Attack on Titan Rpg

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 Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |

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Caporal-chef
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MessageSujet: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   13/3/2017, 17:14

Se raccrocher à un espoir...


feat. Eren Jaeger

Livaï avait un arrière-gout amère dans la bouche. Le gout de la déception et de la défaire. Le gout de l’amertume et… de la peur. Pourquoi tout s’était passé de cette manière ? Pourquoi avait-il fallut que toute dérape de cette façon ? Ha ça valait bien la peine qu’Erwin passe tout ce temps dans son bureau à échafauder des plans par dizaine. Livaï lui avait bien dit que ça servait à rien et qu’une fois dehors ça allait une nouvelle fois partir en couille. Il avait eu ce pressentiment étrange qu’il n’avait pas réussir à expliquer. Ca n’était pas qu’une angoisse. C’était plus fort, plus étrange aussi. La veille du départ pour la 58 em expédition, il avait su que quelque chose de grave allait se produire. Il l’avait ressenti au plus profond de lui-même sans réussir à mettre de mots sur cette impression peu commune qui l’avait soudainement envahie. Et quand bien même qu’est-ce que ça aurait changé au final ? Rien du tout… la mission aurait quand même eut lieu parce que c’était la seule et unique porte de secours pour le Bataillon. La dépouille du titan féminin contre la survie des Explorateurs….

Ha il était beau l’ultimatum de Zackley ! Résultat des courses : la 58em expédition fut un fiasco complet. Les pertes humaines furent bien trop nombreuses. Et le titan féminin n’était pas démasqué pour autant. Il ne restait plus que quinze jours avant que le délai imposé par Zackley n’expire et jamais le Bataillon n’avait été dans une tourmente si profonde. Pour la première fois depuis qu’il avait rejoint ce bataillon de merde, Livaï se sentait un peu perdu. Il venait de perdre son repère… Il venait de perdre Erwin…

Rares étaient ceux qui étaient au courant de la relation étroite qui liait certaines nuits le Caporal et le Commandant du bataillon. Hansi était au courant depuis qu’elle les avait gaulé une fois en train de s’embrasser dans le bureau d’Erwin. Elle et sa manie de jamais frapper au porte ! Livaï avait eu bien du mal à se s’empêcher de lui enfoncer le crane dans la porte en bois pour s’assurer que la prochaine fois elle n’oublierait pas de frapper avant d’entrer ! Putain, un minimum de savoir-vivre quand même !

Quant aux autres ? Ha les rumeurs allaient bon train dans la caserne. Et s’il savait parfaitement quels étaient les ragots qui courraient sur son dos, Livaï n’avait jamais rien fait pour les endiguer ou pour les réfuter. Il s’en foutait royalement. Les soldats pouvaient penser ce qu’ils voulaient ça lui était égale. Et ça leur faisait un sujet de conversation pour égayer leurs soirées aux dortoirs…. Ce n’est pas comme si le Caporal accordait le moindre intérêt à ce genre de piépiétement débile.

Perde Erwin ce n’était pas seulement perdre son amant… C’était perde un soutien, un pilier dans sa vie. Perde la personne en qui il avait une confiance aveugle. C’était l’humanité tout entière qui perdait son plus fort élément. Le Bataillon d’Exploration était amputé de son cerveau le plus affuté. La perte du Major Erwin avait foutu un sacré coup au moral à tous les survivants qui s’étaient joint à Livaï et Hansi pour rentrer la queue entre les jambes entre les murs. L’échec était absolu…. Et l’épée de Damoclès planait toujours au-dessus de chaque explorateur. Quand le délai allait tomber, quelle serait la décision de Zackley ? Allait-il maintenir son envie de dissoudre le bataillon ? Si oui, qu’allaient devenir les membres de celui-ci ? Allaient-ils être reclassés dans d’autres corps d’armée ? Certains prétendaient que les hauts dirigeants seraient exécutés pour répondre de tous les morts causés par les explorations inutiles et couteuses. La perspective de se balancer dans le vide au bout d’une corde nouée à son cou réjouissait guère Livaï…. En se battant chaque jour durant pour l’humanité, il n’avait jamais songé être considéré un jour comme un criminel … Décidément, le gouvernement était pourri jusqu’à la moelle. Parce qu’il n’était pas dupe au point de croire qu’une telle décision relevait de Zackley. C’était le Roi… il n’y avait que lui pour avoir droit de vie ou de mort sur les membres de l’armée et Zackley, tout aussi puissant soit-il, ne pourrait rien trouver à y redire s’il ne voulait pas, lui aussi, se balancer sur la potence aux cotés des condamnés qu’il a essayé de protéger.

Dans la tête de Livaï, c’était le chaos le plus complet. Tout était si désorganisé. Leur retour, deux jours plu tôt, était encore bien trop frais pour qu’il arrive à l’accepter. Beaucoup de blessés. Certains grièvement. Beaucoup de pertes. Des hommes, des chevaux, du matériel…. L’échec était colossal et la réunion qu’il avait eu la veille avec Hansi n’avait fait que lui faire prendre conscience avec encore plus de cruauté de ce que cette expédition avait coutée en masse humaine. La liste était longue…. Son envie de gerber avait augmentée à chaque nom qu’il avait écrit sur le putain de rapport.

En l’absence d’Erwin, c’était Hansi qui se retrouvait propulsée à la tête du reste du Bataillon d’Exploration estropié. Elle avait bien proposé le poste à Livaï qui avait décliné. Il ne pensait pas avoir la tête assez froide pour gérer tout ça. Lui, il était le bras armé du bataillon. Il n’avait jamais été la tête pensante. Hansi serait bien mieux gérer la merde impossible dans laquelle le Bataillon était enlisé. Peut-être même qu’elle trouverait une échappatoire pour éviter que le bataillon soit dissous et que leur tête soit mise à prix….

Le Caporal-chef se passa ma main sur ses yeux. Il soupira puis leva sa tasse de thé noir qu’il porta à ses lèvres. Le liquide était froid et lui arracha une grimace. Dégueulasse. Il reposa la tasse avant de se lever. Il avait un rapport à rédiger mais il ne se sentait pas de replonger une nouvelle fois dans les détails sordides de cette mission devenue un fiasco. Et pour dire quoi ? Zackley voulait tous les détails. S’il tenait tant à savoir ce qui se passait à l’extérieur il avait qu’à venir mettre son cul sur un cheval et prendre part aux explorations ! Il verrait comment ça se passe ! Il verrait à quel point c’est impossible de tout décrire dans un rapport. Parce que les choses se passent trop vite, parce que tout relève du reflexe et plus de la réflexion. On agit par instinct quand on se trouve devant les titans. Et les conditions climatiques désastreuses n’avaient pas aidées. Zackley voulait savoir ce qui avait couté la vie à Erwin et au reste des hommes portés disparus ? Comment Livaï pouvait lui expliquer alors que lui-même ne comprenait pas ce qui s’était passé ! Il n’avait pas vu Erwin s’en aller. Il ne savait même pas s’il était réellement mort. Il n’avait rien retrouver pouvant le prouver ou non. Hansi partit du principe que c’était la seule explication possible à son non-retour auprés au point de ralliement. Mais Livaï, lui, refusait tout simplement de l’accepter. Erwin serait mort ? Non non non et re non ! Il n’avait pas le droit ! Il ne pouvait pas l’abandonner après l’avoir trainé dans son bataillon merdique !

La porte du bureau de Livaï s’ouvrit. Il avait besoin d’air. Il avait besoin de sortir un peu et de s’aérer l’esprit s’il ne voulait pas que ce dernier n’implose. Il prit le chemin d’un escalier en colimaçon tout de pierres grossières qui menait sur le toit de la caserne. Le soleil commençait doucement à se coucher, plongeant la ville dans un orange-doré crépusculaire chaleureux. C’était une atmosphère plutôt apaisante…. Le Caporal se mit assis à même le sol, repliant ses jambes en tailleur. Du haut de la tourelle de la caserne il avait une vue imprenable sur la vie qui se déployait sous ses pieds. Il aurait pu se sentir grand, puissant, dominant. Mais il avait surtout envie de se terrer dans un trou à rat… La perspective de retourner se cacher dans les bas fonds lui paraissait presque enviable.

Un bruit de pas attira son attention. Quelqu’un arrivait et il ne put que pincer les lèvres avec une certaine mine agacée. On ne pouvait donc pas être tranquille plus de cinq minute ici ? Si c’était un soldat qui venait le faire chier, Livaï aurait été tenté de le pousser du haut du rempart pour conserver encore un peu de sa paix tant désirée….Mais au lieu de ça, il tourna la tête sur le côté pour voir qui arrivait.

« Ha c’est toi…. »

Le jeune Eren Jaeger avançait dans sa direction et Livaï tourna de nouveau sa tête pour regarder devant lui. Il voyait au loin le mur Rose se découper à l’horizon et le soleil venait doucement se coucher derrière lui. Si Erwin était encore vivant, est ce qu’il voyait lui aussi ce soleil doré se coucher ?

Livaï laissait à Eren le choix ou non de s’assoir à ses côtés. S’il venait le rejoindre ici, c’est qu’il avait un truc à lui dire non ? Livaï garda le silence pour voir s’il allait se lancer à l’eau et comme rien ne venait il fit par prendre la parole

« Reste pas debout comme ça, fout toi assis »

S’il devait lever la tête pour le regarder il allait se faire mal à la nuque et se péter une cervicale. Il attendit que le gamin s’exécute avant de river son regard gris à celui brillant et émeraude du plus jeune

« C’est pas mal comme endroit ici, tu ne trouves pas ? »

Il aurait été tenté de lui expliquer pourquoi il aimait particulièrement cet endroit. Il aurait presque pu lui expliquer que la première fois qu’il était venu ici, c’était avec Furlan et Isabel pour contempler le ciel étoilé pour la première fois de sa vie. Mais il ne dit rien à Eren et garda pour lui ce souvenir précieux et mélancolique.

« Tu voulais me parler ? »



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   31/3/2017, 23:58



se raccrocher à un espoir
feat. Livai



Eren ne s'était jamais considéré comme particulièrement chanceux ou malchanceux. Il prenait la vie comme elle venait, faisant face aux épreuves du mieux qu'il le pouvait. La mort de sa mère, suivi de la disparition de son père avait été l'une des premières grosses épreuves qu'il avait du traverser. Il n'en était pas sorti indemne, mais cela n'avait fait que le rendre plus combatif encore. La seconde attaque du Titan Colossal et sa propre transformation en titan avaient été un choc, aussi bien pour lui que pour le reste de l'Humanité. Mais il en avait fait son parti et avait décidé de mettre ses nouvelles capacités au service des hommes. Le procès qui avait suivit la découverte de ses pouvoirs avait été particulièrement tendu, mais le Major Erwin Smith avait su se faire entendre de la hiérarchie. La garde d'Eren avait été confiée à l'Exploration et plus particulièrement au Caporal Livai, le soldat le plus fort de l'humanité, le seul jugé capable de s'occuper d'Eren en cas de problème. Malgré la dérouillée qu'il s'était pris au tribunal, Eren n'avait pas bronché, conscient qu'il valait mieux cela à se faire disséquer comme le souhaitait le Commandant des Brigades Spéciales.

Après deux mois d'entrainements, deux mois d'expériences en tout genre menée avec joie par Hansi Zoé, Eren et ses compagnons avaient participé à la 57eme Expédition Extra Muros. L'expédition qui devait prouver à tous qu'Eren était capable de faire parti du Bataillon et que son pouvoir serait utile à la reconquête du mur. L'opération avait été un désastre. Un nouveau titan avait fait son apparition, surnommé le Titan Féminin. Son but avait clairement été de capturer Eren, même si personne n'aurait su dire pourquoi. Les dommages causés par le Féminin avaient été énormes, de nombreux soldats avaient perdus la vie et beaucoup d'autres avaient été gravement blessés. Sans l'intervention de Mikasa et du Caporal Livai, Eren lui même aurait été perdu. Le retour du bataillon s'était fait dans l'urgence et la honte. Les conséquences ne s'étaient pas fait attendre et la hiérarchie militaire avait rapidement demandé des comptes au Commandant Smith. Eren ne connaissait pas les détails de ce qu'il s'était passé durant cette réunion où seuls les gradés avaient été convoqué, mais le résumé avait été simple. L'Exploration devait ramener le corps du Titan Féminin ou de celle qui l'occupait, ou le groupe serait fermé. Les conséquences pour les soldats de la liberté étaient encore incertaines. Reconversion dans un autre corps d'armée ou retraite anticipée, personne ne le savait encore. Mais les conséquences pour Eren étaient déjà prévisibles. Il serait tout bonnement confié aux Brigades Spéciales, qui ne cachaient pas leur but. Avec ces pensées en tête, tous les soldats avaient décidé de donner le meilleur d'eux même pour la 58eme Expédition Extra Muros.

Mais cela n'avait pas été suffisant. Comme si la nature elle-même se moquait de leurs efforts, la météo avait été loin d'être clémente. Entre l'orage qui ne leur laissait aucune visibilité et les titans qui s'étaient déchainés, les soldats n'avaient eu aucune chance. Leur mission avait été un échec encore plus désastreux que leur précédente expédition. Non seulement ils n'avaient pas trouvé le Féminin, mais près de la moitié des soldats du Bataillon avait été abandonné de l'autre côté du Mur. Il n'y avait aucune chance pour qu'ils s'en soient sortis, même avec le Commandant Smith parmi eux. Le choc avait été difficile à encaisser, et même quelques jours après les évènements, les esprits ne s'étaient pas calmés. L'avenir du Bataillon était incertain et Hansi, devenue nouveau Commandant par défaut, allait bientôt devoir répondre de ce dernier échec devant le Tribunal militaire. Les dernières  menaces des hautes instances ne laissaient rien présager de bon pour les semaines à venir. Et encore une fois, Eren sentait plus que jamais l'épée de Damoclès au dessus de sa tête. Si Hansi ne se trouvait pas être assez convaincante, Eren finirait très certainement ouvert sur une table d'autopsie. Il pouvait juste espérer que les Brigades aurait la clémence de le tuer avant de commencer à le découper.

C'est avec ces joyeuses pensées en tête que le garçon décida d'aller prendre l'air. Il ne supportait plus les regards que ses camarades lui lançaient. Tout le monde savait ce qui risquait de lui arriver et si certains avaient été réticents à son intégration, après ces deux expéditions, les membres du Bataillon se seraient les coudes plus que jamais. Mais c'était pesant pour Eren de les voir le regarder avec pitié, ou de les voir détourner le regard, incapables de lui dire quoique se soit. Certains lui promettaient d'être là en cas de besoin. Mikasa et Armin échafaudaient déjà des plans pour s'enfuir en cas de besoin, des plans plus ou moins cohérents selon les jours et la personne en charge. Si Eren écoutait Mikasa, ils passeraient tout simplement de l'autre côté du Mur pour tenter leur chance. Au final, Eren avait besoin de calme et ne plus subir toute cette pression. Et c'était pourquoi il avait pris la direction des toits, sachant que personne n'y allait jamais. Ce n'était pas la première fois qu'il s'y rendait, et à chaque fois, il n'avait croisé personne, il savait qu'il pourrait trouver quelques instants de paix ainsi. Mais contrairement à ce qu'il pensait, quelqu'un l'avait devancé sur les toits.
Il s'arrêta lorsqu'il entendit la voix du Caporal, et regardant dans sa direction, il hésita. Il était venu ici pour être tranquille et il se doutait qu'il devait en être de même pour Livai. Le supérieur risquait de ne pas apprécier sa présence, même s'il se montrait silencieux. Après être resté quelques instants immobile à prendre une décision, il allait finalement faire demi-tour et rebrousser chemin lorsque la voix s'éleva de nouveau, lui intimant de s'assoir. Eren s'installa alors à côté de Livai, regardant l'horizon quelques instants avant de reporter son attention vers son supérieur. Il était si rare de le voir en dehors d'un bureau dernièrement.


« La vue est plutôt pas mal, oui. »

Sans compter, que confiné comme il l'était aux chambres en sous sol, il avait parfois besoin de prendre l'air sans rien pour lui cacher la vue. Lorsqu'il se transformait en titan, il avait une vue imprenable sur ses alentours. Il pouvait voir au dessus de tout, pouvait voir loin, et bizarrement, lorsqu'il était humain, il devait bien avouer que cette vue lui manquait. Il n'en avait parlé avec personne d'autre, de peur qu'on l'accuse d'être plus Titan qu'Humain. Il y avait certaines choses qu'il était plus prudent de ne pas partager.
Livai le tira de ses pensées.


« Ah, euh, non. En fait, je viens ici de temps en temps, pour être un peu tranquille. On pourrait penser que j'aurais l'habitude du monde, pendant l'entrainement on n'était jamais seul. Mais des fois ça fait du bien d'être un peu seul. J'imagine que c'est pareil pour vous ? Je ne voulais pas vous déranger. »

Il n'avait pas envie de déranger le Caporal, mais maintenant qu'il était là, il n'avait plus vraiment envie de partir. Il se mit à fixer l'horizon, plongeant dans ses pensées et s'en sans rendre compte, il commença à fredonner une vieille chanson. C'était une chanson que sa mère lui chantait quand il avait du mal à dormir. Une pensée, trop préoccupante pour être tue s'imposait à lui, encore et toujours. Il s'adressa à son supérieur d'une voix calme, contradictoire avec le tourment de ses pensées.

« Vous croyez que quand on meurt on rejoint ceux qui sont parti avant nous ? Armin dit que ceux qui nous ont aimé nous attendent quelque part. Ça serait bien. J'aimerais bien que ma mère m'attende... Je risque de la revoir plus tôt que prévu... »

Il ne savait même pas pourquoi il racontait tout ça au Caporal. Il devait passer pour un idiot. Le Caporal avait surement d'autres choses à faire que de l'écouter se lamenter sur son probable sort à venir. Tous les soldats risquaient leur vie à chaque fois qu'ils s'aventuraient en dehors des Murs, il n'était pas le seul à avoir des raisons de s'en faire. Mais il avait toujours pensé, que s'il devait mourir ça serait en se battant contre les titans, pas à cause d'une bureaucratie défaillante et corrompue. Et maintenant, sa vie reposait sur les décisions de personnes n'ayant jamais mis les pieds hors des Murs. De personnes qui n'avaient très certainement  jamais vu de titan de leur vie pour la plupart. Et cela, il ne pouvait s'y résoudre. Il avait accepté de mourir en combattant pour l'Humanité, pas de mourir à cause de la stupidité des Hommes.

« Désolé, je ne devrais pas vous embêter avec ça. Vous avez déjà bien assez de problèmes à gérer. Je vais vous laisser. »

Eren commença à se relever, ne voulant pas accabler Livai de ses problèmes personnels en plus des siens. Le Caporal devrait très bientôt faire de nouveau face au Tribunal, il n'avait très certainement pas envie d'écouter les états d'âme d'un adolescent en prime.




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Caporal-chef
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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   3/4/2017, 10:00

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Cela faisait bien longtemps que Livaï ne s’était pas senti d’humeur aussi morose. Il n’avait jamais été du genre à laisser sa joie ou son enthousiasme s’étaler au grand jour. Même lorsqu’il était heureux, il demeurait toujours dans une certaine retenue. Il y avait bien quelques moments où, un peu alcoolisé lors de soirées avec Erwin, Hansi et Mike, il se laissait aller à un peu plus de liberté. Dans ces moments-là, il lui arrivait de sourire. Et même une fois, alors qu’Erwin qui ne tenait absolument pas l’alcool était rond comme une queue de pelle, il avait éclaté de rire. Les autres avaient tellement été surpris de le voir ainsi qu’ils s’étaient tous stoppés sur place pour le regarder avec incrédulité. Par la suite, les rires de Livaï s’étaient fait plus fréquent mais uniquement réservés à ces moments de détente partagés avec ces trois compagnons du Bataillon.

Il n’était pas rare, sans que ça soit trop souvent non plus, que l’état-major du bataillon d’exploration se retrouver entre eux pour passer du temps à se changer les idées. Sans ce genre de chose, ils auraient tous pété une case depuis bien longtemps à force de devoir porter sur leurs épaules le poids de l’espoir complet de l’humanité et les amères regrets des morts qu’ils avaient abandonnés sur le champ de bataille

En général, les soirées se déroulaient dans un bar assez éloigné de la caserne pour ne pas avoir à tomber sur des soldats en permission qui auraient pu être témoin de choses compromettantes pour leur réputation. Même si Livaï n’était pas stupide au point de croire que ça n’était jamais arrivé de tomber sur certains de leurs subordonnés.

Erwin, malgré sa carrure imposante n’avait jamais supporté l’alcool. Il aimait en boire mais ne le tenait absolument pas. Et à chaque soirée c’était la même rengaine. Il promettait de ne boire qu’un seul verre pour ne pas finir «  comme la dernière fois ». Mais inlassablement, dès qu’il avait le dos tourné, Hansi et le Caporal se chargeaient d’un commun accord machiavélique de remplir le verre en toute discrétion pour ne pas éveiller les soupçons. Ha ce n’était pas beau de faire boire son supérieur mais Livaï pensait que c’était pour la bonne cause. C’était la seule et unique façon de lui faire lâcher prise. De le délester du poids trop lourd qu’il trainait à ses chevilles. Et même s’il se tapait la gueule de bois le lendemain et que Livaï était obligé de l’escorter jusqu’à ses appartements, cette méthode peu avouable restait la plus efficace.

Ha ce qu’il paraissait loin ce temps-là. Ça ne l’était pourtant pas tant que ça. Leur dernière soirée à quatre avait eu lieu le samedi précédent la 58em expédition extra muros. Mais il s’était passé tellement de choses depuis. Hansi avait récupéré la tête du Bataillon amputé de la moitié de ses membres. Ce même bataillon qui était menacé de dissolution. Ce même bataillon qui avait perdu son commandant…. Erwin….

Erwin lui manquait tellement. Horriblement. Atrocement. Douloureusement…. Il n’avait jamais envisagé revenir un jour aux murs sans Erwin à ses côtés. La douleur était d’autant plus grande que Livaï ne s’y était pas préparé. Elle était d’autant plus horrible parce que Livaï refusait d’ouvrir les yeux sur la réalité. Tous, autant qu’ils étaient, ils avaient beau lui répéter encore et encore et encore qu’Erwin et les autres étaient morts, il refusait d’entendre raison. Obstiné comme il l’était, il s’était disputé a plusieurs reprie déjà avec Hansi. Elle n’ignorait rien de la relation intime et secrète du Caporal et de son Major. Et malgré tout le soutient qu’elle semblait vouloir lui apporter, Livaï le refusait tout en songeant que ça ressemblait beaucoup trop à de la pitié…

Le bruit qui se fit entendre derrière lui attira son attention. Le jeune garçon-titan s’approcha de lui tout en gardant le silence. Il semblait être sur le point de s’en aller jusqu’à ce que Livaï lui intime de rester et de s’installer à ses côtés. Pouvoir admirer ainsi le ciel depuis les hauteurs de la caserne était une sorte de privilège dont Livaï n’allait pas se priver. La beauté de ce ciel crépusculaire ressemblait presque à un cadeau de la nature sauvage et bien cruelle. A quoi beau avoir un ciel si magnifique si on ne pouvait pas le contempler sans devoir prendre de la hauteur pour surplomber les murs ?

« La vue est plutôt pas mal, oui. »


Plutôt pas mal…… C’était bien trop péjoratif pour décrire ce coucher de soleil d’une beauté sans pareil. Ou bien n’est là que le point de vue d’une personne ayant grandi et vécu trop longs dans les taudis. Emprisonné dans les entrailles de la terre avec la puanteur et le concentré de toute la misère humaine. Livaï n’avait vu la lumière du jour que tardivement. Il se souvenait encore de l’éblouissante lumière qui avait assailli ses yeux dont il s’était protégé en levant la main. Il se souvenait encore de la chaleur vivace du soleil sur sa peau. Cela lui avait arraché des frissons. Quant à la vue de son premier arc en ciel, il en était resté carrément médusé. Ce genre de chose si merveilleuse pour Livaï ne devait être que de stupides détails d’une banalité affligeante pour ceux qui avaient grandit à la surface et qui en étaient coutumiers.

Le silence du garçon intrigua le caporal. Tout comme sa présence si surprenante sur ce toit. Livaï y venait souvent et n’avait jamais croisé personne jusqu’à présent. Cela relevait sans doute que de la chance ou du hasard. Jusqu’à ce soir

« En fait, je viens ici de temps en temps, pour être un peu tranquille. On pourrait penser que j'aurais l'habitude du monde, pendant l'entrainement on n'était jamais seul. Mais des fois ça fait du bien d'être un peu seul. J'imagine que c'est pareil pour vous ? Je ne voulais pas vous déranger. »

Le regard métallique de Livaï se dirigea vers les iris d’un vert puissant de son jeune protégé. Il lui fit un signe de tête en guise de réponse. Finalement, ils avaient quelques points communs tous les deux. Bien plus que Livaï ne se l’était imaginé. Ils étaient tous les deux bien trop têtus et impulsifs. Un trait de caractère qui s’était estompé au fil des années chez le plus âgé. En prenant de l’expérience et de la maturité, Livaï s’était assagi. Il ne fonçait plus tête baissée contre autrefois. Il prenait le temps nécessaire à la réflexion pour ne pas agir de façon déraisonnée et entrainer vers une mort certaine des dizaines de ses camarades innocents.

Tous deux semblaient avoir ce même besoin d’isolement. Une solitude nécessaire pour protéger leur entourage des idées moroses qui pouvaient les angoisser.

« Vous croyez que quand on meurt on rejoint ceux qui sont parti avant nous ? Armin dit que ceux qui nous ont aimé nous attendent quelque part. Ça serait bien. J'aimerais bien que ma mère m'attende... Je risque de la revoir plus tôt que prévu... »

Ha…. C’était donc cela qui inquiétait à ce point Eren Jager. Il avait peur… Peur de mourir. Peur d’être livré aux Brigades Spéciales. Peur de devenir leur sujet d’expérimentation…. Cette peur était bien légitime. Quiconque se serait retrouvé à sa place aurait été terrifié à l’idée de se retrouver torturé et/ou exécuté. C’était un sort funeste que Livaï voulait à tout prit lui éviter… Et qu’importe les moyens. Qu’importe le prix à payer. Erwin lui avait confié la mission de veiller sur Eren. De le protéger. De faire en sorte qu’il reste en vie… Le garçon représentait un atout considérable pour l’humanité mais Livaï connaissait bien trop son major pour savoir que ce besoin de protéction ne se limitait pas seulement à ça. Il ne fallait pas uniquement protéger Eren parce qu’il était un atout de poids. Il fallait le protéger parce que nulle personne ne doit avoir le droit de vie ou de mort sur un gamin de quinze ans. Eren était jeune. Il avait la vie entière devant lui. Et c’est cette vie-là qu’il fallait épargner.

Ha quelle hérésie… Quelle plaisanterie de savoir que c’était le Major du bataillon d’exploration qui lui confiait cette mission. Celui la même qui envoyait des dizaines de ses hommes vers une mots aussi inévitable que cruelle. Eren inclus…. Ou bien était ce Livaï qui réfléchissait trop et qui avait faussé son jugement…. Depuis qu’Erwin n’était plus à ses côtés il lui semblait ne plus réussir à alligner deux pensées raisonnées.

En tout cas Eren venait de dire quelque chose de magnifiquement poétique. D’après Arlelt les morts attendaient quelque part d’être rejoint par ceux qu’ils aiment. Pour Livaï, cette possibilité prenait un sens tout particulier. Lui qui avait dans son entourage proche plus de morts que de vivants, se prenait à espérait que le gosse blond puisse avoir raison. Si ceux qui sont disparus l’attendaient, qui aurait-il dans cette «  autre monde » ? Est-ce que s’il se laissait tomber du haut du toit il aurait la joie, le soulagement de retrouver Erwin ? Est-ce qu’il pourrait revoir la frimousse rousse d’Isabel ? Est-ce qu’elle lui sauterait dessus en esclaffant un «  frérot ! te voila ! » comme autrefois ? Y trouverait-il la mine un peu plus sévère et sérieuse de Furlan ? Y verrai t’il le visage de sa mère  enfui si profondément dans ses pensées qu’il en avait presque oublié les traits ? A quoi ressemblait-elle, Kuchel ? Livaï était tellement jeune quand il avait assisté avec impuissance à sa mort. Il se souvenait de son regard aussi gris que le sien. Il se souvenait de ses cheveux d’un noir corbeau ténébreux. Il se souvenait de son sourire, radieux, quand elle le prenait dans ses bras pour le bercer à chaque larme qu’il avait pu verser. Malgré la solitude. Malgré la misère. Malgré la maladie…. Elle n’avait jamais cessé de l’aimait même si tout aurait pu l’y encourager.

Livaï croisa ses jambes en tailleur. Il s’inclina un petit peu vers l’arrière en prenant appuis sur ses mains qu’il venait de poser sur le sol derrière son postérieur. Son regard s’était levé pour fixer le ciel dans lequel les premières étoiles apparaissaient.

« Autrefois, j’avais une amie qui pensait que les étoiles étaient la réincarnation des personnes disparues. Elles disait que depuis là-haut, ils veillaient sur ceux encore vivants comme les anges gardiens de leur vie fragile. Je n’ai jamais voulu croire à ses conneries….. Jusqu’à aujourd’hui »

Jusqu’à ce qu’il puisse envisager qu’Erwin fasse partie de ces étoiles planant au-dessus de sa tête. Il aurait eu l’impression d’être un peu moins seul, moins abandonné…. A choisir, il préféré savoir son précieux major transformé en étoile dans le ciel plutôt qu’en boule dégueulasse et immonde recrachée par un titan s’étant trop gavé….  Cette même hypothèse lui donnait la nausée….

Le regard du caporal glissa sur Eren. Il ne le lâcha pas un instant pour lui faire comprendre que chacune de ses paroles n’avaient pas pour vocation de le rassurer. Elles n’étaient que la stricte vérité. Le fond des pensées de Livaï qui n’avait – de toute façon – pas l’habitude de cacher ce qu’il pensait !

« Désolé de te décevoir, Gamin, mais c’est pas demain la veille que tu reverras ta mère… Regarde-moi bien ! Tu crois vraiment que j’ai fait tout ça pour rien ? Tu crois sérieusement qu’on a pris tous ces risques pour te sauver juste pour les laisser, trois mois plus tard, te récupérer et te charcuter ? »

La langue du Caporal claqua contre son palais. C’était une mimique qu’il utilisait trop souvent sans même en avoir conscience. Une sorte de tique, une manière dont il ne pouvait se défaire. Une locution verbale qu’il employait dès qu’il était agacé ou exaspéré.

« Tch ! Tu sous estimes encore le Bataillon d’Exploration. On n’est peut-être plus que l’ombre de ce qu’on était autrefois mais on est toujours là ! Et tant que ça restera le cas, il est hors de question de te céder à Brigades spéciales ! »


Voilà qui avait au moins le mérite d’être clair ! Livaï ne pouvait pas se montrer plus convainquant pour essayer de faire voler en éclats les craintes d’Eren. Mais il savait que ça serait bien loin de suffire à le rassurer complétement. Et il savait aussi que la menace de voir Eren confié au Brigades Spéciales était réelle et importante.

« Désolé, je ne devrais pas vous embêter avec ça. Vous avez déjà bien assez de problèmes à gérer. Je vais vous laisser. »


Livaï attrapa la manche d’Eren pour l’obliger à rester près de lui. Il haussa les épaules avant de le regarder de nouveau

« Reste…. Tu ne me déranges pas…. Au contraire… Je suis las de ressasser mes idées noires »

Pouvoir passer un peu de temps avec Eren l’empêcherait sans doute de trop penser à l’absence d’Erwin et de tous ceux que sa décision avait laissé sur place, face aux titans. Le Major n’était pas le seul à avoir été abandonné de l’autre côté des murs. Il y avait des soldats…. Des amis aussi. Livaï n’ignorait pas les liens étroits qui avaient unis la 104em brigade d’entrainement dont Jaeger était sorti. Parmi les disparus on pouvait déplorer la présence de plusieurs soldats de cette unité. Sasha Braus…. Et Ymir, qui avait pourtant fait partie de l’escouade Livaï qui fut incapable de la sauver… Un nouvel échec…

Parmi les sombres tourments qui assaillaient sans pitié l’esprit de Livaï, il y avait la perspective de se retrouver de nouveau face au tribunal militaire. Cette fatalité ne concernait que l’état-major du bataillon dont allait dépendre le destin de tous les rescapés. Si Hansi et lui savaient se montrer convaincants, il y avait peut-être encore une chance de sauver les explorateurs. Mais si, en revanche, ce n’était pas le cas, c’était la potence qui attendait les deux derniers membres responsables de cette boucherie apocalyptique et les autres soldats seraient au mieux reclassés dans un autre corps d’armée. Au pire, ils seront emprisonnés pour répondre de leur sordide contribution à avoir nourri les titans….

Et Eren dans tous ça ? Comment Livaï pouvait le sauver des Brigades spéciales s’il se balançait joyeusement au bout d’une corde sur la place publique ? La seule idée qui lui été venue à l’esprit jusqu’à présent était de le faire porter disparu avec le reste du bataillon jamais revenu jusqu’au mur. Mais pour cela il fallait effacer les preuves de son retour. Il fallait falsifier les documents officiels. Il fallait lui trouver une autre identité, une autre histoire et lui construire une autre vie pour ne pas éveiller les soupçons de ceux qui le connaissaient déjà.

Si l’idée avait déjà parcourue son chemin dans l’esprit du Caporal, il n’était pas encore tout à fait certain que cela suffirait à le maintenir en vie une fois le Bataillon dissolu.

« Imagine…. Qu’aurais tu aimé faire de ta vie si tu avais la chance d’effacer ton passé pour tout recommencer ? Si ta mère était toujours vivante. Si ton père n’avait pas disparu. S’il n’y avait pas de titans, pas de murs, pas de bataillon d’exploration… Imagine, qu’est ce que tu serais devenu ? »


Livaï s’était souvent posé cette question. Il n’avait jamais réussi à trouver une réponse convenable. Il avait l’impression que quoiqu’il veuille faire, son destin le ramènerait inlassablement à sa vie actuelle. Il ne savait pas si c’était la faute de son sens de l’imagination déplorable. Ou si c’était sa vie bien trop cruelle et ancrée en lui qui refusait de se voir effacer de ses songes ou de ses pensées. Même sans titans ou sans murs, il n’arrivait pas à s’imaginer être autre chose qu’un fils de pute… Un enfant indésiré… Un gamin paumé…. Un mec grandissant sans amour et n’ayant pour seul modèle que celui d’un homme violent et démuni de sentiment…

Livaï se pencha un peu vers l’avant. Il posa son coude gauche sur sa cuisse et laissa ta tête reposée dans sa main tout en regardant Eren. Il se demandait quels pouvaient être les rêves d’une vie meilleure de ce gamin. Il avait une telle rage d’écraser les titans. Il avait une tête force de caractère. Une colère. Une fureur. Une agressivité….

« Tu vois…. Moi je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à m’imaginer quel serait ma vie sans les titans. Sans ces putains de murs. Sans le Bataillon d’exploration… Je ne me suis jamais demandé ce qu’il y avait au delà des murs. Je n’ai jamais cherché à comprendre ou à savoir. Parce que je pense et j’ai la certitude que quoique je fasse, c’est ici que doit être ma place »


Son regard se tourna sur le côté pour échapper à celui du garçon auquel il se confiait comme il ne l’avait jamais fait auparavant.

« Je suis né dans les bas-fonds…. Et je crèverai à la surface. C’est déjà une chance et un privilège inespéré pour quelqu’un qui vient de là-bas. En définitive, je ne me plains pas. J’ai presque de la chance je crois…. »



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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   23/4/2017, 00:14



se raccrocher à un espoir
feat. Livai



Si au départ la simple présence du Caporal avait suffit pour faire se raidir l'échine d'Eren, il avait maintenant passé ce cap depuis longtemps. Les entrainements, les engueulades, les coups de pieds au cul, tout cela faisait partie d'une certaine routine à présent. Eren s'y était fait. Mais de se retrouver ainsi, sans but précis, assis à contempler le soleil couchant, c'était nouveau. Contrairement à Hansi Zoé et son chaos environnant, Livai n'avait jamais dégagé d'aura particulièrement agitée, mais ce soir l'atmosphère était calme, teintée d'un autre sentiment qu'Eren ne saurait exprimer. Comme un moment suspendu dans le temps. C'était étrange. Et c'était peut-être pour ça qu'Eren exprima ses pensées sur la mort qui l'attendait très certainement. Depuis leur retour d'expédition, il n'avait parlé de ça avec personne, leurs regards posés sur lui étant déjà lourds de sens. Il n'avait pas eu envie d'en rajouter encore.

Les paroles du Caporal firent écho en Eren, et il se mit à penser qu'il aurait bien aimé rencontrer cette amie dont il parlait. Les livres d'Armin n'expliquaient pas ce qu'étaient les étoiles, alors de penser que les personnes qui les avaient quitté veillaient sur eux était plutôt rassurant. Eren ne fit pas l'affront de demander où était cette personne à présent, il savait à quel point le taux de mortalité était haut dans le bataillon. Il y avait peu de doutes sur le fait que cette amie se trouvait maintenant parmi les étoiles. Eren tourna son regard vers Livai, lui souriant légèrement, comme pour atténuer la noirceur de ses paroles.


« Si c'est le cas, j'espère que je pourrais veiller sur vous et mes amis le plus longtemps possible alors. »

Il ne se faisait que peu de doutes sur le sort qui l'attendait. Erwin Smith avait du batailler ferme pour avoir la garde d'Eren, sans sa présence et suite aux échecs des deux dernières expéditions, il était peu probable que la hiérarchie entende raison cette fois-ci. Les bureaucrates étaient rarement ouvert aux changements, même lorsqu'ils avaient tort. Même si l'idée ne l'enchantait guère, il ne pouvait rien faire pour remédier à sa situation. Enfin, rien de légal. S'il savait que beaucoup de membres de l'Exploration regrettaient la tournure des évènements, personne n'osait dire quoique se soit, ou du moins, pas à lui, alors il fut un peu surpris par les paroles du Caporal. Il savait qu'il ferait tout son possible pour l'aider, mais il ne s'attendait pas à une telle motivation. Si bien qu'il resta quelques instants silencieux, permettant à Livai de continuer sur sa lancée
.

« Désolé, je ne voulais pas dire que le Bataillon n'est pas compétent. Mais je vois mal ce que vous pourrez faire après tout ce qui vient de se passer. Et si vraiment vous devez choisir, il serait préférable de sauver le Bataillon entier plutôt que de faire tant d'efforts pour un seul membre. Même si j'apprécie vraiment l'effort.  »

Ne voulant pas gâcher l'ambiance encore plus par sa présence, Eren décida de partir, mais Livai l'en empêcha en attrapant sa manche. Il était rare que le Caporal requière le compagnie de qui que se soit. En général c'était plutôt Hansi qui s'incrustait dans son espace vital sans aucune considération des états d'âme du soldat. Eren se rassit donc, repliant ses genoux devant lui. Entourant ses jambes des bras, il posa la tête sur ses genoux, fixant l'horizon. Il ne savait pas quoi dire pour changer cette atmosphère pesante qu'il avait contribuer à créer. Il n'était pas vraiment doué pour les mots, c'était plutôt le rayon d'Armin ça. Il opta donc pour le silence. Jusqu'à ce que la voix de Livai s'éleva de nouveau.

Pour quelqu'un qui n'avait jamais vécu que dans l'ombre des murs, c'était une question que peu se posaient. La majorité des gens se contentaient d'être parqué comme du bétail, tant qu'ils étaient protégé des titans. Mais pour Eren, ça n'avait jamais été question de vivre ainsi toute sa vie. Il n'avait toujours eu pour but que de découvrir les mystères qui s'étendaient eu delà des murs. Mais sans la motivation que fournissaient les murs, aurait-il eu les mêmes désirs ? Il ne pouvait pas en être certain, mais il pensait bien que oui. Sa soif de liberté n'aurait pas diminuée pour autant.


« Je crois que j'aurais été une sorte d'explorateur, ou quelque chose comme ça. Quand on été gosses, on m'a montré un livre avec des images. Des étendues d'eau sans fin. Des sommets si haut qu'on pourrait presque toucher le ciel. » Il prenait un risque en parlant de ça, ce type d'ouvrage étant interdit, mais il n'avait plus grand chose à perdre à présent. Et de toute façon, il ne pensait pas que Livai irait raconter quoique se soit. « Même sans les murs, je crois que voudrais tout voir du monde. Tout explorer, tout découvrir. En tout cas je ne serait surement pas devenu médecin comme mon père, ça c'est sur. C'est bien trop compliqué pour moi. »

Eren ne savait pas pourquoi, mais un certain sentiment de tristesse montait en lui en écoutant Livai parler. Son regard se posa sur son supérieur, les mots étant incapable d'exprimer ce qu'il ressentait. Livai pensait réellement qu'il n'avait d'autre place que celle-ci. Il n'avait aucun rêve, aucune aspiration autre que celle d'être soldat. C'était l'inverse d'Eren qui ne vivait que pour son rêve de voir un jour la mer; de faire disparaître les titans. Eren ne savait pas ce qu'il serait devenu sans ses rêves pour le guider. On avait beau le traiter d'idiot régulièrement, il avait au moins le mérite de savoir pourquoi il se battait.

Il hésita quelques instants avant de poser sa question. Même si Petra lui avait dit que le Caporal venait des Bas fonds, il n'en parlait jamais lui même. Eren ne voulait pas dépasser les limites. Enfin si la question ne plaisait pas, son ainé le lui ferait savoir, comme à son habitude.


«  Comment vous êtes sorti des des Bas fonds ? Enfin, si vous ne voulez pas en parler ce n'est pas grave. C'est juste qu'il y a pas mal de rumeurs qui circulent, c'est difficile de savoir ce qui est vrai ou faux. Et comme vous dites, sortir des Bas fonds, c'est un miracle... »

Le soleil couchant était de toute beauté, mais avec la disparition des rayons du soleil, la température commençait à baisser rapidement. Les journées étaient assez chaudes pour la saison, mais les nuits étaient encore froides. Eren ne put réprimer un frisson et se frotta les mains silencieusement. Il n'avait que sa veste sur lui mais il ne voulait pas encore rentrer au dortoir. Il préférait rester ainsi avec le Caporal, qui pour la première fois qu'il le connaissait n'avait plus simplement l'air d'un soldat au dessus de tous, mais d'un homme, tout simplement. Eren avait toujours respecté la force du soldat, mais maintenant qu'il apprenait à le connaître sous un autre angle, il ne voulait pas que ça s'arrête aussi vite. Et qui sait, il n'aurait peut-être bientôt plus l'occasion de parler à qui que se soit.





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MessageSujet: Re: Se raccrocher à un espoir | PV Eren Jager |   15/7/2017, 14:51

Se raccrocher à un espoir


feat. Eren Jaeger

Certains se vantaient de bien connaitre le Caporal Livaï. Mais dans les faits, ils étaient peu nombreux à le cerner parfaitement. C’était le cas par exemple des membres de son escouade. Ils étaient en possession de certaines informations à son sujet. Ils connaissaient son caractère dans les grandes lignes et savaient aussi par quoi Livaï était passé pour devenir le soldat qu’il était maintenant. Mais ils ignoraient pourtant encore beaucoup de choses à son sujet. En réalité, les seules personnes qui connaissaient parfaitement Livaï étaient le petit groupe restreint qui constituait l’Etat Major du Bataillon. Pour eux, Livaï n’avait pas vraiment de secret. Ils connaissaient tous son caractère volcanique et indomptable ( mise à part pour Erwin qui avait réussi ce tour de force ) tout comme ils connaissaient aussi des traits bien plus secrets de sa personnalité comme sa tendance à la mélancolie ou sa difficulté de se détacher de son passé qui revenait souvent le hanter

Difficile pour lui de ne pas penser à ces années vécues dans les bas fond avec Isabel et Furlan. Il n’en parlait jamais pourtant. Comme si la simple mention des prénoms de ses précieux amis allait rouvrir une cicatrice trop fraichement refermée.

Alors il ne savait pas trop pourquoi il venait de parler de façon si spontanée à Eren de cette histoire d’étoile qu’Isabelle lui avait dit il y a longtemps. A l’époque, Livaï avait cru qu’il s’agissait de foutaises. Des étoiles protectrices… et puis quoi encore ? Fallait-il être particulièrement con pour y croire. Mais maintenant, avec le recul et un peu plus de maturité, Livaï se plaisait à croire qu’elle avait pas tout à fait tort. Si les étoiles sont les âmes des personnes disparues, cela voulait dire qu’ils étaient quelque part par-là, Isabelle et Furlan… Quelque part dans ce ciel tacheté de petits points lumineux. Cela donnait à Livaï l’impression d’être un peu plus proche d’eux…

« Si c'est le cas, j'espère que je pourrais veiller sur vous et mes amis le plus longtemps possible alors. »

Ca y est, il remettait ça ! Livaï ne put empêcher un petit froncement de sourcil venir plisser l’arrête de son front alors qu’il adressa un regard réprobateur à son cadet. Il ne supportait pas l’idée qu’Eren se soit résigné à mourir. Il prenait ça comme un échec…. L’échec de n’avoir pas pu assurer sa protection. L’échec de ne pas pouvoir lui offrir une vie plus longue. L’échec de ne pas avoir pu exhausser la volonté d’Erwin qui consistait à protéger Eren envers et contre tous….

De plus, Livaï prenait cette remarque comme une sorte d’affront envers le Bataillon d’Exploration. Eren le pensait-il réellement incapable à ce point ? Il paraissait évident que le bataillon, tout aussi estropié soit-il, n’allait pas abandonner l’un des leurs en gardant les bras croisés ! Si Livaï devait mourir sur la potence, ça ne serait pas pour exemplarité ! Ca ne serait pas pour répondre des morts prétendument inutiles des dernières expéditions. Si ses pieds se balanceraient dans le vide ça serait uniquement pour cette raison : celle d’avoir voulu se battre et protéger Eren jusqu’au bout ! Même s’il devait faire acte de rébellion contre les forces gouvernantes ou contre l’armée elle-même ! Même s’il devait enfreindre des lois et devenir criminel pour ça ! Il ne laisserait pas Eren au Brigades Spéciales.

« Désolé, je ne voulais pas dire que le Bataillon n'est pas compétent. Mais je vois mal ce que vous pourrez faire après tout ce qui vient de se passer. Et si vraiment vous devez choisir, il serait préférable de sauver le Bataillon entier plutôt que de faire tant d'efforts pour un seul membre. Même si j'apprécie vraiment l'effort.  »

«  Alors si ce n’est pas ce que tu veux dire, ferme la ! Ça m’évitera d’avoir à entendre tes conneries ! »

La réponse de Livaï avait fusée immédiatement. Hors de question pour lui d’avoir à supporter plus longtemps ce genre de propos ! Que ça lui plaise ou non Eren restait la priorité du Caporal. Il s’était donné beaucoup trop de mal pour le sauver une première fois des griffes des Brigades Spéciales. Il n’allait pas le laisser y retourner en gardant les bras croisés.

Tournant la tête vers Eren, Livaï reprit la parole. Le coucher du soleil donnait quelques couleurs chaudes au visage du jeune garçon. Le crépuscule était vraiment un moment de la journée que Livaï appréciait. Le soleil orangé n’était presque plus visible. Il commençait à se dissimuler derrière la hauteur du mur Rose, projetant une espèce de lueur ocre qui les enveloppait encore mais qui allait progressivement laisser la place à un ciel bleuté constellé d’Etoiles… Parmi lesquelles Furlan et Isabel….Et Erwin… Etait-il parmi elles ?

«  Tu fais partie de mon escouade. Que ça te plaise ou non. Je n’ai pas pour habitude d’abandonner mes camarades… »

La dernière phrase de Livaï tendait à apaiser Eren. A le rassurer. A lui faire comprendre qu’il pourrait compter sur le soutient de son supérieur en n’importe quelle situation. Et afin de détendre un petit peu cette atmosphère lourde, Livaï changea de sujet pour lui demander ce qu’Eren aurait pu faire de sa vie s’il n’était pas prisonnier des murs et de la menace des titans. La réponse le surpris… mais pas tant que ça finalement

« Je crois que j'aurais été une sorte d'explorateur, ou quelque chose comme ça. Quand on été gosses, on m'a montré un livre avec des images. Des étendues d'eau sans fin. Des sommets si haut qu'on pourrait presque toucher le ciel. »

Explorateur…. Que ce soit à cheval pour lutter contre les titans ou pour lutter contre l’ignorance et faire des découvertes grandioses, cela lui ressemblait bien. Dans un cas comme dans l’autre, Eren était porteur d’espoir et de liberté.

« Même sans les murs, je crois que voudrais tout voir du monde. Tout explorer, tout découvrir. En tout cas je ne serais surement pas devenu médecin comme mon père, ça c'est sur. C'est bien trop compliqué pour moi. »

« Je pense que pour le bien de tous il est préférable que tu ne sois pas médecin… c’est certain »

Eren était quelqu’un de bien trop impulsif pour exercer un métier aussi compliqué que celui de médecin. Ce n’était pas vraiment un défaut en soi. Et venant de la part de Livaï il aurait été plutôt mal venu de critiquer quoique ce soit….

« J’espère pour toi que ce livre d’image ne tombera jamais entre de mauvaise mains…. C’est le genre de chose est prohibée dans l’enceinte des murs, je ne t’apprends rien. Certaines personnes sont mortes pour moins que ça… »

La pensée de Livaï allait vers Erwin. Son commandant et amant lui avait raconté qu’autrefois, son père instituteur avait disparu du jour au lendemain après avoir fait allusion à certains doutes concernant ce qui se trouvait derrière les murs. Tout était parti d’une simple question qu’Erwin, encore enfant à l’époque, avait posé. La réponse de son père n’avait pas tardé à se faire avoir auprès du gouvernement. Erwin n’avait aucune preuve de ce qu’il avançait mais il demeurait certain que son pére avait été exécuté pour être réduit au silence et ne pas ouvrir les conscience de ses élèves endoctrinés par une espèce de secret et une vérité fallacieuse parfaitement maitrisée

« Erwin pense la même chose que toi…. Il pense qu’au delà des murs il y a des richesses à découvrir. Il pense qu’il y a des choses que même notre imagination n’est pas capable d’envisager. C’est toute la raison d’être du Bataillon d’Exploration. Nous ne sommes pas qu’une bande de soldats téméraires qui vont zigouiller du titan. Si nous le faisons, c’est uniquement parce que nous y sommes contraint… »

Il prit une inspiration et soupira avant de désigner le mur d’un petit coup de menton

« … Pour découvrir ce qui se cache derrière ça. Des sommets si hauts qu’ils pourraient toucher le ciel…. Des étendues d’eau à perte de vue…. »

Livaï n’avait jamais été quelqu’un de particulièrement curieux ou d’intrépide. Il l’était devenu par la force d’un destin capricieux. Mais si ça ne serait tenu qu’a lui, il n’aurait jamais accepté le deal qui lui avait permis de sortir avec ces deux amis de ce trou à rat immonde appelé les bas fond. Mais pour le coup Livaï aurait bien aimé jeter un coup d’œil à ce fameux livre interdit histoire de voir de ses propres yeux ce qui y était écrit. Y avait-il encore d’autres merveilles plus surprenantes à découvrir ? Pour quelqu’un qui a grandi toute sa vie ou presque dans des égouts cela parait difficile à imaginer


«  Comment vous êtes sorti des Bas fonds ? Enfin, si vous ne voulez pas en parler ce n'est pas grave. C'est juste qu'il y a pas mal de rumeurs qui circulent, c'est difficile de savoir ce qui est vrai ou faux. Et comme vous dites, sortir des Bas fonds, c'est un miracle... »

A mesure que le temps passait le soleil continuer à descendre progressivement derrière le mur. Le fond de l’air se faisait plus frais et Livaï ne manqua pas de remarquer un frisson faire trembloter Eren avant que le jeune homme ne cherche à se réchauffer en se frottant les mains l’une contre l’autre.

Le Caporal se leva. Il ne servait à plus rien de rester là. Le soleil était parti se coucher et tout ce qu’ils allaient réussir à faire était de chopper une crève bien méritée. Le bataillon était déjà suffisamment dans la galère sans devoir rajouter en plus des soldats malades et des frais de médecin ou d’apothicaire dont tout le monde se passerait bien

« Tu es gelé…. On rentre »


Il adressa un regard au gamin qui était toujours assis. Ce dernier allait certainement prendre sa remarque comme une invitation à ne plus jamais l’interroger sur son passé. C’était loin d’être le cas. Livaï n’évitait pas le sujet et il répondrait à ses questions puisque cela semblait lui tenir à cœur et titiller sa curiosité. Mais pas ici. Au chaud devant une tasse de thé ça serait mieux

« Allez suit moi…. »

Sans laisser à Eren le temps de protester, Livaï regagna l’intérieur de la caserne. Il prit la direction d’un endroit bien particulier dans lequel Eren n’avait certainement pas eut l’occasion de mettre les pieds jusqu’à présent. Il s’agissait du bâtiment réservé aux appartements des officiers. Là où Livaï y avait sa chambre et c’est d’ailleurs là-bas qu’il le conduisit histoire de ne pas être dérangé ni importuné par d’autres personnes trop turbulentes – il ne visait certainement pas Hansie, non non pas du tout.

Il poussa la porte de la pièce avant d’y pénétrer et de se diriger vers un espace aménagé où il entreprit immédiatement de se faire bouillir de l’eau. Lui-même n’avait pas eu très chaud durant les dernières minutes dehors et un thé bien corsé serait des plus appréciables pour se réchauffer. Pendant qu’il s’activait à le préparer, il laissait le soin à Eren de découvrir la pièce.

« Alors comme ça il y a des tas de rumeurs sur ma sortie des bas fond ? Tiens donc…. Ca me donne presque envie de savoir ce que les gens peuvent raconter. »


Il entendit la bouilloire se mettre à siffler et il versa l’eau dans une théière avant de poser cette dernière sur la table en bois présente dans la pièce. Il fit un petit signe de tête à Eren pour lui faire comprendre qu’il pouvait s’asseoir

« Tu en veux ? Je crois savoir que tu n’es pas spécialement fan du thé mais je n’ai pas grand-chose de mieux à te proposer…. A part du café… »

Qu’il avait pris l’habitude d’avoir « chez lui » lorsque Erwin venait squatter ici. Même si, la majeure partie du temps, c’était davantage Livaï qui désertait ses appartements pour aller se réfugier chez son commandant

Il retira sa veste qu’il posa correctement sur le dossier de sa chaise. Il prit place dessus et croisa les jambes comme à son habitude

« A l’époque, j’habitais les bas fond avec deux amis. Furlan et Isabel. On avait trouvé de équipement tridimensionnel et on a appris à s’en servir. On vivait de larcins et de petits trafics. C’est un peu, avec la prostitution l’une des seules choses qui permet de survivre dans les bas-fonds »


Il remuait doucement le thé présent dans sa tasse. Des petites spirales formaient une sorte de micro typhon quand il retira la cuillère.

« Un jour on nous a proposé un contrat. On l’a accepté…. Puis on s’est fait chopper par Erwin et Mike qui nous ont proposé une sorte de marché. Soit on rejoignait le bataillon d’exploration. Soit ils nous livraient aux brigades spéciales pour répondre de nos méfaits. L’esclavage ou la peine de mort…. »

Il releva son regard pour scruter Eren un moment

« En finalité… Furlan et Isabel sont mort à notre première expédition. Quant à moi…. J’ai réalisé que cette mission était depuis le début qu’une machination fomenté par plusieurs personnes dont Erwin, pour me sortir des bas fond… Ce qui s’est passé après… je pense que tu le sais… »

Livaï croisa les bras sur la table. Il se pencha légèrement en avant pour se rapprocher d’Eren. Le regard bordé de cernes grises du Caporal cherchait celui, si éclatant, du plus jeune

« Mais tu en as trop dis ou pas assez Gamin. Alors raconte-moi c’est quoi toutes ses rumeurs ? Dis moi tout. Tu as toute mon attention »

Un très léger sourire amusé étirer un coin des lèvres de Livaï. Si parler de tout ça pouvait un peu détendre l’atmosphère et changer les idées d’Eren alors soit ! Allons y. Eren était bien trop inquiet en ce moment. Il était bien trop résigné à mourir aussi…. Livaï était bien décidé à lui faire comprendre que la vie valait la peine qu’on se batte pour elle ! Il voulait lui redonner le sourire et pourquoi pas, pour la première fois, réussir à le faire rire. Afin qu’Eren trouve l’espoir de s’en sortir. Afin qu’il ne soit plus résigné. Afin qu’il ne pense plus à mourir….



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