Eren à venir prendre place. Il n’avait pas encore bougé de l’entrée, n’osant pas pénétrer davantage dans la pièce.

Assis de façon nonchalante, Livaï jouait avec sa cuillère qu’il tournait dans sa tasse fumante tout en écoutant les propos de son cadet au sujet de ses fameuses rumeurs dont il était l’objet.

« Euh, ce n'est rien de vraiment passionnant vous savez. Juste des ragots sans importance. »

Livaï s’adossa au fond de sa chaise, se mettant un peu plus à son aise. Il posa son bras sur le dossier tout en observant le jeune garçon dont les yeux verts brillaient malgré la lumière amoindrie et dansante de la lampe à huile posée entre eux

« Je suis sure au contraire que ça doit être captivant…. »

« C'est plutôt idiot en fait. Il y a une rumeur qui dit que vous êtes le fils illégitime du roi et que c'est lui qui vous a fait sortir, mais personne n'y croit vraiment. Une autre qui dit que vous étiez une sorte de caïd des Bas-Fonds et que tout le monde vous obéissez si bien que même les soldats vous ont laissé sortir sans problème. »

Livaï haussa un sourcil alors que ses lèvres s’étirèrent dans un sourire amusé. Le fils illégitime du Roi ??? Ha c’était la meilleure celle-là !!! Quoique pourquoi pas après tout…. Sa mère était une prostituée et elle s’était certainement tapée un tas d’hommes dont elle ne connaissait pas l’identité. Lui-même ignorait tout de son père. Etait-il un noble riche sexuellement frustré par sa bourgeoise frigide ? Etait-il un marchant aisé et célibataire venu tromper sa solitude dans les bras d’une catin ? Etait-il un enfoiré de Roi plein aux as venu s’offrir les services d’une fille de joie pour se prouver sa pleine puissance politique ? Livai n’en savait rien et honnêtement il en avait rien à foutre. Si son père venait se présenter à lui, la seule chose que Livaï aurait à lui offrir était le dessous de sa semelle entre les deux yeux ! Peu importe qui soit était. Roi, commerçant, médecin, politicien ou militaire. Il n’était qu’un sale enfoiré qui avait engrossé une femme avant de la laisser crever de le dépotoire que sont les bas fonds !

« Enfin, voilà, juste des potins idiots sans fondement. Personne n'y croit vraiment, les paris ne sont pas élevés. Enfin, pas que j'ai parié ! Je ne ferais jamais ça ! Et de toute façon je ne dirais rien sur ce que vous venez de me confier ! Je vous le promets ! »

«  Ha il y a carrément des paris ? » Il haussa les épaules avant de prendre sa tasse entre les mains de cette façon si atypique qu’on lui connaissait bien. Il la porta à ses lèvres pour en boire son contenu avant de la reposer

« Je m’en fou… tu peux leur raconter si tu veux… je n’ai rien à cacher et je n’ai pas honte de ce que je suis. Tu ne crois quand même pas que j’allais te menacer si tu ne savais pas la boucler. Si ? »

Il ancra son regard métallique à celui de jeune garçon qui parut de plus en plus mal à l’aise. Ses gestes devinrent plus nerveux et avant même que Livaï eut le temps de le mettre en garde, il assista impuissant à cette malheureuse tasse de thé fumante qui se reversa sur la table et sur les vêtements d’Eren.

« Je suis désolé ! Je vais tout nettoyer ne vous en faites pas ! Il me faut juste une serviette ! »

Un soupire de lassitude s’échappa des lèvres de Livaï. Il prit une inspiration avant de se mettre debout pour aller chercher le torchon mais Eren tenait visiblement à réparer lui-même sa bêtise. Il se hâta tellement qu’il finit, Livaï ne sut pas trop comment, par se retrouver étaler par terre et sa chaise renversée à côté de lui. Le vacarme qu’avait fait Eren avait eu pour conséquence de faire vivement sursauter Livaï qui ne s’y était pas attendu .

Le Caporal se pinça un instant l’arête du nez en fermant les yeux. Comment pouvait-on être aussi empoté et maladroit ? Et c’était ça qui devait sauver l’humanité ? Et bah on n’était pas dans la merde !!

Livaï s’approcha de lui et s’arrêta juste devant le corps étalé d’Eren. Gardant la tête droite, il baissa simplement le regard sur lui. Il s’apprêtait à lui demander s’il ne s’était pas blessé lorsqu’Eren lui coupa l’herbe sous le pied en prenant la parole avant lui

« Vu comme ça, vous faites beaucoup plus grand... »

……

Un silence envahi la pièce alors qu’une petite veine agacée palpitait sur la tempe du Caporal. Il savait parfaitement que sa taille devait être un sujet de moquerie parmi les soldats du Bataillon mais jamais personne n’avait encore osé y faire référence de façon directe…

Livaï s’accroupit au niveau du visage d’Eren

« Dis donc gamin, tu tiens vraiment à ce que j’apprendre la vraie définition «  d’idiot suicidaire » ? »

Il soupira une nouvelle fois alors qu’Eren paraissait presque apeuré. Livaï le regarda une nouvelle fois de toute sa hauteur avant de tendre une main dans sa direction pour l’aider à se relever

« Quand t’auras fini de foutre le bordel chez moi tu me feras signe »


Il attendit qu’Eren glisse sa main dans la sienne pour tirer et l’aider à se remettre sur pieds. Livaï le regarda avant de tendre la main vers un torchon qu’il lui balança en plein visage sans aucune délicatesse

« Ressui moi ça correctement s’il te plait. Ca va au moins ? Tu ne t’es pas fait mal ? Non mais quel empoté… »

Livaï laissa Eren nettoyer les dégâts qu’il venait de faire et redresser la chaise qu’il avait fait tomber. Pendant que le gosse était occupé, Livaï se dirigea vers l’armoire en bois massif dans laquelle était rangée ses quelques vêtements. Il y avait principalement son uniforme en plusieurs exemplaires et quelques vêtements civils qu’il pouvait porter lorsqu’il n’était pas de service, c’est-à-dire en de rares occasions

Il fouilla dans la penderie et dans les placards à la recherche de quelque chose en particulier. Inutile de passer à Eren des vêtements de rechange lui appartement. Comme venait si délicatement de le souligner le garçon, la différence de taille entre eux ne permettait pas à Eren d’enfiler ses affaires.

« Tu es toujours aussi maladroit où c’est juste une exclusivité rien que pour moi ? »

Ha voilà ! Livaï venait de trouver ce qu’il cherchait. Il s’agissait d’une chemise d’Erwin que le Major avait laissé chez lui. Impeccablement pliée et repassée, la chemise attendait son propriétaire. Le cœur de Livaï se sera à cette douloureuse pensée. Il y avait fort à parier que cette pauvre chemise esseulée ne revoit jamais le corps du Major…. Il avait beau se voiler la face et espérer du plus profond de son être qu’Erwin et les autres étaient encore vivants. Au fond, Livaï savait parfaitement que plus les heures passaient et moins leur chance de survie était grande…. A l’heure qu’il était, Erwin devait déjà certainement s’être fait tuer… Livaï ferma les yeux un instant pour chasser cette affreuse pensée. Il se tourna ensuite vers Eren et lui tendit la chemise blanche impeccable

« Tiens… Je n’ai rien de mieux à te proposer pour le moment… On va mettre tes vêtements à sécher avant que tu retournes dans ton dortoir. Enfile ça… C’est à Erwin… Ça sera un peu grand mais ça sera toujours mieux que si je te file une de mes chemises… »

Livaï posa la chemise délicatement sur le dossier d’une des chaises. Il se dirigea ensuite vers la cuisine où il remit de l’eau à bouillir sur le feu, tournant le dos à Eren pour lui laisser l’intimité dont il pouvait avoir envie le temps de se changer

« Tu ne t’es pas brulé ? »

Il se retourna alors qu’Eren finissait de boutonner sa chemise. Il croisa les bras et appuya le bas de son dos contre le meuble situé derrière lui. Le visage de Livaï avait pris une mine bien sombre et grave. Son regard quitta Eren et cette chemise qu’il avait tellement l’habitude de voir porter par un autre

« Ceux qui sont derrière les murs….. ils ne reviendront jamais… N’est ce pas ? »

L’épaisse carapace que Livaï s’était forgée au fur et à mesure des années semblait soudainement se fissurer et dévoiler à Eren une certaine fragilité qu’il ne devait pas soupçonner chez son Caporal. Lui qui savait se montrer autoritaire et respecté. Lui qui ne flanchait jamais…. Mais lui aussi qui collectionnait les écussons découpés sur les uniformes de ses camarades décédées afin de ne jamais les oublier… Lui toujours qui se souciait de pouvoir réconforter ses soldats quand le moment était venu pour eux de rendre leur dernier souffle…

Livaï aurait pu continuer à se montrer aussi puissant et fort qu’un roc. Mais l’amertume et la peur d’avoir abandonné à une mort certaine plusieurs dizaines de ses camarades le rongeait au plus haut point. Ajouté à cela la peur de finir balancé au bout d’une corde sur une putain de potence. Il aurait pu continuer à faire semblant pour Eren… Mais il n’y arrivait plus. Cette chemise blanche que portait le gamin lui renvoyait en pleine face chacune de ses erreurs et chacune de ses peurs.

« Si demain ils annoncent la dissolution du Bataillon, il faut que tu t’en sortes coute que coute Eren… C’est un ordre. »



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   11/9/2017, 20:35



se raccrocher à un espoir
feat. Livai




La vie d'Eren était faite de nouveautés plus ou moins sympathiques depuis longtemps déjà. Apprendre à vivre sans ses parents était rangé dans le côté non sympathique. Découvrir qu'il était capable de se transformer en titan était mitigé. D'un côté il avait la force de se battre comme il n'aurait jamais pu le faire en tant que simple soldat. Mais d'un autre, il devenait l'un des monstres qu'il haïssait tant. Se retrouver dans les quartiers du Caporal était officiellement du côté des bonnes choses, même si le stress qui lui rongeait l'intérieur ne lui permettait pas vraiment d'en profiter. Il savait à quel point le Caporal tenait à son intimité et qu'en dehors des officiers supérieurs personne d'autre n'avait accès à cet espace. Les autres soldats seraient très certainement jaloux de sa présence en ces lieux. Mieux valait ne pas en faire part à Mikasa, elle se ferait des idées encore. D'ailleurs lorsqu'il mentionna le thé de sa sœur, il préféra ne pas préciser au Caporal qu'elle ne lui en ferait très certainement jamais. À moins qu'il ne soit empoisonné. Mikasa n'avait toujours pas digéré les événements de son procès, et ne le ferait probablement jamais. Même si leur supérieur lui avait sauvé la vie lorsqu'il s'était fait kidnappé par le titan féminin, elle ne pardonnait toujours pas. La brune avait la rancune tenace.

Sous l'insistance de Livai, il finit par lui avouer quelques unes des rumeurs qui couraient sur lui, se rendant compte en même temps qu'il les prononçait à haute voix à quel point elles étaient stupides. Les soldats étaient parfois pire que des commères de village lorsqu'ils s'y mettaient. En plus de ces ragots de grand mère, il réussit même à vendre la mèche au sujet des paris que tenaient les soldats. Décidément, cette soirée allait de mal en pis. Il promit tout de même de ne pas dévoiler ce que le Caporal venait de lui confier sur son passé, ne voulant pas trahir sa confiance, mais apparemment le soldat n'en avait que faire.

« Je m’en fou… tu peux leur raconter si tu veux… je n’ai rien à cacher et je n’ai pas honte de ce que je suis. Tu ne crois quand même pas que j’allais te menacer si tu ne savais pas la boucler. Si ? »

« Non, bien sûr que non ! » Bon, d'accord, peut être un peu quand même. Le secret des origines du Caporal était un tel sujet de fantaisies, qu'il s'imaginait que le principal intéressé voulait garder ça secret. C'était peut-être tout simplement que personne n'avait jamais eu le courage de lui demander avant. Mais si c'était le cas, ce n'était pas à Eren d'aller l'annoncer aux autres. Ils n'avaient qu'à faire l'effort d'essayer d'apprendre à connaître Livai. Mais Eren n'eut pas le temps de s'attarder sur le sujet qu'il renversait sa tasse de thé et déclenchait une mini catastrophe en tentant de rattraper le coup. Et créa une encore plus grande catastrophe en mentionnant la taille de son supérieur. Il pensait sérieusement avoir signé son arrêt de mort avec ses paroles. Personne ne savait qu'il était là, personne ne viendrait le chercher ici. Livai aurait tout le temps pour disposer de son corps et personne ne retrouverait jamais les morceaux...

« Dis donc gamin, tu tiens vraiment à ce que je t'’apprends la vraie définition «  d’idiot suicidaire » ? »

Un clignement des yeux, et un simple mot, répondu comme une interrogation. « Non ? » Il méritait ce stupide surnom sans conteste aujourd'hui. Il était presque étonné de ne pas s'être encore pris de coup, d'ailleurs. Le Caporal faisait preuve de beaucoup de sang froid pour une fois.

« Quand t’auras fini de foutre le bordel chez moi tu me feras signe »

Il regarda un instant la main tendue de Livai, sans comprendre, passant de la main au visage de son supérieur, puis de nouveau à sa main avant de la saisir. Énormément de sang froid même... En temps normal il lui aurait mis cette main dans la figure plutôt que de l'aider à se relever. Au lieu de ça, c'est un torchon qu'il se prit dans la figure, ce qui était beaucoup moins douloureux, il fallait bien l'avouer.

« Ressui moi ça correctement s’il te plait. Ca va au moins ? Tu ne t’es pas fait mal ? Non mais quel empoté… »

« Désolé ! Je vais tout nettoyer, promis. » Et il commença par ramasser sa chaise avant de frotter la table. Comment avait-il fait pour se prendre les pieds dans la chaise ? Mystère... « Oui oui, ça va je n'ai rien. » Il jeta un œil à la main qui avait reçu le thé brûlant. La peau était rouge, brûlée, mais rien qui ne guérirait pas bientôt. Il préféra donc ne rien dire, ne voulant pas rajouter une nouvelle couche à sa honte déjà bien épaisse, et une fois sa tâche accomplie et le torchon sale posé dans un coin de la cuisine, il se contenta de garder les mains dans le dos, hors de vue.

Il regarda Livai fouiller dans une armoire, se demandant ce qu'il cherchait, mais n'osant pas poser la question après le fiasco qu'il venait de créer.

« Tu es toujours aussi maladroit où c’est juste une exclusivité rien que pour moi ? »

Il aurait voulu pouvoir dire qu'il était d'ordinaire gracieux et habile de ses mains, mais il devait bien avouer que ce n'était pas vraiment le cas. Mais ce n'était que rarement à ce point la. Il blâmait entièrement le stress de cette situation inattendue.

« Disons que je ne suis pas toujours très habile ? Mais je m'en sors beaucoup mieux en manœuvres tridi ! Heureusement d'ailleurs... » Il n'aurait jamais survécu aux 3 années d'entraînement s'il avait été aussi empoté dans les airs.

Lorsque Livai revint vers lui avec une chemise, Eren ne comprit pas immédiatement pourquoi jusqu'à ce qu'il lui dise qu'elle était pour lui. En toute honnêteté, Eren s'était attendu à se faire jeter de la chambre tel quel. Conscient de sa bonne étoile, il préféra ne pas demander ce qu'une des chemises du Major faisait dans les quartiers d'un de ses officiers. Considérant qu'Erwin était très certainement mort avec tous les soldats qu'ils avaient du laisser par delà le mur, mieux valait ne pas aborder le sujet.

Avec un simple « Merci. » Eren pris la chemise et se retourna pour se changer pendant que Livai retournait faire chauffer de l'eau. Il retira son haut qu'il laissa simplement tomber au sol et s'apprêter à enfiler la chemise lorsqu'il se rendit compte que le thé avait transpercé et imprégné le haut de son pantalon. Avec un haussement d'épaule il se déchaussa et laissa son pantalon rejoindre son haut sur le sol. Heureusement qu'il n'avait pas ses sangles, cela aurait été beaucoup plus long. Alors qu'il se changeait Livai lui demanda une nouvelle fois s'il s'était brûlé et maintenant qu'il avait retiré son T-shirt il pouvait voir que son ventre était plutôt rouge lui aussi, même si beaucoup moins que sa main. Mais il n'était pas inquiet pour ça, d'ici demain il n'y aurait très certainement plus rien. « Non non, ça va.  »

Une fois la chemise enfilée il réalisa à quel point le Major était grand. La chemise lui arrivait à mi-cuisse et il flottait dedans. Il n'avait vraiment pas la même carrure que son supérieur. Même les manches dépassaient de ses mains, ce qui pour le coup était un avantage puisque cela ne laissait pas voir sa peau. Il finissait de boutonner la chemise lorsque les paroles de Livai le percutèrent et le firent se retourner.

« Ceux qui sont derrière les murs….. ils ne reviendront jamais… N’est ce pas ? »

Alors que c'était Livai qui avait tout fait pour lui remonter le moral jusqu'à présent, il lançait de lui même le sujet le plus grave et triste qu'ils pouvaient aborder en cet instant. Les compagnons qu'ils avaient dû abandonner. Les compagnons qu'ils ne reverraient jamais. En toute logique, il n'y avait aucune chance pour que le groupe réussisse à survivre aux titans et à revenir au mur. Alors qu'en expédition complète, organisée et rationnée, bien peu d'entre eux revenaient déjà, dans les conditions actuelles, sans plan, sans matériel, il était impossible que leurs camarades échappent aux titans assez longtemps pour retrouver leur chemin. S'ils n'étaient pas encore revenu, ils ne le feraient jamais. Et pourtant, le dire à haute voix semblait comme une condamnation qu'Eren se refusait de prononcer. Et Livai ne semblait pas prêt à l'entendre non plus.

En cet instant, Eren n'avait qu'une envie, prendre Livai dans ses bras et lui dire que tout se passerait bien. C'est ce que sa mère avait toujours fait avec lui, et bizarrement, peu importait la situation, cela lui faisait un bien fou. Mais Livai n'était pas un enfant, et Eren n'était pas sa mère. Il se contenta donc de se rapprocher et posa une main sur le bras du Caporal.

« S'il y a bien quelqu'un capable de faire revenir tout le monde de là-bas, c'est bien le Major. Il a toujours six coups d'avance sur tout le monde et des plans pour toutes les situations. Ne perdez pas espoir, il peut encore y arriver. Ils peuvent revenir. »

Même s'il n'y croyait que très peu, Eren espérait qu'il disait la vérité. Bon nombre de ses propres amis étaient au dehors, il priait pour leur retour, même s'il ne le verrait très certainement pas. La rencontre avec les hauts-gradés ne s'annonçait pas très bien et il y avait de fortes chances pour qu'il soit confié aux Brigades Spéciales cette fois-ci. Il savait très bien ce qui lui arriverait si c'était le cas et il ne pouvait s'y résoudre.

« Si demain ils annoncent la dissolution du Bataillon, il faut que tu t’en sortes coûte que coûte Eren… C’est un ordre. »

Les paroles de Livai firent écho aux pensées d'Eren sans qu'il le sache. Le jeune soldat n'avait voulu parler à personne de ce qu'il avait prévu, il ne voulait pas faire courir de risque aux autres, mais Livai avait besoin d'être rassuré, avait besoin de savoir qu'Eren ne se laisserait pas charcuter sans broncher. Eren détacha sa main du bras du Caporal pour se gratter la tête en soupirant. « Je ne voulais pas en parler, parce que c'est considéré comme de la trahison mais... Je... j'ai un plan. Enfin, presque...  » Disons qu'il avait l'ébauche d'un plan, mais pas vraiment organisé les détails. Il aurait pu demander de l'aide à Armin pour les détails, mais ça aurait été le mettre lui et Mikasa /parce qu'impossible que la brune ne s'en mêle pas/ en danger. Et même si ils l'avaient suivi jusqu'ici, si vraiment les choses tournaient mal, il préférait continuer seul.

« Si vraiment je n'ai pas le choix, je m'enfuirai. Je.. J'ai déjà préparé quelques provisions. Au cas où... » Le plus difficile n'avait même pas été de dérober de la nourriture, mais de faire en sorte que Sacha ne la trouve pas. Cette fille avait un radar pour ça, c'était impressionnant, et un peu effrayant parfois.

« Mais ne le dites à personne ! Enfin, je sais que vous n'allez pas me balancer aux autorités, mais Mikasa et Armin ne sont pas au courant. Mikasa attirerait trop l'attention dans les Bas-Fonds avec ses origines et son attitude. Et Armin, ce n'est pas un endroit pour lui. »

Ses amis pensaient qu'en cas de force majeure il tenterait sa chance de l'autre côté du mur, mais même lui n'était pas si suicidaire. Seul, il n'aurait aucune chance. Mais tant que ses amis le pensaient la bas, ils seraient en sécurité, car ils ne pourraient pas passer le Mur. C'était un mensonge qu'il était obligé de leur laisser croire. Pour leur propre survie. Eren, même s'il avait grandit à Shiganshina, auraient de meilleures chances de s'en sortir dans les sous-terrains. Il savait se battre /merci Jean/ et n'avait pas peur de ce qu'il trouverait en bas. Rien ne pouvait être pire que les titans. Et il après tout ce qu'il avait vécu, il était difficilement impressionnable.






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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   12/9/2017, 23:50

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Ce n’est que maintenant, alors qu’Eren était dans ses appartement que Livaï prenait conscience du trop grand vide qu’avait laissé Erwin derrière lui. Avant cette foutue expédition, Erwin n’aurait pas laissé une seule soirée vide de leur retrouvaille. Chez lui ou ici… les deux hommes se seraient retrouvés pour décompresser de leur journée. Souvent, comme Livaï était en train de le faire avec Eren, ils s’installaient autour de la table derrière une tasse de thé pour l’un et de café pour l’autre. Erwin lui parlait des derniers ordres recus par le Roi. Livaï lui parlait des derniers résultats des hommes sur le terrain. Et puis doucement, la conversation quittait le domaine du professionnel pour aborder des sujets que Livaï n’évoquait qu’en présence de son Major…. Ils parlaient de leurs rêves… De ce qu’ils imaginaient y avoir derrière les murs… ils parlaient de leurs souvenirs… de leurs amis… ceux encore vivants et ceux qui avaient déjà rejoint les étoiles depuis forts longtemps.

Depuis qu’Erwin avait été porté disparu, les soirées de Livaï étaient devenues pesantes. Certes Hansie essayait de faire son possible pour lui remonter le moral quand elle sentait bien qu’il glissait vers le désespoir. Mais comment Livaï pouvait lui dire qu’il en avait rien à faire ? Que peu importait ce qu’elle lui dirait ou ce qu’elle ferait, rien ne permettaient aux «  disparus » de revenir dans l’enceinte des murs. Alors, préférant encore la solitude que la compassion trop insistante de son amie folledingue, Livaï allait s’isoler sur le toit comme il l’avait fait juste avant d’être rejoint par Eren.

L’ébauche d’un sourire avait même prit place sur le visage du Caporal quand la maladresse de Eren avait foutu un capharnaüm pas possible dans ses quartiers. Etait-il possible d’être aussi étourdi ? Heureusement qu’il se montrait plus concentré et plus habile lors des missions ! Livaï n’aurait pas donné cher de sa peau dans le cas contraire.

« Disons que je ne suis pas toujours très habile ? Mais je m'en sors beaucoup mieux en manœuvres tridi ! Heureusement d'ailleurs... »


« Louée soit la Déesse…. Me voilà rassuré » répondit le Caporal avec une pointe de sarcasme

Visiblement, Eren avait réussi là où Hansie avait échouée depuis plusieurs jours. Il avait réussi à lui changer les idées. Que ce soit par le biais de son manque d’adresse ou par leur discution plutôt amusante. Honnêtement, ce que les soldats pouvaient être stupides pour oser lancer des paris sur son passé ! Livaï aurait presque été tenté de lancer une fausse rumeur afin de voir à quelle vitesse elle se protégerait dans les rangs du Bataillon. Cela aurait été le genre d’expérience qu’il aurait adoré réaliser avec la complicité d’Hansie, Mike et Erwin… Autrefois…

La légèreté de l’instant fut de courte durée. La chemise d’Erwin que Livaï préta au gamin suffisait à elle seule à faire revenir la tension dramatique de l’instant. Si Erwin était encore vivant, est ce qu’il était blessé ? Quelles étaient ses chances de survivre et de revenir jusqu’au mur ? Y avait-il des refuges dans lesquels il pourrait s’abriter ? Son cheval était-il encore en vie ? Est-ce qu’il…

Perdu dans ses pensées, Livaï ne remarqua Eren que lorsque ce dernier se placa devant lui et posa sa main sur son bras. Il sursauta légèrement avant de lever la tête vers lui pour que ses yeux métaliques rencontrent ceux, d’un vert rempli d’espoir, de son cadet .

« S'il y a bien quelqu'un capable de faire revenir tout le monde de là-bas, c'est bien le Major. Il a toujours six coups d'avance sur tout le monde et des plans pour toutes les situations. Ne perdez pas espoir, il peut encore y arriver. Ils peuvent revenir. »

Il n’avait pas tort. Du moins dans les faits. C’est vrai que Erwin était quelqu’un d’incroyablement intelligent et ingénieux. Il donnait l’impression de toujours savoir à l’avance quel allait être l’avenir. Livaï avait presque cru que cela était un don de la nature. Avant de comprendre qu’il ne s’agissait que d’un sens de l’anticipation et de l’analyse incroyablement développé. Erwin était capable de le faire… Oui…. Il pourrait revenir… Livaï en avait la certitude si Erwin avait été seul… Mais à plusieurs… Sa position de leader allait prendre le dessus et il n’allait certainement pas accepter de devoir laisser derrière lui plusieurs de ses hommes…. Quitte à mettre sa vie en danger pour leur permettre de sauver leur peau… C’était précisément cette solidarité et cet altruisme démesuré que Livaï redoutait chez son supérieur… Et c’était ce genre de raisonnement qui les reconduisait à la case départ dans la suite logique de ses pensées : Erwin ne reviendrait pas… et le bataillon était condamné…

Mais si c’était le cas, Livaï n’allait certainement pas laisser les Brigades Spéciales entrer en possession de Eren ! Depuis que le gosse était sous sa protection – et même avant d’ailleurs, lors du procès – Livaï n’avait eu de cesse de le protéger ! Cette fois-ci ne ferait pas exception, même si c’était la toute dernière fois qu’il aurait la possibilité de le mettre hors de danger avant d’être pendu haut et court pour refus d’obtempérer

« Je ne voulais pas en parler, parce que c'est considéré comme de la trahison mais... Je... j'ai un plan. Enfin, presque...  Si vraiment je n'ai pas le choix, je m'enfuirai. Je.. J'ai déjà préparé quelques provisions. Au cas où... »

Livaï ne décrocha pas son regard du sien. Il le regardait en silence pour bien lui faire comprendre qu’il attendait plus d’explications de sa part sur cette prétendue fuite qu’il avait plus ou moins bien préparé

« Mais ne le dites à personne ! Enfin, je sais que vous n'allez pas me balancer aux autorités, mais Mikasa et Armin ne sont pas au courant. Mikasa attirerait trop l'attention dans les Bas-Fonds avec ses origines et son attitude. Et Armin, ce n'est pas un endroit pour lui. »

Livaï avait l’impression qu’on venait de lui verser un seau d’eau glacée sur la tête. C’était ça son idée ? Se réfugier dans les Bas-fonds ? Aller s’empêtrer dans cette décharge où pullule toutes la misère et l’horreur de l’humanité ? Le Caporal écarquilla les yeux un instant avant de réagir avec impulsivité comme à son habitude. Sa main droite fusa en direction du visage de Eren pour lui infliger une gifle cuisante qui résonnant dans toute la pièce. Il ne laissa pas le temps au jeune homme de reprendre ses esprits qu’il l’attrapa par le col de la chemise blanche d’Erwin pour approcher son visage du sien

« Les bas-fonds ? C’est ça ton idée brillante ? T’es con ou tu le fait définitivement exprès ? Je te demande de t’en sortir Eren ! Je t’ordonne de vivre ! Et toi tu me claque que tu penses te barrer dans les bas fonds ? As-tu seulement idée de ce que tu vas trouver là-bas ? As-tu seulement idée de ce que c’est que vivre là-bas ? »

Il le lâcha en le repoussa et il se passa la main sur le visage. Un petit rire nerveux échappa au Caporal qui tournait maintenant le dos à son soldat

« Vivre ! Ha ha ! Laisse-moi rire ! On ne vit pas dans les bas-fonds ! Les plus chanceux survivre ! A la famine. A la maladie. A la violence et à la haine. Vivre…. Tu m’en fais une belle tiens ! Je ne te donne même pas une semaine à tenir ! »

Il se retourna soudainement pour le regarder droit dans les yeux

« Les bas fonds ! Si Erwin n’avait pas été là, j’y serai toujours ! Une fois qu’on y descend, on ne remonte plus ! Et ne compte même pas sur ta transformation en titan pour essayer d’en réchapper ! Tu seras prisonnier ! Tu comprends ça ? Tu penses que tu pourrais te trouver une cachette, toi le gamin au visage inconnu qui débarque avec son sac à dos plein de bouffes ? On va te saigner comme un porc dés que tu fermeras l’œil pour te reposer ! Eren…. Tu…. Tu ne comprends pas ! Les bas-fonds ! C’est hors de question ! »

Il passa devant lui pour aller se mettre assis sur le rebord de son lit. Il en oublia sa tasse contenant l’eau chaude qu’il venait de faire bouillir mais dans laquelle il avait omis de mettre le thé à infuser. Les avants bras posés sur ses cuisses, Livaï avait le dos vouté. Les mèches de ses cheveux sombres couvraient la partie supérieure de son visage et empêchait Eren de voir ses yeux cernés par la fatigue et l’angoisse

« Sais tu ce que sait que la faim, Eren ? La faim qui te tors le ventre tellement fort que tu as l’impression de t’évanouir… Celle qui te pousserait presque à aller bouffer un cadavre qui traine dans la rue ? Celle qui te rends fou… Tellement fou …. »


Un soupire rompit le silence alors que Livaï ne changea rien à sa position. Recroquevillé sur lui-même, il replongeait dans les souvenirs de son enfance tragique. La faim…. Lui il savait ce que c’était. Il se souvenait encore de la douleur de son corps à l’agonie. Il se souvenait de l’odeur pestilentielle du cadavre de sa mère reposant dans le lit…A cette époque il n’était rien de plus qu’une épave. Un squelette…. Il n’avait pas eu peur de Kenny quand ce dernier l’avait recueilli… Comme dit le proverbe : lorsque l’on a plus rien, on a rien à perdre… D’une certaine manière, Livaï se savait reconnaissant envers Kenny Ackerman qui l’avait sauvé d’une mort certaine. Même si ce fut pour mieux l’abandonner ensuite.

«  Eren…. Dans les bas-fonds il n’y aura personne pour t’aider… Ta sœur ne sera pas là pour te protéger… Arlelt ne sera pas là pour te tirer de tes mauvais pas…. Tu n’as rien à foutre là-bas… C’est pas un endroit pour toi… »

Il relèva la tête pour que son regard puisse de nouveau trouver celui du jeune garçon dont la joue était rougie par cette gifle que Livaï lui avait asséné

« J’ai perdu ma mère… J’ai perdu Isabel et Furlan… J’ai perdu Erwin…. Tu es la seule personne qu’il me reste… Alors putain Eren… Ne va pas là-bas… »

Le regard de Livaï n’était plus aussi furieux. Au contraire, il était rempli d’une certaine douceur… Il était suppliant… Et le Caporal appuya cette prière visuelle en la formulant à haute voix

« Ne meurs pas Eren… s’il te plait »



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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   2/10/2017, 00:23



se raccrocher à un espoir
feat. Livai




Il ne savait pas à quoi s'attendre comme réaction de la part de Livai, mais il devait bien avouer que la baffe dans la figure n'avait pas fait parti de la liste. Sa tête était partie sur le côté avant même qu'il ait eu le temps de comprendre ce qui s'était passé. C'est la douleur dans sa joue qui lui indiqua qu'il venait de se prendre un coup. Et le temps de percuter, Livai l'avait déjà saisi par le col pour lui faire la morale. Il savait que le Caporal ne devait pas avoir de tendres souvenirs de cette époque, mais il ne s'était pas attendu à une telle colère à la mention des Bas-Fonds. La tirade que lui sortit Livai ne laissait aucune place au doute quand à ce que le Caporal pensait de son idée. Non, il n'était pas con, comme le pensait l'autre mais il n'avait pas une tonne de choix à sa portée. Ce n'était pas non plus comme s'il avait spécialement envie de vivre là bas. Non il ne savait pas ce qu'était de vivre en bas mais les rumeurs étaient bien assez nombreuses pour qu'il s'en fasse une idée. Une semaine ? Livai pensait vraiment qu'il était incapable de tenir ? Certes il n'avait jamais connu la misère qui semblait régner maîtresse dans les souterrains mais après la chute du Mur les choses n'avaient pas étaient toutes roses non plus. Que croyait Livai ? Que les enfants avaient été accueillis à bras ouvert dans des familles aimantes et bienveillantes ? Bien sur que non ! Ils avaient du survivre eux aussi, ils avaient du travailler, voler, mendier, tout ce qui était possible pour ne pas tomber alors que le gouvernement ne faisait rien pour les aider et que les habitants bien lotis tournaient le dos à leurs souffrances. Donc non, il n'avait pas connu la misère absolue que Livai lui décrivait, mais il avait eu son lot de combats lui aussi.

Le choc de la gifle qu'il avait reçu accompagné par la véhémence des paroles de son supérieur l'empêchaient de parler. Il n'avait jamais vu le Caporal parler autant, et encore moins de sa propre souffrance. Mais cela n'empêchait pas Eren de sentir la colère monter en lui aussi. Parce que Livai pensait peut-être que les Bas Fonds avaient été son premier choix ? Il n'avait pas pris cette décision à la légère non plus, il avait réfléchi aux pour et aux contres avant de prendre sa décision. Et quand Livai lui annonça qu'il était hors de question qu'Eren suive son plan, il ne put s'empêcher de prendre la parole, les poings serrés. « Je ne vous demande pas votre permission ! »

Il détourna le regard de ce Livai qui contrastait tellement avec celui que l'on avait l'habitude de voir. Avachi sur son lit, il n'avait rien de la posture du parfait soldat qu'il était face aux titans. Il avait juste l'apparence d'un homme fatigué, usé, au bout du rouleau. Et l'image n'était en rien plaisante.

Quand Livai lui demanda ce qu'il connaissait de la faim, Eren perdit le contrôle de sa bouche et ne fit plus attention à ses paroles. Livai n'était en cet instant plus un supérieur, il était celui qui détruisait la seule chance qu'il avait d'échapper aux Brigades spéciales. Car il n'y avait pas à douter que si le Caporal n'approuvait pas ses décisions il réussirait à trouver le moyen de l'en empêcher.

« Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'après la chute de Maria tout était facile pour nous ? Personne ne se souciait des gamins sans familles ! Trop jeune pour les durs labeurs, trop jeune pour l'armée, aucun intérêt de s'occuper de gosses comme nous ! Est-ce que j'ai connu votre misère absolue ? Peut-être pas. Sûrement pas, puisque j'avais le soutien de Mikasa et Armin. Mais est-ce que j'ai connu la faim ? Oui ! Quand Armin tombait malade c'est moi qui lui donnait ma ration pour qu'il reprenne des forces ! C'est moi qui allait voler dans les étales au risque de me faire prendre ! J'ai fait des choses dont je ne suis pas fier pour être certain que Mikasa et Armin s'en sortent ! Alors ne venez pas me dire que je ne survivrai pas en bas ! »

Encore une fois Livai tentait de lui faire comprendre qu'il n'y arriverait pas, qu'il serait seul dans les Bas Fonds, et c'était un point qui avait longtemps fait hésiter le jeune soldat. Il savait qu'il avait réussi à tout endurer jusqu'ici parce qu'il avait eu le soutien de ses deux amis, mais il ne pouvait pas prendre le risque d'emmener qui que se soit avec lui. Non seulement, en cas d'échec ils serait jugés pour trahison, mais rien que le lieu où il allait était dangereux. Il ne pourrait pas faire attention aux autres en plus de sa propre survie. Il savait bien que ce n'était pas un endroit pour lui, il n'était pas aussi stupide que tout le monde le laissait entendre. Malgré son surnom, il n'était pas suicidaire au point de chercher les ennuis pour le plaisir. Mais en dehors de toute autre option, que lui restait-il ?

La mention de la mère de Livai fit retourner son regard vers l'homme. C'était la première fois qu'il l'entendait la mentionner. Eren ne parlait jamais de sa propre mère, il ne demandait donc jamais aux autres ce qu'il était advenu de leur propre famille. C'était une sorte de sujet tabou pour lui. Devant les pertes qu'avait subit Livai, Eren ne pouvait que comprendre sa réticence à perdre quelqu'un d'autre. Il n'aurait jamais pensé être quelqu'un d'assez important personnellement pour le Caporal pour qu'il se soucie à ce point de lui, mais c'était apparemment le cas. Il ne voulait pas mourir. Il ne voulait pas aller dans les Bas Fond. Il voulait vaincre les Titans et voir le monde. Mais qu'est-ce que le souhait d'un simple gamin contre l'implacable réalité pourrait-il changer. Sans qu'il le veuille, les larmes commencèrent à couler le long de ses joues, sans qu'il puisse les arrêter. Larmes de colère, de tristesse, de désespoir.

« Vous croyez que j'ai envie de mourir ou d'aller dans les Bas Fonds peut-être ? Ce n'est pas parce qu'on m'appelle l'idiot suicidaire que je le suis vraiment ! Mais quel choix me reste-t-il ? Dès que j'aurais déserté tous les murs d'ici à la capitale seront placardés avec mon visage ! Déjà que les gens craignent que je me transforme en titan, personne ne voudra me cacher ! Pour le peu qu'il y ait une récompense et ça sera une vraie chasse à l'homme ! Il n'y a que dans les Bas Fond où mon visage sera inconnu. » Il essaya d'essuyer les larmes qui coulaient en se frottant le visage de ses mains, mais rien n'y changeait. « Je veux rester ici avec vous. Je veux me battre contre les titans, mais on ne m'en laissera pas l'occasion. Je ne veux pas finir sur une table d'autopsie le ventre ouvert et les tripes à l'air ! »

La peur qu'il avait alors si bien caché commençait à prendre le dessus sur le reste. Depuis toujours il avait bravé tous les obstacles qui se dressaient sur son chemin, et maintenant qu'il avait enfin le pouvoir de changer les choses il allait finir en vulgaire rat de laboratoire. Il avait fait tant d'efforts, il avait tant perdu, et de se dire que tout cela était en vain lui faisait encore plus mal.

« Alors si vous avez une autre idée je vous écoute, parce que moi ça fait des jours et des nuits que j'y pense ! Je n'en dors plus la nuit, de me dire que tous mes efforts, tous ceux du Major, tous les vôtres ne serviront à rien. Que tous mes rêves sont aussi stupides que l'on m'a toujours dit. Que finalement j'aurais peut-être mieux fait de mourir quand je me suis fait bouffer par ce titan en sauvant Armin. »

On avait beau l'avoir proclamé Dernier Espoir de l'Humanité, il n'avait que 15 ans. Il avait déjà tant encaissé dans sa vie, qu'il était à la limite. On pouvait difficilement attendre de lui qu'il accepte avec sérénité le fait qu'il allait très certainement mourir pour rien. Même s'il avait su jouer les dur devant les autres, il fallait bien qu'à un moment il craque. Et ce moment, c'était maintenant, devant Livai, devant celui qui lui demandait de ne pas mourir avec une telle souffrance dans les yeux.




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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   12/10/2017, 14:02

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Clairement, la différence d’âge entre Eren et Livaï n’aidait pas à la bonne entente des deux garçons. Et ce qu’ils étaient en train de partager dans la chambre de Livaï en était une parfaite illustration. L’expérience et la maturité relative de l’un se heurtait à l’impulsivité et à l’insouciance de l’autre. Il fallait dire que le sujet qu’ils étaient en train d’évoquer ne pouvait qu’être propice est éclats de voix et aux incompréhensions.

Les bas-fonds. Livaï répudiait complétement cet endroit dans lequel il avait grandi. Un endroit insalubre où les enfants ne connaissent pas la chance d’aller à l’école pour y recevoir une éducation correcte. Livrés à eux-mêmes, les gamins trainent les rues pour faire passer leurs journées. Certains s’adonnent à des larcins et trafics en tout genre pour essayer de trouver de la nourriture ou des soins. D’autres deviennent des souffre-douleurs sur lesquels on peut se défouler sans subir la moindre répression ni autorité. D’un point de vue général, Livaï s’estimait chanceux. Une chance qu’il devait à Erwin et à Kenny… L’un lui avait offert son billet de sorti des bas-fonds. L’autre lui avait offert l’autonomie et la débrouillardise pour rester vivant jusqu’à ce moment.

Imaginer Eren aller se réfugier dans cet univers glauque et puant, avait fait immédiatement réagir Livaï avec l’impulsivité qui le qualifiait si bien. Il n’avait pas accepté que son « protégé » aille lui-même se foutre dans un tel bourbier. Les bas-fonds… c’est le genre d’endroit duquel on ne ressort plus une fois qu’on y a mis un pied. Un endroit dangereux où la mort guète à chaque angle…. Dans de telles conditions, Livaï avait du mal à comprendre comment Eren pourrait rester vivant…. Mais la colère du Caporal ne fit qu’activer celle de son soldat qui lui répondit avec toute la véhémence et toute la sincérité dont il était capable. Les larmes coulant sur son visage n’avaient aucun rapport avec la douleur causée par cette gifle incontrôlée. Livaï le savait. C’était des larmes de colère, des larmes de nervosité. des larmes d’inquiétude face à ce destin désastreux qui se profilait à l’horizon pour lui. Comme s’il n’avait déjà pas suffisamment assez souvent…

« Vous croyez que j'ai envie de mourir ou d'aller dans les Bas Fonds peut-être ? Ce n'est pas parce qu'on m'appelle l'idiot suicidaire que je le suis vraiment ! Mais quel choix me reste-t-il ? Dès que j'aurais déserté tous les murs d'ici à la capitale seront placardés avec mon visage ! Déjà que les gens craignent que je me transforme en titan, personne ne voudra me cacher ! Pour le peu qu'il y ait une récompense et ça sera une vraie chasse à l'homme ! Il n'y a que dans les Bas Fond où mon visage sera inconnu. »

Livaï secoua la tête de gauche à droite avant de claquer son poing serré sur le matelas du lit sur lequel il venait de s’assoir

« Foutaises ! Belles conneries ouais ! Parce que tu crois réellement que ta tronche sera inconnue dans les Bas-fonds ? Réagit Gamin ! C’est même le premier endroit sur lequel sera placardé ton joli minois ! Et tu sais pourquoi ? Parce que même si les Brigades Spéciales sont aussi con qu’un balai, ils leurs arrivent parfois d’avoir deux neurones connectés ! Ils savent parfaitement que c’est le premier endroit dans lequel tu vas aller te planquer ! Tout comme ils savent que contre une belle récompense promise à ta capture mort ou vif, les gens vont se déchainer pour te courir après afin d’avoir de quoi sauver leur miche de cette ville-déchet ! »

« Je veux rester ici avec vous. Je veux me battre contre les titans, mais on ne m'en laissera pas l'occasion. Je ne veux pas finir sur une table d'autopsie le ventre ouvert et les tripes à l'air ! »


Le caporal le regarda et soupira. Il savait tout ça. Il comprenait la détresse d’Eren, son envie de vivre, de se battre, de sortir des murs pour voir  au-delà ! Il aurait fallut être fort stupide pour penser que le monde se limitait au Mur Maria. Erwin avait déjà fait par de nombreuses théories à Livaï sur l’existence d’humains ailleurs sur cette terre. Peut-être même avaient-ils trouver un moyen de vivre en osmose avec les titans ? En termes de rêves, l’imagination ne connaissait pas de frontière. Parcourir le monde pour découvrir tous ses secrets. Ça devrait être ça le Bataillon d’Exploration. Mais ce n’était plus qu’une armée estropiée à présent…. Un Major disparu, un Caporal abattu et leur plus grand espoir en pleurs et aux prises avec un désarroi total…

« Alors si vous avez une autre idée je vous écoute, parce que moi ça fait des jours et des nuits que j'y pense ! Je n'en dors plus la nuit, de me dire que tous mes efforts, tous ceux du Major, tous les vôtres ne serviront à rien. Que tous mes rêves sont aussi stupides que l'on m'a toujours dit. Que finalement j'aurais peut-être mieux fait de mourir quand je me suis fait bouffer par ce titan en sauvant Armin. »

Abattu, c’est ainsi qu’était le Caporal. Beaucoup de choses lui tombait soudainement dessus et jamais il n’avait eu autant l’impression que l’avenir du Bataillon d’Exploration soit à ce point en péril. Et le pire, c’est qu’il ne voyait aucune solution ni échappatoire à cette situation désastreuse. Si Eren pensait être le seul à avoir retourné la situation dans tous les sens, il se fichait le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Hansi et lui, seuls rescapés à la tête des hommes du Bataillon, n’avaient pas cessé une seule seconde de retourner un moyen de rétablir un semblant d’ordre dans les rangs.

« Et tu penses que ta mort aurait arrangé les choses ? Tu penses que c’est en te faisant bouloter que ça irait mieux ? Je ne te pensais pas aussi lâche, Eren. Je te croyais plus déterminé à « exterminer les titans jusqu’au dernier » » déclara le Caporal en choisissant ses mots avec justesse, reprenant textuellement les propos si galvanisant d’Eren lui-même

Il se leva ensuite de son lit pour s’approcher de lui et regarder de plus prêt son visage rougi par le coup qu’il venait de lui mettre. Sa peau était rougie et légèrement gonflée à cet endroit. Une nouvelle fois Livaï prenait conscience qu’il n’y était pas allé avec le dos de la cuillère et que son accès de violence incontrôlée s’était une nouvelle fois retourné contre ce pauvre Eren…. Bah…. Ça n’était pas la première fois qu’il se prenait un coup de la part de son caporal et ça ne serait certainement pas la dernière…. Il y avait toutefois une certaine amélioration. Cette fois, Eren n’avait perdu aucune dent ! Voilà qui aurait dû ravir cette chère Mikasa.

« J’en ai pas de solution…. Je suis dans la même merdre que toi. A cette différence prés que je ne finirai pas disséqué. Finir sa vie en place publique c’est presque enviable, c’est vrai… »

Il se passa une main dans ses cheveux d’un noir d’ébène avant de croiser les bras.

« Si tu tiens à ce point à aller dans les bas-fonds… pourquoi pas… Ca peut être une solution… Quand on connait les bonnes adresses et les mauvais plans à éviter. J’imagine que ça ne te dit rien mais est ce que le nom d’Elimina Volkov t’es familier ? »

Livia alla chercher un torchon propre qu’il plongea dans l’eau froide contenue dans un baquet. Il en tordit l’extrémité humide et s’approcha pour appliquer le tissus sur la joue meurtrie d’Eren

« C’est le genre de personne qu’il te faudra comme alliée si tu décides de te réfugier dans les bas fonds….. »
Il pressa un peu plus le tissus sur le visage et son regard gris croisa celui d’un vert lumineux du gamin « Garde bien ça appuyé… ça va aider à dégonfler »

Livaï alla s’asseoir sur la chaise de sa petite table en bois et il croisa les jambes. La différence de taille entre Eren et lui paraissait démultipliée dans cette position

« Ca ne m’enchante pas des masses mais si t’as rien de mieux à foutre demain je t’emmènerai la rencontrer… En attendant, je ne veux plus que tu fasses de petites escapades en dehors de la caserne et je veux que tu restes ton cul dans cette chambre chaque nuit. »

Son regard s’accrocha a celui d’Eren de façon intensive pour bien lui faire comprendre qu’il n’avait plutôt pas intérêt à rechigner. C’était la condition sinéquanone s’il désirait que le Caporal l’aide à trouver une façon de rester en vie le plus longtemps possible dans les bas-fonds. Mais face à sa surprise vis-à-vis de cet ordre insolite lui intimant de dormir ici, Livaï se sentait dans l’obligation de s’expliquer

« Je n’ai pas envie que les Brigades Spéciales déboulent dans ton dortoir pour te cueillir en pleine nuit…. Ce n’est certainement pas ici qu’ils commenceront par venir te chercher. Et si l’idée saugrenue leur prenait de s’introduire chez moi et bien, je les y attends. Pigé ? »




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