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 Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |

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Caporal-chef
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MessageSujet: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   20/3/2017, 10:10

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Tous les jours c’est le même bordel. La même routine. La même merde.

J’entends la sonnerie de mon téléphone portable retentir alors que je suis réveillé depuis déjà une bonne demi-heure. Je ne sais pas pourquoi c’est comme ca. Je me réveille toujours avant que ça sonne et je suis incapable de faire une grasse matinée alors que c’est pas l’envie qui m’en manque…

Tous les matins je sors de mes draps, je quitte ma chambre et je traverse l’appartement silencieux. Ma mère est déjà au boulot. Elle bosse pour une entreprise de nettoyage et elle travaille que de nuit. Elle ne sera pas de retour avec 11h et elle ira ensuite dormir une bonne partie de la journée pendant que mon enfoiré de paternel est en train de cuver sur le canapé, la gueule dans le cirage et la main dans son froc pour s’assurer en permanence que sa paire de couilles n’a pas foutu le camp… Au moins, quand il dort, il ne nous fout pas sur la gueule Ca fait des vacances…

Je le regarde et j’ai soudain l’envie presque irrépressible d’aller chercher un oreiller pour l’étouffer avec. Honnêtement je l’aurai déjà fait depuis belle lurette si ça ne m’avait pas valu un allé simple pour la taule. L’idée de buter mon père ne m’effraie pas le moins du monde. C’est une ordure de la pire espèce… Un enfoiré…. Alors à quoi bon avoir peur de s’en débarrasser ? Si je ne l’ai pas fait c’est uniquement pour ma mère. Je sais qu’elle ne supporterait pas de me voir derrières les barreaux. Je suis son fils unique…. Normal qu’elle veuille me protéger non ?

Comme tous les matins donc je laisse Kenny, mon charmant père, pioncer tranquillement tandis que ma mère bosse pour rapporter l’argent. Je vais à la salle de bain pour prendre ma douche et je retourne ensuite dans ma chambre pour mettre des fringues correctes pour aller au bahut. Un jeans moulant noir, un sweat manches trois quart et col en V. Mon blaser et une échappe. Voila je suis prêt.

Je passe à la cuisine pour chopper une tranche de pain de mie que je passe dans le grille-pain. Une délicieuse odeur envahit soudain la pièce et m’ouvre l’appétit. Je choppe dans un placard le pot de Nutella et quand ma tartine est prête je l’en badigeonne généreusement. La pâte à tartiner fond sur le pain chaud et croquant. J’aime tellement ca….. J’arrache un morceau d’essuie tout en guise de serviette et je colle mon sac East pack sur mes épaules. Voilà… je suis prêt à aller au bahut.

Mon HLM est situé dans une banlieue parisienne au nord de la capitale. Ici on est bien loin des beaux quartiers de Neuilly ou des magnifiques immeubles du temps Haussman de la rive gauche. Ici c’est la cité, la zone…. Les petits caïds qui font leur trafique dans la cage d’escaliers, les voitures incendiées, le bruit, l’insécurité et la misère à chaque étage. C’est ma merde….

J’aurai pu prendre la direction du bahut du coin. J’y aurai retrouvé les gars qui habitent la cité et je n’aurai eu qu’une dizaine de minutes de marche à pieds à effectuer. Au lieu de ça, je me dirige vers une bouche de métro pour me rendre dans un quartier un peu moins craignos de Paris. C’est ma mère qui a fait tout un plat pour que je sois inscrit dans un lycée privé. Elle pense que j’y reçois une meilleure éducation même si pour payer les frais elle doit se saigner les veines…

En fait je ne sais pas ce qui est le mieux. Ou le moins pire. Le lycée public avec tous la racaille du coin ? Ou bien le lycée privé avec tous les petits bourgeois fils de toubib, d’avocat, de huissier et j’en passe ? Dans un cas comme dans l’autre j’ai l’impression de ne pas être à ma place. En définitive j’en arrive à me dire que c’est dans ce monde que je n’ai tout simplement pas ma place….

Mes écouteurs visés sur mes oreilles je me plonge dans la rame de métro quand elle arrive. Putain j’ai horreur de ça. Ça pue, c’est crade, c’est oppressant… plein de gens se collent à moi et me bouscule. Je sais que je suis pas grand mais quand même !

Je n’ai que cinq stations avant de descendre. Je prends une bouffée d’oxygène dès que je quitte le train et je longe le quai pour remonter à la surface. Mon lycée est juste sur le trottoir d’en face. Il me suffit de traverser la route et de franchir les grilles pour être arrivé. Mais avant ça je sors un paquet de clopes de ma poche et j’en prend une que je porte à mes lèvres. Je commence à l’allumer et à la fumer tranquillement adossé contre la grille. La musique coule toujours dans mes oreilles et m’isole de monde qui vit sa vie autour de moi.

Un gars s’approche. Des cheveux roux avec la coiffure de Justin Bieber et des taches de rousseurs partout sur ses joues. Il aurait presque l’air sympathique si son allure de chanteur à la croix de bois me donnait pas envie de gerber. Il lui manque plus que le bermuda et la petite chemise jaune pour  donner l’impression d’être un scout ! Il a la gueule de l’emploi

« Salut, t’aurais une clope ? »

Je le regarde. Il me regarde. On se regarde. Et finalement je prends la parole de ma voix encore un peu enrayée de n’avoir pas été assez utilisée depuis que je me suis levé

« T’as quand demandé à ta mère de t’en payer. Avec ta petite chemise Ralph Lauren y dois y avoir moyen non ? »

Ma réponse lui plait pas. Il me foudroie du regard avant de se tirer. C’est ca, casse-toi pauvre naze ! Tu m’as pris pour l’Abbé Pierre ou quoi ? Je claque ma langue contre mon palais et je laisse tomber mon mégot au sol avant de rentrer dans le lycée. Le surveillant me tombe dessus à peine j’ai foutu un orteil dans la cours

« Ackerman ! Tes écouteurs ! C’est interdit par le règlement, range-moi ! »

Un soupire m’échappe et je me vois dans l’obligation de retirer mon casque et de couper la musique de mon téléphone. Je le range à l’intérieur de mon sac non sans soupirer une nouvelle fois.

« Dommage que les têtes de cons soient pas interdites par le règlement… ça ferait des vacances… »

Sa réponse ne tarde pas à tomber

« 1h de retenu pour insolence ! Tu passeras dans le bureau du CPE a la récré ! »

Putain vu le nombre d’heures de retenue que je collectionne depuis le début d’année il va bientôt falloir qu’on me distribue un nouveau carnet de correspondance. Le mien ne va plus avoir de pages pour les écrire… et puis je m’en fou de sa retenue de merde. Au moins, pendant que je suis en retenu je ne suis pas chez moi à supporter mon père en train de gueuler ou taper sur ma mère. Certains diront que je cherche à être coller. Peut être bien que je  vais finir par croire qu’ils ont raison…

Je prends la direction de ma salle de cours. Ce matin on commence la journée par de l’histoire. C’est pas la matière que je préfère mais ce n’est pas celle que je déteste le plus non plus. Je me suis lancé dans un bac L et je dois passer l’examen en fin d’année. On a beau dire ce qu’on veut, j’ai peut-être une tronche de rebelle et de petit con mais je bosse ! J’ai une bonne moyenne. Un joli 13 de moyenne dont je suis assez fier. Je ne veux pas redoubler. Rester un an de plus dans ce bahut de merde, non merci ! Et puis je veux pas que ma mère paie une année supplémentaire. Et je veux pas foirer mon bac. Elle bosse comme une malade pour me payer les meilleures études qui soient… alors je lui dois au moins bien ca. Mais si je sais que mon bac L en poche ne me servira à rien. Je vais pas aller à la fac. Ca coute cher. Je vais chercher un job. N’importe quoi. Je vais gagner de la thune…

Je rentre dans la classe et je m’installe à ma place. La plus au fond près de la fenêtre. J’ai dû casser la gueule à cet enfoiré de Marco Bott pour lui prendre sa place. Du coup je suis pénard. Je suis au fond et j’ai une table double pour moi tout seul. Pas de voisin, je peux m’étaler et foutre mon sac sur le siège à côté.

Je viens à peine de m’installer qu’une tornade se pointe et pose son cul sur ma table .

« Hey Livaï ! T’as compris un truc à la redac de philo toi ? »

Mes yeux gris se lèvent et se plantent sur Hansi Zoe, la seule gonzesse de ce bahut que j’arrive un tant soit peu à supporter même si  elle me sort parfois par les trous de nez.

« Me dis pas que tu ne l’as pas fait …. »


« J’avais pas l’inspiration. Alleeezz…. S’il te plait Livaï…. C’est la dernière fois ! Promis ! »

Je soupire une nouvelle fois et je me masse les temps. Elle me fatigue et si je sors mon classeur de philo pour lui tendre mon devoir c’est davantage pour qu’elle se casse et me foute la paix plus que pour l’aider

« C’est bon…. T’as intérêt à m’apporter un truc à bouffer demain pour me remercier ! Sinon la prochaine fois tu te foutras le devoir dans le cul »

Elle prend ma copie et me gratifie d’un «  merciiiiiiiiiiii » strident qui m’horripile au possible. Elle me passe la main dans les cheveux et je me débats. Putain j’ai horreur quand elle fait ça ! J’ai l’impression d’être un mioche et ça m’exaspère comme c’est pas permis !

Elle retourne à sa place, une table située sur la colonne de droite et deux rangées plus en avant quand Le prof arrive. Je l’aime pas ce prof…. Il a une gueule qui ne me revient pas. En plus on a de la chance c’est notre prof principal…. J’en pisse de joie. Mais Shadis n’est pas seul aujourd’hui. Il arrive avec un élève blond aux cheveux gominés parfaitement coiffés sur le côté. Un parfait petit fils à papa si vous voulez mon avis. Chemise blanche impeccable. Jean sans un plis. Petite veste toute repassée. Si ça se trouve le col est même amidonné !

« Silence ! »

Il claque sa grosse main sur la surface de son bureau. Un bruit sec résonne et me fait sursauter bien que je m’attendais à un son similaire.

« On a un nouvel élève dans la classe. Il s’appelle Erwin Smith et il vient d’Allemagne. Je compte sur vous pour l’aider à s’intégrer dans l’école »

Un boch…. Magnifique. Comme mon père. Je suis né en Allemagne et j’y ai grandis pendant cinq ans avant qu’on vienne en France mais j’en garde quasiment aucun souvenir. J’étais trop petit…

Shadis me regarde et je sais que ce qu’il va dire ne va pas me plaire. Je le vois pousser le nouveau dans ma direction

« Y a une place libre à coté d’Ackerman, va t’installer là bas. Le cours va commencer »

Qu’est ce que je disais….. putain de sa mère…. J’en veux pas moi du nouveau ! Qu’il me foute la paix et aille poser son cul ailleurs. Mais vu que je n’ai pas le choix je le regarde s’approcher. Je lui balance un regard dédaigneux pour bien lui faire comprendre que sa présence à mes côtés ne me fait pas bondir de joie. Je retire mon sac de la chaise et je récupère mes affaires que j’avais étalé à mes aises. Fais chier .... J’espère au moins qu’il est pas du genre casse couilles qui l’ouvre tous les deux seconde parce que je vais pas supporter !

Je prends mon crayon et je tourne la tête vers lui pour m’apercevoir qu’il me regarde avec ses grands yeux bleus. Je fronce les miens tout en soutenant son regard

« Quoi ? Je te préviens j’ai pas envie de faire copain copain avec toi… Trouve toi une autre âme charitable. »


Je tourne la tête sur le côté pour regarder dehors et fuir son regard. C’est alors qu’une question m’interpelle. Je tourne la tête pour le regarder à nouveau

" Rassure-moi, tu parles français au moins ? »


Parce que j’ai pas du tout envie de me la jouer interprète !!



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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/3/2017, 00:37

Fais moi de la place


feat. Livai ♥
Trois coups à la porte...

J’ouvre un œil, puis le deuxième, avant de soupirer bruyamment. Mon père n’a jamais été un tendre pour les réveils, j’aurais largement préféré une petite musique douce plutôt qu’un défonçage de porte comme il vient de le faire. Je me redresse en passant la main sur mon visage encore endormi et je réponds dans un grognement pour pas qu’il recommence.

-C’est bon...

Je soupire a nouveau alors que j’entend ses pas s’éloigner.

Ca fait des années qu’il tient à me réveiller lui-même, pour être certain que je reste pas au fond de mon lit toute la matinée. Il a une sainte horreur de la fainéantise et tout ce qui se rapproche de l’idée de flemme... Ce n’est qu’un doux rêve pour moi de passer ne serait-ce qu’un dimanche à ne rien faire comme la majorité des gens... C’est contreproductif pour lui, donc mauvais... Enfin bon, on va pas s’épancher une heure sur le sujet...

Je lève enfin mon cul du lit en baillant et je cherche un interrupteur, j’ai pas encore l’habitude cela ne fait que trois jours que notre famille a élu domicile dans ce charmant appartement en plein cœur de la capitale française. Je viens d’Allemagne de base, j’habitais à Berlin. Mais mon père a profité de l’opportunité d’un poste se libérant pour se faire muter ici, du coup, on a déménagé, pour mon plus grand malheur. J’étais bien chez moi... Et là je me retrouve au cœur d’une ville et d’un pays que je ne connais qu’à travers les cours que j’ai reçu. J’ai tout de même la chance de savoir parler un peu la langue mais c’est pas ça qui va changer grand-chose.

Mais bon, j’vais pas passer mon temps à me plaindre, j’ai quand même réussi à négocier un peu avec mon père pour me faire inscrire dans un lycée plus ou moins normal. De base, il voulait que j’aille dans un truc super réputer, il veut le meilleur pour moi. Mais cette ambiance de peigne-cul c’est pas mon truc... Déjà qu’on habite dans le 16ème, c’est mort pour me faire des potes normaux, y’a que des Jean-Charles et Jean de la Renardière...

Finalement je suis quand même dans un lycée privé, mais bien moins guindé que prévu, pour preuve, j’ai pas d’uniformes comme c’était le cas en Allemagne. Même si avec la gueule de mon armoire c’était tout comme finalement. Enfin pour le moment je dois déjà me doucher, et je fais ça le plus rapidement possible parce que mon père, toujours lui, est capable de m’en sortir par la peau du cul pour pas que je sois en retard.

Je vais donc mettre une chemise et un jean, avant d’aller dresser mes cheveux indisciplinés. C’est toujours long cette étape, si je veux qu’ils ressemblent à un truc potable je dois les gominer en arrière pendant de longues....longues minutes. J’ai la tête du bon allemand de base comme ça avec mes cheveux blonds dorés et mes yeux bleus...Enfin, on fait avec ce qu’on a.

Je sors de la salle de bain pour descendre déjeuner. Tout est déjà prêt sur la table et je m’assois en face de mon père qui lit le journal pendant que je me serre un café. Le silence... On entend que le bruit de ma cuillère dans la tasse, et je sens que ça l’énerve... Je n’arrête pas pour autant, laisse moi ma liberté de touiller.

Je bois le tout rapidement et je mange quelques tartines avant de me lever.

-On part dans dix minutes.

Je ne réponds pas et je monte les escaliers pour aller chercher mon sac dans ma chambre et me brosser les dents. Monsieur tient évidemment à m’emmener... Faudra aussi que je fasse du chantage pour pouvoir y aller tout seul, j’ai pas envie de le supporter pendant les trajets en plus. Et puis s’il est là je vais pouvoir m’acheter mes cigarettes, ni en fumer d’ailleurs. Ce serait fâcheux.

Je me dépêche pour pas qu’il se ramène en beuglant et qu’il réveille ma mère, sinon c’est elle qui va gueuler et on est pas sortis de l’auberge. Je le rejoins donc, toujours sans rien dire et on rentre dans la voiture. Le voyage est long, beaucoup trop long, c’est vraiment un enfer de voyager en bagnole dans la capitale. Et puis c’est pas la peine d’espérer de la musique avec lui... Ou alors ce sera des chants militaires... La folie.

Finalement, le calvaire prend fin alors qu’il me faisait déjà la morale sur mes futures notes et le fait qu’il allait prendre contact avec les profs pour être certain que je bosse... Je le salue et je me dépêche de sortir de la voiture pour entrer dans l’établissement. Je suis tout de suite prit en charge par un surveillant qui m’emmène voir la CPE pour qu’elle me fasse un speech dont je ne comprends que la moitié des mots sur le fonctionnement du lycée et la bonne façon de me conduire. Ce genre de conneries...

Elle me donne mon carnet de correspondance et tout un tas de papiers que je devrais remplir dans la journée, avant que je ne sois conduit à ma salle de classe avec ce qui semble être mon prof, je vais rencontrer les autres élèves qui vont partager ma vie pendant presque un an. Je prie n’importe quel dieu pour qu’il y ait au moins une meuf bonne.... ou un mec sexy. Entendez mes prières, je veux pas passer ma vie avec des moches...

-Silence !

Tous les élèves présents se taisent et regardent le prof avec une petite pointe de peur pour la moitié d’entre eux. Je balaye la salle du regard pour un premier tour d’horizon... C’est pas fameux.

-On a un nouvel élève dans la classe. Il s’appelle Erwin Smith et il vient d’Allemagne. Je compte sur vous pour l’aider à s’intégrer dans l’école.

Je les regarde tous de façon stoïque, je vais quand même pas leur faire un sourire niais comme certains en sont les maitres. J’ai pas envie de passer pour un abruti... Et puis après ils vont croire que je veux être ami avec eux, sauf que c’est pas le cas. Les amis ça te demande toujours des services... Et je préfère quand c’est moi qui les demande, si vous voyez ce que je veux dire.

Je sens la main du prof me pousser vers une allée en désignant une table à moitié vide.

-Y a une place libre à coté d’Ackerman, va t’installer là bas. Le cours va commencer.
Je pose mon regard sur le dénommé Ackerman et je m’en approche alors qu’il me mate avec tout le dédain du monde, il ne semble pas enchanté de partager son espace avec ma pourtant si douce personne.


Je m’assois, et je suis bien obligé de constater que bordel... C’est au delà de mes espérances, visiblement le dieu de la sexytude m’a entendu et m’a envoyé son plus bel éphèbe.

-Quoi ? Je te préviens j’ai pas envie de faire copain copain avec toi… Trouve toi une autre âme charitable.

Je ne lui réponds pas et je me contente de lui sourire. Il a pas l’air commode.... Mais ça ne me dérange pas, je préfère ça plutôt qu’un mec qui croit déjà qu’on est les meilleurs amis du monde. Ceci dit ça me dérangerait pas d’être son meilleur ami et plus si affinité... Mais bon, faut pas que je commence tout de suite avec mes idées...

Je prends mon sac pour en sortir ma trousse et des feuilles, c’est plus pratique pour écrire. Et je regarde ce Ackerman quand il me parle à nouveau.

-Rassure-moi, tu parles français au moins ?

J’vous avoue que là... J’suis partagé. Entre l’envie de lui faire une vieille blague de mauvais gout, ou celle de le rassurer un poil. Mais la tentation est trop grande... Je lui fait un petit regard désolé et je penche un peu la tête sur le côté.

-Ich habe nicht verstanden...

Je sens bien que la nouvelle l’agace et je suis obligé de me mordre l’intérieur de la joue pour ne pas rire avant que le prof ne commence son cours et fasse taire tout le monde. Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875... Ben tiens, comme par hasard.

Je note donc le titre sur ma feuille de mon écriture petite et serrée, ma mère dit qu’elle est très jolie, moi...je m’en fiche éperdument, le principal c’est que je me comprenne. J’écoute donc d’une oreille distraite le cours avant de hausser un sourcil. Je relève la tête alors qu’un détail de son cours me chagrine plutôt. Et je ne me gêne pas pour lui faire savoir, je lève la main avant de prendre la parole.

-Excusez-moi... Vous avez fait une erreur. C’est Guillaume Ier qui interdit le SAP le 21 octobre 1878 et non Guillaume II qui est, au contraire, celui qui le réhabilité en 1890.

Vu la gueule du prof, je suis pas sur qu’il ait apprécié... Enfin, si jamais ça le gène tant que ça je peux aussi lui exposer ma façon de penser, même si je ne suis pas sûr qu’elle lui plaise plus... Quand on voit le prix que coute une école privée la moindre des choses c’est quand même de faire des cours justes...

Je retourne à ma feuille avant de regarder mon voisin du coin de l’œil qui me mate bizarre... Ah oops... J’en avais oublié ma blague avec tout ça... Je lui fais un sourire parfaitement innocent.


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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/3/2017, 09:35

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Je suis né à Stuttgart, c’est une pauvre bourgade paumée en plein cœur de la Bavière allemande. De ce que je me souviens c’était bien. Il y avait des grandes forêts de sapins à perte de vue et des lacs magnifiques, surtout en hiver. A l’époque nous allions souvent nous balader à la campagne. Ma mère était mère au foyer et mon père occupait un poste de responsable dans une entreprise de métallurgie allemande. J’étais le fils unique de cette charmante famille. J’étais heureux sans être pourri gâté. C’était bien.

Quand j’ai eu cinq ans mon père fut muté et délocalisé en France pour gérer un nouveau site de sa boite. On a d’abord vécu un moment en Alsace, pas trop loin de mon Allemagne natale. Ça a duré trois ans. Puis il a été de nouveau muté dans la région Parisienne. On habitait un bel appartement dans un immeuble cossu de Paris IXe. Ca a duré quelques années. Jusqu’à ce que la descente aux enfers commence.

L’entreprise pour laquelle bossait mon père a dû fermer ses portes. Le secteur de la métallurgie était en crise et ça licenciait à tour de bras. L’entreprise de mon père n’a pas fait exception. Il s’est retrouvé au chômage, une situation qu’il n’a jamais réussi à encaisser et de laquelle il a jamais cherché à se relever. On a déménagé, encore. On a quitté les beaux quartiers parisiens pour atterrir dans une cité de la banlieue nord de la capitale. Le foyer correspondait davantage à nos nouveaux revenus joliment amputés. Ma mère a commencé à travailler. Comme elle n’avait aucune expérience et que son français a toujours un peu laissé à désirer, elle n’a guère trouvé mieux qu’une entreprise de nettoyage. Y a pas de sous métier, me répète-t-elle sans cesse. Mais faut arrêter quoi, passer sa vie à nettoyer les chiottes salis de la merde des autres… Non. Et ça me fait bien chier qu’elle soit obligée d’en arriver là pour qu’on se retrouve pas à la rue pendant que mon enfoiré de père passe son temps à déprimer, à cuver et – quand ça lui prends – à nous foutre sur la gueule.

J’en arrive encore à me demander comment on a fait pour finir comme ça… Une famille entière brisée à cause d’une entreprise de merde qui a fermé ses portes. Autrefois j’aurai jamais cru mon père capable de lever la main sur moi ou sur ma mère. Les ravages de l’alcool c’est pas beau à voir. Alors quand je suis pas au lycée je préfère éviter de contempler ce triste spectacle et je zone les rues ou le quartier pour éviter d’avoir à rentrer chez moi.

Ca m’énerve. Tout m’énerve. A commencer par les petits pète-cul de mon bahut. Tous des fils à papa à la chevelure bien gominée qui se plaignent de n’avoir que 100€ d’argent de poche par mois. Mais ta gueule fils de pute ! J’ai même pas 1€ moi ! J’suis obligé de bosser pour me payer des trucs …. Ou bien je dois les voler… mais ça j’ai pas trop envie de m’en vanter.

Comme l’autre là ! Le nouvel élève qui vient d’arriver. Il a pas encore ouvert la bouche qu’il me gonfle déjà avec son stéréotype de d’allemand néo-nazi ! La mèche impeccablement lissée sur le côté. Il y a pas un cheveux qui dépasse. Gominage et laquage parfait made in L’Oréal. Parce qu’il le vaut bien…. Chemise blanche nickel. Limite c’est tellement trop blanc que ça fait mal les yeux. Comme les sourires des meufs dans les pub Signal White Now ! Tch ! Fallait bien que ce soit ma vaine de me le taper comme voisin. Je sens qu’il va prodigieusement me gonfler mais dans son intérêt personnel je lui déconseille. Je n’aurai aucun remord à lui allonger une mandale s’il commence à trop me gaver.

Pourquoi il me regarde d’ailleurs là. Il a jamais vu un mec de sa vie ou quoi ? Qu’il me foute la paix putain. J’ai pas envie d’être son pote et je mâche pas mes mots pour lui faire savoir. Mais comme de bien entendu le Bosch ne répond pas. Alors une hypothèse me traverse l’esprit. Si ça se trouve il parle même pas français ce crétin. Je lui demande et sa réponse me laisse un peu pantois. J’ouvre un peu la bouche par surprise et mes yeux le fixent sans savoir quoi lui répondre.

-Ich habe nicht verstanden...

Le con…. Il a rien compris à ce que je lui ai dit. Ce qui n’est pas mon cas vu que je parle allemand couramment. Mais ça il n’est pas censé le savoir. Alors je vais faire style qu’à mon tour je pige rien à ce qu’il me dit comme ça il ne sera pas tenté de me taper la discute et tout ira bien dans le meilleur des mondes. Mais qu’il ne compte pas sur moi pour l’aider avec ses cours ! C’est bon quoi ! J’suis pas Sœur Thérésa !

« Quoi ? Je comprends pas. »

Ah quel bon comédien je fais. Y a pas à dire.

La voix de Shadis résonne et je retourne ma tête vers le tableur pour en écoutant avec passion – notez l’ironie – ce qu’il déblatère sur l’Allemagne de 1875. Un bâillement m’échappe et je mets la main devant la bouche pour l’étouffer. Ma mère a horreur des gens qui baillent sans mettre la main devant la bouche…. Et je ne peux que lui donner raison. Je trouve ça grossier et affreux à regarder

-Excusez-moi... Vous avez fait une erreur. C’est Guillaume Ier qui interdit le SAP le 21 octobre 1878 et non Guillaume II qui est, au contraire, celui qui le réhabilité en 1890.


Je me fige

Je tourne lentement la tête sur le côté pour regarder mon voisin de droite

Mes yeux s’écarquillent avant que je ne les fronce pour le fusiller du regard.

ENCULE !!!! Enflure ! Ah tu t’es bien foutu de moi espèce de connard !!! L’autre qui me tape ses trois pauvres mots d’allemand là, genre il comprends rien à ce que je dis ! Putain je suis furax !!!

Et en même temps je suis dubitatif et admiratif face un tel acte mêlant bravoure et témérité. Et je ne suis pas le seul vu tous les regards et les têtes qui se sont tournée pour se braquer sur lui. Non mais il ose couper la parole et reprendre Shadis ??? C’est un dingue ce mec !!! Il se rends pas compte que Shadis est sans doute la seule personne au monde qu’il ne faut ni provoquer ni contrarier ??? Pour le coup un petit sourire étire mes lèvres et je croise les bras avec amusement, m’enfonçant un peu dans ma chaise en attendant la suite des évènements

Shadis s’est figé et il s’est retourné avec une lenteur presque menaçante. D’un pas régulier il s’est approché du nouveau et il se stoppe juste devant notre table. Il enfonce ses yeux dans ceux de Smith et j’assiste à tout ça avec un plaisir non dissimulé. Je jubile intérieurement.

« Un problème Smith ? Je vais t’expliquer comment ça fonctionne dans ma classe. Ici c’est moi le professeur. Je suis l’autorité et l’instruction incarnée. Quand je dis quelque chose j’aime qu’on ne me contredise pas surtout quand la parole est prise sans avoir été demandée. Je ne tolère aucun acte de ce genre durant mes cours ! Tu as peut être envie de faire ton malin et ton petit intello devant tes camarades pour les impressionner mais j’aime autant te dire que c’est une très mauvaise idée. Tu seras donc en retenue mercredi prochain pour méditer sur ton comportement et me faire un dossier complet sur Guillaume 1er et Guillaume 2 étant donné que tu sembles avoir envie de partager toute l’étendue de ta science infuse sur le sujet ! »


Un petit rire m’échappe alors que mon regard passe de Shadis à Smith. Mais très vite je déchante quand le prof tourne ses yeux vers ma personne

« Ca te fait rire Ackerman ? »

Je soutien son regard et lui répond son aucune crainte

« Un peu oui. »

Il se redresse et me toise avant de retourner à son bureau tandis que je me fige à chacune de ses paroles

« Dans ce cas je pense que tu devrais bien rire aussi en venant mercredi en retenue avec Smith pour l’aider dans son rapport. »

Je m’insurge et me fout debout d’un coup. Ma chaise se renverse derrière moi

« Quoi ?? Mais non !!! Je vais pas aider l’autre blondasse à faire son rapport putain ! Je m’en fou moi de Guillaume II ! »

Shadis a son sourire satisfait alors qu’il me regarde m’énerver. Lui il conserve son calme olympien et ça ne fait que m’énerver davantage

« Tu veux que je te file une retenue également pour la semaine d’après afin de te faire apprendre le dictionnaire et le vocabulaire à ne pas utiliser dans l’enceinte de l’établissement ? »

Je fulmine et je me refout assis sur ma chaise sans rien ajouter. A quoi bon de toute façon puisqu’en définitive je vais l’avoir dans le cul quoique je fasse ou quoique je dise. Je viens de me taper deux retenues en moins de deux heures….. C’est un record je crois. Je défis quiconque d’en faire de même.

Je sens le regard de mon voisin se poser sur moi et le lui rend un regard amer rempli de colère.

« Alors comme ça tu comprends rien de ce que je dis ? Connard ! Ça va là j’ai bien articulé tu as tout compris ? »

Je soupire et j’attends qu’il reporte son attention sur sa copie. Il est en train d’écrire de son écriture fine et légèrement en biais. Une vraie écriture de gonzesse. Sans retenu je lui file un méchant coup de coude pour le faire déraper. Je mets ma main sur ma bouche en prenant une mine théâtrale faussement désolée

« Oops…. J’ai pas fait exprès… »



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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/3/2017, 15:28

Fais moi de la place


feat. Livai ♥
J’ai envie de fumer.

Forcément, avec mon père qui a tenu à m’emmener ce matin j’ai pas pu m’en griller une... D’ailleurs je sais même pas s’il m’en reste... Normalement j’ai toujours un paquet de secours bien caché dans un coin de ma chambre mais avec ce déménagement j’ai pas encore pu reprendre toutes mes habitudes. En parlant de ça, j’ai déjà peur de la future nouvelle femme de ménage...

Une fois, j’en ai eu une qui fouillait un peu partout chez nous, et cette connasse avait montré à mon père un contrôle que je cherchais à lui cacher vu que je n’avais eu « que » 12/20. Elle faisait ça pour se faire bien voir et ça avait marché, je vous raconte pas la dérouillée que je me suis pris, aussi bien pour la note que pour l’avoir cachée. Du haut de mes 11 ans, je me suis promis de lui faire payer... Elle n’est restée qu’un mois chez nous.

Du coup, j’ai peur à chaque fois qu’on a une nouvelle technicienne de surface que cette dernière ne trouve mes précieuses cigarettes et qu’elle ne les montre à mon père. Ca me ferait doublement chier, parce que déjà je galère à me les payer ces paquets, j’ai pas d’argent de poche bien que mes parents soient blindés. Ils partent du principe que l’argent se mérite ce que je respect évidemment, mais du coup je dois faire des travaux à la maison ou bien bosser pour avoir de la monnaie... Ma mère étant plutôt radine, c’est pas facile.

Mais en plus de ça, faudrait pas que mon père apprenne que je fume, il veut que je garde une forme olympique en pensant que je vais m’engager dans l’armée d’ici quelques années, comme il l’a fait dans sa jeunesse. Non mais il rêve... J’en ai rien à carrer de son armée. J’ai déjà du mal à obéir sans ciller à ses ordres alors c’est pas pour obéir à ceux de parfaits inconnus la queue entre les jambes. M’enfin...

Tout ça pour dire que mes clopes sont en danger et que moi aussi si j’en ai pas une dans les poumons sous peu.

Je me demande d’ailleurs si c’est possible d’en griller une pendant la récrée ici... Dans mon ancien lycée on devait se cacher dans un coin... C’était chiant mais ça faisait un petit effet danger...Genre jeune bourgeois rebelle... Ca fait pitié.

D’ailleurs en parlant de rebelle, quand je fais un tour d’horizon de la classe, mon voisin fait complètement tâche dans le décor... Pas qu’il soit mal fringué, au contraire c’est plutôt cool... Mais alors que tout le reste des flambys d’ici sont en chemise griffée, la peau immaculée et les cheveux peignés... Fin, j’sais pas comment vous faire passer ça mais il a l’air... différent. J’aime bien. Fin bon après je dis ça mais je connais rien de lui mis à part son nom de famille... Ackerman... Ca sonne vachement allemand ça quand même, j’avais une amie qui avait le même à Berlin, Mikasa Ackerman. Ceci dit le patronyme est assez rependu pour pas que je prenne la peine de lui demander si c’est de sa famille, le monde ne doit pas être aussi petit quand même.

Et puis de toute façon il a pas l’air d’avoir trop de me parler dans tous les cas en fin de compte... C’est pas grave, on a toute l’année pour converser, ce beau gosse et moi.

-Quoi ? Je comprends pas.


Il ne parle donc pas allemand, c’est bien dommage... Ou c’est cool, j’pourrais lui dire des trucs salaces sans qu’il comprenne, un petit plaisir coupable je dois l’admettre. Je l’avais fait avec la sœur de mon correspondant anglais, elle avait de beaux seins... Enfin, là n’est pas la question on va pas en parler pendant des heures.

Pour l’instant en plus, j’vois le prof et tous les autres élèves qui me dévisagent comme si je venais de violer leur mère... Calmez vous les gars j’ai rien fait de spécial va falloir peter un coup (mais pas tous en même temps non plus, tâchons de vivre dans une atmosphère correcte).

Le prof s’approche et me fixe avec intensité, je sens bien que ma remarque ne lui a pas plus du tout et qu’il semble déjà nourrir une haine viscérale envers moi, même si ça me passe par-dessus la jambe je suis bien obligé de l’admettre.

-Un problème Smith ? Je vais t’expliquer comment ça fonctionne dans ma classe. Ici c’est moi le professeur. Je suis l’autorité et l’instruction incarnée. Quand je dis quelque chose j’aime qu’on ne me contredise pas surtout quand la parole est prise sans avoir été demandée. Je ne tolère aucun acte de ce genre durant mes cours ! Tu as peut être envie de faire ton malin et ton petit intello devant tes camarades pour les impressionner mais j’aime autant te dire que c’est une très mauvaise idée. Tu seras donc en retenue mercredi prochain pour méditer sur ton comportement et me faire un dossier complet sur Guillaume 1er et Guillaume 2 étant donné que tu sembles avoir envie de partager toute l’étendue de ta science infuse sur le sujet !

J’étire mes lèvres en un petit sourire narquois exprès pour l’énerver d’autant plus et lui montrer que sa diatribe comme sa punition ne m’ont aucunement impressionné.

-Ce sera avec plaisir, et puis je sens que le dossier en question devrait bien vous servir pour vérifier l’exactitude de vos cours, je suis ravi de pouvoir vous aider et apporter ma pierre à l’édifice.

Je sens bien que je m’expose à de plus importants problèmes en continuant mais je n’ai jamais été du genre à me laisse faire sans rien dire. J’ai horreur qu’on me marche dessus, et de toute façon aucun homme ne peut me faire aussi peur que mon père. Oui, j’ai peur de lui...un peu.

D’ailleurs il sera sans doute enchanté quand il apprendra que j’ai été collé dès mon premier jour... J’ose juste espérer que la raison ne lui donne pas envie de sévir... Même si cela dit, cette colle m’arrange bien, je serais quitte d’être chez moi, connaissant mes parents ils voudront m’inscrire au plus vite à des cours particuliers inutiles ou me faire suivre des activités dont je n’ai rien à carré. Cela me laisse une semaine de liberté en plus en attendant le prochain mercredi...

J’entends le petit rire de mon voisin, et visiblement je ne suis pas le seul vu que le prof retourne son attention vers lui.

-Ca te fait rire Ackerman ?


-Un peu oui.

-Dans ce cas je pense que tu devrais bien rire aussi en venant mercredi en retenue avec Smith pour l’aider dans son rapport.


Ah ben c’est gentil ça, moi qui avait peur de me sentir seul... Mais de toute évidence je suis le seul à qui la nouvelle fait plaisir, chose qui n’est pas spécialement étonnante, personne n’a envie d’être collé c’est une perte de temps. En tout cas je ne peux que souligner l'insolence de mon voisin... Ca le rend d'autant plus sexy...

-Quoi ?? Mais non !!! Je vais pas aider l’autre blondasse à faire son rapport putain ! Je m’en fou moi de Guillaume II !

-Tu veux que je te file une retenue également pour la semaine d’après afin de te faire apprendre le dictionnaire et le vocabulaire à ne pas utiliser dans l’enceinte de l’établissement ?


« L’autre blondasse »... Mais où est passé le respect pour mon éclatante blondeur ? Je suis si vexé... Mon dieu mais quel cruel personnage nous avons là... il est jaloux c’est tout, parce que c’est un brunasse et qu’il aimerait être blondasse... Je ne lui en tiens pas rigueur pour autant, il a l’air énervé... Et puis bon je serais bien idiot de m’insurger pour si peu, en vérité, je pense même que je m’en fou.

Une fois l’incident évaporé, monsieur se rassois sur sa chaise en y posant son attirant fessier, avant de se pencher vers moi les sourcils froncés. Coucou beau brun.

-Alors comme ça tu comprends rien de ce que je dis ? Connard ! Ça va là j’ai bien articulé tu as tout compris ?

-Tu n’as pas aimé ma blague ? Ah dommage... Moi qui pensais faire sensation avec mon humour ravageur... Tu m’en vois désolé...


Je lui fais un petit sourire pour appuyer mes propos avant de reporter mon attention sur ma copie et le cours ayant repris, bien que je le connaisse déjà pour avoir étudié l’histoire allemande depuis ma plus tendre enfance, je me dois de prendre des notes vu qu’il ne semble plus dire autant de conneries. Et puis on sait jamais que quelqu’un vienne foutre le nez dans mes feuilles ça fait mieux si le cours est joliment pris. Enfin joliment... C’était jusqu’à ce que mon bras dérape et fasse une magnifique ligne de stylo barrant la feuille immaculé d’une trainée d’encre noire...

-Oops…. J’ai pas fait exprès…

Je tourne la tête vers mon voisin et sa mine faussement désolée. Petit con par-dessus le marché... C’est qu’il se révèle être plus intéressant qu’un simple beau garçon... C’est un peu bizarre dit comme ça, mais j’ai tendance à être attiré par les personnes à problèmes...

-Pas de soucis, tu vas simplement me prêter ta souris.

Je lui fait un sourire innocent en le poussant sans ménagement pour atteindre sa trousse afin de lui prendre son correcteur pour effacer cette vilaine trace barrant ma copie, ce qui au passage fait déraper son propre stylo sur sa feuille qui était de toute façon pas beaucoup remplie à cause des derniers évènements. C’est une vengeance totalement enfantine mais c’est du même niveau que l’attaque de base, déso pas déso.

-Oh ben mince, ça doit être le karma dis donc...

Je hausse les épaules avec une moue désolée similaire à la sienne qu’il avait arborée auparavant. Je me sers de sa souris fraichement acquise pour effacer mon œuvre et je la lui rends, au cas où il voudrait aussi s’en servir.

-Merci pour ce généreux prêt, je suis comblé. Comment tu t’appelle d’ailleurs ? J’imagine que ce n’est pas juste « Ackerman »...


Pas sur qu’il veuille me répondre après avoir été collé à cause de moi, mais si on va passer le mercredi ensemble, autant savoir le minimum syndical pour s’entendre. Bien que pour le moment j’ai juste l’impression qu’il me déteste... Mais comme on dit entre haine et amour il n’y a qu’un pas...


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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/3/2017, 18:04

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Faut que je me trouve un job. Un taf. N’importe quoi. C’est pas comme si je n’étais pas du genre bosseur. Je suis près à beaucoup de choses pour quitter ce bahut de merde et gagner ma vie. Je veux mon indépendance aussi. Je veux me tirer de chez mois. D’un côté ça me fait chier de devoir me barrer parce que je suis le garde fou de mon père. Je m’interpose souvent quand il a la main trop leste avec ma mère et le sang trop imprégné de son alcool bon marché qu’il chéri tant. Je m’en fou pas mal de prendre une raclée. Je préfère que ce soit moi plutôt que ma mère.

Mais du coup, si je me tire, elle sera seule face à lui et ça me fait chier. J’ai pas envie qui lui arrive malheur. C’est bon, c’est facile de boire et de chialer parce qu’on a perdu son taf. Il a jamais rien branlé pour essayer de s’en sortir et de retrouver un travail. C’est tellement plus simple de se laisser sombrer. Enfoiré va ! Moi je finirai pas comme toi ! Je serai pas un raté ! J’aurai un travail et j’aurai un appartement sympa loin des cités !

Et surtout quand j’aurai décroché mon bac je ne serai plus obligé de venir ici me faire chier dans ce bahut de merde rempli de petits bourgeois pédants et horripilants. Comme l’autre allemand qui a squatté ma table. C’était ma place ! Dire que j’ai du cassé la gueule à Bott pour récupérer cette place privilégiée. Tout ça pour me la faire squatter par un fouteur de merde qui se la joue tête d’ampoule et tête brulée avec le prof.

Ce qui me rassure un tout petit peu c’est qu’il a l’air tout aussi insolent que moi. C’est pas peu dire… et je ne suis pas un exemple ou une référence en la matière. Je pense même que si ma mère ne payait pas une belle somme tous les mois au bahut, ça ferait belle lurette que le proviseur m’aurait éjecté ! C’est que je fais tache dans les rangs de ses élèves tous si parfaits et au portemonnaie bien rempli.

Tiens d’ailleurs ma curiosité me pousse à me questionner sur le Bosch. Je me demande comment il a atterri ici et ce que font ses parents. J’imagine un père chirurgien ou un truc dans le genre. Sa mère ça doit être la femme entretenue pleine de fourrure, bagouzes aux doigts et teint orange à force  d’abuser de la cabine UV !

Du coin de l’œil je vois Hansi qui s’est retournée et qui soupire de son air blasé. Ha c’est bon la moche fout moi la paix ! C’est pas toi qui va être en retenue hein ? Alors écrase et va te laver les cheveux ! Putain des fois j’irai bien à la superette du coin lui payer un flacon. Déjà que la forme de ses lunettes sont douteuses mais ajouté à sa tignasse à peine coiffée ca lui donne un air foldingue qu’elle assume parfaitement.

Je reporte mon attention sur mon cher et tendre camarade et nouvel ami de bureau. Je lui fais bien sentir que sa présence ne m’est pas requise et que sa petite phrase en allemand n’a rien fait pour améliorer nos relations déjà bien détériorées. Mais ça ne l’empêche pas de me sourire avec sa gueule de con habituelle

-Tu n’as pas aimé ma blague ? Ah dommage... Moi qui pensais faire sensation avec mon humour ravageur... Tu m’en vois désolé...

…..

C’est ça qu’il appelle un sens de l’humour ? Génial je suis tombé sur un rigolo ! J’aime tellement les cretins qui font les clowns exprès pour attirer l’attention. Ça relève d’un tempérament narcissique à peine voilé. Tout le contraire de moi qui passe ma vie à rester dans mon coin pour surtout pas me faire remarquer. Je ne veux pas d’amis. Je veux juste qu’on me laisse tranquille.

« C’était à chier. La prochaine fois ferme la carrément ça aurait plus d’effet et j’apprécierai tout autant »

Bon… faut bien que je prenne un peu des notes aussi parcequ’après on va se taper une interro et j’aurai une caisse. Mes parents sont pas du genre à m’engueuler quand j’ai une sale note. Ma mère me dit que je travaille pour moi et pas pour lui faire plaisir. Par conséquent je dois assumer seul mes victoires comme les échecs. Et mon père ? Ça fait belle lurette qu’il s’en bats les steaks de son fils. Je pourrai me droguer, dealer dans la cage d’escalier, me prostituer et chopper le sida qu’il en aurait toujours rien à branler de moi. Tant qu’il a sa bouteille de houblon préféré….

La tentation est trop grande pour que je la laisse passer et je donne un coup de coude pour faire déraper Smith. Quelle gaminerie franchement… et pourtant je suis fier comme un paon ! Jusqu’à ce qu’il me fasse son sourire

-Pas de soucis, tu vas simplement me prêter ta souris.

« Ma qu…hey !  Touches-toi toi ! »


Il m’a bousculé pour aller fouiller dans ma trouve. Mon stylo a bavé sur la feuille, traçant un grand trait bleu immonde alors que j’ai dû récupérer ma trousse in extremis avant qu’elle ne tombe du bureau.

-Oh ben mince, ça doit être le karma dis donc...

Je fulmine alors qu’il m’a pris mon correcteur et qu’il est en train de l’utiliser pour effacer le trait que je l’ai poussé à faire. Je suis vexé jusqu’au trou du cul mais j’ai pas du tout envie de lui montrer. Je lui arrache la «  souris » des mains pour corriger ma propre copie tout en râlant mentalement contre ce connard

-Merci pour ce généreux prêt, je suis comblé. Comment tu t’appelles d’ailleurs ? J’imagine que ce n’est pas juste « Ackerman »...

Je lui adresse mon regard le plus méprisant. Qu’est ce que ça peut lui foutre mon prénom. Il voudra quoi après ? mon adresse, mon plat préféré ou le sport que j’aime le plus ? Il fait genre qu’il veut se taper la discute alors que j’ai qu’une seule et unique envie : lui écraser sa belle gueule contre la table pour ne plus avoir à supposer sa tronche et son regard azur si…. Déroutant.

« Tch ! »

Je repose le correcteur dans ma trousse et je prends mon stylo en l’ignorant carrément. Mais je sens toujours son regard sur moi et j’ai l’impression qu’il ne me lâchera pas le slip avant d’avoir eu sa réponse.

Je prends une inspiration et je repose mon crayon en tournant la tête sur le côté pour planter mes yeux d’un gris métallique aux siens.

« Livaï…. C’est Livaï Ackerman. Et aucun commentaire sur l’originalité du prénom ! Ca vaut tout aussi bien que Erwin ! »

Je le sonde pour lui faire comprendre que je ne suis pas d’humeur ni du genre à m’éprendre plus sur ma vie personnelle. J’essaie de reporter mon attention sur Shadis mais je n’y arrive pas. Impossible de me concentrer avec l’autre blonde à côté de moi. Du coup, vu que c’est de sa faute si je n’arrive pas à travailler, je ne vois pas pourquoi lui il pourrait étudier tranquillement ! Je vais le faire chier rien que pour me venger

« T’habites où ? Pourquoi t’as quitté l’Allemagne ? »

J’ai failli lui avouer que j’étais allemand moi aussi mais je me suis retenu à la dernière seconde, heureusement ! J’ai pas envie d’avoir à me dévoiler à lui. Il ne vaut jamais trop en dire à l’ennemi ! Parce que ouais, Smith c’est un ennemi ! Un squatteur de table que je vais devoir supporter toute l’année.

La cloche retentit et je me fais la réflexion qu’en définitive le cours été passé plus vire que d’habitude. Je n’ai pas vu les deux heures d’histoire passer…. Même si la retenue de Shadis me reste coincée en travers la gorge.

Je réuni rapidos mes affaires dans mon sac à dos et je me lève pour remettre ma veste. Je n’attends pas qu’Erwin me colle au cul pour me tirer. Il me bouffe déjà mon oxygène durant les cours, il va pas en plus niquer ma récré ! Je me dépêche donc de lui fausser compagnie pour aller à l’extérieur du bâtiment. Ici, si on veut fumer, on doit aller devant les grilles sur le trottoir. C’est d’un fauxcutisme absolu. Ca faire genre «  dans notre lycée, la cigarette est interdite, on est bien élevé, nous ! » mais on autorise les élèves à sortir pour s’en griller une ! Bah je vais pas me plaindre, ca m’arrange bien cette histoire

Je sors donc de la cour et je vais m’appuyer contre la grille. Je remets mon casque sur les oreilles et allume l’appli musique de mon téléphone. Y a rien de mieux que Metallica pour décompresser un peu. Ma main cherche mon paquet de clope dans ma poche. Je m’en sort une que j’allume avant de fermer les yeux pour savourer ce moment de repos amplement mérité.

Merde… je viens de me rappeler que je devais aller chez le CPE pour ma retenue de ce matin. Oh bah fuck… j’irai à la pause de midi c’est pas grave. Je suis plus à ca prés si l’envie lui prendre de me coller une retenue supplémentaire pour me punir de mon retard.

Je rouvre les yeux et je sursaute vivement en voyant Smith planté devant moi avec son brushing. Je prends soudainement conscience de la différence de taille qui nous oppose. Lui, il est immense. Moi… je suis tout chétif. Je n’ai toujours été. Et l’adolescence n’y a rien changé. Je reste un des mecs les plus petits du bahut. C’est peut être même bien moi le nain de jardin du lycée…

« Quoi ? Qu’est ce que tu me veux encore ? T’as trouvé personne d’autre à faire chier ? T’es en manque affectif c’est ca ? Tu veux un copain pour discuter ? »

Je tire une longue bouffée sur ma cigarette et je lui rejette volontairement la fumée en plein visage

« Dégage. J’ai pas envie de jouer aux baby-sitter ou aux best friend for ever ! »



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/3/2017, 23:41

Fais moi de la place


feat. Livai ♥
A bien y repenser, j’ai peut-être un poil abuser... Me faire coller dès ma première heure de cours...

Limite j’ai pas envie de rentrer chez moi pour l’apprendre à mon père. Parce que peu importe la raison il sera furax. En plus des bonnes notes il tient à ce que mon comportement soit irréprochable... Et c’est bien là le problème, parce que j’ai toujours eu des petits soucis de ce côté. Sans pour autant être un indésirable, je n’hésite jamais à dire ce que je pense, de façon souvent insolente... Et ça passe rarement auprès de ses figures de l’éducation qui se voient ainsi blessés dans leur estime à deux balles. Les mecs ils croient que leur CAPES leur donne le pouvoir ultime sur chaque adolescent de la planète...

Avec mes camarades cependant cela s’est toujours plus ou moins bien passé. Je ne suis pas du genre à avoir beaucoup d’amis, même quasiment aucun. Je ne m’attache pas spécialement aux gens, je les trouve ennuyeux. Par contre, il n’est pas rare que le contraire soit vrai. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai tendance à passionner beaucoup de monde, et j’avoue en profiter pas mal. Certains diront que je suis un profiteur et un manipulateur... Et ils n’ont pas tord du tout. Mais c’est le jeu.

Enfin, pour en revenir à mon père, je pense déjà savoir ce qu’il m’attend ce soir après le repas... Il va me regarder en fronçant les sourcils et me demander d’aller chercher une ceinture dans son armoire... Et je vais m’appuyer contre le mur en attendant qu’il termine de me punir alors que ma mère va sans doute changer de pièce pour ne pas voir ça.

Elle attendra qu’il termine pour me préparer un chocolat chaud censé me remonter le moral... Elle n’a pas compris que je préférais le café, des fois elle pense encore que j’ai 8 ans. Elle est mignonne ma mère, sauf le matin, c’est difficile pour elle le réveil alors vaut mieux pas la faire chier.

Je ne vous ai pas encore beaucoup parler d’elle, mais il n’y a pas grand-chose à en dire, elle fabrique des bijoux à son compte et elle les vend sur internet. Ce n’est pas quelque chose qui rapporte beaucoup mais le foyer n’a pas besoin de plus, le salaire de mon père étant suffisant. Du coup elle peut se permettre de vivre sa passion et cela la rend heureuse, c’est le principal j’imagine. Ma mère est un peu à côté de la plaque, des fois j’ai même l’impression qu’elle est sous crack... Une vraie hippie... M’enfin, j’aimerais qu’elle utilise un peu plus son pouvoir de peace and love quand mon père décide de sévir... Même si ce n’est finalement pas à elle de me défendre. Je devrais pouvoir le faire tout seul... Ou tout simplement assumer mes conneries, c’est le mieux dans un sens.

Tout comme j’assume pleinement d’avoir un humour parfois douteux, à la limite de ce qui peut être considérer comme drôle. Le principal c’est que je me fasse rire tout seul, c’est ce que j’ai toujours dit.

-C’était à chier. La prochaine fois ferme la carrément ça aurait plus d’effet et j’apprécierai tout autant

-Vous avez pas d’humour les français... Que votre vie doit être triste et sans saveur... Comme une glace au chocolat sans chocolat...juste du froid en fait...


Je réprime un frisson en y pensant, j’espère que les hivers sont d’ailleurs moins rudes ici que chez moi, je déteste l’hiver c’est une saison totalement infâme que je dénigre du plus profond de mon être. Et me parlez pas de la neige en disant que c’est beau et tout le tralala... J’ai horreur de ça, c’est froid, mouillé et moche. N’allez pas me dire que cette boue grisâtre au bord des routes c’est beau, sinon je vous mets une mandale pour mauvaise foi.

Enfin, ne vous inquiétez pas je ne suis pas du genre violent. Il m’est déjà arrivé de me battre une fois, mais c’était pour défendre une amie, j’en ai pas énormément alors je les préserve, même si avec cette distance ce sera un peu compliqué, soit. Disons que dans les conflits, je préfère parler, et blesser avec des mots, c’est plus efficace si vous voulez mon avis. Mais dans le meilleur des cas je fais en sorte que ce soit quelqu’un qui se batte à ma place, souvent ça marche et c’est pas moi qui me salie les mimines... Un ange blond emprunt d’innocence je vous dit, on me donnerait le bon dieu sans confession.

Sous ces belles pensées très réjouissantes, je plonge mon regard dans celui si foncé et amer de mon voisin qui le détourne aussitôt en s’énervant tout seul... Pourtant ma question n’était pas spécialement compliquée... Peut-être qu’il n’a pas compris avec mon accent ?

-Tch !

Ce n’est absolument pas une réponse ça mon beau monsieur... Non mais je ne vais pas me contenter de cet onomatopée même s’il semble l’apprécier... Visiblement mon regard insistant le gène et il finit par se retourner à nouveau vers moi, d’un air parfaitement irrité. J’aime ce petit regard meurtrier, j’en frissonne un peu pour tout dire.

-Livaï…. C’est Livaï Ackerman. Et aucun commentaire sur l’originalité du prénom ! Ca vaut tout aussi bien que Erwin !

-Livaï... C’est beau, j’aime bien. Même si j’imagine que mon avis t’importe peu et que tu n’as pas attendu mon approbation...


Je lui souris à nouveau, je commence un peu à comprendre son fonctionnement, il n’a pas l’air enclin aux discussions ou aux contacts quel qu’en soit le genre. Mais je ne m’en formalise pas, j’ai même plutôt une irrépressible envie de m’inviter encore plus à ses côtés et dans son espace si vital.  

C’est l’esprit de contradiction, plus on me repousse, plus j’ai envie de m’accrocher. Ca fait à peine plus d’une heure que je le connaît et il me passionne déjà, je suis sûr que je vais beaucoup m’amuser avec lui –à le rendre dingue par exemple haha.

-T’habites où ? Pourquoi t’as quitté l’Allemagne ?

-Je ne suis pas encore très familier avec le coin... Je sais juste que j’habite dans le 16ème arrondissement... C’est calme... On se fait chier comme des rats morts...


Je hausse les épaules. Il parait que c’est le quartier le plus huppé de la capitale et vu les habitations cela ne m’étonnerait pas... Enfin, c’est pas pour autant que ça me fait frétiller le caleçon d’y habiter, moi je m’en tape carrément de loger dans un palace ou une simple maison de campagne. Du moment que j’ai de quoi m’occuper, à savoir de la lecture et une connexion internet pour mater des films... Je ne comprends pas l’obsession des gens pour habiter dans des demeures beaucoup trop grandes et trop chères d’où ils n’utilisent même pas la moitié des pièces.

-J’ai quitté l’Allemagne parce que mon père a eu une promotion et il s’est fait muter ici... Mais t’es d’origine allemande toi non ?

Je le regarde en souriant, qu’il ne s’avise pas de me répondre par la négative car je ne le croirais pas... Avec un tel nom et un tel prénom c’est obligé qu’il ait des origines même s’il n’a pas vécu au pays.

La conversation coupe court quand la sonnerie se fait entendre ainsi que des soupirs de soulagement. Je n’ai quasiment rien suivi mais c’est pas grave, c’est pas comme si c’était nouveau. J’ai à peine le temps de ranger mon stylo que Livai de son doux nom est déjà parti, ayant jeter ses affaires dans son sac.

Je range tout proprement personnellement, et je me lève pour sortir tout en cherchant un peu mon chemin dans ce nouvel établissement. Je profite de la présence d’une élève de ma classe que j’ai reconnu pour lui demander si on peut fumer... D’après elle on peut le faire devant la grille, ce qui m’arrange grandement, du coup je descends les escaliers pour rejoindre le saint endroit. J’ouvre mon sac pour chercher mon précieux paquet qui est bien sur tout au fond...

Et je suis devant la grille quand je me rend compte qu’il est complètement vide, seul mon briquet restant présent dans ce moment atroce.

-Fait chier...

Je soupire et je remarque la présence de mon charmant voisin la clope au bec, il tombe bien. Je m’approche de lui, le sourire aux lèvres en attendant qu’il sorte de ses pensées et me remarque. Peut-être qu’il en train de m’imaginer tout nu en écoutant une musique sensuelle...

-Quoi ? Qu’est ce que tu me veux encore ? T’as trouvé personne d’autre à faire chier ? T’es en manque affectif c’est ca ? Tu veux un copain pour discuter ?

Il est vachement petit.

Je dois avouer que je ne m’en étais pas rendu compte lorsqu’on était assis, même si j’avais remarqué être plus grand que lui. Mais maintenant qu’on est debout l’un en face de l’autre je suis forcé de constater que je le dépasse d’une bonne tête... Ce qui ne l’empêche pas de me cracher sa fumée au visage, ce petit con.

-Dégage. J’ai pas envie de jouer aux baby-sitter ou aux best friend for ever !


-Tu ne parles pas allemand mais visiblement tu as un très bon niveau d’anglais, c’est impressionnant.


Je ne me défais pas de mon petit sourire et je jette mon paquet vide dans la poubelle derrière lui avant d’ajouter sur un ton mélodramatique...

-Je me demandais si mon charmant voisin de table pouvait me dépanner d’une cigarette étant donné que le mien est désespérément vide...


J’avoue que je m’attends à une réponse négative et un regard dédaigneux en prime. Avec un peu de chance il pourrait même me dire d’aller de me faire foutre... S’il vient avec moi je serais pas contre je dois bien l’admettre... Mais chaque chose en son temps.

En attendant sa réponse, je me permets de regarder son casque de plus prêt.

-Tu écoutais de la musique... je t’ai dérangé désolé... C’est quoi d’ailleurs ?

Je me penche un peu pour entendre le son du casque qui n’est pas coupé et je me concentre un instant avant de me reculer en souriant une fois que j’ai reconnu les quelques notes.

-Oh c’est Metallica ! Tu as de bons goûts c’est pas mal~ même si ça ne vaut pas Led Zeppelin...

En vrai ce que je préfère c’est Rammstein, mais j’aurais eu l’air de l’allemand trop fier d’être allemand en disant ça. Et sans doute qu’il m’aurait foutu dans la gueule que la patrie ayant accouché de Tokio Hotel ne pouvait décemment faire que de la bouse musicale... Après un tel argument je n’aurais rien pu rétorquer, parce que franchement c’était quand même de la belle grosse merde.

Mine de rien je suis plutôt satisfait de constater qu’il n’a pas l’air d’avoir des goûts trop pourrais en musiques. Après c’était juste une chanson alors ça me permet pas de juger tout une bibliothèque mais c’est plutôt engagent et ça nous fait un point commun. Je serais vraiment déçu d’apprendre que cette chanson n’était qu’une fleur dans un champ de bouse s’il s’avérait qu’il n’écoute en temps normal que la daube commerciale qui sort ces dernières années...

Je crois en toi Livaï...


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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   22/3/2017, 11:16

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Ce soir ça va être la fête à la maison.

Au sens figuré comme au sen propre. Déjà, ma mère m’a prévenu hier qu’elle avait prévu un de fêter le départ de la boite pour laquelle elle faisait des ménages jusqu’à maintenant. Elle a trouvé un emploi chez un particulier. Toujours en tant que femme de ménage mais elle aurait l’avantage d’avoir des heures de journées moins fatigantes et d’être mieux payée. Et je sais très bien ce qu’elle a prévu : elle va me faire mon plat préféré – ses lasagnes - et un dessert dont elle a le secret pour aller avec. Elle cuisine de ouf ma mère. Il faut impérativement que vous goutiez son fuckin moelleux au chocolat sur une crème anglaise maison encore toute tiède. J’en boufferai sur la tête d’un pouilleux….

Mais comme de bien entendu mon enfoiré de paternel va tout foutre en l’air. Parce que s’il en a rien à carrer de mes notes ce n’est pas le cas de mon comportement. Allez savoir pourquoi, j’ai arrêté de chercher la logique. Du coup il va encore vouloir que je lui montre mon carnet de correspondance, comme tous les jours, et il va me passer la dérouillée du siècle pour m’être pris deux retenues dans la même matinée.

J’ai déjà essayé de lui cacher. D’arracher des pages ou de falsifier les dates. Mais j’ai vite fait de comprendre que ce n’était pas une bonne idée à moins de vouloir finir la journée à hosto…. Alors du coup j’assume. Je subis. Je vais essayer de rentrer pas trop tard histoire de me prendre ma correction avec le retour de ma mère. Elle m’a dit qu’elle irait faire des courses et qu’elle ne renterait pas avant 18h. Si je me magne ça devrait être jouable. Comme ça à son retour «  ca » sera fait et elle n’aurai pas à en être témoin.

Je soupire déjà. Je ne sais plus quelle doit être ma place. Je suis incapable de dire ce que je préfère entre me faire chier en classe ou supporter mon père chez moi. J’en arrive à souhaiter qu’il crève. Je me dis que la vie ne serait pas si pourrie s’il n’était pas dans la zone… J’ai l’impression que ça serait comme si on me détachait un boulet de la cheville. Je n’aurai plus à m’inquiéter en permanence pour ma mère ou à angoisser la peur au ventre tous les soirs pour rentrer chez moi….

Mais qu’est ce qu’ils en savent, eux, mes camarades de classe ? Papa doit être méga attentionné, prêt à leur lâcher un billet pour les consoler au moindre bobo. J’imagine que c’est le genre de parent à frapper à la porte du proviseur en criant au scandale dès que leur mouflet ramène une retenue ! Elle est belle la jeunesse dorée parisienne. Elle me file la nausée.

J’imagine que ça doit être le cas d’Erwin Smith mon très cher voisin de bureau. Il ne doit pas s’être prit une raclée souvent celui là. Papa et Maman doivent soigneusement veiller sur leur petit ange blond. Je suis sûre que ce soir ils ne lui diront rien quand il se pointera avec sa punition. Il écopera sans doute d’un «  c’est pas bien mon chéri ! Faut pas recommencer ! » dit avec un ton d’une autorité toute mesurée…

Finalement j’ai pas eut d’autre choix que de lui donner mon prénom. Après c’est pas comme si c’était un secret de toute manière. Il se doute bien à ma gueule que je ne suis pas un Charles-Alexandre De la Mout de Piquet ! Quoique Livaï De Ackerman ça sonne plutôt bien…..

-Livaï... C’est beau, j’aime bien. Même si j’imagine que mon avis t’importe peu et que tu n’as pas attendu mon approbation...

« Effectivement, j’m’en bats les steaks de ce que tu penses »


Je reprends mon stylo et j’essaie de me concentrer sur Shadis mais c’est peine perdue…. Je me surprends moi-même à faire la conversation à Erwin. Quitte à ne rien écouter au cours autant rendre le temps profitable pour assouvir un petit peu ma soif de connaissance au sujet de mon charmant voisin. Ouais…. Je suis juste curieux …. Et alors ça vous emmerde ? J’ai envie de savoir dans quel coin il crèche. J’imagine aisément que ce n’est pas à Barbès ni à la Courneuve…. Et puis j’ai envie de savoir comment il a atterrit à Paris si soin de soin IIIe Reich natal !

-Je ne suis pas encore très familier avec le coin... Je sais juste que j’habite dans le 16ème arrondissement... C’est calme... On se fait chier comme des rats morts...


Le 16e …. Tiens donc comme c’est étonnant. Tu m’étonnes que c’est calme là-bas. C’est rempli de petits bourgeois de son espèce. Les beaux logements, les belles boutiques de marque, des trottoirs pavés sans une seule crotte de chien. C’est le Paris romantique des cartes postales que l’on vend comme concept pour les touristes asiatiques. Les pauvres ! Le choc que ça doit être quand ils débarquent à Roissy…. Et encore pire quand ils arrivent gare du nord !!!!

« Si tu veux de l’animation t’as qu’à venir dans mon quartier, tu verras que tu te feras pas chier ! »

Je vois à son regard bleu ancré dans le mien qu’il attend plus de précisions. Je soupire une nouvelle fois avant de lui expliquer

« J’habite à Saint Denis…. Y a difficilement plus craignos comme cité… Le jour où t’en auras plein le cul de tes petits bourgeois et de tes rues trop propres t’as qu’à venir visiter. Tu verras c’est sympa entre les voitures cramées et le racket. T’auras pas le temps de t’ennuyer »

Je sens bien qu’il me regarde avec curiosité d’un air de dire que j’ai rien à foutre dans ce genre de lycée si je viens d’une cité. Et en quoi ça le dérange ? Y a écrit «  interdit aux pauvres » à l’entrée ? Non… ce n’est pas clairement écrit mais il suffit de voir les frais de scolarité pour le comprendre et lire entre les lignes. Bah pas de chance mec, je suis bel et bien là et j’y resterai que ça te plaise ou pas !

-J’ai quitté l’Allemagne parce que mon père a eu une promotion et il s’est fait muter ici... Mais t’es d’origine allemande toi non ?

Quel esprit de déduction ! Il a trouvé ça tout seul ou on lui a soufflé à l’oreille. Non mais faut dire qu’avec mon nom et ma gueule blanche comme un cul j’aurai du mal à me faire passer pour un portugais… Il me manque que la peau bronzée. D’ailleurs j’ai pas de chance de ce coté là. En été, quand le soleil brille, je passe direct du Doliprane à l’écrevisse ! Bronzé ? J’sais pas c’que c’est ! Je choppe immédiatement des coups de soleil et je n’arrive jamais à avoir ce petit hale doré qui donne bonne mine. Par contre, Smith, je suis sure qu’il est du genre à bronzer sans problème. En été il doit avoir la peau halée pour s’accorder à ses cheveux blonds éclairci par le soleil. Il doit ressembler à un surfer australien… Limite j’ai hâte d’être en été pour voir si j’ai raison ou pas…

Sauf que j’aime pas l’été…. Déjà parce que c’est les grandes vacances et que je me fais chier. Rester enfermé a l’appartement avec le paternel ça va bien deux secondes. Je suis incapable de supporter ca deux mois. J’ai beau me trouver à chaque fois des petits boulots ça ne suffit pas à briser mon ennui permanent. Je zone, je traine…. Je déprime…. Tout le monde ne parle que de leurs vacances à la mer, à la montagne, à l’étranger. Moi je n’ai pas quitté ma cité….

Et puis en été il fait chaud. Trop…. Il y a la pollution…. Les gens qui squattent au pied de l’immeuble jusque tard dans la nuit en faisant un bordel pas possible, les piaffs qui chantent dés 6h le matin et qui me reveillent…. Quant au métro j’en parle même pas…. Ca pue la pisse et la transpi… Vive l’hiver ! Tant qu’il neige pas….

« Ouais…. Je suis né en Bavière… Je suis arrivé en France à l’âge de 5 ans. Pour les mêmes raisons que toi… mutation de mon père »

Je vais pas rentrer dans les détails. Même s’il me demande je ne lui dirai rien. Ça ne le regarde pas. Et je n’ai pas envie de le faire pénétrer davantage dans l’intimité de ma famille. Même Hansi ne sais pas ce que je vis. Elle ignore tout de moi et si on s’entend à peu près bien c’est sans connaitre davantage de chose l’un sur l’autre. C’est une conception de l’amitié qui me convient.

Une fois le cours terminé je me précipite à l’extérieur pour aller griller ma cigarette salvatrice. Je l’ai pas volé cette là ! Je l’ai même amplement mérité. J’ai l’impression que la journée va être longue avec ce Erwin collé à mes bask’…. Et je ne pensais pas si bien dire quand je vois sa tronche pile devant moi en rouvrant les yeux.

-Tu ne parles pas allemand mais visiblement tu as un très bon niveau d’anglais, c’est impressionnant.

Je lève ma main et je lui adresse un fuck bien droit. Avec tous mes compliments.

-Je me demandais si mon charmant voisin de table pouvait me dépanner d’une cigarette étant donné que le mien est désespérément vide...


…. Voilà j’en étais sure de celle-là ! C’est toujours les plus riches qui viennent taxer les plus pauvres. On va dire que je verse dans un discours politique mais avouez que je ne me trompe pas ! Il suffit de regarder le système français pour comprendre comment ça marche. Au sommet il y a les riches dirigeants politiciens qui se font des paies de ministre – c’est le cas de le dire. Et en dessous il y a les pauvres qui se ruinent en taxes foncières, impots sur le revenu, taxes d’habitation et autres TVA sur chacun de leurs achats….

Je soupire et je sors mon paquer de ma poche avant de le jeter à Erwin.

« Y a pas de bureau de tabac dans le 16e ? » Je le regarde avant de lui faire un signe de tête « Va y garde le paquet… j’en ai un autre … Ça t’évitera de venir me faire chier à chaque récré pour m’en taxer une. »

Je continu de tirer un peu sur ma cigarette et je le regarde, obligé de lever la tête pour croiser ses yeux

« C’est ton cadeau de bienvenue…. Willkommen mein engel… »


Je fini ma cigarette et je jette mon mégot par terre avant de l’écraser. Y a bien un cendrier pour les mégots mais vous vous rendez compte, il se trouve à environ cinq mètres de ma position actuelle… C’est beaucoup trop loin pour l’atteindre juste en tendant le bras. Alors le sol c’est bien aussi et j’en ai rien à foutre de la planète et de l’écologie. Je pisse à la raie de Nicolas Hulot et de Sea Shepherd.

-Tu écoutais de la musique... je t’ai dérangé désolé... C’est quoi d’ailleurs ?

Je n’ai pas le temps de répondre qu’il se penche dans ma direction pour entendre. Je le laisse faire, attendant son jugement sur la musique qui se déverse dans mes oreilles. S’il me dit qu’il aime, il remontera dans mon estime. S’il me dit que c’est de la merde, il se prendra une beigne.

-Oh c’est Metallica ! Tu as de bons goûts c’est pas mal~ même si ça ne vaut pas Led Zeppelin...


Bon…. Il remonte dans mon estime donc…. Encore plus en évoquant Led Zep… Du coup je retire mon casque de mes oreilles et je tends les mains pour lui coller sur sa tête. Il est tellement grand que même les bras tendus j’ai du mal à atteindre son crâne. Heureusement qu’il s’abaisse un peu pour me permettre de lui mettre le casque. C’est pas un casque Bose mais il est pas trop mal et le son est correct, c’est tout ce que je lui demande.

Je sors mon téléphone de ma poche et je vais chercher un morceau dans ma bibliothèque. Mon doigt s’arrête sur Led Zepplin et Celebration Day. Parce que oui, messieurs les machos incultes, cette musique n’est pas que le génétique de Téléfoot !

Je le laisse profiter de la musique tranquillement et je tourne ma tête pour voir qu’un groupe de jeunes de ma classe me regarde étrangement. Il s’agit de trois garçons et une fille que les autres semblent protéger bec et ongle. La meuf c’est Pétra Rale. Je sais qu’elle est dingue de moi depuis notre première année au lycée. Mais je l’aime pas… avec ses airs de petite sainte nitouche elle m’agace au plus haut point.

Je tourne la tête pour éviter de les regarder et de leur rentrer dedans avec toute ma délicatesse singulière. Je préfère encore reporter mon attention sur le blond qui squatte mon casque en fumant mes clopes. Je me surprends pour la seconde fois de la journée à lui taper la discute. Quelle mauvaise habitude ! Il faudra que j’y remédie et vite ! Sinon dans moins d’un mois on sera les meilleurs potes du monde et ça ne me plait pas !

« J’aime bien le rock…. Un peu la pop aussi…. Mais j’écoute jamais la radios… Y a que de la merde et puis… on d’accord que la musique c’est comme tout le reste : c’était mieux avant »

Je ne vais pas m’épandre sur les choix musicaux des radios actuelles. Je préfère largement faire ma propre playlist en téléchargeant des morceaux sur le net. Quoi ? C’est pas bien le téléchargement ? Et qu’est ce que j’en ai à foutre ? J’fais ce que je veux et j’emmerde ADOPI ! Voila.

La sonnerie retentit et nous informe qu’il est déjà tant de retourner en cours. Après les deux heures d’histoire c’est deux heures de philo qui nous attendent. Heureusement que notre prof,  Pixis, est moins con que Shadis. Mais c’est pas pour autant que son cours est passionnant…. Malgré tout je m’étonne moi-même de ne jamais m’être prit de caisse dans cette matière. Je ne caracole jamais en tête des meilleures notes de la classe mais je maintiens une moyenne stable alors que je ne pige que dalle. On va dire que c’est le talent… ou la chance…. Au choix…

« Allez viens…. Sinon on va se reprendre une retenue et ça me ferait bien chier…. Je ne sais déjà pas comment faire passer la pilule auprès de mon père… en plus le pion m’a collé une retenue parce que j’écoutais la musique dans la cour ce matin…si c’est pas une belle journée de merde ca… »


Je récupère mon casque que je range dans mon sac. Je prends le chemin de la salle de classe quittée précédemment avec Smith sur les talons.

« Tu bouffes à la cantine à midi ? Ou t’as prévu un truc ? »

La cantine ça coute cher et c’est dégueulasse. Il y a un super bon plan consistant à aller bouffer au restau universitaire qui se trouve deux pâtés de maison plus loin. Il suffit d’acheter des billets à l’avance au secrétariat. Normalement j’ai pas le droit vu que je suis pas étudiant. Mais dans ma cité tout se monnaie y compris les tickets du RU ! Du coup j’en ai payé à un mec et je peux aller bouffer là bas tranquille. Le self est bien meilleur que la bouffe bio du lycée. Au moins y a des trucs bons ! Y a des frites, des burgers des trucs gras, salés et sucrés !!!  Si Smith me fait pas trop chier je suis même prêt à l’inviter et à lui faire découvrir ma super combine. Parce que bon… il a des bons gouts musicaux alors je ne peux décemment pas le laisser crever de faim à la cantine du lycée où il n’y aura que des tomates en salade, un sauté porc aux choux de Bruxelles et une tarte au tofu soyeux en guise de dessert….



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   22/3/2017, 21:55

Fais moi de la place


feat. Livai ♥
J’ai toujours été un garçon très sociable.

Je vais facilement vers les gens et il parait que mon sourire est plutôt engageant pour le contact –contrairement au regard de mon beau voisin- du coup, je n’ai aucune difficulté à me noyer dans un environnement et à tisser des liens. Le problème c’est que je m’ennuie très rapidement, et les gens ont tendance à ne pas vraiment me passionner.

Des discussions sans fond et des intérêts tout aussi intéressants... Franchement je n’ai pas envie de me lier avec des gens comme ça, du moins, ce ne sont pas le genre de personne que j’appelle des amis. Je peux paraître sympa avec eux, mais seulement dans le but qu’ils servent mon intérêt, en dehors de ça, il n’obtiendrons rien de moi sauf des beaux sourires et peut être une nuit si la personne est physiquement pas mal. Rien de plus.

Cela ne m’a pas empêché de me faire de vrais amis lorsque j’étais en Allemagne, surtout deux, Mikasa Ackerman et Eren Jaeger de leurs doux noms. Etonnement, ils n’étaient pas de riches bourgeois fils de ministres, c’est d’ailleurs ce qui énervait un peu mon père... Mais du moment qu’il me laissait les voir je pouvais m’estimer heureux. Ils étaient vraiment des gens supers cools, ils ne se prenaient pas la tête pour des broutilles...et j’avais l’impression de compter pour autre chose que ma belle maison avec eux. Ce n’était pas des personnes superficielles comme ce lycée doit être bourré.

Et j’ai la savoureuse impression que Livai est comme eux.

C’est vrai je ne le connais absolument pas, mais ma première impression est très souvent la bonne. Après je ne voudrais pas non plus aller trop vite en besogne, je reste assez distant pour protéger mes arrières, mais j’espère pouvoir partager un peu avec lui durant cette année.

-Effectivement, j’m’en bats les steaks de ce que tu penses.

-Mais cela ne m’empêche pas de t’en faire part. Tu repenseras à ce compliment ce soir dans ton lit en rougissant.... « Erwin-senpai noticed-me »...

Je rigole doucement des suites de ma propre blague, quand je vous dit que s’auto-faire rire c’est la clé du bonheur. Enfin j’espère qu’il a compris la petite référence japonaise, sinon j’aurais bien la honte. Après il parait que les mangas c’est vachement populaire en France... En Allemagne pas tellement alors c’est un peu galère de trouver certaines séries que je suis obligé de suivre sur internet en anglais... Heureusement que je suis pas une brèle...

Donc si vous vous posez la question, oui j’aime bien les mangas sans que ce soit ma grande passion. Disons que c’est une lecture agréable, et certaines séries sont vachement chouettes. Ma préférée c’est Naruto, pour l’originalité on repassera... Mais en général je préfère quand même tout ce qui est intrigue policière ou histoire avec de la psychologie, ce qui marche aussi avec les romans. J’apprécie aussi les œuvres historiques, notamment si on y retrouve un peu de fantasy, comme Game of Thrones, vous connaissez ?

Enfin bref, je vais pas trop m’épancher sur le sujet parce qu’on serait encore là demain...

-Si tu veux de l’animation t’as qu’à venir dans mon quartier, tu verras que tu te feras pas chier !

Je le regarde en attendant la suite, parce qu’avec ces maigres infirmations j’ai un peu du mal à situer de quoi il veut parler.

-J’habite à Saint Denis…. Y a difficilement plus craignos comme cité… Le jour où t’en auras plein le cul de tes petits bourgeois et de tes rues trop propres t’as qu’à venir visiter. Tu verras c’est sympa entre les voitures cramées et le racket. T’auras pas le temps de t’ennuyer

-Tu sais on a aussi des cités à Berlin, je sais ce que c’est... J’avais deux amis qui y habitaient et le petit fils de riche que je suis n’a pas eu peur de se faire déshérité en allant mettre les pieds là-bas...


Je lui fais un petit sourire pour appuyer mes propos. C’est quelque chose que j’ai déjà remarqué, mais c’est à croire que certaines personnes pensent que parce qu’on est riches on a pas le droit de trainer avec des « pauvres »... Laissez moi vous dire, nobles cons, que les pauvres dans l’histoire c’est vous, parce que la richesse ne se trouve pas sur un compte en banque mais dans l’esprit. Du moins, c’est ce que moi je pense, et je ne m’en porte que mieux.

En tous cas c’est plutôt étonnant qu’un garçon de cité se retrouve dans ce lycée du coup, enfin, vu le prix d’un trimestre cela me parait plutôt cher pour quelqu’un en difficulté. Enfin je vais pas me plaindre, cela m’a au moins permis de faire sa charmante rencontre.

-Ouais…. Je suis né en Bavière… Je suis arrivé en France à l’âge de 5 ans. Pour les mêmes raisons que toi… mutation de mon père.

-Oh la Bavière... C’est super cool la Bavière, y’a la fête de la bière à Munich ! Tu y es déjà allé ?


Ah la fête de la bière, c’est un monument pour tout Allemand qui se respecte un tant soit peu. Notre famille y va tous les ans depuis... Depuis toujours en fait. Je me souviens avoir été émerveillé par les manèges étant petit, c’était surtout la nounou et ma mère qui s’occupait de moi pendant que mon père buvait avec ses amis. Et une fois que j’ai eu l’âge de boire ma première bière, je pouvais en profiter avec mes amis à moi.

C’était un des seuls moments de l’année où je pouvais me détendre et où me père n’étais pas derrière mon cul à surveiller que je bosse, c’était très important pour moi. J’espère pouvoir y aller cette année malgré qu’on soit à Paris. Et puis ce serait sans doute le moment de revoir Mikasa et Eren, ce qui serait appréciable. M’enfin j’ai encore le temps d’y penser.

D’ailleurs je profite de la récréation pour leur envoyer un message et leur faire part de ma colle dès mon premier cours...et aussi que j’ai trouvé un autre Ackerman dans ma classe, ça c’est quand même un heureux hasard. Je termine mon sms en arrivant à la grille et je range mon portable un eu pourris dans ma poche arrière avant de me planter devant Livai et son charmant doigt d’honneur. Tellement classe, je vais l’épouser.  

Un soupir d’exaspération plus tard, il me jette son paquet de clope que je rattrape au vol, franchement je m’attendais pas à ce qu’il accepte de m’en filer une, mais j’vais pas m’en plaindre bien au contraire.

-Y a pas de bureau de tabac dans le 16e ?

-J’ai pas encore eu le temps de visiter... Mais avec mon père collé à mon cul ce serait compliqué d’expliquer ma présence dans l’établissement je dois bien l’admettre... Ou alors je dis que je suis allé acheter des bonbons soucoupes qui piquent...


Je hausse les épaules en souriant et je prends une clope du paquet avant de lui rendre mais il me fait un signe de tête avant de me signifier qu’il me le donne. Là j’suis sur le cul, c’est trop gentil, il mérite presque un calin mais pas sur qu’il apprécie le geste...

-Sérieux ? Merci, je te revaudrais ça~

Je lui fais un petit sourire avant de sortir mon briquet tout rose à paillettes –merci Eren- et de l’allumer pour enfin tirer la première taffe qui est sans doute la meilleure du monde. Bordel, ça fait tellement du bien...

-C’est ton cadeau de bienvenue…. Willkommen mein engel…

Mon sourire s’agrandit un peu plus en l’entendant parler allemand, en entendant son accent je peux clairement dire qu’il le parle très bien, voir même couramment, alors lui aussi s’est bien foutu de ma gueule tout à l’heure, petit con le retour du comeback. Enfin, je ne lui en tiens pas rigueur c’était de bonne guerre, et puis ça me fait plutôt rire.

-Ne m’appelle pas comme ça je vais y prendre goût meine schöne...

Je ne quitte pas mon sourire, et encore moins quand je découvre que monsieur semble avoir des goûts plutôt intéressants niveau musique. Ce qui n’est pas rien pour moi, j’dois dire que j’aime beaucoup ça, j’ai même voulu prendre des cours de batterie quand j’avais 12 ans... Ma mère n’a pas du tout comprendre et j’ai du me taper quatre ans de piano... Mais j’ai l’espoir de pas me faire avoir cette fois... Même si les profs de batterie ne doivent pas être nombreux dans mon quartier, c’est plutôt triangle et violon...

Je me penche un peu quand il tend les bras vers moi pour me foutre son casque sur les oreilles. Moi j’suis plutôt écouteurs mais c’est vrai que c’est plutôt un bon son maintenant que j’ai la musique qui résonne dans l’appareil. Je termine de fumer ma clope en profitant du morceau que je connais pour avoir été l’un de mes préférés fut un temps, ah décidément, il a bon goûts ce garçon.

-J’aime bien le rock…. Un peu la pop aussi…. Mais j’écoute jamais la radios… Y a que de la merde et puis… on est d’accord que la musique c’est comme tout le reste : c’était mieux avant

-Je sais pas ce qui passe sur vos radios mais ça peut pas être pire que chez nous... T’as qu’à juger les échantillons exportés... Dieu soit loué Rammstein sauve l’honneur...


Haaa... j’ai fini par en parler, c’est plus fort que moi, ce groupe je l’aime trop pour pas le citer... Enfin, j’essaye de pas trop montrer mon enthousiasme non plus parce que des fois j’ai juste l’air d’un petit fanboy écervelé...

-J’aime bien le rock aussi, avec une préférence pour le métal en général... Mais ce n’est pas la peine de m’imaginer avec des cheveux longs et du crayon khol...


Je rigole doucement en imaginant moi-même la scène totalement ridicule et le regard outré, choqué, blessé et déçu de ma mère en voyant mes beaux cheveux blonds dont elle est si fière dans un état catastrophique.

La sonnerie retentit au même moment ou je termine ma cigarette alors j’en profite pour la mettre dans le cendrier en suivant mon petit et charmant voisin. Je sors un paquet de chewing gum de mon sac et je lui tends pour lui en proposer un après m’être servi. Ces petites merveilles sauvent mon cul depuis que je fume sinon mon père l’aurait surement gaulé depuis un bail.

-Allez viens…. Sinon on va se reprendre une retenue et ça me ferait bien chier…. Je ne sais déjà pas comment faire passer la pilule auprès de mon père… en plus le pion m’a collé une retenue parce que j’écoutais la musique dans la cour ce matin…si c’est pas une belle journée de merde ca…

-Tu dois être dernier au classement d’Oha-Asa...


Oha-asa c’est un horoscope japonais dont ma mère est très fan, je trouve ça foncièrement débile mais elle est contente de se balader toute la journée avec un objet incongru censé lui porter chance. Dans mon cas je dois être avant-dernier du coup, et t’inquiète pas Livai, moi non plus je sais pas comment lui dire... Mais je n’ai pas spécialement envie d’en parler avec lui, ni avec personne. Ma situation familiale n’est pas quelque chose dont j’ai envie de me vanter, je préfère garder cette situation pour moi et ne pas l’ébruiter. Personne n’est au courant et je m’en porte très bien.

-Tu bouffes à la cantine à midi ? Ou t’as prévu un truc ?

-Ma charmante mère m’a dit de me débrouiller...elle m’a filé des sous...


Je sors mon portefeuille de mon sac en même temps que je range mon chewing-gum et je fais une petite moue. Si j’ajoute la monnaie que j’avais gardé, mais que je retire de quoi m’acheter un paquet de cigarettes, c’est un peu la galère totale.

-Tu crois que c’est possible de manger avec 3€50 ici.... ?

Je lui lance un regard un peu désespéré... Bon, avec les clopes qu’il m’a filé je vais pouvoir tenir quelques jours donc je peux repousser l’achat de mon paquet, mais quand même... Va falloir que ma mère me donne un peu plus... mais la connaissant c’est même pas la peine de demander, surtout si j’ai été collé... J’vais devoir me faire de la thune autrement, genre en bossant. Sauf que connaissant mon père il va vouloir que je bosse mes cours plutôt que je trouve un job donc finalement j’aurais pas le temps. Il part du principe que je n’ai besoin de rien en vivant chez eux donc forcément il n’est pas trop pour...

-Je vais finir par vendre mon corps aux petites vieilles blindées si ça continue... Il parait que ça paye bien...

Je soupire doucement en rangeant mon portefeuille dans mon sac alors qu’on arrive près de la salle de cours, je sais même pas c’est quoi la matière... M’enfin, je suis Livaï à l’intérieur avant d’aller me présenter au professeur qui me regardais déjà avec un drôle d’air.

Il me dit d’aller m’asseoir sans m’indiquer une quelconque place, j’en conclu que je dois prendre la même qu’au début de la matinée alors je reviens aux côtés de mon charmant Livaï qui me matte avec moins de dédain que la première fois, ça avance déjà. Je sors ma trousse et des feuilles que je pose devant moi. La philo j’en ai jamais fait, on a pas cette matière chez moi...du coup, j’ai même aucune idée de quoi ça parle. Et dès les premiers mots je pige que dalle, je comprends même pas les mots... « transcendant » et « immanent »... J’ai jamais vu ça en cours de français...

Je demanderais bien à mon voisin de m’expliquer mais je pense l’avoir assez fait chier pour le moment... Au pire, j’irais poser des questions au prof à la fin du cours... Il est là pour ça. En tout cas je sens que ces deux heures vont être longues...



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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   23/3/2017, 10:30

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

J’admire tellement ma mère. Elle est de loin la personne que je connaisse et qui a le plus de courage. Le courage de faire ce travail si peu glorieux et celui de supporter mon père au quotidien. Je lui ai déjà demandé pourquoi elle ne le quittait pas, cet enfoiré. Mais elle me répond qu’elle est incapable de le laisser seul et qu’elle sait qu’au fond de lui il y a toujours du bon. Moi… ça fait belle lurette que j’ai compris qu’il n’y avait plus rien à sauver. Le « bon » s’est envolé le jour où le whisky à prit notre place dans son cœur. Et ça, c’est pas près de changer. Bah… à l’allure où vont les choses il finira bien par crever d’une cirrhose ou d’un coma éthylique. A ce moment-là on pourra peut être essayer de réapprendre à vivre.

Mon regard s’est arrêté sur mon charmant camarade quand celui-ci me fait une nouvelle de ses blagues au gout douteux. Mais tout de même un peu plus élaborée que celle consistant à faire croire qu’il ne parlait pas français

-Mais cela ne m’empêche pas de t’en faire part. Tu repenseras à ce compliment ce soir dans ton lit en rougissant.... « Erwin-senpai noticed-me »...

S’il avait sorti ca à n’importe quel autre trou du cul de la classe, je suis certain qu’ils auraient rien capté à la petite référence japonaise. C’est certainement pas le genre de lecture qui trône sur les étagères des bobo…. Mais c’est pile le genre de chose qui s’entasse sur les miennes. Les mangas.

J’ai beaucoup en lire même si je n’ai que des moyens limités pour m’en acheter. Je réserve donc mon argent de poche pour me payer ceux que je préfère et c’est de très loin ceux de Naoki Urasawa. Il fait des thrillers et des polars fabuleux. J’ai réussi à me payer tous les livres et c’est mes petits bébés, ce que j’ai de plus précieux dans ma chambre méticuleusement rangée ( parce que ouais, ç’est peut être surprenant mais je suis ultra maniaque… j’aime ni le bordel ni la poussière ! ). Pour les autres mangas, je les lis en scan sur les sites internet que je trouve et des temps en temps j’achète quelques tomes quand je gagne un peu d’argent de poche.

Pour le moment je n’ai rien trouvé de mieux que les mangas pour m’évader de mon quotidien lugubre. Quand je plonge dans une de ces histoires, je me sens ailleurs et j’oublie tout l’espace d’un moment. J’oublie le lycée, les retenues, mon père sur le canapé, ma mère trop fatiguée…. Tout…

Mais du coup, si Smith m’a sorti ça, c’est qu’il en lit aussi ? Cette info me laisse un peu sur le cul… Je commence à m’interroger sur le genre de lecture qui peut bien le passionner. Mais vu sa référence de merdre je prends peur à l’idée qu’il soit tombé du coté shojo de la force. Je l’imagine tellement avec un viril Sailor Moon entre les mains…. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’idée de le voir en cosplay de Sailor m’a effleurée l’esprit mais…. Presque !

Je préfère carrément ne pas répondre à sa remarque. S’il pense que je suis du genre amoureux transi à me toucher le kiki en pensant à lui, il se fout le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Ça n’arrivera jamais ! Et encore moins avec lui…. La faute à la mèche blonde gominée… C’est rédhibitoire…

Au lieu de ça, la conversation dérive sur les différents quartiers dans lesquels nous vivons. Lui et son 16e tout propret et moi avec ma cité toute délabrée.

-Tu sais on a aussi des cités à Berlin, je sais ce que c’est... J’avais deux amis qui y habitaient et le petit fils de riche que je suis n’a pas eu peur de se faire déshérité en allant mettre les pieds là-bas...


Je pose mon coude sur la table et je tourne la tête vers lui pour le regarder. C’est sa façon de me faire comprendre que je peux l’inviter chez moi quand je veux ? Qu’il n’aura pas peur d’y venir ? Bah non. Il est hors de question qu’il vienne à la maison. Déjà parce que je n’invite pas n’importe qui, on ne se connait même pas. Et de deux parce que je n’invite personne tout court ! La faute à mon charmant père que je préfère dissimuler aux yeux de tous. Je n’ai pas envie qu’on apprenne que mon père est un alcoolo violent…. C’est bon j’ai déjà suffisamment honte comme ça ! Si Erwin veut venir à Saint Denis me faire coucou grand bien lui fasse. Mais il n’ira pas plus loin que la cage d’escaliers, ca je peux le garantir.

« Du coup… t’as encore des nouvelles de tes deux amis ? »


Parce que quitte à se faire chier au cours de Shadis autant rendre le temps profitable en essayer d’en savoir plus sur mon charmant voisin. Et détrompez vous. Je m’en fou de sa vie. Je veux juste apprendre à mieux le connaitre pour réussir à mieux exploiter ses faiblesses ensuite. C’est une stratégie d’auto défense en cas de cassage de burnes trop fréquents de sa part.

Mais je suis quand même un peu curieux. Il est riche comme crésus et il avait des amis en banlieue berlinoise. Comment il les a rencontrés ? Quelle était leur relation ? Et puis surtout, qu’est ce qu’un fils à papa peut fabriquer avec ces jeunes de cité. Le contraste me parait tellement flagrant que j’ai du mal à réaliser. Peut-être est ce aussi dû au fait que dans ce lycée j’ai toujours été rejeté par mes charmants camarades dés qu’ils ont su que je ne venais pas de leur monde…

-Oh la Bavière... C’est super cool la Bavière, y’a la fête de la bière à Munich ! Tu y es déjà allé ?

La Bavière…. J’en garde pas trop de souvenirs. Je garde des précieux moments en famille. Je revois l’appartement dans lequel nous vivions. Je revois mon école maternelle située près d’un parc dans lequel ma mère m’ammenait jouer… Mais la Bavière en elle-même… j’ai oublié. Faut dire que j’étais jeune à l’époque.

« On y allait tous les ans avec mes parents. Enfin… on allait faire mes manèges en après-midi et le soir je rentrai à l’hôtel avec ma mère. Mon père passait la nuit à boire avec ses collègues de travail. Mais c’était bien. Tous les ans j’avais hâte d’y être »

Oh ta gueule Livaï ! Pourquoi je lui raconte ça moi. Putain heureusement que la sonnerie annonçant la fin du cours retenit parce que sinon j’aurai été capable de lui pleurer dans les bras en repensant à mon enfance perdue loin de l’Allemagne. Pathétique …

Devant la grille du lycée je pensais être tranquil et isolé. En général personne ne vient me parler et ma musique constitue ma seule et unique amie. Je n’ai pas besoin de plus faut dire. Une clope, de la musique et c’est la belle vie. Manquerait quand même un grand verre de chocolat chaud. Ceux de chez Colombus café… le chocolat blanc avec une tonne de chantilly par-dessus…. Ouais, voilà, ça serait le pied complet.

Mais c’était sais sans compter que je n’ai pas mon chocolat dans les mains et qu’en plus Smith vienne me taxer de quoi fumer. Le casse couille celui-là ! Un vrai morpion ! Il va pas me lâcher je le sens bien. Je dois avoir une gueule à faire dans le social je crois.

-J’ai pas encore eu le temps de visiter... Mais avec mon père collé à mon cul ce serait compliqué d’expliquer ma présence dans l’établissement je dois bien l’admettre... Ou alors je dis que je suis allé acheter des bonbons soucoupes qui piquent...

Une vive couleur rouge envahit tout mon visage quand il évoque les bonbons soucoupe qui piquent. Ce sont mes préférés… Et quand je vais eu bureau de tabacs acheter mes paquets de clopes il n’est pas rare que je prenne aussi un petit sachet de soucoupes… Vive le contraste…. Les clopes et les bonbons… les psychologues s’en donneraient à cœur joie en tirant hâtivement la conclusion comme quoi je suis un enfant cherchant à passer pour un « grand ». Je les emmerde cordialement.

Je tourne la tête sur le côté pour lui dissimuler mon rougissement de jouvencelle tout en lui balançant le reste de mon paquet. Il a de la chance, il est quasiment plein.

-Sérieux ? Merci, je te revaudrais ça~

« J’espère bien…. Crois pas que je fais dans la charité ou la bonté d’âme. C’est juste pour que tu me sois redevable plus tard »

Même si en toute honnêteté je n’ai aucune garantie qu’il me revaudra ca un jour. Il est libre de se griller le paquet et de m’envoyer me faire foutre après quand j’aurai un service à lui demander.

Tsss ! Il me gave quand il me donne son petit nom en allemand. Je sais très bien qu’il m’a grillé et qu’il a compris que je parlais tout aussi bien allemand que lui. Bah… je suis né là-bas et ma mère a eu beaucoup de mal à apprendre le français alors c’est encore maintenant la langue maternelle que nous utilisons le plus souvent pour communiquer à la maison. Erwin n’est pas con, il a bien dû comprendre que je l’avais fait marcher tout à l’heure et ce n’est qu’un juste retour des choses vu que lui aussi m’a pris pour un con !

-Je sais pas ce qui passe sur vos radios mais ça peut pas être pire que chez nous... T’as qu’à juger les échantillons exportés... Dieu soit loué Rammstein sauve l’honneur...

« Il passe de la merde….. De l’électro-pop à la con…. T’auras tôt fait de t’en rendre compte. Si tu veux une station potable y aura guère que RTL2 mais ils passent toujours la même chose. Du Phil Collins et du Prince à longueur de journée. Et si t’as de la chance tu tomberas peut être sur Metallica, Scorpion ou Led zep… Mais pour Rammstein tu peux te le garer où je pense »

Rammstein, le groupe allemand par référence. Je connaissais, évidemment. Je ne suis pas un fan groupie de leur musique mais il en a plusieurs, les plus connues, dans mon lecteur. Pour le coup, c’est sans doute un style de musique un peu trop agressif pour moi. Mais imaginer Erwin fan de ce genre-là est déroutant. Lui qui ressemble en tout point à un chanteur des Choristes est fan de Rammstein ? Hilarant !

-J’aime bien le rock aussi, avec une préférence pour le métal en général... Mais ce n’est pas la peine de m’imaginer avec des cheveux longs et du crayon khol...


« Le métal c’est bien…. Mais un peu trop pour moi… J’en écoute à petite dose »

Parce que dans ma vie déjà chaotique, j’ai davantage besoin d’apaisement que de musique agressive comme c’est le cas du métal ou du hard rock. S’il m’arrive d’écouter quelques morceaux de temps en temps, c’est davantage vers quelque chose de plus doux que je préfère m’orienter.

La sonnerie retentie et on reprends le chemin des cours avec la perspective d’aller se faire chier avec Pixis pendant deux heures de philo. Bah… je ferais comme à son habitude c’est-à-dire que je donnerais l’impression d’écouter et de travailler alors qu’en réalité j’aurai la tête complétement ailleurs sans éveiller les soupçons de mon professeur. L’avantage d’être au dernier rang ! On peut faire ce qu’on veut sans que personne ne se doute de rien.

-Tu dois être dernier au classement d’Oha-Asa...

Je fronçe les sourcils tout en regardant Erwin.

« Le classement de quoi ? Je sais pas ce que c’est mais ouais je dois surement être dernier… note que deux retenues dans la même matinée ça relève presque de l’exploit. Je mériterais ans doute d’être félicité ou médaillé…Et attends, il est que 10h du matin, je peux m’améliorer »


Mon ventre émit un petit gargouillement caractéristique et carrément gênant. Je n’ai mangé que mes deux pauvres tartines de pain nappés de Nutella et ça ne suffit visiblement pas. Si Erwin ne m’avait pas cassé les pieds durant la récré j’aurai pu aller me payer un croissant aux amandes à la boulangerie située en face du bahut. Mais à cause de lui je n’ai pas eu le temps ! Connard va ! Je vais crever de faim en attendant la pause de midi

-Ma charmante mère m’a dit de me débrouiller...elle m’a filé des sous... Tu crois que c’est possible de manger avec 3€50 ici.... ?

Je regarde Erwin ouvrir son portemonnaie et fouiller dedans. Il haussa un sourcil avant de soupirer

« Et bah la vache… ils sont radins tes vieux. Pour 3€50 t’as même pas un jambon-beurre à la boulangerie d’en face… Ils te laissent crever la dalle souvent comme ou c’est juste pour de souhaiter la bienvenue dans ton nouveau lycée ? »

-Je vais finir par vendre mon corps aux petites vieilles blindées si ça continue... Il parait que ça paye bien...

Je le regarde en essayant de jauger s’il dit ça pour rire pour s’il y a un fond de sérieux dans ses propos. C’est que ça ne serait pas la première fois qu’on entend qu’un jeune se tape une vieille contre de la thune. Et il y a sans doute plein de cougars parisiennes qui n’attendent que ça ! Retrouver la fraicheur juvénile d’un beau mâle allemand…. Je soupire

« Te donne pas cette peine va…. Je t’invite… J’ai des tickets pour aller bouffer au restau U de la Sorbonne… Y a plein d’étudiants blindés la bas, tu devrais t’y sentir a ton aise. »


Et surtout y a des frites !!! Avec de la mayonnaise ! Y des gros steaks hachés super méga bon et des desserts au chocolat ! Rien que d’y songer j’ai l’eau a la bouche et mon estomac grogne une nouvelle fois.

On arrive en classe et je me mets à ma place, au fond le plus prêt de la fenêtre. Erwin semble hésiter après être allé se présenter au professeur puis il vient coller son cul à coté de moi… chouette… dire que je pensais qu’il allait s’installer ailleurs. C’était sans compter que je suis dernier a son classement de malheur et qu’il semble être l’incarnation même du pot de colle humain.

Le cours débute et ça ne fait pas cinq minutes que j’ai déjà décroché. Je laisse mon regard passer dans la cours du lycée qui est vide à cette heure-ci. J’aimerai tellement être dehors, m’évader… j’aimerai être n’importe où ailleurs qu’ici, à Paris.

Je prends un crayon de mine dans ma trousse. La page de mon cahier de philo est ouverte et je n’ai fait qu’écrire le titre de la leçon. Je reporte mon attention sur le papier blanc et quadrillé. Ma main commence à tracer des traits. Les traits se transforment doucement en dessins. Quelque chose prend vie lentement sous mes yeux et je m’applique à faire de mon mieux pour rendre mon dessin le plus précis possible.

J’ai toujours adoré dessiner. Et je me suis toujours assez bien démerdé dans le domaine. Mes notes en art plastiques n’ont jamais baissées en dessous des 16. Malheureusement au lycée on n’a plus ce genre de matière. En vérité, après le lycée, j’aimerai bien intégrer les beaux arts mais je n’ose même pas formuler l’idée auprès de mes parents. Déjà on a pas le budget pour ce genre d’école ultra chère. Et puis mon père s’y opposerait à coup sûr en prétextant que ce n’est pas un vrai métier de dessiner. Pourtant… je pourrai travailler dans le monde de l’édition en créer ma propre bande dessinée… je pourrai travailler dans un studio d’animation en réalisant des dessins animés…. Mais ça ne restera qu’un loisir et un passetemps… Un doux rêve inaccessible.

Je regarde mon dessin. Il s’agit d’un magnifique paysage à la japonaise. Un jardin avec des cerisiers en fleur… Un pont que j’imagine rouge – je n’ai pas de crayon de couleurs – sous lequel coule un ruisseau apaisant. C’est sans doute dans ce genre d’endroit que j’aimerai être plutôt que de moisir en classe.

Ma tête se tourne sur le côté et je vois qu’Erwin était en train de me regarder dessiner. Je rougis d’un coup et tourne la page pour dissimuler mon dessin.

« Quoi ? Un problème ? Le cours de Pixis n’est pas assez passionnant pour toi peut être ? »

Il ne me lâche pas du regard alors je prends son classeur sur lequel il a commencé à écrire. Je lui arrache des mains et prends mon stylo bleu, un qui ne s’efface pas, pour commencer à dessiner dans le coin de sa feuille. Je me suis dessiné en version SD comme dans les mangas chibi. Un joli petit Livaï grognon qui lui fait un beau fuck.

Je lui rends son cahier en posant mon croyon et en m’accoudant sur la table avec nonchalance

« Voilà… comme ça tu pourras m’avoir partout avec toi et rougir le soir dans ton lit en révisant ta philo. »


Je me penche à son oreille pour murmure de façon très amusée

« Oh…. Notice-me Livaï-kun »

Je me redresse après voir un peu rit. Je fais un signe de tête pour désigner le dessin que je viens de réaliser sur sa feuille

« Garde le précieusement, ça aura de la valeur quand je serai devenu célèbre »




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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   27/3/2017, 22:43

Fais moi de la place


feat. Livai ♥

Ca fait déjà une semaine que mes parents et moi avons plié bagages pour venir en France.

Pour le moment j’ai pas l’impression de réaliser tout ce que ça implique, c’est un peu comme si j’étais parti en vacances de la même façon que chaque été. Mes amis n’ont pas encore eut le temps de me manquer et je pense retrouver mes petites habitudes à la fin du mois...

Mais au fond de moi, je sais que tout ça c’est fini. Je sais que je ne reviendrais que de rares fois en Allemagne, et que je devrai chérir les moments que je passerai à retrouver Eren et Mikasa, ainsi que ceux que nous avons déjà vécu ensembles.

Pour la petite histoire, je les ai rencontré au collège, je m’étais fait virer de mon établissement privé où je ne me sentais vraiment pas à mon aise, bien sûr les autres ont refusé de m’accueillir alors je me suis obligatoirement retrouvé dans un collège publique, et c’est là-bas que je les ai connu tous les deux. A vrai dire, au début c’était plutôt tendu, nous étions dans la même classe et j’étais le genre de mec qu’Eren n’aimait pas vraiment...nous nous sommes battus plusieurs fois avant de nous trouver des atomes crochus... Passant des coups de poings aux fous rires.

Mikasa, elle est très protectrice de son frère, et s’il n’aimait pas quelqu’un, elle ne l’aimais pas non plus. Par contre s’il aimait quelqu’un....c’était rare qu’elle l’aime malgré tout. Mais visiblement elle devait me supporter vu qu’elle ne décollait pas Eren lorsque nous étions ensembles.

Une vrai amitié s’est développée pendant ces quatre ans, et ce fut difficile pour moi de faire accepter à mon père de m’inscrire dans un lycée public où je pourrais les retrouver, étant donné qu’ils n’avaient pas les moyens de payer pour du privé. Mais j’ai réussi, parce qu’il ne faut pas me sous estimer non plus !

Ce fut sans doute les deux plus belles années de ma vie jusqu’à présent avec eux. Je n’ai jamais eu vraiment d’amis lorsque j’étais petit, et mis à part ces deux là, je n’ai pas réussi à m’attacher à quelqu’un. Je ne saurais expliquer ce qui m’a plu chez eux, ce qui a fait que ça a marché... C’était juste qu’on était fait pour s’entendre, sans doute.

-Du coup… t’as encore des nouvelles de tes deux amis ?

Ah... rien que d’y penser j’ai un pincement au cœur. Mais j’essaye de penser à autre chose, parce que cela ne fait qu’une semaine et ce serait bien nul de pleurer tout de suite. Parce que bordel, ça me tue de les savoir si loin de moi, et les quelques pauvres messages qu’on s’envoi ne changent rien au fait que je me sens déjà seul. Quelle idée de faire payer des fortunes pour pouvoir communiquer depuis un autre pays ? Société capitaliste de mes couilles sur ton front.

-J’en ai en effet, mais bon c’est principalement par Skype ou Facebook vu le prix des messages à l’international... Du coup c’est chiant, je ne peux pas leur dire que je suis le chanceux nouveau voisin d’un charmant jeune homme~

Je lui fais un petit sourire en essayant de ne pas montrer qu’en parler me fait un peu mal, faudrait pas que je passe pour le fragile de base. Et puis bon j’en profite pour lui glisser un petit compliment qui, je pense, ne manquera pas de le faire réagir, au moins par une insulte dont il semble maitre dans l’art, j’espère qu’il va m’e apprendre vu que j’ai pas un vocabulaire très développé en français dans ce domaine.

D’ailleurs je suis un peu con de lui parler de la fête de la bière, parce que ces dernières années j’y allais avec eux pour passer un super moment et...et là ben je peux qu’y repenser avec nostalgie. J’espère pouvoir passer la prochaine avec eux, même si une part de moi a peur d’être remplacer, d’être oublié...

-On y allait tous les ans avec mes parents. Enfin… on allait faire mes manèges en après-midi et le soir je rentrai à l’hôtel avec ma mère. Mon père passait la nuit à boire avec ses collègues de travail. Mais c’était bien. Tous les ans j’avais hâte d’y être.

-J’y étais tous les ans aussi... Si ça s’trouve on s’est croisé sans le savoir et on se connaît depuis dix ans...


Je rigole doucement alors que cette idée me plait bien, j’avais vu un film un jour avec le même genre de situation, et à la fin les deux protagonistes se mariait, comme c’était mielleux... Mais sympa, c’est mon petit, tout petit, coté guimauve qui ressort, me jugez pas.

Enfin, niveau guimauve j’dois avouer que j’ai pas trop compris. On était dehors avec Livai-le-beau-gosse et voilà qu’il a commencé à rougir comme si je lui avait fait une déclaration enflammée alors que j’ai juste parlé de bonbons soucoupes et de mon père collé à mon cul.

Alors soit il fantasme sur les relations incestueuses de types homosexuelles père-fils, ce qui est bien bien chelou –je suis pas là pour juger mais quand même...- soit, il en pince pour les soucoupes mais genre... grave quoi. J’espère que c’est la deuxième option sinon je vais trainer ailleurs, il est mignon mais je veux pas qu’il fantasme sur mon père me tapant dans le cul.

M’enfin, je me fait peut-être des films, si ça s’trouve c’est juste qu’il me trouve à son gout... Haha.

-J’espère bien…. Crois pas que je fais dans la charité ou la bonté d’âme. C’est juste pour que tu me sois redevable plus tard

-Pas de problème, je suis tout à toi~


Je lui fais un petit sourire énigmatique en espérant qu’il soulèvera de lui-même le double sens, je suis bien en forme aujourd’hui dis-donc. Je ferais bien de me calmer il va me prendre pour un gros pervers après... Enfin, ce serait pas totalement à côté de la plaque, mais je tiens à conserver une image saine au moins jusque demain.

Je l’écoute attentivement me conseiller une radio et foutre en l’air mon espoir d’y entendre du Rammstein, m’enfin c’est pas très grave vu que j’ai tous leurs albums et les musiques dans mon portable, je peux les écouter quand je veux. Même si ça fait toujours plaisir d’allumer la radio et de pouvoir entendre une musique apprécier...

-Le classement de quoi ? Je sais pas ce que c’est mais ouais je dois surement être dernier… note que deux retenues dans la même matinée ça relève presque de l’exploit. Je mériterais ans doute d’être félicité ou médaillé…Et attends, il est que 10h du matin, je peux m’améliorer

-Le classement d’Oha-asa c’est un horoscope que ma mère suit...ton signe a une place de un à douze...douze c’est la journée pourrie genre tu marches dans une merde de chien et ta mère te chope en train de te branler... ce n’est pas une expérience personnelle je précise... et donc la première place c’est par exemple.... Une journée avec moi~


Je le regarde en étant sûr de mes convictions, même si en réalité je dois être tellement chiant à supporter que je suis pas certain d’être un cadeau, peut-être même le contraire, m’enfin.

-Et donc pour essayer de te rapporter plus de chance, tu dois te trimballer avec un objet spécifique à ton signe, et ça change tous les jours... Par exemple...t’es de quel signe toi ?

Ou la méthode discrète pour chopper quelques infos au détour de la conversation vu que monsieur n’est pas très bavard sur lui, je noie le poisson de manière efficace et discrète.

Je lui souris et je ne lui montre pas que j’ai entendu le grognement de sn ventre, parce que c’est un peu gênant de se le faire remarquer. Mais le pauvre il a pas manger ce matin ? Rho, je peux pas le laisser crever la dalle, je dois avoir un truc à bouffer dans mon sac, je regarderais une fois en cours...

-Et bah la vache… ils sont radins tes vieux. Pour 3€50 t’as même pas un jambon-beurre à la boulangerie d’en face… Ils te laissent crever la dalle souvent comme ça ou c’est juste pour de souhaiter la bienvenue dans ton nouveau lycée ?

-Non mais en fait ma mère n’a aucune idée de combien ça coute de bouffer dehors, et vu qu’ils me filent pas d’argent de poche ben je dois me demmerder comme je peux... Mais vu que je dois m’acheter des clopes c’est tendu un peu...


Je hausse les épaules avant de lui faire ma petite blague sur les vieilles cougars. Pour tout vous dire c’est bien quelque chose que je ferais jamais, si c’est pour me taper une donzelle, je la veux jeune et fraiche comme la rosée du matin. La vingtaine, un peu plus vieille que moi pour être sûr qu’elle soit formée, ah... c’est beau !

-Te donne pas cette peine va…. Je t’invite… J’ai des tickets pour aller bouffer au restau U de la Sorbonne… Y a plein d’étudiants blindés la bas, tu devrais t’y sentir a ton aise.

-Ah...le bon air frais de la richesse, y’a que ça de vrai...


Je lève les yeux au ciel en rigolant avant de lui donner un léger coup de coude.

-Mais merci, c’est vraiment sympa, entre ça et les clopes je te suis éternellement redevable.

Ouais, comme les petits extra-terrestres de Toy Story, rien que ça.

Donc bon, maintenant qu’on est en cours je me rends compte de la difficulté que ça va être pour moi de suivre certains cours. Autant l’histoire ça va, les langues étrangères ça ira aussi... Mais la philo, je pensais pas en arrivé à un tel degré de désespoir. C’est même pas une histoire d’incompréhension de la matière mais je pige même pas les mots du prof, rien de tel pour me faire décrocher...

Je détourne donc mon attention des mots de « Kant » pour regarder un peu ce que fabrique Livai, il est en train de dessiner. Et la vache...c’est plutôt joli. Je vois pas grand-chose d’où je suis vu qu’il cache à moitié mais de ce que je vois c’est un paysage avec de l’eau et un pont, charmant. Je n’ai pas le temps de mieux voir qu’il tourne carrément sa page pour cacher, il a honte ou quoi ? Et en plus il me piaille dessus.

-Quoi ? Un problème ? Le cours de Pixis n’est pas assez passionnant pour toi peut être ?

-Aucun problème, mais je comprends strictement rien de ce qu’il raconte alors je préfère te regarder dessiner. Ca avait l’air beau...


Je lui souris à nouveau sans le quitter des yeux alors qu’il prend mon classeur pendant que j’essayais d’écrire un mot super compliqué que j’ai pas compris non plus. Et il commence à faire un petit dessin que je vois pas trop alors j’attends qu’il me le montre fièrement pour rigoler en voyant une version miniature de sa personne déjà petite, en train de me faire un joli doigt tendu.

-Voilà… comme ça tu pourras m’avoir partout avec toi et rougir le soir dans ton lit en révisant ta philo. Oh…. Notice-me Livaï-kun

J’éclate de rire à sa dernière phrase, pour la discrétion on repassera, mais je me calme doucement après un regard réprobateur du prof qui reprend son cours comme si de rien était une seconde après.

-J’adore, c’est trop cool ! Et ne t’en fais pas je ne manquerais pas de m’y référer en cas d’envie plus tendancieuse~

-Garde le précieusement, ça aura de la valeur quand je serai devenu célèbre.

-Je suis donc en possession d’un trésor, très bien mon caporal je vais le conserver for ever~


Je lui fais un petit sourire avant de me pencher pour fouiller dans mon sac, ce dernier est pire qu’un sac à main de fille tellement il est plein de bordel et de trucs inutiles... M’enfin je fais pas exprès. Je me redresse et je lui sors un paquet de Granola chocolat-caramel ainsi qu’un autre avec deux madeleines. Je ne sais pas ce qu’il préfère alors je lui laisse quand même le choix de se délecter de ce qu’il préfère.

-C’est l’heure de l’encas alors c’est cadeau en échange de ton œuvre d’art, je sais pas ce que t’aime alors désolé pour le choix un peu nul...

Et puis faut dire que je connais pas trop les gâteaux des grandes surfaces françaises alors je me suis tourné vers des valeurs sures, les trucs que je sais être bons. D’ailleurs j’ai remarqué qu’ils étaient bien moins fournis que chez moi, les rayons de gâteaux et de bonbons, c’est dommage. M’enfin, moi de base je préfère ce qui est salé alors ça va pas trop me gêner...

Je le laisse donc faire son choix avant de prendre le paquet qu’il a laissé. Je l’ouvre et je commence à manger en essayant d’être un minimum discret quand même parce que faut pas abuser, j’ai pas envie de me taper une deuxième colle sinon mon père me fait la peau et je termine en descente de lit où il mettra ses pieds tout moches...

J’ai tellement horreur des pieds, je trouve que c’est la pire abomination physique possible, je n’ai pas hâte d’être cet été et de voir tout le monde porter des nu-pieds ou autres sandales laissant respirer leurs orteils disgracieux. Brrr... Au moins mon voisin n’a pas l’air d’être du genre à mettre des tongs, grand bien lui en fasse.

J’essaye de retourner un peu mon attention sur le cours mais vu que j’en suis sorti depuis plus d’un quart d’heure c’est carrément mission impossible. Je soupire doucement et j’abandonne l’idée de noter quoi que ce soit, ça ne ressemble tellement à rien avec mes mots qui veulent rien dire.

Je regarde un peu autour de moi, les gens dans la classe avant de hausser un sourcil et de me pencher vers Livai...

-Eh...pourquoi la meuf là-bas nous regarde bizarre... ?

Je lui désigne la fille en question d’un coup de tête. Elle a l’air un peu folle avec ses cheveux gras et ses lunettes... Mais c’est surtout sa façon de nous fixer qui me dérange... Qu’est-ce qu’elle veut ??

Une fois que Livai se tourne en sa direction, elle commence à agiter une feuille devant elle... Je ne comprends pas trop ce qu’elle cherche à faire passer comme message... J’espère que mon voisin comprend mieux ce genre de langage, moi je jette l’éponge, de toute façon ce n’est pas à moi qu’elle s’adresse.

Elle semble s’agiter d’autant plus quand le prof passe dans les rangs pour ramasser des copies, il s’arrête devant la notre et je lève la tête vers lui alors qu’il se tourne vers Livai.

-Je ramasse les rédactions, j’aimerais la tienne Livai.



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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   2/4/2017, 20:57

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

J’ai jamais compris pourquoi les gens finissent par s’attacher à moi. C’est vrai quoi. Je ne fais rien pour attirer leur sympathie et je dirai même que je suis plutôt du genre à tout faire pour qu’ils me détestent ou ne cherchent pas à venir me faire chier. Mais faut croire que je ne dois pas être bien doué dans le domaine quand je pense à tous ces pète-couilles qui viennent me les briser menu.

Il suffit de voir mon nouveau voisin de tablée qui ne parait pas décidé à me lâcher là grappe. Il s’accroche à moi comme une moule à son rocher et ça ne fait même pas une journée entière que je dois le supporter. J’ai l’impression que ça va être long, très très long, de tenir jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Bah c’est pas comme si c’était la première fois…. Il y a le cas de cette pouilleuse d’Hansie qui passe son temps à vouloir me coller pour faire ami-ami. De deux choses l’une : Comment peut on être plein aux as et ne pas avoir connaissance de l’utilisation révolutionnaire d’un shampoing ! Y en a des supers pas chers dans les grandes surfaces. Mais je ne pense pas que c’est une question d’argent. Je sais que son père est commissaire-priseur et sa mère est avocate…. Elle n’a donc aucune excuse pour ne pas entretenir sa tignasse. Depuis le temps que je dis que je vais finir par lui offrir un flacon de shampooing ! On ne croyez pas surtout que ça serait un cadeau que je lui fait. D’la merde ! Je le ferai surtout pour moi afin de ne plus avoir à supporter la vue horripilante de ces nids de souris dans ses cheveux ! C’est de l’égoïsme pur et dur !

Et puis déjà par le passé j’avais eu le cas de gens qui n’arrêtaient pas de me coller. Un mec répondant au prénom de Furlan et une meuf appelée Isabel. On était dans la même classe en primaire. Je pense qu’ils ont dû avoir pitié de me voir rester dans mon coin à toutes les récrés. A force de venir de façon récurrente me les briser j’ai bien était obligé de leur parler. D’abord pour leur dire de me foutre la paix… Puis, plus tard, on a commencé à discuter. Jusqu’à lier une vrai amitié. Avant que je ne déménage pour Paris et que je ne puisse plus les voir ni les retrouver.

Je me demande si ça fera pareil avec Smith. Va-t-il me pomper l’air pour ensuite faire style de devenir mon ami pour que finalement, quand je me serai bien accroché à lui, il me laisse tomber comme la belle merde que je suis ?

C’est pour ça que je n veux pas d’amis ! Ils ne savent jamais se montrer présent quand on a besoin d’eux.  Et finissent toujours par nous remplacer par un nouvel ami souvent beaucoup mieux. L’amitié ? haha ! C’est comme l’amour. Ce n’est que déception, souffrance et désillusion. Alors moi je ne m’attache pas ! Je n’ai pas de pote et ça me va. Je n’aime pas. Je n’aime pas d’amoureux et c’est très bien comme ça !

-J’en ai en effet, mais bon c’est principalement par Skype ou Facebook vu le prix des messages à l’international... Du coup c’est chiant, je ne peux pas leur dire que je suis le chanceux nouveau voisin d’un charmant jeune homme~

Je l’écoute et j’hausse un sourcil légèrement interloqué par ce qu’il vient de dire. Le prix des messages à l’international ? Il communique avec ses amis par sms ? Pas étonnant que ça coute un testicule ! Il ne connait pas l’usage d’application comme Viber ou Line ? Et Skype ? C’est ce qu’il y a de mieux pour communiquer à l’International si l’on possède un téléphone avec un accès internet. Mais je vais bien me garder de lui donner le tuyau gratuitement. Je vais attendre de voir son niveau de chiantitude et s’il se montre moins con que ce que je soupçonne peut être que je lui expliquerai qu’il peut avoir des appli gratuites pour parler autant qu’il veut avec ses potes allemands.

Je l’écoute aussi me parler de la fête de la bière de Munich et un souffle silencieux s’échappe de mes lèvres fines et entrouvertes. Oui, peut être bien qu’on s’est croisés là-bas mais ça me fait ni chaud ni froid. Il croit m’émouvoir avec une pseudo fatalité qui serait capable de nous lier depuis des années ? Je ne crois pas au destin. Je ne crois pas aux anges gardiens, aux âmes sœurs, aux étoiles protectrices et toutes ces conneries. Si les anges gardiens existent le miens doit être qu’un sacré salopard ou un fainéant fini ! Ou alors il s’astique la queue en me regardant crever à petit feu ce sadique !

Je suis soulagé que la sonnerie me permette d’échapper à la salle de classe et à Erwin. J’ai besoin de liberté. Besoin de me vider l’esprit. Besoin de m’enfermer dans ma bulle de musique et de nicotine. J’avais simplement omis qu’un casse pieds viendrait faire éclater mon petit havre de paix par sa simple présence indésirée.

Il me taxe une clope, il s’intéresse à ma musique et je comprends très vite que je ne me débarrasserai pas de lui aussi rapidement que je l’aurai espéré. Alors à quoi bon luter. Parfois j’ai l’impression que plus je deviens désagréable et plus les gens ont envie de rester prés de moins. La théorie de l’inversement…. Donc je change mon braquet d’épaule et je vais essayer d’être sympa. Peut-être qu’ainsi Erwin se lassera et que je pourrai retrouver mon calme et ma solitude si désirée

-Le classement d’Oha-asa c’est un horoscope que ma mère suit...ton signe a une place de un à douze...douze c’est la journée pourrie genre tu marches dans une merde de chien et ta mère te chope en train de te branler... ce n’est pas une expérience personnelle je précise... et donc la première place c’est par exemple.... Une journée avec moi~

Un petit rire m’échappe et je secoue la tête de gauche à droite désespéré par ses propos.

-Et donc pour essayer de te rapporter plus de chance, tu dois te trimballer avec un objet spécifique à ton signe, et ça change tous les jours... Par exemple...t’es de quel signe toi ?

Non mais comment je le vois arriver avec ses gros sabots ! Dans la catégorie discrétion il repassera le blond ! S’il voulait simplement pécho ma date de naissance il pouvait me la demander directement plutôt que de me pondre tout une caisse sur l’horoscope dont j’en ai rien à branler. C’est des trucs débiles pour exciter le coté mystérieux des bonnes femmes en manque de fantaisie ça ! Comme si les étoiles pouvaient avoir une quelconque interférence sur notre destin….

Je lui donne un coup de coude dans les côtes. Un petit coup qui ne fait pas trop mal. J’ai pas envie qu’il finisse à l’infirmerie et que je me prenne la troisième retenue de la matinée ! Parce que là c’est un allé sans retour direct chez le fossoyeur ! Mon père serait capable de me tuer. Pour de vrai…

«  Tout ça pour savoir mon signe…. Dans le genre dragueur pas doué tu es le champion. Tu mérites même pas que je réponde à ta question…. Enfin… Je suis capricorne… Je suis né le 25 décembre. Joyeux Noel… »

Le père noël aurait mieux fait de chier au lit plutôt que de me déposer dans les chaussettes de mes parents. Ma vie est tellement de la merde que j’en arrive à regretter d’être venu au monde. Rien n’arrive à me faire sourire en ce bas monde. Tout m’écœure. Me dégoute. J’arrive à ne pas regretter mon existence que lorsque je me retrouve seul avec ma mère… Elle sait me comprendre…. Elle essaie de me protéger. Et j’essaie d’en faire de même en retour…

Le grognement de mon ventre me ramène à la réalité. J’imagine qu’il l’a entendu et j’en ai rien à foutre. J’ai faim…. J’ai beau avoir mangé ce matin ça n’empêche pas que j’ai quand même faim… Des fois je me dis que je devrais essayer d’acheter des paquets de gâteaux pour prendre une sorte de collation à 10h… Mais je n’y pense jamais.

Je l’écoute m’expliquer à quel point ses parents sont cons en plus d’être radins. C’est clair que pour 3€50 on a plus rien. Il suffit de regarder le prix d’une baguette de pain ou d’un croissant sur Paris. Ils pensent vraiment que leur précieux bambin va pouvoir se nourrir convenablement avec si peu d’argent ? C’est bien les riches ça ! Aucune notion du cout de la vie. Ils sont tellement blindés qu’ils ne se rendent plus compte de la valeur des choses.

J’ai donc le choix entre le laisser se demerder avec ses 3€50 ou lui filer un coup de main. Décidément ma bonté d’âme me perdra parce que je prends la décision de lui faire profiter de mes tickets universitaires que j’ai acheté pour deux fois rien à un petit merdeux de ma cité.

-Ah...le bon air frais de la richesse, y’a que ça de vrai...


« A qui le dis tu….. »

-Mais merci, c’est vraiment sympa, entre ça et les clopes je te suis éternellement redevable.

« Heureux que tu en prennes conscience… »

On entre dans le bâtiment principal du lycée et on regagne notre salle de cours dans le brouhaha général déclenché par nos camarades de classe. Je me remets à ma table préférée et Erwin prends place à mes côtés pour mon plus grand déplaisir. Je pense que je vais définitivement devoir enterrer ma solitude…. RIP je t’aimais bien

Mes pensées essayent de s’accrocher aux lèvres de Pixis qui nous parle de sa matière avec autant d’énergie qu’un ramolosse dépressif… Dans de telles conditions, je ne tiens pas plus de dix minutes avant de décrocher complétement et de me saisir de mon crayon de mine pour commencer à griffonner sur mon cahier.

Je dessin prends forme sous mes yeux et je me sens un peu plus aisé. Dessiner me permet de coucher sur papier ce que je renferme au plus profond de moi-même. Ma mère m’a toujours encouragé à le faire. Lorsque me père me frappe, les dessins qui suivent ne sont qu’une succession de traits brutes, rapides, appuyés et dans lesquels on comprend toute la violence et la souffrance que j’essaie d’exhorter. Quand je suis en cours, c’est souvent des paysages qui s’échappent de mon crayon vagabond. Je dessine mon envie de quitter cette classe. Mon besoin de liberté et mon avidité à découvrir des choses que je n’ai encore jamais vu mais que je m’imagine magnifique…. C’est le cas de ce paysage relativement zen et asiatique que je vois prendre forme presque malgré moi. Je tourne la tête sur le côté quand je sens un regard peser sur moi et je tourne la page rapidement pour cacher à Erwin mon dessin tout neuf. Pourquoi il me regarde comme ça lui ? Il peut pas me foutre la paix et écouter Pixis ?

-Aucun problème, mais je comprend strictement rien de ce qu’il raconte alors je préfère te regarder dessiner. Ca avait l’air beau...

J’hésite.  

J’hésite entre lui dire d’aller se faire foutre ou tourner la page de mon cahier pour lui montrer ce que je viens de dessiner. Mais je n’ai jamais montré mes dessins à personne. Parce que j’en ai honte. Parce que je ne veux pas qu’on découvre ce que j’ai au fond de moi. Parce que je n’assume pas ce talent que je sais posséder, sans vouloir me vanter.

Alors je m’empare de son classeur et je griffonne dessus avant de lui rendre


-Je suis donc en possession d’un trésor, très bien mon caporal je vais le conserver for ever~

Un petit rictus étire mes lèvres et je porte ma main droite à mon front pour lui rendre un salut militaire. Je repose mon crayon de papier et je soupire en essayant de reporter mon attention sur Pixis. Cette fois c’est un gargouillement de mon estomac qui me coupe mon élan de concentration studieuse.


-C’est l’heure de l’encas alors c’est cadeau en échange de ton œuvre d’art, je sais pas ce que t’aime alors désolé pour le choix un peu nul...

Je le vois déballer sur la table deux paquets que je regarde avec surprise. Le premier est un paquet de madeleines que j’imagine déjà toutes moelleuses et avec un gout sucré légèrement vanillé. A moins que ce soit l’une de celles qui ont ce petit gout d’amande amère que Maman préfère. Le second est un paquet de Granola nappés de chocolat-caramel.

Mon regard passe de l’un à l’autre des choix proposés. La madeleine. Le gâteau. Le nature. Le chocolat. La raison. La gourmandise. Je ne sais pas quoi choisir. D’un côté les madeleines c’est juste fabuleux et incroyablement moelleux. Mais le chocolat avec du Granola c’est OTP ! Alors bon… ARGHHHH quand je vous dis que Erwin est un casse burnes ! Même quand il veut bien faire en proposant un gouter il arrive encore à être chiant de mettre des choix si tentants !

Ma main se tend. Elle hésite et s’immobilise. Puis elle se referme le sur le sachet transparent pour s’emparer de la madeleine. J’ouvre le papier en essayant de rester discret et de me contenter de lui dire un petit «  merci » pour cet encas plus que bienvenu.

J’étais en train de finir d’avaler mon gâteau aussi délicieux que je l’avais imaginé quand un Erwin se penche vers moi pour murmurer près de mon oreille

-Eh...pourquoi la meuf là-bas nous regarde bizarre... ?

Je tourne mon regard vers «  la meuf » en question pour voir qu’Erwin me désigne Hansie. Cette dernière me regarde et elle agite soudainement une feuille devant telle dès que nos regards se croisent. Mes yeux s’écarquillent un instant lorsque je reconnais la copie qu’elle brandit avec inquiétude et nervosité.

Putain…. Ma composition de philo ! Celle que je lui ai passé juste avant le cours de Shadis et que j’ai oublié de récupérer à la récré. La conne !!! Elle a oublié aussi de me la rendre et me voilà bien emmerdé maintenant ! Impossible de la récupérer ! Putain de merde ! Dire que j’ai passé pas moins de cinq heures à lui faire sa compo de merde à Pixis !

Putain de putain de putain de bordel de merde !

Une ombre se place devant ma table et je lève mes yeux pour regarder Pixis qui a braqué son regard sue moi. Il me domine de toute la hauteur de sa petite personne chauve

-Je ramasse les rédactions, j’aimerais la tienne Livaï.

Silence…..

Je me tasse un peu plus sur ma chaise et je croise les bras sur ma table. Mes yeux gris se plantent dans les siens et je prends une inspiration avant de me lancer. Quitte à être grillé autant y aller à fond. Je sais très bien que j’ai deux solutions : Dire la vérité – à savoir que Hansie m’a demandé ma compo pour la copier – et faire plonger la crado avec moi. Ou bien mentir… et assumer seul la responsabilité de ma copie manquante.

« C’est-à-dire que j’ai eu un soucis, Monsieur Pixis. Vous n’allez pas me croire mais je vous jure que c’est vrai…. »


Ma voix et convaincante alors que je vois déjà dans son regard qu’il sent la supercherie à plein nez

« En venant ce matin au lycée, un goinfrex sauvage est apparu et à bouffé ma copie. »


J’aurai bien poussé le vice jusqu’à lui dire que pour récupérer ma copie faut attendre deux jours que le goinfrex chie mais face au regard réprobateur et menaçant je vois bien que j’ai pas intérêt à trop pousser papi dans les orties. De toute façon que je lui sorte un mensonge grossier ou un autre plus plausible du genre «  je l’ai oublié chez moi », la sanction aurait pas été différente et elle n’allait d’ailleurs pas tarder à tomber

« Deux heures de retenue Livaï…. La première pour ne pas avoir rendu ton devoir et la seconde pour ton insolence insupportable »

Il tourne les talons alors que mon monde intérieur s’effondre encore un peu plus. 5 heures de retenue en une seule et unique matinée. Je ne sais même pas comment réussir à faire passer la pilule auprès de mon père ce soir. Je sais déjà ce qui m’attends et la perspective de mon retour à la maison suffit à lui seul de m’écœurer pour la fin de la journée.

Dès que Pixis a le dos tourner, je vois Hansie m’adresser un regard désolé et me demander pardon de façon silencieuse. Le regard que je lui rends est rempli de colère et de haine. Je passe mon pouce sous ma tête et je le fais glisser le long de la gorge pour mimer le geste de l’égorgement. Une menace qu’elle comprend parfaitement vu qu’elle préfère se retourner et me laisser seul avec ma rage. Mes mains tremblent sans même que je ne m’en aperçoive. J’ai bossé comme un malade sur cette putain de rédaction et je me tape une retenue !!! Mon père va me défoncer ! Il ne me fera pas de cadeau. Il ne va surtout pas chercher à savoir si j’ai des circonstances atténuantes ou non. Comment ne pas flipper alors que je sais parfaitement ce qui m’attends une fois de retour chez moi. Putain….

La sonnerie retentit et annonce l’heure de la pause de midi. J’ai gardé un silence prodigieux et je pense qu’Erwin a bien compris qu’il ferait mieux de ne pas m’énerver davantage s’il le voulait pas se prendre une droite direct en guise d’unique réponse.

J’enfourne mes affaires dans mon sac en bordel et j’en sors mes écouteurs. J’arrache un ticket du Resto universitaire et je le claque contre la table pour le filer à Erwin

« T’as qu’à aller bouffer. Tu prends la première à droite puis c’est tout droit en longeant le trottoir »


Moi je n’ai pas faim. Je ne lui laisse pas le temps de me répondre et je m’enfuis rapidement. Il y a un parc pas très loin du lycée et c’est là-bas que je vais me réfugier. Les bancs sont tous déjà pris et je m’en fous pas mal. Je vais squatter sous un saule pleureur auquel je m’adosse avant de prendre une cigarette. J’aime bien venir ici. Dans ce parc. Et sous cet arbre. J’ai presque l’impression d’être caché. Que personne ne peut me retrouver. Mon sac est posé à côté de moi et j’ai replié mes genoux contre mon torse. Les saloperies d’horoscopes de la mère d’Erwin ont peut être raison. Les capricornes sont derniers aujourd’hui….

Les branches de mon saule pleureur dansent un peu quand quelqu’un se fraye un passage pour me rejoindre. Je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir qu’il s’agit de mon parasite préféré qui vient encore me casser les pieds. Je souffle la fumée de ma cigarette avant de le regarder, un peu blasé, un peu fatigué

« Me dis pas que t’as pas trouvé le resto U … Tu peux pas le louper c’est un gros bâtiment énorme. Même un abruti comme toi devrait y arriver »

Je lève la main pour amener la cigarette à mes lèvres. Je tire dessus, inspire la fumée qui imprègne mes poumons avant de la rejeter ensuite d’un souffle brumeux

« Si tu attends de moi que je t’accompagne c’est mort. J’ai pas faim…. J’ai même plutôt envie de gerber…. »


Je passe ma main sur mon front et dans mes cheveux. Je pose ma tête sur mes genoux repliés contre moi, me recroquevillant contre cet arbre qui me sert d’appui

« Putain j’suis trop con… pourquoi j’ai filé ma copie à cette grosse crasseuse d’Hansie… »


C’est vrai ça… pourquoi…. Parce que je suis débile… et parce qu’envers et contre tout ce que je m’applique à faire et à dire et bien… je l’aime bien cette pauvre fille… elle a toujours été sympa avec moi. C’est, je crois, ce qui se rapproche le plus d’une amie dans ce foutu lycée pourri…. Et quand on a la chance d’avoir une amie… on s’entraide…. Et on ne se dénonce pas au professeur… même si pour ça on va devoir en payer ensuite le prix fort….



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   14/4/2017, 11:07

Fais moi de la place


feat. Livai ♥


Contrairement à ce que l’ont pourrait penser en voyant certains de mes sourires ou de mes sous-entendus, je ne suis absolument pas un dragueur.

A la rigueur, je peux être un séducteur lorsque j’en ai envie ou besoin, mais la drague, ce n’est clairement pas pour moi, c’est juste du baratin débile afin d’amener à la copulation. Tandis qu’avec une séduction bien effectuée et mise en œuvre, tu peux obtenir bien plus qu’une paire de jambes écartées...

En fait, je pense même être passé maitre dans l’art de la séduction. Que cela soit du côté des jeunes demoiselles en émoi que de mes professeurs, des mères de famille ou des mecs qui jouent les durs...finalement personne ne me résiste. Et ce n’est absolument pas pour me la péter que je dis ça, de toute façon il n’est même pas question de physique, la séduction ne passe pas que par l’apparence, c’est plus subtil.  

Bon, je vais pas vous faire un cours, je suis pas coach en séduction non plus hein, de toute façon tout ça c’était pour dire que je suis pas un dragueur, voilà. En général c’est plutôt les autres qui viennent me draguer, et cela m’arrange plutôt, je préfère être le désiré que le désirant, cela me donne une position de force que j’apprécie et dont je profite allègrement.

Il ne faut pas se fier aux sourires que je peux faire, cela n’est en aucun cas une preuve d’affection, c’est juste de la politesse et une manière de mettre la personne en question dans ma poche afin d’en faire ce que j’en veux ensuite. C’est un vil procédé je sais, mais il me réussit et c’est très bien. Rares sont les personnes à qui je peux offrir un véritable sourire, à vrai dire il n’y a que Mikasa et Eren qui pouvaient en profiter.

Pourtant je promets que je ne fais pas exprès à la base, c’est juste que je n’arrive pas à m’attacher aux gens, à vraiment les apprécier. Mais eux, ils semblent s’accrocher à moi comme des moules à leur rocher... Simplement parce que je suis issu d’une bonne famille et que j’ai l’air « cool et sympa ». Comment voulez-vous bâtir une relation saine avec de telles bases ? Après qu’on vienne pas me chier une pendule parce que je me sert des gens comme ça.

Enfin bref, passons, retournons à nos mouton, ou à notre beau garçon dans le cas présent...

-Tout ça pour savoir mon signe…. Dans le genre dragueur pas doué tu es le champion. Tu mérites même pas que je réponde à ta question…. Enfin… Je suis capricorne… Je suis né le 25 décembre. Joyeux Noel…

-Mais c’est pas de la drague...C’était juste pour savoir ton signe et ainsi t’apprendre que ton objet du jour est un magasine de mode... enfin je crois, je retiens pas tout par cœur non plus.... Moi c’était un arrosoir... autant te dire que j’en ai pas pris un dans ma poche...


Mais si je l’avais fait je me demande si j’aurais tout de même écoper de ce superbe mercredi en colle... Enfin, dans mon malheur j’ai tout de même la chance de le passer avec Livai, ce qui aurait pu être pire qu’on se le dise. D’ailleurs je pense être bien tombé en étant assis à côté de lui, il a l’air plutôt sympathique dans son genre, et pas chiant. Ce qui est un détail important !!

Je ne lui trouve que des qualités pour le moment : il écoute de la bonne musique, il est sexy, il dessine vachement bien, il est trop sexy, il aime les madeleines...et bordel il est sexy. Et oui, c’est une qualité chez moi, et pas la peine de me prendre la tête parce que je juge sur le physique blablabla... C’est bon, je fais ce que je veux, vous êtes pas mon père.

Franchement vous trouvez pas que c’est plus agréable de discuter avec des gens beaux ? Moi si. Par exemple la fille à lunettes qui nous regarde là, ben j’aurais du mal à lui parler, pas qu’elle soit spécialement moche, ça a l’air d’aller, mais elle a les cheveux tellement crades... Je suis pas coiffeur ou expert mais ça se voit que c’est gras et pas lavé depuis un moment... Yeurk !

Et en plus d’être sale elle est pas maligne... Je comprends rapidement que la feuille qu’elle agite dans tous les sens est celle de mon voisin de table, autant dire qu’il n’a pas fini de se mettre dans la mouise aujourd’hui... Il aurait vraiment dû prendre son Lucky item, et j’aurais jamais cru dire ça un jour.

-C’est-à-dire que j’ai eu un souci, Monsieur Pixis. Vous n’allez pas me croire mais je vous jure que c’est vrai… En venant ce matin au lycée, un goinfrex sauvage est apparu et à bouffé ma copie...

Je me mords la lèvre en baissant les yeux pour fixer ma trousse afin de me retenir de rire, un Goinfrex, j’avais encore jamais entendu ça. Ce qui est incroyable, c’est surtout la qualité de Livai à creuser encore alors qu’il est déjà au fond du trou...

-Deux heures de retenue Livaï…. La première pour ne pas avoir rendu ton devoir et la seconde pour ton insolence insupportable.

Oops...

Je laisse mon regard passer de la fille sale à Livai, et de Livai à la fille sale... Je pense qu’elle va passer un mauvais quart d’heure rien qu’au regard qu’il lui lance... Avec le petit geste affectif qui va avec.
Finalement ce qui me choque dans cette histoire, c’est quand même le fait que la demoiselle n’ai rien fait pour aider son pote qui vient de lui sauver les miches... Ce n’est pas très loyal de sa part, elle cumule les défauts jusqu’à présent...

Du coup, avec cette histoire je sens que mon voisin est un peu tendu, je préfère le laisser tranquille, j’ai pas spécialement envie de me faire taper sur le coin de la gueule... Et puis je ne sais que lui dire après tout ça, le pauvre. Le reste du cours passe beaucoup trop lentement dans cette ambiance tendu comme un string sur le cul d’une vache, et la sonnerie se fait entendre alors qu’un ticket est plaqué sur le devant de ma table...

-T’as qu’à aller bouffer. Tu prends la première à droite puis c’est tout droit en longeant le trottoir

Je n’ai pas le temps de dire quoique ce soit qu’il est déjà parti... Bon, j’ai presque envie de dire que ça m’arrange. Je me lève et je range rapidement mes affaires avant de m’approcher de la fille sale avec un petit sourire faussement timide, ça donne l’air sympa.

-Bonjour. Dis, tu comptes aller voir le prof ?

-Aller voir le prof ? Ben pourquoi donc ?


Elle me regarde de son air ahuri sans voir où je veux en venir...

-Ben... ça ne se fait pas trop vis-à-vis de Livai, pour sa copie je veux dire...

-Oh...euh... Hm oui sans doute, mais j’y peux rien moi...

-Ben si tu peux, c’est de la mauvaise foi ça. Je sais que je m’occupe de ce qui ne me regarde pas, mais je ne trouve pas cette façon de faire très loyale, c’est pas comme ça que ça marche dans la vie.

-Et t’es quoi, un genre de chevalier servant ?


Je regarde le garçon qui s’est incrusté dans la conversation. Il est grand et blond, un air peur commode (plutôt armoire). Mais il ne m’impressionne pas du tout.

-Non, j’essaye juste de comprendre les us et coutume de votre nation, pour l’instant j’en conclu seulement que je suis tombé au pays des abrutis.

-Eh tu veux q-

-Reiner c’est bon. Il a raison...quand même. C’est pas sympa pour Livai, il as déjà été collé ce matin en plus...

-C’est que Livai, on s’en fou de sa gueule... D’ailleurs tu devrais en faire de même le nouveau... Aller Bertholdt on va bouffer.


Je hausse un sourcil en le regardant partir avant de me retourner vers la brune à lunettes qui ressort la copie de Livai de son sac avant de me sourire. Elle se dirige vers le prof et je garde une oreille tendue pour écouter ce qu’elle a à lui dire. Je reste jusqu’à ce qu’elle revienne et je lui souris à mon tour.

J’apprends en même temps qu’elle s’appelle Hansie Zoe, et qu’elle n’a pas l’air bien méchante, cela compense avec son hygiène douteuse. Elle me propose de manger avec elle et ses amis mais je refuse en prétextant manger avec Livai, je lui suis d’ailleurs reconnaissante de m’avoir indiqué où je pouvais le trouver à cette heure-ci.

Je sors du lycée et je m’allume une cigarette que je fume sur le trajet jusqu’au bureau de tabac, avant de prendre la direction du parc en question. Je trouve le petit brun assis sous un arbre et je m’approche de lui avant de poser mon sac à ses côtés.

-Me dis pas que t’as pas trouvé le resto U … Tu peux pas le louper c’est un gros bâtiment énorme. Même un abruti comme toi devrait y arriver. Si tu attends de moi que je t’accompagne c’est mort. J’ai pas faim…. J’ai même plutôt envie de gerber….

-Je n’ai pas cherché à vrai dire, j’ai pas si faim moi non plus. Tiens...

J’ouvre mon sac et je sors un magazine que j’ai acheté avec mes pauvres 3€50. J’avoue que j’ai failli lui faire une petite blague et j’ai hésité entre un bouquin de chasse et pêche ou un truc de cul... Mais finalement j’ai pris un magazine de tatouages, vu qu’il aime le dessin, c’est du dessin, voilà...

-Je pense que tu vas avoir besoin de ton objet du jour aujourd’hui....

Je lui fait un sourire un peu désolé avant de le regarder geindre

-Putain j’suis trop con… pourquoi j’ai filé ma copie à cette grosse crasseuse d’Hansie…

-Ah, justement à propos de ça...


Je me rapproche de lui et je pose mon cul dans l’herbe, en espérant que cela ne colore pas mon pantalon, j’aurais l’air bien con.

-Elle est allée voir le prof à la fin du cours pour lui expliquer la situation, j’sais pas trop ce qu’elle lui a baratiner mais il a consenti à prendre ta copie pour la noter... Tu auras quelques points en moins pour l’avoir passé à quelqu’un par contre... Et pour tes heures de colle il veut bien les annuler si tu lui fais une lettre d’excuses pour demain...


Je hausse les épaules et je le regarde en omettant de dire que j’avais un peu poussé cette Hansie à le faire, il n’a pas spécialement besoin de le savoir pour l’instant. Tout comme il n’a pas besoin de savoir les propos que Reiner avait eut à son égard... Je sens que je vais m’amuser cette année avec tout ça tiens.

-Je suis sûr que si tu lui fais un petit dessin de toi dans le coin de la feuille tu seras tout à fait pardonné...

Je rigole doucement, histoire de détendre l’atmosphère même si je prends finalement le risque de l’énerver d’autant plus. J’aime vivre dangereusement qu’est-ce que vous voulez....

Je profite un peu de la petite bise qui fait bouger les feuilles du saule mais pas mes cheveux parfaitement plaqués à mon crâne, c’est agréable. Le parc est plutôt joli en plus... Je me demande si Livai vient souvent ici, sans doute vu que c’est l’endroit qu’Hansie m’a indiqué pour le trouver.

Je prend le magazine que je lui ai acheter pour le feuilleter un peu, j’aime bien les tatouages c’est super classe, j’aimerais m’en faire un, un jour, mais je devrais attendre de partir de chez moi car c’est même pas la peine que j’en parle à mon père... Il n’y a qu’à voir la façon dont il parlait d’Eren alors qu’il en avait un tout petit... Qu’est-ce qu’il est chiant.

-Oh regarde, t’en pense quoi de ça ? C’est trop beau !

Je lui désigne la photo d’un mec avec des ailes dans le dos, mais pas genre fragile « je suis un ange » hein... Un truc plus cool, qui représente la liberté, à mes yeux. Une liberté à laquelle j’aimerais vraiment goûter...


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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   15/4/2017, 17:14

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Décidément il ne me lâchera pas avec son histoire d’horoscope et d’objet de la chance. Je m’en fou un peu beaucoup de ce que doit être ce fameux objet réservé aux capricornes. J’ai tendance à croire que j’ai une vie de merde. La chance ce n’est absolument pas pour moi sinon ça se saurait. Si j’étais quelqu’un de chanceux je n’aurai pas cette vie là… je n’aurai pas un père qui me frappe… Ou alors, si je suis la logique de mon cher voisin, c’est parce que je n’ai pas pris mes objets pendant des années que je récolte cette vie bien à chier…

Un magazine de mode…. Je ne vois pas en quoi un Biba ou Vogue ( je préfère encore Têtu…. ) va m’empêcher de me prendre une dérouillée quand je vais rentrer. Mais bon je ne vais pas rentrer dans la polémique avec Erwin. Je n’ai nullement envie de discuter de ces conneries là. Et lui non plus a pas son objet du jour… un arrosoir. Note que ca aurait peut-être marrant de le voir se pointer au bahut avec ça pour son premier jour de classe.

Finalement le cours de Pixis est aussi inintéressant que celui de Shadis. Je m’ennui lorsque je suis en cours. Je n’arrive pas à trouver une matière à laquelle me raccrocher pour rendre mes journées un peu plus passionnantes. Il n’y avait que les cours d’art plastique auxquels je m’intéressais vraiment…. Mais il se trouve qu’en terminal littéraire, l’art plastique ne fait plus partie des matière enseignées. C’est une option…. Option à laquelle mon père a refusé de m’inscrire parce qu’elle était payante et qu’il a refusé de dépenser un centime pour que je fasse du gribouillage, pour reprendre ses propres termes.

Il a vraiment rien compris ce connard. Il ne me connais pas…. Il ne sait rien de ce que j’aime ou de ce qui me dégoute. La seule et unique chose qui était important c’est de ne pas dépenser un sous de plus pour qu’il garde son pognon pour se payer ses boissons. J’aurai pu parler à ma mère de mon envie de m’inscrire à l’option d’art plastique mais elle fait déjà tellement pour moi que je refuse de lui imposer une rigueur supplémentaire. Alors c’est pas si grave, je dessine tranquillement chez moi…. ou en cours de philo quand c’est vraiment trop chiant. Comme maintenant

En tout cas, je ne pensais pas dire ça mais c’est pas si mal d’avoir Erwin comme voisin de table. S’il continu à apporter de bonnes choses à bouffer je pense même vouloir le garder. C’est que des madeleines c’est trop délicieux pour pouvoir s’en passer. Je ne vais donc pas être con au point de refuser le paquet qu’il a posé sur la table et que j’ouvre avec discrétion avant de pouvoir en gouter une.

Le cours de philo aurait pu continuer de cette même manière. On aurait pu continuer tranquillement à bouffer des madeleines entre deux dessins griffonnés à l’arrache sur le coin de nos cahiers. Mais évidemment il avait fallu que ça se passe autrement. Pixis a réclamé ma copie et je n’ai pas pu la lui donner vu qu’elle était dans les mains de cette pouilleuse d’Hansie. Putain… j’en ai tellement marre… Je me prends deux heures de retenue supplémentaires qui viennent s’additionner à celles que j’ai déjà eu dans la première partie de la matinée

Ca serait un euphémisme de dire que je suis furieux. Oh non… je suis bien pire que ça. J’ai envie de toute envoyer balader. J’ai envie de me lever, de retourner la table et de faire un doigt d’honneur à Pixis avant de me tirer. Mais je sais très bien que si je fais cas, la sentence n’en sera que plus grosse et ma punition ce soir n’en sera que plus conséquence. Alors je ferme ma gueule. Je reste comme un con sur ma chaise à essayer de me contrôler. J’attends que le temps passe. Je ne comprends même plus ce que dit Pixis. J’en ai rien à foutre de son cours, de la classe, de mon devoir, de mon voisin. Je les emmerdes tous… et profondément avec ça !

Dès que la sonnerie retentie je bondis sur mes pieds et je ramasse mes affaires que je fourre n’importe comment dans mon sac. Je claque le ticket du résto U pour que Erwin puisse aller bouffer aux frais de la princesse puis je me tire, enfin. Je me dépêche de quitter cette salle de classe moisiz ainsi que toutes les têtes de cons qu’il y a dedans. Au lieu de ça je prends la direction du parc situé non loin du lycée et je vais sous le saule pleureur qui constitue un peu ma cachette, mon QG

Je pensais pouvoir être tranquille ici. Planqué sur les branches tombantes de mon arbre, je croyais échapper aux abrutis qui voudraient venir me faire chier. Mais c’était sans compter sur la présence nouvellement arrivée d’Erwin… ce mec il est collant comme c’est pas possible…. Il me fatigue…  Je lui ai pourtant bien indiqué où se trouvait le resto universitaire alors pourquoi est-ce qu’il vient encore me faire chier ?

Un petit bruit sourd attire mon attention et je tourne la tête sur le côté pour voir de quoi il s’agit. Erwin a lâché un magazine consacré au tatouage. Je regarde le bouquin avant de relever les yeux vers mon camarade qui s’installe juste à côté de moi

-Je pense que tu vas avoir besoin de ton objet du jour aujourd’hui....


J’en déduis que le magazine de tatouages est censé être le fameux objet dédié aux capricornes pour leur apporter de la chance. Je ne réponds pas. Je ne touche pas la magasine non plus. Il n’a pas idée de ce qu’il vient de raconter. De la chance…. Ha putain c’est clair qu’il va m’en falloir pour affronter mon père ce soir…. Il va me falloir un millier de bouquins même…. Mais je sais parfaitement que ça ne changerait rien à la destinée qui est la mienne….. Je suis d’un pessimisme à pleurer.

Recroquevillé contre mon tronc d’arbre, le cul dans la pelouse et les bras encerclant mes jambes, je me désole d’avoir été stupide au point de passer ma copie à Hansie et de n’avoir plus pensé la récupérer…. Quel con ! Non mais quel pauvre con putain

-Ah, justement à propos de ça...

Je sors la tête de mes bras pour la tourner vers Erwin afin de l’interroger du regard

-Elle est allée voir le prof à la fin du cours pour lui expliquer la situation, j’sais pas trop ce qu’elle lui a baratiné mais il a consenti à prendre ta copie pour la noter... Tu auras quelques points en moins pour l’avoir passé à quelqu’un par contre... Et pour tes heures de colle il veut bien les annuler si tu lui fais une lettre d’excuses pour demain...

Mes yeux s’écarquillent sous l’effet de la surprise. Je ne sais pas ce qui m’étonne le plus. Est-ce que le fait d’Hansie soit allé parler à Pixis ? Elle est malade ? Qu’est ce qui lui a pris de faire ça ? non pas que ça me dérange, bien au contraire, mais c’est la première fois…. J’ai beau plus ou moins l’apprécier, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’elle est mon amie… enfin je sais pas…. Je sais plus à vrai dire.

Ou bien est-ce de savoir que Pixis est prêt à annuler ma punition si je lui faire une vulgaire lettre d’excuses ? Si seulement tiens… ca m’arrangerait bien d’avoir deux heures de colles en moins parmi toutes celles que j’ai récolté ce matin. Mais j’ai quand même du mal à y croire à toute cette histoire. C’est tellement…. Inespéré

«  Sérieux ? Elle est allé parler au prof ? Et Pixis veut bien lever la retenue ? »

J’ai tellement de mal à y croire bordel…. Finalement c’est peut être grâce à son magasine de merde qui porte chance…. Je vais finir par y croire à ces conneries

-Je suis sûr que si tu lui fais un petit dessin de toi dans le coin de la feuille tu seras tout à fait pardonné...

Je hausse un sourcil avec une certaine suspicion. C’est pas le genre de chose qu’il faut me dire ça…

« Ne me donne pas de mauvaise idée… je suis capable de le faire … »

Et je pense même que je le ferai. Ne serait-ce que pour le clin d’œil à Erwin. Haa…. Je vais la lui rédiger sa lettre d’excuses. Je vais même lui en faire une super belle, super longue avec des mots compliqués comme il les aime bien histoire qu’il voit que j’ai un vocabulaire développé qui ne se limite pas qu’à des mots grossiers. Et pour parfaire le reste je lui ferai un petit moi avec une joli courbette. Si avec ça il ne me pardonne pas et ne me lève pas la punition et bah je ne sais pas ce qu’il lui faut de plus, à Pixis. Une pipe ? Même pas en rêve !!!

La bonne nouvelle de la punition levée à un avantage certain : celui de me détendre un peu et d’alléger le poids qui pèse sur mes épaules à l’idée de devoir rentrer chez moi. Ça ne m’empêchera pas de me prendre ma raclée que mon père pensera méritée. Mais ça me console un peu de savoir que ma copie sera prise en compte et que je n’ai pas bossé dans le vent. Tout comme ça me console de savoir que je n’aurai pas à effectuer toutes les retenues que j’ai si rapidement cumulé ce matin.

Erwin s’est saisi du magazine qu’il m’a acheté et il l’ouvre pour le feuilleter. Je garde la tête tournée dans sa direction et je jette des coups d’oeils par-dessus son épaule pour voir défiler différents modèles de tatouages plus beaux les uns que les autres

Il s’arrête finalement sur un tatouage présenté en grand sur une page. Il tend le magazine dans ma direction et je le lui prends des mains pour regarder plus en détails

-Oh regarde, t’en pense quoi de ça ? C’est trop beau !


Je rapproche un peu plus le bouquin de mes yeux pour regarder chaque détail du tatouage en question. Il s’agit d’une paire d’aile tatouée sur le dos d’un mec. Ce ne sont pas des ailes ordinaires. Celles sont croisées. Ce dessin, il déclenche quelque chose en moi. Je ne saurai pas dire quoi. Il me parle. Il me plait. Vraiment

« Ouais…. C’est super beau…. J’ai l’impression que ces ailes, c’est la liberté. Je sais pas pourquoi… ça m’évoque ça »

Je déplie mes jambes que je croise en tailleur pour pouvoir y poser le magazine dont je commence à tourner doucement les pages. J’observe différents dessins. Certains sont très beaux. Certains ne me plaisent pas. Que ce soit par leur design ou par le thème évoqué.

« Je pense que je me ferai un tatouage un jour…. »


Je tourne la page pour tomber sur une série de tatouage représentant des cranes…. Les têtes de morts c’est clairement pas mon truc. Je tourne rapidement la page pour voir des choses qui me plaisent davantage. Il s’agit de dessin tribal de type océanique. Je ne me vois clairement pas avec un truc comme ça mais j’aime beaucoup la façon avec laquelle le dessins est élaboré. Ça donne à la fois une impression de force et de douceur mélangée

« Je ne sais pas encore ce que j’aimerai me faire tatouer… mais bon d’ici à ce que ça arrive j’ai le temps d’y réfléchir. Mon vieux est radicalement contre… S’il me voit me pointer un jour avec un tatouage ça risque de chier comme jamais…. »

J’ai fini de feuilleter le magazine et je tourne les pages dans l’autre sens pour retomber sur le tatouage des ails qu’Erwin m’avait montré. Je lui tends de nouveau la revue mais je me penche un  peu vers lui pour lui montrer différentes choses

«  J’aime bien ce style là mais je ne l’aurai pas dessiné comme ça…. Ça ferait plus joli si une aile était blanche et l’autre noire…. J’aurai écarté les ailes pour que ça prenne toute la largeur du dos… et surtout j’étais affiné les plumes des ailes pour donnes un aspect plus… épuré… enfin.... si je devais me faire tatouer un jour je partirai sur un truc dans ce style… Mais je redessinerai complétement…»


Parce que je ne veux surtout pas avoir le même tatouage que quelqu’un. Pour moi, ça doit rester quelque chose d’unique. Comme la personne qui le porte

L’envie de manger n’est vraiment pas présente. J’ai toujours l’estomac noué et je sais parfaitement que rien de ce que je voudrais avaler ne va passer. Alors je me contente de sortir mon paquet de cigarettes et de m’allumer une clope.

« Tu devrais aller manger….. tu tiendras jamais la fin de la journée…. »

J’expire la fumée dans la direction opposée d’Erwin

« On quitte pas tard aujourd’hui… C’est déjà un avantage. »

Je referme le magazine et je le glisse dans mon sac de cours en le comprimant entre me classeur et un livre quelconque dont je ne me souviens même plus du contenu

« Merci ….. pour le magazine je veux dire…. Avec ça je suis immunisé. Plus d’heures de colle de la journée… »


C’est un micro sourire qui étire mes lèvres quand je le regarde. Venant de ma part c’est déjà énorme. Je suis pas le genre de mec à sourire comme un con à n’importe quelle occasion. Mais finalement Erwin est moins casse couilles qu’il en a l’air. Il essai, à sa manière, de me souvenir. Chose que les autres camarades de ma classe n’ont jamais essayé de faire. Alors je peux bien lui sourire et le remercier un minium pour l’intérêt qu’il me porte



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   17/4/2017, 17:07

Fais moi de la place


feat. Livai ♥


Livai a l’air vraiment surpris lorsque je lui apprends pour Hansie... Et je ne peux m’empêcher de trouver ça regrettable dans un sens. Dans mon lycée, c’était quelque chose de naturel de faire ce genre de choses, et je ne parle pas seulement d’Eren et Mikasa cette fois, mais chaque élève prenait ses responsabilités si jamais une situation similaire pointait le bout de son nez... M’enfin... J’imagine que ce n’est pas la même chose partout. Surtout dans ce genre de lycées de bourges, c’est chacun pour sa gueule.

Un sourire étire mes lèvres alors que je passe au moins deux minutes à lui assurer de la véracité de mes propos, il est tellement sur le cul qu’il a du mal à me croire, j’hésite entre trouver ça amusant ou triste... Mais au moins je pense que ça lui a fait du bien, autant au niveau de son travail qu’il n’aura pas fait pour rien que du côté d’Hansie, il doit se dire qu’elle a un minimum de considération pour lui. Je pense d’ailleurs qu’elle doit l’apprécier un peu, car même si j’ai du la pousser au cul pour qu’elle se bouge, elle n’a pas hésité à y aller au final. Il fallait peut-être simplement faire germer cette idée dans sa caboche grasse. La prochaine étape sera donc de lui intimer de se laver les tifs.

-Ne me donne pas de mauvaise idée… je suis capable de le faire...

-Si jamais c’est le cas je veux absolument voir ça !


Parce que c’est typiquement le genre de conneries qui me plait et qui me fait beaucoup rire, allez savoir pourquoi. Je me souviens qu’en seconde je faisais toujours des petites fleurs et des petits cœurs dans mes copies de maths, afin d’amadouer la prof et qu’elle ne me donne pas la note que je méritais... Mais cela n’a jamais marcher malheureusement... Elle devait préférer les filles, je ne vois que ça... A moins peut-être que j’étais vraiment trop jeune en seconde, c’est sans doute ça.

D’ailleurs j’ai vraiment hâte de vieillir, pas de devenir un vieux crouton hein, mais d’atteindre ma tant convoitée majorité. Pas que cela résolve tous mes problèmes, mais au moins une bonne partie. Je compte bien saisir cette opportunité pour partir de chez moi, je ne sais pas encore de quelle façon, mais j’ai un peu plus d’un an pour y réfléchir et me faire un plan en béton afin de quitter le cocon familial.

Ah et puis une fois majeure je pourrais m’en faire un de tatouage, ça aussi j’ai hâte. Mais une fois de plus, j’ai le temps d’y réfléchir, je ne veux pas me faire quelque chose que je regretterai d’ici quelques années, ce sera trop tard. Je ne pense pas qu’un tatouage doive forcément avoir une signification importante, il doit simplement plaire à la personne qui le porte, en partant de ça, j’ai un tas d’idées qui se bousculent dans mon esprit... J’aime énormément de styles et de dessins, sans pour autant savoir lequel m’irait...

Cependant ces ailes que je montre à Livai m’évoquent réellement quelque chose, je pense me tourner vers quelque chose de ce genre, quelque chose qui puisse m’aider à m’évader, rien que par la pensée. Quelque chose qui me parle, qui soit beau, et qui me plaise.

-Ouais…. C’est super beau…. J’ai l’impression que ces ailes, c’est la liberté. Je sais pas pourquoi… ça m’évoque ça.

Je lève les yeux vers lui et je reste silencieux quelques secondes, il vient de dire exactement ce à quoi je pensais, cela m’a un peu troublé sur le coup, mais je préfère ne rien dire, il pourrait penser que je fais ça exprès pour me rapprocher de lui de manière lourdingue.

-Je pense que je me ferai un tatouage un jour…Je ne sais pas encore ce que j’aimerai me faire tatouer… mais bon d’ici à ce que ça arrive j’ai le temps d’y réfléchir. Mon vieux est radicalement contre… S’il me voit me pointer un jour avec un tatouage ça risque de chier comme jamais

-Bienvenue au club... J’ai l’impression que mon père choppe de l’urticaire rien qu’en entendant le mot tatouage....

Je ne vous raconte pas la fois où il a vu le tatouage d’Eren.... Enfin si, je vous raconte quand même. C’était l’été dernier il faisait une chaleur incroyable, alors j’ai invité Mikasa et Eren à venir profiter de notre piscine, autant qu’elle serve à quelque chose celle la. Donc forcément on était à moitié à poil, enfin en maillot de bain. Et mon père était là, j’ai cru qu’il allait faire une syncope. Eren a un collier avec une clef tatoué autour du cou, et quand il est habillé on ne voit rien du tout, c’est plutôt discret, et vachement joli. C’est quelque chose en rapport avec son père décédé, je ne connais pas tous les détails. Enfin bref, c’est pas quelque chose de choquant ou de vulgaire, mais j’ai cru que mon paternel allait le sortir de l’eau par la peau du cul pour le jeter par-dessus nos thuyas... Non mais n’importe quoi, j’ai arrêter d’essayer de le comprendre depuis longtemps.

-J’aime bien ce style là mais je ne l’aurai pas dessiné comme ça…. Ça ferait plus joli si une aile était blanche et l’autre noire…. J’aurai écarté les ailes pour que ça prenne toute la largeur du dos… et surtout j’aurais affiné les plumes des ailes pour donner un aspect plus… épuré… enfin.... si je devais me faire tatouer un jour je partirai sur un truc dans ce style… Mais je redessinerai complètement.

-Si jamais tu le redessine tu as intérêt à me montrer je veux voir ça !


Parce que d’après ses explications ça a l’air vachement intéressant, mais faut voir quoi.

-Tu devrais aller manger….. tu tiendras jamais la fin de la journée… On quitte pas tard aujourd’hui… C’est déjà un avantage.

-T’en fais pas, je suis taillé dans le roc la faim ne me fait pas peur, t’façon il est trop tard pour aller au restau U et j’ai plus de sous... Il me reste deux Granola je vais survivre jusqu’à 16h...


Jusqu’à ce que je me fasse tuer par mon père en fait... Avec tous ça j’en avais oublié ce détail, concernant mon superbe mercredi de colle. Bon dieu je ne sais pas comment lui apprendre la nouvelle... De toute façon quelque soit la méthode le résultat sera foncièrement le même alors autant ne pas se triturer l’esprit et profiter de mes derniers instants...

-Merci ….. pour le magazine je veux dire…. Avec ça je suis immunisé. Plus d’heures de colle de la journée…

-J’espère pour toi... En plus je ne pourrais pas t’accompagner à chaque fois alors tu n’as aucun intérêt à te faire coller...


Je lui souris à mon tour, pour le taquiner un peu. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que cela va devenir ma nouvelle passion.  Du coup, vu qu’aucun de nous deux n’avons décidé d’aller manger, on reste sous l’arbre à papoter de tout comme de rien, il m’explique certaines choses concernant le lycée et la scolarité en générale ici qui est un peu différente de l’Allemagne. Vous avez tellement de vacances en France...c’est criminel. Je n’ose pas encore lui demander un peu d’aide pour la philo vu que je n’ai rien compris. Je vais sans doute essayer de me débrouiller un peu à essayer de comprendre et si vraiment je suis désespéré, je lui poserai quelques questions... A lui ou un autre, du moment que je comprends.

Nous finissons par nous relever de notre agréable position une dizaine de minutes avant de retourner en cours, je serais bien resté là tout l’aprèm mais pas sûr que ce soit bien vu... Après un checking rapide de l’emploi du temps, je découvre que nous avons cours d’anglais... J’adore l’anglais, en fait j’aime beaucoup les langues étrangères et c’est un peu ce qui m’a poussé vers une filière littéraire. Mais j’apprends que les langues se font en groupes plus réduits et mélangés avec la classe de terminal Economique et Social... Merci mais...comment je vais connaître mon groupe moi ? On ne m’a rien dit à la vie scolaire...

Je vois que l’organisation c’est leur fort dans ce lycée, c’est fabuleux. Je n’ai plus qu’à suivre Livai, encore, pour aller interroger sa prof quant à ma présence dans son cours. Le pauvre il va finir par croire que je ne vais jamais le lâcher... En plus je connaissais un mec comme ça, collant comme pas permis, et je ne le supportais pas...

Je me grille une nouvelle clope sur le chemin du retour en profitant de ce dernier moment de calme avant d’écraser le mégot contre ma semelle et de le jeter. Je suis mon voisin de tablée jusqu’à sa salle et je vais directement me présenter à la prof. C’est une petite blonde avec de grands yeux bleus, elle est trop mignonne !! Quand Livai l’a décrite je ne m’attendais pas à ça, mais c’est une bonne chose... Je préfère suivre un cours avec une personne physiquement agréable en face de moi, surtout quand cela dure deux heures d’affilée.

Finalement la prof était au courant pour mon arrivée et elle m’indique la seule place de libre où je peux me mettre, malheureusement la place de Livai est déjà prise par la folle à lunettes alors je souris à ma voisine avant de m’asseoir.

Elle a l’air spéciale celle-ci d’ailleurs... Je conclu rapidement qu’elle est de l’autre classe vu que je ne l’ai pas vu ce matin, j’aurais reconnu un tel visage. Elle a des tâches de rousseurs et des cheveux bruns, plutôt jolie aussi... mais j’ai l’impression que je ne dois pas trop la faire chier... Mais ce n’est pas ça qui va m’en empêcher à vrai dire. Au contraire j’ai tendance à être attiré par ce genre de personnes... Et cela ne manque pas, je lui ai à peine dit trois phrases que j’écope d’un « ta gueule » prononcé avec tendresse. Je ne peux m’empêcher de rigoler un peu, et de continuer, elle finira bien par me répondre de toute façon.

Le cours se passe plutôt rapidement, là encore je remarque quelques différences avec ceux que je recevais en Allemagne, mais ce n’est pas déplaisant, après tout il n’y a pas qu’une seule manière de faire.

-Ymir, ma douce... Tu aurais l’amabilité de me prêter ton cahier si joliment calligraphié afin que je puisse y jeter un œil ?

-Tu m’appelle encore une seule fois « ma douce » et je fais en sorte que ce soient tes derniers mots, meine süße.


J’éclate de rire, plus discrètement que ce matin, et je prends le cahier qu’elle me tend avec son air blasé de la vie. Ca doit être une mode ici... Je la remercie et je le range avant de me relever, pile au moment où Livai passe à côté de moi, quel heureux hasard. J’en profite pour le suivre, tel un harceleur... En même temps on ne se verra plus jusqu’à demain alors il doit profiter une dernière fois de moi.

-J’ai vu ton regard déçu quand tu as constaté que je ne serais pas à côté de toi... Je te comprends...

Je me rapproche un peu de lui et je chuchote en me penchant vers sa petite personne.

-Mais ne sois pas jaloux, je ne suis pas intéressé, de toute façon je soupçonne ma voisine de préférer la prof...

C’est qu’elle n’a fait que de la mater tout le long du cours... Et je dis bien mater, pas seulement regarder genre comme si elle était attentive, je sais faire la différence entre ces deux types de regards, et là, c’était clairement orienté, on me la fait pas à moi !

Je continue d’embêter mon petit teigneux préféré tout en descendant les escaliers jusqu’à arriver en bas pour enfin sortir de ce lycée. N’importe qui aurait pu être enthousiaste à cette idée, sauf moi. Ma bonne humeur me quitte rapidement, à l’instant même où je reconnais la voiture de mon père devant la grille, il est déjà là en train de m’attendre.

Ah...voilà, je dois avoir l’air bien con d’un coup, je fais moins le malin, à stresser comme un con à l’idée de devoir lui raconter ma journée... Je m’efforce de sourire à Livai avant de le saluer rapidement, je n’ai pas spécialement envie que mon père me voit avec lui et commence à poser des questions...

Je le quitte donc avant de rentrer dans la voiture coté passager et de mettre mon sac à mes pieds. Mon père me salue d’un mouvement de tête que je lui rends et j’attache ma ceinture avant que mon procès ne commence... J’ai les mains moites.

-Comment s’est passé ta journée ?

-Relativement bien, merci.

-Tu me donneras ton emploi du temps en rentrant, comme ça je pourrais organiser le reste de la semaine.

-D’accord...

-D’ailleurs mercredi nous irons voir pour tes cours particulier, tu viendras avec moi.

-Euh...à ce propos, ce sera pas possible mercredi...

-Pourquoi donc ?


Il hausse un sourcil et me regarde du coin de l’œil sans se détourner de la route. J’ai mal au ventre, ma voix à du mal à sortir, c’est presque inaudible...

-Je suis collé...

-Pardon ?


Il se tourne complètement vers moi, profitant que le feu soit passé au rouge. Je sens son regard menaçant m’oppresser complètement.

-Le prof d’histoire m’a collé...mercredi après-midi...

-C’est une blague Erwin ? Tu t’es fait coller le premier jour ??


Je le vois serrer les dents pour ne pas se laisser exploser, du moins, pas maintenant. Il se retourne vers la route en respirant plus fort, je le vois à ses narines qui vibrent, signe qu’il est vraiment énervé...

-Nous en parlerons en arrivant.

Je ne réponds pas, et je détourne le regard vers la fenêtre afin de laisser défiler le paysage à l’extérieur. Je sais déjà que la discussion sera courte, et qu’il laissera parler autre chose... J'ai le sentiment que la soirée va être longue et douloureuse.

A peine arrivé, mon père semble avoir oublier qu'il voulait en parler, et il désigne sa chambre d'un coup de tête, m'intimant silencieusement d'aller chercher moi même ce dont il a besoin. Je rentre dans la pièce et j'ouvre son armoire où trônent bon nombre de vêtements hors de prix, elles sont accrochées à des cintres... Je les regarde, et je prend une ceinture au hasard avant de retourner auprès de lui afin de la lui tendre.

A aucun moment je ne croise son regard, je baisse les yeux lamentablement avant de retirer ma chemise et de lui tourner le dos. Je connais la procédure par coeur maintenant. Je m'appuie contre le mur de devant avec mes bras et je laisse reposer ma tête dedans en fermant les yeux, en attendant qu'il termine.

Sans faire un bruit, cela lui ferais trop plaisir.



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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   18/4/2017, 09:13

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Je pense que je vais le faire, le dessin sur la copie de Pixis… Si j’avais le numéro de téléphone ou le mail d’Erwin, j’aurais même fait une photo pour la lui envoyer. C’est que monsieur le blondinet semble apprécier mon « talent » pour le dessin alors autant en profiter. Ne jamais décevoir les fans, jamais…. On peut toujours avoir besoin d’eux à un moment donné… hum…

-Si jamais c’est le cas je veux absolument voir ça !

Je soupire un peu avant de lui répondre

« On verra bien si t’es sage…. »

J’ai déjà réfléchi à quel genre de tatouage j’aimerai faire et où. Je me suis toujours dit que dans le dos ça serait super beau même si ma plus grande déception serait de ne pas pouvoir le voir. Mais je saurais qu’il serait là et normalement c’est censé être tout ce qui importe. Quant au dessin ? Je n’ai pas d’idée précise. La seule chose que je sais, c’est que ça serait quelque chose que j’aurai moi-même dessiné. Peut-être quelque chose d’un peu abstrait. Je suis pas pour des tatouages méga explicite… Je préfère quelque chose d’un poil mystérieux qu’on ne pourrait pas interpréter en le regardant.

Je tourne un peu la tête sur le côté pour regarder mon charmant voisin et pot de colle qui a décidé qu’il ne me lâcherait pas le slip de la journée. Non content d’avoir squatté avec moi en cours et à la récré, il a décidé de se taper l’incruste dans mon petit QG pour discuter comme une gonzesse. J’sais pas s’il est au courrant mais je suis pas trop du genre loquace. Sans etre taiseux non plus. Disons que j’ai mes périodes et qua là, en l’occurrence j’avais pas trop envie de papoter

Enfin allez on va faire preuve d’un peu de civisme et de bonne éducation. Erwin a utilisé ses trois pauvres euros pour aller m’acheter un magasine porte bonheur et en plus il vient m’annoncer la bonne nouvelle pour ma copie prise en compte par Pixis et ma retenue annulée. Je peux bien me montrer un peu sympa avec lui non ?

Alors du coup on parle de tatouage… De ce que je pense de la photo qu’il m’a montré et de la façon avec laquelle je le redessinerais. Il semble assez intéressé par mes idées vu qu’il me réclame de le lui montrer. Peut-être que si j’ai un peu de temps dans la semaine je me collerai à ça… histoire d’avoir son avis. Et puis en toute honnêteté pour une fois que je peux parler dessin avec quelqu’un j’avoue ne pas trop avoir envie de me priver. Je n’ai jamais montré mes productions à personne mais vu qu’Erwin m’a royalement gaulé j’ai l’impression que ça ne sert plus à rien de me cacher…

En tout cas ce qui me console – ou pas – c’est de voir qu’on a le même problème avec nos vieux… l’un comme l’autre semble être deux vieux schnocks réfractaires aux tatouages. Sérieux le mien j’ai même pas le temps de prononcer le mot « tatouage » que je me suis déjà pris une beigne ! Je n’ose même pas lui avouer que je suis homosexuel… je pense que je serai bon pour prendre la plus grosse dérouillée de toute ma pauvre existence. Il suffit d’entendre comment il parle des « pd »…. Ca fait tellement plaisir de se sentir soutenu dans sa propre famille, j’vous dit pas…. Pour le coup j’en ai même jamais parlé à ma mère. Je pense qu’avec elle pourtant il n’y aurait pas de problème… Mais les mots toujours si acerbes de mon père ont laissés quelques séquelles qui me freinent à faire mon coming out à qui que ce soit.

-T’en fais pas, je suis taillé dans le roc la faim ne me fait pas peur, t’façon il est trop tard pour aller au restau U et j’ai plus de sous... Il me reste deux Granola je vais survivre jusqu’à 16h...

A défaut d’aller bouffer on continu un peu de discuter… Je n’ai pas de Granola ni quoique ce soit pour tenir jusqu’à la fin des cours. Mais je n’avais jamais été habitué a manger beaucoup et j’ai l’estomac tellement noué que je sais parfaitement que rien ne passerait.

Finalement l’heure tourne. Vite… trop vite…. Je me retrouve dans l’obligation de me lever et je prends soin de frotter mon cul pour retirer les éventuelles brindilles et herbes qui y seraient collé. J’attrape mon sac que je balance sur mes épaules en regardant Erwin qui m’imite pour retourner jusqu’à bahut.

Erwin semble un peu paumé sur le déroulé de notre emploi du temps. Je le vois sortir la grille des cours pour regarder ce qui nous attends. Je ne lui laisse pas le temps de chercher que je lui fournit la réponse alors que nous franchissons les grilles du lycée

« Anglais….. La prof c’est Lenz… elle est cool ça va, elle fait pas trop chier … »

J’aime bien les cours d’anglais. J’aime bien les cours de langue vivante en fait. En allemand je déchire carrément sans en retirer le moindre mérite. L’allemand étant ma langue maternelle je serais impardonnable si je ne récoltais pas d’excellentes note ! Quant à l’anglais je gère plutôt pas mal. J’ai un accent à chier, d’après Lenz, mais j’arrive à lire et comprendre parfaitement. Heureusement que j’ai une bonne moyenne aussi pour contrebalancer avec celle de philo qui vole au raz des pâquerettes…

J’explique grosso-merdo comment ça se passe à Erwin. On est en petit groupe mélangé avec une autre classe. Mais comme je ne connais pas dans quel groupe Erwin a été attribué je ne peux pas lui indiquer quelle sera sa place. Alors je vais rejoindre mes supers camarades à la mienne et je le laisse voir avec la prof qui aura la joie de me débarrasser de ce pot de colle humain. Haaa… pas de chance pour lui il est tombé dans le groupe d’Ymir… ça aurait pu être pire. Il aurair pu être avec cette tête de con de Reiner…

Pour ma part je soupire en sortant mes cahiers. Je suis avec Hansie – mais ça va elle, elle est pas trop chiante en fin de compte – et avec trois autres mecs. Le premier, Erd Gin, a une gueule de fils à papa qui me flanque la gerbe. Le second, Auruo a une fâcheuse tendance à toujours vouloir la ramener. Ca m’agace tellement que j’ai envie de lui en coller une ou de lui couper la langue pour avoir le silence ! Le dernier Gunther, est l’homme le plus calme et le plus transparent que je connaisse… Quoique…il doit se disputer le titre avec Berthold je pense. Normalement dans notre groupe il y a aussi Pétra mais aujourd’hui elle est malade. Je pourrai faire genre que je suis un mec sympa en demandant à l’un des gars si c’était grave, histoire de prendre des nouvelles, mais comme je m’en bats les steaks je fais style que j’ai pas remarqué son absence.

Je sors mon cahier et j’écoute ce que la prof nous explique. Même si je n’ai pas mangé je sens poindre le coup de barre et une soudaine fatigue m’envahir. Je dois lutter pour rester éveillé. Mes nuits sont bien trop courtes…. Les cauchemars me bouffent tout mon sommeil et m’empêchent de récupérer. Mais comment ne pas cauchemarder quand on sait qu’à n’importe quel moment, jour ou nuit mon père peut débarquer dans ma chambre avec l’envie de se défouler ?

Je donne un coup de coude à Hansie. Elle relève la tête et me regarde à travers ses lunettes rectangulaires un peu trop épaisses

« Erwin m’a dit…. Pour la copie que tu as donnée à Pixis … »

Elle a l’air surprise avant de baisser la tête. Elle joue nerveusement avec son stylo qu’elle faire tourner autour de son doigt. C’est un tic qu’elle a et que j’ai remarqué depuis longtemps. Je ne sais pas comment elle arrive à faire tourner son crayon comme ça. J’ai beau essayer et m’entrainer ça reste un fiasco complet

« J’ai pensé que ce n’était pas correct vis-à-vis de toi… Tu as bien voulu me prêter ta copie alors… je ne voulais pas te pénaliser… tu avais déjà été collé par Shadis en plus… »

L’évocation de la retenue fait remonter une série de frissons le long de ma nuque. L’appréhension et l’angoisse de retourner chez moi.

« Merci… »

Hansie semble surprise parce qu’elle me regarde soudainement avant de me sauter au cou. Là, clairement c’est moi qui suis surpris ! Je râle et je la repousse tout en claquant ma langue contre mon palais pour témoigner ma contrariété

« Argh c’est bon ça va ! Lâche moi la pouilleuse tu vas me foutre du sébum partout là avec tes cheveux dégueu ! »

Elle se vexe pas et elle sourit. Elle rougit même…. J’ai peur qu’elle ait cru que je l’ai complimenté…

La fin du cours se poursuit sans problème. Je jette quelques fois des coups d’œil à Erwin pour voir comment il s’en sort avec Ymir mais ça a l’air de bien passer. Elle ne lui a pas encore foutu son poing dans la gueule c’est que tout va bien.

La cloche retentit et je range mes affaires. Je mets le sac sur mes épaules et je me dépêche de quitter le lycée. J’aimerai réussir à rentrer chez moi avant que ma mère ne revienne afin de lui éviter d’avoir à assister à une scène qui, je le sais, va lui faire beaucoup de peine.

J’étais dans le couloir quand une main se pose sur mon épaule. Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour savoir de qui il s’agit. Ça ne peut qu’être lui : mon morpion préféré. Celui qui me colle comme une mouche à merde sur un tas de fumier… Un soupire profond m’échappe quand je l’entends déblatérer ses conneries

-J’ai vu ton regard déçu quand tu as constaté que je ne serais pas à côté de toi... Je te comprends...


Le tourne la tête vers lui pour croiser son regard bleu

« Tu es sûr de ne pas avoir plutôt vu mon regard ravi de ne pas avoir à te supporter dans un périmètre de moins d’un mètre ? Dans le genre parasite tu te poses là toi hein !! »


Il semble m’ignorer superbement. Il se penche pour murmurer à mon oreille. Je me suis arrêté de marcher pour mieux réussir à entendre la connerie qu’il va me débiter

-Mais ne sois pas jaloux, je ne suis pas intéressé, de toute façon je soupçonne ma voisine de préférer la prof...

Pour le coup je ne peux retenir un sourire de venir fendre mon visage. Un léger rire m’échappe même alors que je le regarde partagé entre l’exaspération et l’amusement

« Moi ? Jaloux ? Soit rassuré mon poussin, t’es pas du tout mon genre ! »


Ce qui est un grossier mensonge mais ça il n’a pas besoin de le savoir ! Parce qu’il faudrait être sacrément difficile pour rester insensible aux charmes de Erwin Smith… Il est plutôt beau garçon et bien foutu avec ça. Je ne parle même pas de sa sexytitude terrible qui renvoi au placard les quelques mecs sur lesquels j’avais des vus jusqu’à présent !

Mais comme je ne suis pas une midinette en mal d’amour et comme je sais parfaitement bien jouer la comédie ; je ne laisse rien filtrer de cette pseudo attirance que je ressens pour lui. Je ne suis pas du genre qu’il suffit d’allonger pour que j’écarte les cuisses ! Et puis je n’ai nullement envie de lui apprendre que j’aime les mecs ! Pour que dès le lendemain tout le bahut soit au courant et que ma vie soit un enfer encore pire que maintenant ? Merci mais non merci…. Je n’ai pas confiance en Erwin… Un jour peut être que ça viendra. Mais là même pas en rêve ! Et c’est pas une madeleine et un mag porte bonheur qui va changer ça !

« Tout le monde sait qu’Ymir en pince pour Lenz…. Je suis même certains qu’elles sont ensembles en secret… Ca serait pas la première fois tu sais, un prof et un élève du même lycée … Enfin bref je dois y aller. Salut »

Et pour le coup, une relation avec un prof je sais de quoi je parle…. Mais comme je n’ai absolument pas envie de repenser à toute cette histoire je la chasse rapidement de ma mémoire. A la place, je fais rapidement un signe de la main à Erwin avant de réussir à me défaire de sa présence. Ouf… putain… ça fait du bien quand il ne me colle plus comme mon ombre !

Je reprends la direction de chez moi en passant par l’étape «  metro » que je déteste tant. Mais c’est le moyen le plus rapide et il ne me faut pas plus d’une quinzaine de minutes pour parcourir les stations qui séparent le lycée de mon habitation.

Quand j’arrive à l’appartement tout est plongé dans un calme agréable. Je retire mes chaussures que je laisse à l’entrée. Celles de maman n’y sont pas. Elle est bien en courses comme je l’avais envisagé. Je pénètre dans le couloir et je vais vers le salon. Mon père est là, affalé dans le canapé en train de cuver son litron. Je soupire et j’hésite entre le laisser pioncer ou le réveiller. Mais je pense que si j’applique la seconde option il sera d’une humeur massacrante et je vais le regretter.

Alors je vais dans la chambre et je pose mon sac de cours sur mon lit ? Je retire ma veste et je me mets à mon bureau. J’ai quelques devoirs à finir pour demain et je pense m’en occuper dès maintenant histoire d’être tranquille pour la soirée.

J’étais plongé dans mon excecice d’anglais quand la porte de ma chambre s’ouvre à la volé, me faisant sursauter. Putain j’étais tellement concentré que je ne l’ai pas entendu arriver

« Qu’est ce que tu fais ? »

Je tourne la tête vers mon père dont le regard vitreux en dit long sur son imprégnation en alcool. Il chlingue la bibine à des kilomètres à la ronde et je retrousse légèrement le nez, incommodé par cette odeur désagréable

« Ca se voit pas ? Je fais mes devoirs…. »

Il s’approche de moi et il me surplombe de toute sa hauteur. Je dois lever la tête pour réussir à le regarder. Il a un air mauvais…. Un air que je lui connais que très bien et qui me noue l’estomac encore davantage

« Ton carnet »

Mon sang se fige. Il se glace et semble vouloir me déserter complétement. Je pivote sur ma chaise et je fouille dans mon sac. Le magazine qu’Erwin m’a acheté s’en échappe et glisse sur le sol. J’allais le ramasser mais mon père fut le plus rapide. Son regard se métamorphose en une seconde. Je le vois briller de cette étincelle menaçante qu’il arbore à chaque accès de violence.

J’hésite puis je tends ma main dans sa direction

« Rends le mo… »

J’ai pas le temps de finir ma phrase. La gifle atteint mon visage avec une force surprenante. Je me suis senti partir sur le côté sous le coup de cette claque puissance. Je n’ai même pas le temps de m’en remettre que je me sens projeté contre le sol. Mon père a tiré sur la chaise où j’étais assis pour que je me retrouve à terre, rampant à ses pieds comme la larve qu’il veut que je sois.

Et puis ça commence…. Comme je le redoutais. Comme je m’y étais préparé… Comme à chaque fois… le premier coup est toujours le plus douloureux. Celui-là était un coup de pied en plein dans mon estomac. J’en ai le souffle coupé, je n’arrive plus à respirer. Les autres coups suivent. Rapides, désordonnés. Il frappe sans même regarder où taper. Il déverse sa colère avec l’envie de me faire le plus de mal possible. Et c’est réussi… J’ai envie de lui dire d’arrêter. J’ai presque envie de le supplier… Mais il ne me laisse pas le temps d’articuler et les seuls sons qui s’échappent de mes lèvres sont dé gémissements de douleur entrecoupés de sanglots quand vraiment ce n’est plus supportable de garder toute cette souffrance pour moi

Et enfin ça s’arrête…. Il semble être lassé ou en avoir assez… Moi je reste allongé sur le sol, recroquevillé, incapable de bouger. Tout mon corps semble être endolori. Comme si je venais de passer sous un rouleau compresseur. J’ai mal… Partout…. Je veux qu’il parte… Qu’il s’en aille…. Qu’il me laisse tranquille….

Recroquevillé en position fœtale, je sens quelque chose tomber sur mon visage. Rouvre les yeux pour voir qu’il m’a jeté en pleine face mon magasine de tatouages. J’entends ses pas s’éloigner et je le vois prendre la direction de la sortie de ma chambre. Je ne peux m’empêcher d’être soulagé. Mais ce fut de courte durée….

« J’vérifierai ton carnet tout à l’heure »

Je pince les lèvres et je me recroqueville davantage. Qu’on vienne m’aider…. N’importe qui…. Ayez pitié….



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   19/4/2017, 00:21

Fais moi de la place


feat. Livai ♥


2 mois plus tard...

Le métro, c’est vraiment pas une passion chez moi.

Mais, parce qu’il y a un « mais » évidemment, je préfère passer un quart d’heure le cul sur un siège qui a sans doute reçu du vomis et de la sueur plutôt que de le passer à côté de mon père dans la voiture. Moins je passe du temps en sa compagnie mieux je me porte, de toute façon ce n’est pas comme si ce trajet était un moment de partage entre père et fils... Il passe seulement son temps à me rabâcher les mêmes choses concernant mes cours ou tout ce qui s’en rapproche. Autant vous dire que plus mon premier bulletin se rapproche plus il me casse littéralement les couilles.

Je suis quand même bien mieux là, dans mon métro qui pue avec mes écouteurs. En plus, avantage non négligeable, je pourrais griller ma clope en arrivant, et avec Livai s’il vous plait. D’ailleurs, je sais qu’il m’attend tous les matins pour fumer avec moi, il arrive bien avant et pourtant il sort son paquet seulement quand je suis au bout de la rue, il croit que je n’ai pas capté son petit manège.... Si c’est pas adorable.

Livai... C’est un gars bien. Je ne sais pas si je peux vraiment le considérer comme un ami, cela ne fait sans doute pas assez longtemps que nous nous connaissons... Mais je l’apprécie, au bout de deux mois passé dans ce nouveau lycée c’est l’un des seuls qui peut se vanter d’attiser ma curiosité et d’attirer mon attention. J’aime bien Hansie aussi, finalement, et Ymir, elle est sympa. Mais pour le reste, je n’en ai fichtrement rien à foutre.

Le métro se stoppe à mon arrêt et je me lève pour enfin remonter à la surface et respirer l’air pollué de la capitale française, quel bonheur... Ceci étant de l’ironie. Je remonte un peu mon écharpe, faut dire qu’on se les caille sévère ici, alors qu’on est seulement en novembre, j’ose même pas imaginer ce que ce sera fin décembre, Livai m’a conseillé d’acheter des pulls, à croire qu’il s’inquiète pour moi... Je vais lui faire des bisous pour le remercier de sa sollicitude.

Enfin, j’aimerais bien lui faire des bisous pour un tas de raisons... Déjà parce qu’il est trop sexy pour son propre bien, bordel... Non mais ça fait sans doute petit con et gros pervers de dire ça, mais il est à tomber, du cul à la tête il est canon... Mais je crois qu’il ne restera qu’un doux rêve fantasmagorique... Pas que le fait qu’il soit hétéro soit une réelle barrière, j’en ai fait passer plus d’un du côté obscur... Mais... il n’a vraiment pas l’air réceptif à mes charmes. Bon, faut dire que je l’ai pas spécialement dragué non plus, mis à part des petites boutades de temps en temps pour le faire chier...

En parlant de ça, ma nouvelle passion c’est de l’affubler de surnoms tous plus ridicules les uns des autres, dans le but de trouver celui qui lui ira le mieux. Je suis passé par un peu tous les animaux mignons, mais aucun ne convient jusqu’à présent, cependant je persévère et je réfléchis au surnom du jour pendant mon trajet jusqu’au lycée. Même si pour tout avouer j’ai déjà trouver celui qui lui convient le mieux et que j’utilise quotidiennement... Heichou. Ca lui va comme un gant.

Je m’approche et j’aperçois sa petite tête brune au loin, j’peux pas m’empêcher de sourire un peu, pas non plus comme un bêta hein je suis pas une ado de shojo... J’arrive à sa hauteur et je sors enfin les mains de mes poches pour sortir mon paquet de clopes avant de le saluer. Verbalement, on fait pas de singeries à se serrer la main ou pire...se faire la bise. Et on se tcheak pas non plus, c’est pas parce qu’il habite dans les cités qu’il doit en avoir le comportement.

-Bonjour mon sucre d’orge, comment vas-tu en cette belle matinée de merde ? J’suis sûr qu’il va nous pleuvoir sur le coin de la gueule avant que ça sonne...

Et je me trompe rarement avec ça. Sans compter que je suis dernier au classement horoscopique aujourd’hui alors tu peux être sûr que l’averse sera pour ma pomme.

Je lui prête mon briquet vu que monsieur s’est fait voler le sien pendant le weekend et je souris en voyant sa tête. Je fais toujours en sorte d’acheter des briquets ridicules pour ce genre de réactions, et cela évite les vols, justement. En ce moment c’est un superbe Johnny Halliday qui est la vedette et je dois avouer en être plutôt fier. Le mois dernier c’était un chaton des plus virils, Ymir s’est foutu de ma gueule les 15 jours qui ont suivis.... Mais elle passe sa vie à se moquer de moi aussi, c’est son petit péché mignon, parce que je suis mignon.

-Alors t’as commencé le bouquin que je t’ai passé hier ? J’ai vraiment besoin de ton avis...c’est genre...vital !

C’est devenu notre petit rituel depuis le mois dernier, vu qu’on s’est découvert un amour commun pour les mangas, mais que nos parents ne sont pas forcément d’accords pour qu’on s’achète tout ceux qu’on voudrait, ben on se les prête, j’en ai tout de même une belle collection et si je peux lui en faire profiter ce serait avec plaisir. Livai a des titres un peu moins connus mais cela me permet d’élargir mes horizons et d’en découvrir de nouveaux alors c’est tout bénef pour chacun. La j’essaye de le mettre à Tokyo Ghoul, le speach de base ne lui a pas plu quand je lui ai raconté mais je veux qu’il comprenne que c’est beaucoup plus qu’une histoire de monstres mangeurs d’hommes, bordel.

Il a à peine le temps de me répondre que c’est déjà le moment de rentrer, je sens toute force vitale quitter mon corps quand je me rends compte qu’on va devoir se taper deux heures de philo, quelle idée d’en foutre autant dans la semaine... Non mais huit heures quoi, sans compter celles que je fais à côté pour rattraper mes lacunes. Je suis donc mon acolyte dans le dédale de couloirs jusqu’à ce qu’on arrive à notre salle et que je ne le lâche pas d’un basque, vu qu’on est ensemble dans cette matière. Nous sommes souvent ensemble... Il n’y a qu’en langues et en maths où nous ne partageons pas notre petite tablée. J’ai la chance d’être avec un mec qui s’appelle Marco en maths, il est gentil mais très timide. Trop timide.

Pixis nous laisse le temps de nous asseoir et de sortir nos affaires avant de plomber le moral de tout le monde ne sortant les copies de son sac, le devoir de la semaine dernière était une véritable torture... « Peut-on librement renoncer à sa liberté ? »... Sérieux cette question de merde. J’ai quand même réussi à pondre quatre pages et j’étais fier, jusqu’à ce que ce petit con d’Armin se vante d’en avoir écrit le double, je ne lui en veux pas, sa copie doit être la seule chose de grosse chez lui, normal qu’il veuille se sentir supérieur une fois dans sa triste vie.

Forcément c’est de notre table qu’il s’approche en premier, vu qu’Ackerman fait parti de la tête de la liste alphabétique. Je me penche vers mon voisin pour voir sa note alors que Pixis le gratifie d’un petit « c’est bien » avant de retourner à sa distribution.

-Alors ? Oh t’as eu 15 ! La vache c’est toi qui va venir me filer des cours en fait... Tu pourras me laisser lire ?

Je lui souris et je me redresse alors que le prof revient ici afin de me donner ma copie.

-Tu fais des progrès, ne lâche rien Erwin, et n’hésite pas si tu as du mal avec certains termes, c’est normal.

Je hoche la tête et je baisse les yeux vers ma note... 11. C’est la moyenne, c’est pas trop mal, vu que je campais aux alentours de 8 ou 9 il y a encore quelques semaines. Je ne suis pas trop déçu, même si dans une autre matière cette note m’aurait déprimé... J’ai juste quelques efforts à faire et pour une fois mon père comprend que j’ai quelques difficultés.

Je soupire malgré tout et je commence à gribouiller sur ma copie pendant la correction qui est aussi longue que chiante. Mine de rien, je n’ai vraiment aucun talent pour le dessin, c’est grave de faire des bonhommes aussi moches, surtout quand je constate à quel point mon voisin est doué... La seule chose que je sais faire ce sont les Pikachu, tu parles d’un talent.

Je termine mon gugusse qui ressemble vraiment à rien et je rigole en constatant un détail chez ce dernier... Je chuchote à Livai, en allemand pour que les oreilles qui trainent ne comprennent pas.

-Heichou... Tu trouves pas qu’on dirait le colossal ?

Le colossal, c’est Bertholdt, on lui a donné ce nom de code pour pouvoir en parler sans que Reiner ne rapplique. On l’appelle comme ça parce que ce mec est beaucoup trop grand, il fait presque deux mètres c’est pas humain. Autant vous dire que Livai est ridiculement minuscule à côté de lui... Même si bon, ça j’évite de le dire à voix haute si je ne veux pas me prendre un coup dans le bidon... Quoique la dernière fois il s’est fait avoir et il a eu plus mal que moi en me frappant, c’est ça de taper dans un torse musclé et taillé dans le roc tel une statut grecque (bien que mon kiki soit plus gros que ceux de ces dernières...)

Je soupire et je m’affale sur ma table une fois cette petite parenthèse fermée, c’est vraiment long. Un nouveau soupire m’échappe quand je vois les gouttes de pluie se faire de plus en plus nombreuses à tomber du ciel...

-Quel temps de merde, fait chier... J’espère que ça va se calmer d’ici la récrée...



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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   19/4/2017, 12:02

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Et c’est parti pour une nouvelle journée bien moisie ! J’ai préparé mon sac en faisant attention de ne pas oublier mon DM de maths que j’ai fini à l’arrache bien trop tard dans la nuit. On va être clair sur un point : si j’ai choisi un bac L c’est pas pour rien. Les maths, c’est pas du tout mon truc ! C’est même la matière pas excellence dans laquelle je me tape des caisses astronomiques. Et pas faute d’avoir eu des tonnes d’explications… Hansie a passé des heures entières a essayer de me faire comprendre les fonctions exponentielles, je n’y capte toujours rien ! Nada ! que tchik ! Ma moyenne dans cette manière plafonne à un joli 7 ! Ha… 9 depuis qu’Erwin a débarqué dans ma vie. Tout comme Hansie, il a essayé de m’expliquer à sa façon les cours de maths et je dois avouer avoir un petit peu mieux compris. Il a une façon allez simple de dire les choses. Je n’ai toujours pas la moyenne pour autant mais peut être que s’il continu à me filer des cours privés ça finira par arriver. Ce jour-là je ferai péter le champagne – enfin le champomy… j’suis contre l’alcool et je ne vais pas vous expliquer pourquoi, je pense que ça parait logique.

Comme à mon habitude, je glisse mon sac à dos sur les épaules et je file à la cuisine. Maman est là. C’est super depuis qu’elle a son nouveau job de femme de menage chez un particulier je la vois plus souvent. Et honnêtement je ne vais pas me plaindre. Ca rends mon quotidien un petit peu moins glauque. Elle apporte sa petite touche de tendresse maternelle que j’apprécie toujours malgré mon âge et mon sale caractère.

La délicieuse odeur des tartines grillées me saute au nez. Ma mère me les a fait chauffer et elle me les a tartiné de Nutella. Je la remercie et lui fait un bisou sur la joue avant de prendre les deux tartines qui constituent mon petit dej. Je quitte l’appartement pour prendre la route du lycée tout en grignotant. Je me grouille quand même pour avoir fini de bouffer avant d’entrer dans le métro. C’est tellement dégueu la dedans que je refuse d’y manger de peur que l’air soit intoxiqué !

Il ne me faut pas plus de quinze minutes dans une rame pleine a craquer pour arriver au bahut. Je suis soulagé quand arrive le moment de quitter la métro et de retrouver la liberté. Putain j’ai horreur qu’on me touche de si près comme ça ! Qu’on me colle ! Et comme je suis petit, je me retrouve le nez à la hauteur des aisselles levées des voyages qui s’accroches aux barres installées au plafond du train. Pile le pif dans leurs auréoles humides et puantes. Je…. Hais…. Etre…. Petit ! Déjà ces putains de barres en question, même en me mettant sur la pointe des pieds, je n’arrive pas à les toucher ! Alors je suis obligé de m’accrocher à ce que je trouve et ça ne suffit parfois pas à m’empêcher d’être secoué comme un prunier aux moindres manœuvres du train… tsss !

Devant la grille du lycée je regarde les gens passer et entrer. Des profs, des élèves…. Il y a ce connard de Reiner qui crache un mollard jusqu’à côté de moi. J’ai envie de lui sauter dessus et de lui coller la gueule dedans ! Putain ça se fait pas de cracher ! Ca propage des microbes ! Gros porc va !

Hansie arrive à son tour. Il vient me saluer et elle me demande si j’ai réussi tout le DM de maths. Je hausse les épaules en lui répondant que j’ai complété chaque exercice mais que je ne suis pas sure de mes calculs. De toute façon les jeux sont fait maintenant, il n’y aura plus qu’à attendre de voir la note que va me coller Naile Dork, notre matheux de professeur.

Ca caille putain ! Je pourrai rentrer dans la cour et aller squatter le préau pour me foutre à l’abri du vent mais non. J’attends Erwin. Je me demande comment il va arriver aujourd’hui. Avec la voiture rutilante de son père où avec le métro des pauvres ? Bah je ne le juge pas. Je sais que sur ce point-là il est comme moi. Il a horreur du métro. Mais il a encore plus horreur de son père…. On ne parle pas trop de nos familles mais je crois avoir deviné que c’était un peu le sujet à éviter chez lui. Alors comme je n’ai pas envie de rentrer dans des conflits bien moisis je préfère ne pas poser de questions. S’il a envie de me parler il est assez grand pour le faire. Ça fait deux mois maintenant qu’il me colle au cul j’imagine qu’il commence à me connaitre et qu’il sait très bien que je ne l’enverrai pas chier sur un sujet aussi important.

Finalement je vois sa gueule de boche arriver au coin de la rue. Je sors de mon sac mon paquet de cigarette et j’en prend une que je coince entre mes lèvres. Il arrive à ma hauteur et dès ses premiers mots j’ai déjà envie de lui foutre un coup de manchette balayette

-Bonjour mon sucre d’orge, comment vas-tu en cette belle matinée de merde ? J’suis sûr qu’il va nous pleuvoir sur le coin de la gueule avant que ça sonne...

«  Oh ta gueule avec tes surnoms de merde….tiens passe-moi ton briquet plutôt »

Ouais je sais c’est une belle façon de le saluer et de lui souhaiter une bonne journée. Mais comme je le disais plus tôt : il me connait et il sait que sa ma façon à moi de lui dire bonjour. C’est presque une marque d’affection en fait…. Au moins je lui témoigne de l’attention parce que ceux dont j’en ai rien à foutre je les ignore tout simplement. Ils n’existent pas. Ils sont transparents, invisibles. Et je pense qu’à choisir entre le mépris ( simulé pour le cas d’Erwin parce que je l’aime bien mon pot de colle ) et l’indifférence et bien je préfère encore être méprisé !

Je prends le briquet qu’il me tends et je le regarde en me figeant. Johnny Hallyday…. Il est sérieux lui ? Putain il a toujours de ces briquets craignos ! A noter que vu le nombre qu’il me sort de différent à chaque fois il doit en avoir une collection. Je le soupçonne même d’être secrètement pyrophile ! Pyrophile ? C’est les crétins comme lui qui collectionnent les briquets. Attendez laissez-moi me la péter deux secondes je suis allez sur wikipédia faire des recherche faut bien que ça serve à quelque chose !

J’allume ma clope et je lui rends son briquet  merveilleux

« Un briquet Johnny Hallyday quoi…. Note que pour « allumer le feu » y a pas mieux »

Putain ! je fais de l’humour !!!! mein gott ! c’est une journée à noter d’une croix rouge ! Limite faudrait en faire une breaking new au journal de 13h de Jean Pierre Pernault !

On est tranquillement en train de fumer notre première cigarette de la journée quand il commence à me harceler avec ce bouquin qu’il m’a prêté. Tokyo Ghoul. C’est un manga qu’il veut impérativement que je lise parce qu’il fait partie de ses préférés. Mais les trucs de ce genre c’est pas mon kiff… les shonen de baston ou d’horreur ça me fait pas bander en fait… Je préfère largement les polars, les histoires plus psychologiques aux scénarios bien ficelés. Même si pour le coup je dois avouer que son Tokyo Ghoul ça passe plutôt bien

« J’ai commencé ouais…. J’ai dévoré les quatre premiers tomes et du coup j’ai zappé le devoir de maths que j’ai dû faire à l’arrache. J’ai éteins la lampe à 2h du matin et je meurs de fatigue maintenant… Je suis une larve et tout ça à cause de toi. J’suis sure t’es même pas désolé »

Je fini ma clope et je frotte le mégot contre le mur d’enceinte du lycée avant d’aller foutre le petit bout de coton restant à la poubelle. J’aime pas jeter ca par terre. Ma mère me tuerait si elle me voyait faire. Limite elle me dit rien de savoir que je fume mais elle me retourne une droite si je fous le mégot au sol !

« C’est pas mal ouais… je ne suis pas fan du style graphique. Je trouve les dessins un peu brouillons et les actions trop survolées mais dans l’histoire c’est pas mal. Les personnages surtout…. J’aime bien la petite brune…. J’suis pas fan des perso féminins que je trouve trop cruches mais elle ça va, elle est badass »

On a discuté de Tokyo ghoul jusqu’à notre arrivée en salle de classe. Erwin prends place à côté de moi, pour pas changer. Je pose mon sac à dos à ma gauche, je l’ouvre et en sort ma trousse et mon cahier de philo. Ma main plonge dans le sac et j’en sors un manga que je colle sur la table de mon adorable voisin

« Tiens… Lis ça. Monster. Tu verras c’est excellent. Et pends en soin ! Si tu cornes les pages ou si tu plies la jaquette je te fait ta fête ! »

Parce que oui je suis maniaque et pas qu’avec le ménage ! J’aime prendre soin de mes affaires. Quand on a pas beaucoup de moyens et qu’on doit trimer pour se payer un truc, on fait forcément davantage attention. Ou alors c’est juste que c’est dans mon caractère…. Je suis maniaque du ménage, ordonné et soigneux. Et je le vis très bien, merci et je vous emmerde

Pixis arrive et il commence à nous annoncer qu’il va rendre les copies de la dernière disserte. Elle m’avait plutôt inspirée celle-là avec son thème sur la liberté. Moi qui ai constamment l’impression d’être prisonnier de ma vie, de ma cité…. Je me suis lâché et j’ai pondu deux copies doubles. J’avais peur de m’être un peu égaré et d’être parti en freestyle mais vu la note que j’ai récolté j’en déduis que ce n’était pas le cas.

-Alors ? Oh t’as eu 15 ! La vache c’est toi qui va venir me filer des cours en fait... Tu pourras me laisser lire ?


Je hausse les épaules en regardant Erwin. Je sais que la philo c’est sa bête noire. Il se tape de ses caisses pouvant rivaliser sans peine avec mes notes en maths. Normal après tout, il débarque d’Allemagne, il appris le français il y a peu et la philo est une matière tellement abstraite que ça relève presque de l’exploit pour lui d’avoir la moyenne

« Des cours… faut pas exagérer…. J’ai une eut une bonne note parce que le sujet m’a inspiré, c’est tout… Mais tu pourras lire si tu veux ouais… »


Pixis est pas chiant comme prof. Il pourrait engueuler ou enfoncer Erwin mais au lieu de ça il le soutient et l’encourage. En définitive c’est pas un casse couilles comme Shadis. La preuve, il a bien voulu me compter ma copie la dernière fois et il m’a même laissé la moyenne pour ne pas me pénaliser. Je lui ai écrit sa lettre d’excuse, agrémenté d’un dessin que j’avais montré à Erwin, et il a consenti à lever ma retenue. Il m’a même complimenté pour le petit dessin alors que je pensais me faire engueuler…

Quand Pixis donne sa copie à Erwin je me penche de son côté pour regarder sa note. Oh putain il a la moyenne ! Il va pleuvoir de la merde ! Je lui donne un coup de coude

« 11…. Pas mal pour un mec qui est dernier au classement de l’horoscope »

A force de me faire chier avec son astrologie à la noix, j’ai fini par y prendre gout. Je regarde chaque matin sur mon portable le fameux classement dont il m’a parlé une fois. Je n’y accorde aucun crédit mais ça m’éclate de pouvoir emmerder Erwin avec ça quand il est dernier. Comme c’est le cas aujourd’hui d’ailleurs ! Son objet du jour ? Un boa en plumes….. Bordel j’aurai tué père et mère ( surtout père en fait…. ) pour le voir se pointer au bahut avec ça !!!

Le cours commence et je sors un crayon pour mettre des annotations sur ma copie. Je prends des notes en parallèle sur mon cahier comme un élèvs bien docile et discipliné. Ce n’est qu’une trentaine de minutes plus tard que mon attention est interpellée par Erwin

-Heichou...

" quoi ? "

Haaa ! Le voilà qui remet ça avec ce petit surnom débile… Bah j’ai fini de m’énerver avec lui pour qu’il arrete de m’appeler ainsi. Je pensais qu’en l’ignorant il allait se lasser et cesser de m’appeler comme ça mais finalement non… il continu… et je me suis résigné… Pire ! Je réponds même quand il m’appelle « Heichou »… tch ! je m’auto fait pitié

-Tu trouves pas qu’on dirait le colossal ?

Je tourne la tête vers sa copie sur laquelle je vois qu’il a dessiné un bonhomme… Mais on mon dieu ! Comment peut-on être aussi nul un dessin ? Un sourire amusé qui n’a rien de moqueur fleuri sur mon visage. Erwin est peut-être pas doué en dessin mais il est doué dans un tas d’autres domaines. En sport par exemple. Peu importe le sport il gère la fougère. Il est aussi extrêmement doué dans l’art de me casser les pieds et de me faire chier. Un maitre !

Je tire sa copie dans ma direction et je fouille dans ma trousse pour prendre un crayon de mine. Je commence à dessiner dans un coin de la copie. Je dessine un mur de brique au dessus duquel le colossal se hisse en s’aidant de ses mains. Je sais pas d’où m’est venu cette idée-là. Des fois j’ai des choses comme ça qui passe dans ma tête sans savoir pourquoi.

« Le colossal stalker qui épie Annie aux chiottes…. »

Annie c’est la petite blonde patibulaire de la classe. La meuf qu’on a pas intérêt d’approcher si on veut pas se prendre un pain dans la gueule de la part de Reiner, son Rottweiler. Berthold – alias le colossal – en est fou amoureux. Ca crève les yeux. Sauf que c’est aussi le cas du Rottweiler… C’est moche la vie… être meilleurs potes et aimer la même gonzesse. Perso ça me fait bien marrer !

-Quel temps de merde, fait chier... J’espère que ça va se calmer d’ici la récrée...

Je tourne la tête vers la fenêtre pour voir qu’il pleut sans discontinuer. Le ciel est rempli de nuages gris foncés. On a presque l’impression que le jour ne s’est pas levé et il fait même plus sombre au point que Pixis allume la lumière dans la classe. L’hiver va pas tarder à se pointer… c’est un temps de saison… Mais à choisir je préfère encore me coltiner la pluie que la canicule.

« Vu comme c’est partie il va pleuvoir comme vache qui pisse toute la journée…. »

Je n’ai pas de parapluie, ma veste n’a pas de capuche…. Je vais me faire rincé et ça sera fabuleux ! Ca me casse les burnes quand même cette flotte. Déjà parce qu’on pourra pas aller fumer notre clope à la récrée. Ensuite parce qu’on va être canardé le temps du trajet pour le reste au resto U pour aller bouffer. Et enfin parce qu’on ne pourra pas squatter dans le parc en face du lycée où on a finalement pris nos petites habitudes avec Erwin… Non vraiment ça casse les couilles

La sonnerie se fait entendre et je soupire en refermant mon cahier et en le rangeant dans mon sac avec le reste de mes affaires. Je m’étire les bras et met ma main devant la bouche avant de bailler. Dehors, le temps est toujours bien à chier…. Il tombe des cordes sans s’arrêter

« Fais chier…. »

Je me lève et je remets mon sac sur mes épaules après avoir mis ma veste et enroulé une écharpe autour de mon cou. J’attends qu’Erwin finisse de se rhabiller avant de lui faire un petit signe de tête

« Viens j’ai une idée…. »

Sans prêter attention aux autres nous avançons dans les couloirs pour prendre la direction du rez de chaussée. Je l’entraine en direction des toilettes je file dans celui le plus au fond, le toilette handicapé. Comme le chiotte est assez grand je fais signe à Erwin de me suivre et je lui intime de fermer la porte derrière lui. Une fois que c’est fait je sors mon paquer de clopes de mon sac et j’en prends une entre mes doigts

« Tu me passes ton briquet, mon biquet ? »

J’allume ma cigarette et j’expire une longue volute de fumée. Au chiotte le règlement intérieur ! c’est le cas de le dire…

« C’est mieux que de se faire tremper…. Et j’ai besoin de ça pour affronter Dork et ses logarithmes où je comprends rien »

Je continue à fumer ma cigarette tranquillement. Je me pensais protégé par les parois de la cabine qui me dissimulent au regard des autres étudiants. Mais c’était sans compter sur le regard mauvais et le sourire perfide de Reiner qui venait d’entrer dans les toilettes…..



Kuroko's Basket RPG

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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/4/2017, 00:14

Fais moi de la place


feat. Livai ♥

Je suis peut-être allemand de base, mais je ne manque pas de culture. Johnny Halliday est connu jusqu’à chez nous, alors je connais un peu quelle notoriété il peut avoir. C’est pour ça que j’ai acheté un briquet à son effigie, ça fait toujours sa petite réaction sympatoche...  Je suis bon public en matière d’humour, je sais...

-Un briquet Johnny Hallyday quoi…. Note que pour « allumer le feu » y a pas mieux.

-C’est une manière comme une autre de te déclarer ma flamme...


Je hausse les épaules en souriant, sa blague était vachement bonne. Il n’en fait pas souvent mais quand c’est le cas, je dois bien avouer que c’est particulièrement savoureux.

La discussion dérive sur Tokyo Ghoul, mais aussi sur le DM de maths... Il m’aura donné un peu de fil à retordre celui là, il était bien perfide. Je l’ai terminé depuis un moment vu que mon père n’a m’a pas lâché le cul depuis qu’il l’a su. Parce que c’est évident que monsieur suit de prêt l’avancement de mes devoirs, et autant vous dire que si c’est pas fait je peux être certain de m’en prendre une bonne. Alors bon, l’avantage, appelons ça comme ça, c’est qu’au moins je suis jamais à la bourre pour tout ce qui est devoirs maison, dissert et autres comptes rendus. Mais ça me pompe l’air, j’aurais bien aimé faire autre chose de mon vendredi soir... Enfin, pendant que j’étais dans mes maths je n’étais pas dans le salon en train de le supporter se plaindre.

Et donc pour en revenir à ce devoir à proprement parlé, c’était bien de la merde. Je n’ai aucune difficulté dans cette matière vu que c’est exactement la même chose que tu sois n’importe où dans le monde, mais là j’ai bien galérer... Le salaud de prof avait laissé des petits pièges un peu partout, et je suis certain que Livai est tombé dedans... Faudra que je pense à lui demander s’il a compris certaines nuances afin qu’il corrige rapidement avant de le rendre, au cas où.

Je sais qu’il a quelques difficultés dans cette matière et j’essaye de l’aider de temps en temps, en échange il m’aide un peu en philo quand j’ai du mal avec certaines notions. C’est cool de sa part, il pourrait en avoir rien à foutre.

-J’ai commencé ouais…. J’ai dévoré les quatre premiers tomes et du coup j’ai zappé le devoir de maths que j’ai dû faire à l’arrache. J’ai éteins la lampe à 2h du matin et je meurs de fatigue maintenant… Je suis une larve et tout ça à cause de toi. J’suis sure t’es même pas désolé.

-Bien sûr que je suis désolé, ça se voit non ?


Je lui fais un sourire innocent en terminant ma cigarette, la dernière bouffée est toujours ma préférée et je la savoure donc avant d’expulser la fumée vers le ciel et qu’elle ne s’évapore dans un nuage nauséabond.

En route vers notre salle de classe j’écoute l’avis de Livai concernant Tokyo Ghoul, je suis content de constater qu’il semble plutôt apprécier malgré le fait que ce ne soit pas son style. Mais c’est mal connaître se manga qui se révèle être plus tordu qu’il n’y parait ! En tous cas, il a bons goûts en matière de personnages vu qu’il aime mon préféré, Toka.

A peine arrivés et assis devant notre table, il me colle un bouquin sous le nez dont j’ai déjà aperçu la jaquette dans quelques boutiques...

-Tiens… Lis ça. Monster. Tu verras c’est excellent. Et pends en soin ! Si tu cornes les pages ou si tu plies la jaquette je te fais ta fête !

-Oh j’en ai déjà entendu parler, j’voulais lire. Merci... Et t’en fais pas je vais en prendre soin comme jamais... Ton précieuuuux....


Je rigole après mon imitation loupée de Golum et je le range soigneusement dans mon sac afin de ne pas le laisser trainer. Il me fait cette remarque à chaque fois qu’il me prête un truc, que ce soit un cahier, un livre ou une feuille de cours. J’en ai déduit que monsieur était sans doute un poil psychorigide du côté ménager et un petit maniaque... Pas que ça me gêne, moi je suis tout le contraire... Je bénis chaque jour notre femme de ménage pour ranger ma chambre parfaitement avant le retour de mon père.

Je l’aime bien d’ailleurs, cette nouvelle femme de ménage, j’avais un peu peur quand elle est arrivée, à cause de l’ancienne qu’on avait... Mais celle-ci est parfaite. Déjà elle est super gentille, elle parle doucement et toujours avec le sourire, ça compte on dirait pas. Et parfois elle me fait des gaufres, les meilleures du monde sans en douter ! Kuchel c’est un peu une femme à marier, dommage qu’elle le soit déjà. En plus elle est allemande alors c’est pratique pour discuter il n’y a pas de problème.
Parfois j’ai l’impression qu’elle est la seule chose de bien quand je rentre chez moi... Dommage qu’elle ne soit pas là tous les jours.

-Des cours… faut pas exagérer…. J’ai une eut une bonne note parce que le sujet m’a inspiré, c’est tout… Mais tu pourras lire si tu veux ouais…

-Cool, t’es un mec bien, limite tu mérites un bonbon, j’irais acheter des soucoupes à midi...


Parce que les soucoupes c’est trop bon et que je dois aller au bureau de tabac pour un paquet de cigarettes alors autant faire d’une pierre deux coups, c’est sur le chemin pour le restau U alors ça ne fait même pas de détour. D’ailleurs je bénis Livai de bien vouloir me fournir en tickets, je lui rembourse ce qu’il paye, alors que je fais payer à mes parents le prix qu’ils valent, comme ça je me mets un peu de monnaie de côté pour mes cigarettes et d’autre trucs. J’ai trouvé la bonne combine, en plus la bouffe est pas dégueu donc c’est tout bénef.

-11…. Pas mal pour un mec qui est dernier au classement de l’horoscope...

-Comment tu-... Oh... Je vois que monsieur s’y intéresse finalement...


Je rigole doucement et pose mon coude sur la table en laissant reposer ma tête dans le creux de ma main. Ca fait deux mois qu’il se fou de ma gueule avec l’horoscope de ma mère mais finalement il le regarde presque tous les jours. Je l’ai d’ailleurs gaulé en train de se promener avec son objet du jour une fois, il était dernier du classement et comme par hasard il portait un tshirt rouge, l’objet du jour en question, alors qu’il ne met jamais de hauts de couleurs.... Il reste toujours habillé dans les tons noirs, gris ou marrons...mais là, monsieur « avait envie de changement »... Mon œil !!

En tous cas c’est pas aujourd’hui que j’aurais pris le mien... Un boa à plumes, non mais sérieux on n’est pas en boite de nuit gay quand même, j’aurais l’air fin avec ça. C’est certain que mon attirance pour les mecs aurait été découverte sans soucis avec ça, pas que ça me dérange mais je préfère être plus dans...la finesse, je dirais. Ben oui je suis un homme civilisé messieurs dames attention.

Je laisse Livai prendre possession de ma feuille en sachant que mon dessin tout moche lui a donné une idée et je le regarde faire avec attention alors qu’un petit dessin prend forme dans le coin de ma copie. J’aime vraiment le regarder dessiner, même si ce sont des conneries la plupart du temps c’est quelque chose que j’apprécie. Il est vraiment doué, et en plus je sais qu’il aime ça. Que des avantages ma parole !

-Le colossal stalker qui épie Annie aux chiottes….

J’éclate de rire en regardant alors que la description est tout à fait savoureuse. Avec le temps j’ai appris à rendre mon rire un peu plus discret vu que je me suis fait reprendre un tas de fois à cause de mon voisin, qui est plus drôle qu’il n’y parait le con.

En tous cas l’idée était vraiment bien trouvée, je le vois bien faire ça Bertholdt, sous ses airs de timide là il doit cacher un truc et c’est peut-être le plus gros pervers de France. Enfin de mon avis on est tous un peu pervers, c’est juste que certains l’assument et d’autres non, ni plus ni moins. Même Livai c’est un pervers au fond, et j’aimerais bien titiller un peu ce côté-là de lui, juste entre nous, ne lui dites rien il risquerait de me frapper...

Je laisse de côté mes idées peu catholiques pour porter mon attention vers la fenêtre, mais j’aurais mieux fait de m’abstenir car ce que j’y vois me déprime... Je n’ai jamais trop regardé les vaches pisser mais j’imagine assez bien l’idée qui s’en dégage... Autant dire que c’est une bonne journée de merde et qu’on peut dire adieu à la balade au parc ou même à la clope pendant la récré sauf si on veut être trempés jusqu’au slip. Je ne mouille plus mes sous-vêtements depuis assez longtemps, je n’ai pas envie de recommencer, merci.

La sonnerie se fait entendre mais elle ne sonne pas comme une libération cette fois, ça me déprime trop.

-Viens j’ai une idée…

Je lève les yeux vers mon voisin et je me redresse en rangeant mes affaires dans mon sac avant de le suivre bien sagement en me demandant ce qu’il a derrière la tête. On avance en direction des toilettes et deux conclusions me viennent en tête...soit il a envie de démouler un cake, soit il veut me faire une pipe surprise pour passer le temps. Mais je ne l’imagine faire aucun des deux dans les chiottes du lycée en fait, vu qu’il est un peu maniaque... Alors je me contente de le suivre en silence jusque dans le chiotte des handicapés. Quelle idée saugrenue...

Mais la lumière se fait dans ma tête quand je le vois sortir son paquet de cigarettes.... Ben oui, je suis con des fois...

-Tu me passes ton briquet, mon biquet ?

-Tiens ma chouquette, je sais que tu l’adore...


Je lui fais un petit sourire en lui tendant mon superbe briquet Johnny avant de sortir moi-même une clope de mon paquet et de l’allumer une fois que monsieur a fini. Finalement, c’est une idée pas conne du tout.

-C’est mieux que de se faire tremper…. Et j’ai besoin de ça pour affronter Dork et ses logarithmes où je comprends rien

-Je te l’accorde, j’avais moyennement envie d’avoir les cheveux qui font des frisottis...

Je ricane doucement avant de ramener ma cigarette à mes lèvres.

-D’ailleurs tu me feras penser à te ramener mes fiches de maths pour la prochaine fois, je les ai oublié...

Je lui fais une petite moue toute désolée, le pire c’est que je les ai cherché pendant une vingtaine de minutes avant de les retrouver et de les zapper dans un coin de mon bureau... Faut vraiment être con... M’enfin ça va le prochaine devoir est pour dans deux semaines donc si je lui ramène demain ça ne changera pas grand-chose à sa vie.

Nous passons quelques minutes dans notre chiotte des plus accueillants à consumer nos poumons à grand renfort de tabac, sans nous douter que le nuage de fumée que l’on dégage semble attirer quelque chose...Les ennuis surement, parce qu’on aime ça.

Je termine ma cigarette et je jette le mégot dans la cuvette des toilettes, j’attends que Livai fasse de même avant de tirer la chasse et d’ouvrir la porte pour tomber nez à nez avec notre charmant CPE, Rhodes Reiss. Et la grosse gueule de merde de Reiner qui ricane prêt de la porte. Cet enculé... Je vais me le faire...

-Ackerman, Smith, dans mon bureau tout de suite.

Je lance un regard en coin à Livai, celui qui cri qu’on est dans la merde. Enfin, je garde la face quand même, je suis un homme. Je suis donc le bedonnant en soupirant, sans maquer de faire mon regard le plus meurtrier à mon camarade de classe, j’espère qu’il en chie dans son slibard.

-J’aurais sans doute dû me ramener avec un boa finalement...

Je soupire bruyamment jusqu’à arriver au bureau de monsieur où il nous fait entrer. Il s’y assoit et nous regarde en fronçant les sourcils alors que j’en ai déjà marre d’être debout, il pourrait nous faire asseoir le con.

-J’imagine que le règlement concernant la cigarette dans l’enceinte de l’établissement ne vous est pas inconnu n’est ce pas ?

Là...deux choix s’offre à moi, il nous prend pour des cons alors soit je me tais, soit c’est plus fort que moi et j’suis obligé de faire pareil... C’est vraiment tentant... Mais je suis déjà bien dans la merde alors ce ne serait pas très malin...

-Ah...vous savez ça peut arriver de mal comprendre... le français n’est pas une langue facile à maitriser on a vite fait de se tromper...

-Vous me prenez pour un idiot Smith ?

Oui... un peu.




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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   21/4/2017, 21:46

Fais-moi de la place….


feat. Erwin Smith

Les mangas sont une de mes passions principales. J’aime l’idée qu’il n’y a aucune limite dans les scénarios possibles et la diversité des sujets évoqués. Que ce soit du polar, de la baston, du sordide ou du truc mielleux pour fille en mal de romantisme. Il y en a pour tous les gouts. Ajouté à cela la richesse des dessins qui est, pour moi, une mine d’inspiration incroyable. J’ai toujours aimé dessiner. Depuis tout petit. En maternelle déjà les maitresses disaient que j’étais doué et je ne cachais pas ma fierté quand mes œuvres étaient épinglées au mur et couloirs de l’école.

En grandissant j’ai commencé à reproduire les dessins de mes albums. Mes parents m’avaient achetés quelques livres Disney et je m’amusais à reproduire le Roi Lion, Bagherra, ou les dalmatiens. Plus je m’entrainais et plus je progressais. Ça a été ensuite l’invasion planétaire des pokemons et ce fut des petits monstres de poche que je griffonnais sur mes feuilles, mémorisant leur apparence depuis le dessin animé qui passait à la télé. Maintenant il m’arrive encore d’essayer de reproduire des dessins de manga mais je préfère de loin utiliser l’apparence des personnages que je mets en forme avec mon propre style. Je dessine des fan art et je dois avouer que ça m’éclate.

-Bien sûr que je suis désolé, ça se voit non ?

Je lui adresse un regard morose avant de lui coller un petit coup de coude sur le bras. Il est désolé ? avec sa gueule de con en train de se marrer ? J’y crois tellement

« T’es pas désolé du tout ! Tiens pour la peine j’avais prévu de te faire un cadeau mais t’iras te faire foutre »

Enfin je dis ça pour le faire chier mais je le ferai quand même. En vérité j’ai vraiment apprécié l’un des personnages de son manga. Toka, à la fois charismatique et mystérieuse. En rentrant ce soir j’avais prévu de faire un fan art d’elle et de le donner à Erwin vu que je sais que c’est son personnage préféré et qu’il semble bien aimer mes dessins. Après libre à lui d’en faire ce qu’il en veut mais j’ai dans l’idée que ça lui ferait plaisir. Et ça sera l’occasion d’essayer mes nouveaux crayons ! Je me les suis payé avec le petit salaire que j’ai gagné en bossant dans le week dernier. Je suis allée les chercher hier. J’espère vraiment ne pas en être déçu parce que je les ai payé la peau du cul ! 70 balles pour 24 couleurs…. Il se font pas chier quand même mais ce sont des crayons de pro alors j’ai bon espoir d’avoir un rendu impec. Etant donné que je n’ai pas de pc et de tablette graphique, je dessine sur papier et je colorie à la main. Le rendu est moins joli que ce qu’on voit défiler sur Pinterest ou Deviantart mais ça donne un coté authentique je trouve.

Je sors le premier tome de Monster et je le file à Erwin non sans lui balancer quelques recommandations d’usage. Je le fais à chaque fois donc je pense qu’a force il est parfaitement au courant qu’il doit prendre soin de mes affaires. Mais comme c’est un petit merdeux je préfère assurer le coup en me répétant une énième fois

-Oh j’en ai déjà entendu parler, j’voulais lire. Merci... Et t’en fais pas je vais en prendre soin comme jamais... Ton précieuuuux....

…. Sérieux des fois je me dis que ce mec a une case en moins. Et je suis tout aussi débile que lui parce que je ne peux pas m’empêcher de sourire à son imitation foireuse de Gollum. En plus la trilogie du Seigneur des anneaux fait partie de mes films préférés. Je les regarde dès que ça passe à la télé et j’étais aller les voir au ciné avec ma mère. C’était chouette

Alors que Pixis nous rends nos copies j’entends mon voisin s’émerveiller sur la note que j’ai obtenu. Honnêtement je suis un peu surpris aussi. C’est une super note et même si le sujet m’a inspiré je ne pensais pas avoir obtenu autant. Erwin veut lire ma copie. Bah… C’est pas comme si c’était quelque chose de secret. Reiner me l’aurait demandé je lui aurais dit de se foute un doigt dans le cul. Mais Erwin c’est pas pareil… Ça ne me dérange pas. Surtout qu’en retour il me propose d’aller chercher des soucoupes qui piquent au bureau de tabac. J’aime tellement ces bonbons la ! Pour les manger je coupe un bout de la coque et je verse la poudre dans la bouche. Ca pique fort et j’adore. Erwin les mange autrement. Il met toute la soucoupe dans la bouche et la laisse fondre lentement. L’effet piquant est atténué mais c’est marrant de sentir la coquille se décomposer sur le palais.

Du coup j’ai presque hâte d’être à midi pour qu’il aille chercher les soucoupes. Un vrai mioche, je me fais pitié. Tout comme je me fais pitié d’avoir parlé de l’horoscope. A tous les coups il va croire que j’accorde du crédit à ces élucubration astrologiques !

-Comment tu-... Oh... Je vois que monsieur s’y intéresse finalement...

Tiens qu’est-ce que je disais !!

N’importe quoi ! Allez dans ma grande mansuétude je veux bien avouer avoir une fois, et une fois seulement, prit un objet de la chance parce que j’étais dernier au classement. Faut dire que la dernière fois où je me suis retrouvé dernier ca a bardé comme jamais. Trois retenues en une seule matinée et une soirée épouvantable à me faire rouer de coups par mon vieux totalement déchiré… J’ai eu mal partout pendant une semaine. Alors ouais… Je plaide coupable – mais pas à haute voix – et j’ai mis une fois un t-shirt rouge pour éviter d’avoir à revivre une journée si pourrie

Le reste du cours se passe plutôt tranquillement. Entre deux théories de Pixis sur la liberté et ses limites, je m’occupe de refaire la déco de la copie de mon voisin de droite. A force il doit avoir une sacrée collection de dessins dans ses classeurs et ses cahiers. Je le soupçonne même faire exprès de me tenter pour que je griffonne dessus. J’espère pour lui que ses parents ne sont pas du genre à vouloir contrôler ses cours ou lui faire réciter ses leçons… Parce qu’avec des dessins un peu partout ça fait genre le mec pas sérieux branle rien en cours.

La sonnerie retentie et c’est avec une profonde désolation que je remarque la pluie battante qui est en train de ruiner tous mes espoirs de pause clope méritée. Mais je ne vais pas me laisser abattre. Je n’ai pas dit mon dernier mot Jean-Pierre. Du coup j’entraine le beau blond qui me sert de voisin pour l’emmener dans les chiottes. Hors de question que j’aille affronter un cours de maths avec Dork sans avoir ma dose de nicotine au préalable !

Erwin ne semble pas tout de suite comprendre vu les regards intrigués qu’il me balance. Je me demande ce qu’il est en train de s’imaginer dans sa petite tête blonde et gominée. Un truc pas net j’suis sure. Si ça se trouve il pense que je vais lui tailler une pipe dans les chiottes à défaut de pouvoir fumer une clope. Bah là mon gars tu peux toujours courir ! Et puis faire ça dans les chiottes faut être sacrément dégueulasse ! C’est d’un glauque… Na… jamais !

Je nous enferme dans le chiotte handicapé et je réquisitionne son briquet Hallyday. Je ne peux m’empêcher de sourire une nouvelle fois en voyant le briquet en question.

-Tiens ma chouquette, je sais que tu l’adore...


«  Grave…. J’suis fan, je veux le même. Merci mon poussin »


Je lui rends et il m’imite. Je n’aurai peut être pas dû lui dire que je veux le même il serait capable de m’en offrir un, ce crétin.


Putain que ça fait du bien. C’est toujours la première latte la meilleure selon moi. C’est comme une récompense qu’on attendant longtemps et qui arrive enfin.

N’empêche qu’elle est pas si mauvaise que ça mon idée. On est quand même mieux ici que dehors à se faire tremper

-Je te l’accorde, j’avais moyennement envie d’avoir les cheveux qui font des frisottis...

« Dommage…. Je suis sûr que la permanence de style mouton ça t’irait bien »

La représentation mentale d’Erwin avec des bouclette me fairt bien marrer !

-D’ailleurs tu me feras penser à te ramener mes fiches de maths pour la prochaine fois, je les ai oublié...

Ca part contre, ça me fait moins marrer… Non pas qu’il ait oublié les fiches. C’est même carrément sympa de me les prêter. Mais l’idée de replonger dans un cours de maths me prend déjà la tête parce que je sais que j’y comprendrai rien par avancer et que je vais m’énerver dessus pendant des heures avant de finir par balancer mon cahier à travers ma chambre.

«  Je n’y manquerai pas… j’en bande déjà de joie…. »

Je fini ma clope avant de la jeter dans la cuvette. Je laisse Erwin profiter de sa dernière taff et en faire de même. J’ouvre la porte de la cabine avant de me figer en tombant nez à nez avec cette grosse raclure de Reiner accompagné par le CPE…. Putain là j’ai les nerfs. Et l’envie irrépressible de lui foutre mon pain dans la gueule à ce fils de pute.

-Ackerman, Smith, dans mon bureau tout de suite.

Génial…. Pourtant je n’étais pas dernier au classement de l’horoscope moi ! J’étais sixième. Pile au milieu ! J’avais bon espoir que la journée se passe en encombre. Je lève la tête pour envoyer un regard à Erwin qui semble tout aussi abattu que moi. J’ai comme l’impression qu’on est encore bon pour se taper une belle après-midi de colle et cette fois un mot d’excuse ne suffira pas.

En passant devant Reiner je lui adresse mon regard le plus meurtrier et un fuck bien dressé pour bien lui faire comprendre que cette dénonciation ne restera pas impunie. Je ne suis pas con au point d’aller lui péter la gueule à la sortie du bahut, je sais parfaitement que je ne fais pas le poids, mais je ne vais pas le laisser s’en tirer à si bon compte. L’enfoiré putain…

En moins de deux minutes on se retrouve dans le bureau de Reiss. Ca commençait à me manquait ça faisait deux mois que je n’y étais pas venu….

-J’imagine que le règlement concernant la cigarette dans l’enceinte de l’établissement ne vous est pas inconnu n’est ce pas ?


-Ah...vous savez ça peut arriver de mal comprendre... le français n’est pas une langue facile à maitriser on a vite fait de se tromper...

-Vous me prenez pour un idiot Smith ?

Je donne un coup coude dans les cotes d’Erwin pour lui faire comprendre qu’il faut qu’il ferme sa gueule pour une fois dans sa vie. On est déjà dans la merde, pas la peine d’en rajouter. C’est fou comme ce mec a l’art de scier la branche sur laquelle il est assis. Personnellement je n’ai pas du tout envie d’aggraver ma situation. Je vais déjà me faire trucider ce soir ….

« Il ne s’oserait pas voyons…. Il sait parfaitement à quel point vous êtes tout puissant ici ô grand maitre Reiss »

….

Putain mais qu’est ce qui m’a prit bordel de cul… Pourquoi je suis incapable de fermer ma gueule aussi moi ? Du coup je vois son regard qui change du tout au tout. Il m’assassine littéralement alors que sa petite moustache frétille d’une colére grondante. Je le vois se lever pour fouiller dans des armoires métaliques. Il en sort deux dossiers qu’il pose devant lui.

« Ah vous voulez jouez à ça messieurs ? Et bien on va jouer, croyez-moi. »

Je le regarde prendre le premier dossier. De là où je suis-je n’ai aucun mal à voir mon nom écrit en gros sur la couverture. Tel James bond dégainant son arme, je le vois poser sa main sur le combiné de son téléphone et composer le numéro. Je comprends enfin ce qu’il a dans sa tête et les couleurs quittent doucement mon visage. Je palis sous les yeux visiblement ravis de Reiss qui me scrute de son regard mauvais.

« Madame Ackerman ? Bonjour excusez-moi de vous déranger. Rhodes Reiss, CPE du lycée de votre fils. »

Je me raidis et jette un regard à Erwin. Dans mon malheur j’ai de la chance qu’il soit tombé sur ma mère….

« Je suis désolé de devoir vous apprendre par téléphone une mauvaise nouvelle. Votre fils, Livaï, vient d’être surpris dans les toilettes du lycée en train de fumer du tabac. Vous savez, notre règlement interdit ce genre de comportement et il m’a semblé de mon devoir de vous informer des agissements déviants de votre enfant »

Mon regard ne le lâche pas. Je pince les lèvres et serre les poings pour m’empêcher de lui sauter à la gorge afin de lui offrir un ravalement de façade gratos.

Un blanc se fait et je vois Reiss changer de couleur. Son visage devient plus pâle avant de prendre une teinte variant entre le bordeaux et le mauve…. Ha ? Ma mère lui aurait-elle dit quelque chose qu’il n’apprécie pas ?

« Mais enfin Madame Ackerman ! …… bien…… oui…. »

Nouveau blanc et un petit rictus étire mes lèvres. Il croit que je le tiens de qui mon caractère de merde ? Hey pauvre con, les pommes ne tombent jamais bien loin de l’arbre ! Et crois moi, dans mon cas, le pommier peut avoir un caractère bien a chier


« Très bien Madame… Bonne journée à vous »


J’ignore si ma mère sait que je fume ou pas. Je ne lui ai jamais ouvertement avoué mais je pense qu’elle est loin d’être bête et qu’elle a pu le deviner. Je redoute un peu sa réaction. Je sais qu’elle ne va pas me frapper comme le ferait mon père si c’est lui qui avait décroché. Mais je pense ne pas échapper à une remontrance concernant mon comportement…. Fumer c’est une chose qu’elle aura du mal à accepter. Mais le faire dans les chiottes alors que ce geste fait suffirait à me faire renvoyer est encore une autre histoire…

Reiss sourit comme un abrutit avant de raccrocher le combiné. Il ne me dit rien et prends le second dossier celui sur lequel on peut lire «  Smith » en grosses lettres de capitale noires

« A ton tour maintenant, Smith »



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Merci Erwin pour cette sign' so fab...
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MessageSujet: Re: Fais moi de la place | Ft. Erwin Smith |   23/4/2017, 23:55

Fais moi de la place


feat. Livai ♥

Je pense très sincèrement avoir un don pour me foutre dans la merde.

Mais quand je dis dans la merde, c’est pas seulement mettre y mettre le pied et aller essuyer dans un coin d’herbe... C’est sauter à pieds joints et plonger dedans, et si je suis au fond je creuse encore la plupart du temps. Pourtant je sais que je m’en sors assez mal à chaque fois, j’suis pas du genre à passer entre les gouttes... Et pourtant... Pourtant je continue, j’aggrave ma situation, comme à chaque fois.

Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis fait reprendre par mes profs pour mon insolence, où j’ai fini par me battre après avoir envenimé un conflit, toutes les fois où j’ai eu peur de rentrer après que mon père ait appris que je n’étais pas le petit soldat silencieux qu’il veut que je sois et qu’il me force à devenir.

Faut dire, je suis idiot quand même. C’était certain qu’on allait se faire choper avec Livai, et pas seulement parce que je suis dernier du classement, mais parce que j’ai simplement la poisse... Et que cette idée n’était pas si fabuleuse au final. Bon, elle nous a bien arrangés sur le coup, mais on aurait dû deviner que c’était pas super malin, surtout sans vérifier nos arrières...

Je jure que je vais me la faire, cette tête de con de Reiner. Je suis pas violent du tout de base, ni du genre à créer des conflits ou détester les gens, mais je suis très rancunier et il va s’en mordre les doigts. Je ne sais pas encore comment je vais procéder, j’ai pas eu le temps d’y réfléchir, mais bordel j’vais le faire ramper et il me suppliera de lui pardonner. Sauf que non monsieur, non. Je me contenterai de lui foutre ma semelle dans la gueule voilà !!

Enfin, je vais tâcher de garder mon calme pour le moment, et je ne dois pas lui faire voir que cela m’atteint, je me contente de le menacer avec le regard le plus mauvais que je peux fournir... Certains en fond encore des cauchemars, croyez-moi.

On suit donc le petit moustachu avec Livai jusqu’à son bureau qui sent le vieux navet, allez savoir ce qu’il fou la dedans pour dégager une telle odeur... Et forcément ma propension à m’attirer des ennuis fait encore des siennes... Livai me donne un coup de coude, j’imagine que c’est sa manière de me dire de la fermer.

-Il ne s’oserait pas voyons…. Il sait parfaitement à quel point vous êtes tout puissant ici ô grand maitre Reiss...


Je le regarde en me retenant mentalement de rire, même dans une situation comme ça il arrive à sortir des conneries plus grandes que lui... Mais d’un côté j’ai bien envie de lui mettre une petite chique derrière l’oreille, monsieur me donne un coup de coude pour que je me taise afin de pas aggraver notre situation et voilà qu’il prend le relais... Pas un pour rattraper l’autre.

-Ah vous voulez jouez à ça messieurs ? Et bien on va jouer, croyez-moi.

Je retourne mon attention sur le petit gros qui nous sert de CPE. J’sais pas pourquoi mais je le sens pas du tout, surtout quand il commence à sortir deux dossiers avec nos noms, autant dire que ça sent le roussi... Et évidemment nous ne pouvons qu’assister avec impuissance à la scène, le regardant prendre son téléphone de ses doigts gras afin de composer le numéro de dieu sais qui...

-Madame Ackerman ? Bonjour excusez-moi de vous déranger. Rhodes Reiss, CPE du lycée de votre fils.

Je fais soudainement de gros yeux en comprenant ce qu’il est en train de faire... Mon regard passe de Reiss à Livai, puis de nouveau à Reiss... Il n’a pas osé ce gros connard ? C’est une blague ?

-Je suis désolé de devoir vous apprendre par téléphone une mauvaise nouvelle. Votre fils, Livaï, vient d’être surpris dans les toilettes du lycée en train de fumer du tabac. Vous savez, notre règlement interdit ce genre de comportement et il m’a semblé de mon devoir de vous informer des agissements déviants de votre enfant.

J’écoute à peine ce qu’il raconte, à vrai dire j’ai juste l’impression que mon cerveau s’est mit en pause un instant, je n’arrive pas à réfléchir à quoi que ce soit, simplement au fait que mon père sera le prochain après cet appel...

-Mais enfin Madame Ackerman ! …… bien…… oui… Très bien Madame… Bonne journée à vous.

J’ai du mal à ravaler ma salive. Je ne suis pas un mec forcément courageux, mais je ne suis pas non plus du genre à avoir peur de quoi que ce soit, à ma connaissance du moins. Sauf que je sens quelques sueurs froides mouiller le col de ma chemise, j’ai les mains légèrement tremblantes alors que l’image de mon père furieux ne quitte pas mon esprit.

-A ton tour maintenant, Smith.


Je le regarde alors que deux solutions se présentent à moi... Rester de marbre afin de lui faire croire que cela ne m’atteint pas, avec un peu de chance il va se résigner, j’ai espoir... Ou alors je le supplie de ne pas le faire... Mais bon, j’imagine que l’un comme l’autre, ce serait idiot, déjà j’ai ma fierté je vais pas aller le supplier, et puis ça se voit que le mec est trop content de lui pour rebrousser chemin. Il va se branler contre le téléphone une fois qu’on sera sortis de son bureau.

-Faites attention, vous avez les mains tellement moites que le téléphone va glisser, ce serait bête...

Je lui lance un regard de défi alors que je m’enfonce encore un peu, juste un peu. Son nez se retrousse sous la colère de mes propos et il essuie ses mimines sur son pantalon avant de reprendre le combiné pour composer le numéro de chez moi, je n’ai même pas l’esquisse d’un espoir que ma mère réponde, aucune chance qu’elle se lève pour décrocher...

-Bonjour, M.Smith. Je suis Rhodes Reiss, oui je suis le CPE du lycée c’est ça. Je vous appel au sujet d’Erwin.

Je continue de le fixer sans rien montrer de la peur qui me tord les boyaux alors que ma crainte me claque la gueule, c’est bien mon père qui répond. J’essaye de calmer les tremblements de mes mains en les passants dans mon dos afin qu’il n’ait pas la satisfaction de les voir.

-Un camarade de classe l’a retrouvé dans les toilettes avec un de ses amis en train de fumer du tabac, il est venu m’en prévenir et j’ai pu constater les faits de moi-même. C’est un fait d’autant plus regrettable qu’il est formellement interdit de consommer ce genre de produits dans l’enceinte du lycée... Oui en effet... Oui monsieur c’est bien ça.

Ah... cela sonne comme la douce mélodie d’un compte à rebours, je sais déjà que mes jours sont compter, et que je vais surement y passer lorsque je franchirais la porte de notre noble demeure... Je baisse les yeux afin de fixer la moquette pour reprendre contenance alors que plus la conversation se rallonge, plus je sens la peur me tirailler... Je ne regarde pas Livai, je n’ai pas envie de lui montrer cette facette de moi, je dois avoir l’air assez minable comme ça, pas la peine d’en rajouter.

-D’autre part, je tiens à signaler que son comportement insolent est à la limite de l’irrespect, envers ma personne comme certains professeurs... Oui tout à fait... Euh... Non ce n’est pas possible, il a encore cours vous ne pouvez pas venir le chercher... Très bien, au revoir Monsieur Smith.

Il raccroche et nous sourit alors que je relève les yeux vers lui.

-Bien vos parents sont donc prévenus, et vous aurez également des heures de colle. Je vais en discuter avec M.Zackley afin de savoir combien vous en méritez. Vous pouvez aller à la vie scolaire chercher un billet de retard avant de retourner en cours, au revoir messieurs.

Je ne le regarde même pas avant de sortir de la pièce en claquant la porte contre le pauvre mur qui n’a rien demandé à personne. La peur se mélange à la colère en moi, mais je reste silencieux. Je dois dire que pour une fois, je n’ai pas envie de parler moi qui suit si bavard en temps normal, je n’ai même pas une blague de merde afin de détendre l’atmosphère. Nous allons donc à la vie scolaire avec Livai avant de retourner en cours.

Malheureusement cette humeur ne me quitte pas de la journée, et j’ai à peine décroché quelques mots à mon voisin, faut dire que lui non plus n’avait pas l’air d’humeur alors cela nous a sans doute arrangé tous les deux. Nous sommes restés comme deux cons assis dans les escaliers durant le temps de midi, vu que nous n’avions pas faim, partageant simplement une paire d’écouteurs pour la musique, sans un mot. De toute façon il n’y avait rien à dire, on se comprenait très bien comme ça, bien qu’il ne se doute pas d’à quel point je suis dans la merde...

La journée passe que trop rapidement à mon gout, bien que chaque minute me parue d’une longueur incroyable tellement c’était ennuyeux... Je passe par les casiers à la dernière sonnerie afin d’y déposer mon paquet de cigarettes, il est presque plein et ce serait dommage que mon père le foute en l’air, donc je conserve au moins ça...

Je salue Livai avant de prendre la direction du métro où je m’engouffre avec un peu de peine vu que c’est l’heure de pointe, et j’en viens même à prier pour qu’il se crache avant d’arriver... C’est idiot je sais. Je ne sais même pas si je suis content que ce ne soit pas le cas lorsque j’arrive saint et sauf à mon arrêt et que je remonte à la surface. Je pense n’avoir jamais mis autant de temps pour faire les quelques mètres qui me séparent de chez moi. Je sonne pour que quelqu’un ouvre le portail et je tremble à nouveau lorsque ma main se pose sur la poignée de la porte pour l’ouvrir.

J’ai à peine le temps de rentrer que je vois déjà mon père arriver au bout du couloir, je capte son regard, et je comprends tout de suite, cette fois ne sera pas comme les autres. Il s’approche en grandes enjambées et m’attrape par les cheveux en me forçant à me baisser à sa hauteur, vu qu’il est un peu plus petit que moi.

-Tu peux m’expliquer l’appel que j’ai reçu ce matin ? Hein ?? Tu peux ?

Je ne réponds pas, de toute façon j’imagine que c’était une question rhétorique, je n’ai pas d’explications à donner vu que le charmant Reiss a très bien décris ce qu’il s’est passé... Mon père tire un peu plus et hausse la voix.

-J’ai été gentil avec toi jusqu’à présent Erwin, mais je ne supporte plus ton comportement ! C’est quoi ton but ? Nous ridiculiser ? Tu en a pas assez fait jusqu’à maintenant ?

Il finit par me lâcher en me poussant contre la commode juste à côté. Je ne le regarde pas alors que je sens la colère qui monte en lui, la tension est palpable et mon cœur se serre sous la peur, mais aussi à ses propos qui arrivent à me blesser alors que je pensais encore que je n’en avais rien à cirer de ce qu’il pouvait me dire.

Je le vois repartir, sans doute dans sa chambre chercher la ceinture... J’en profite pour retirer mes chaussures, je ne vais pas salir partout alors que Kuchel se donne du mal pour garder cet endroit propre comme un sou neuf. Je retire aussi ma veste que j’accroche au porte-manteaux et j’avance dans le couloir alors que j’entend mon père m’appeler au loin, ou plutôt hurler mon prénom... J’approche de la provenance de la voix alors qu’il me fusille du regard.

-Déshabille-toi, je vais t’apprendre moi ! Ca te passera sans doute l’envie de répondre à tes profs ou de fumer !

Je pince les lèvres et je défais les boutons de ma chemise avant de la poser sur son lit pour venir contre le mur comme d’habitude... Sauf que cette fois le premier coup est pire que les autres, plus puissant... Je serre les dents alors qu’un gémissement m’échappe, je ne m’étais pas attendu à ce qu’il y aille aussi fort. Rapidement, un deuxième puis un troisième coup suivent...

Je serre les poings contre le mur afin de me contenir. Je refuse toujours de lui montrer le moindre signe de douleur, je refuse qu’il pense réussir à me soumettre aussi facilement, même si dans les faits c’est le cas. Il ne s’arrête pas et continue de me ruer de coups, j’ai mal, c’est plus douloureux que d’habitude... Aussi bien physiquement que mentalement, j’ai l’impression qu’il me déteste et qu’il ne se gêne pas pour me le faire comprendre....

-Je n’aurais jamais du accepter de t’inscrire dans cette école ! Mais bien sur il a fallu que tu fasses encore des caprices, comme si je n’en faisais pas assez pour toi. C’est le service militaire qui te ferait du bien !

Je ferme les yeux pour me concentrer et empêcher quelques larmes de douleur de se pointer, j’essaye de ne pas l’entendre alors qu’il renforce ses coups sous mon manque flagrant de réactions... Mes jambes tremblent légèrement, je sens bien que mon corps n’en peux plus alors que la douleur me donne l’impression que mon dos va se casser ou que je vais m’écrouler.

Je m’attends à son prochain coup... qui n’arrive jamais. Pourtant il n’avait pas l’air d’avoir terminer... J’ouvre les yeux et je regarde par-dessus mon épaule pour voir Kuchel, notre femme de ménage, retenir le bras en l’air de mon père malgré sa petite taille. Je peux constater que ses joues sont mouillées de larmes et ses sourcils froncés, formant un mélange de tristesse et de colère sur son visage d’habitude si doux.

-Arrêtez monsieur. Il saigne, ça suffit maintenant... Je ne peux pas vous laisser faire ça...

Elle soutient son regard alors que mon père la fusille littéralement du regard, elle a de la chance si elle ne se fait pas virer après ça. Il se défait de son emprise et me lance la ceinture dessus sans ménagement avant de quitter la pièce, furieux comme jamais. J’attends qu’il parte pour finalement me laisser tomber sur les genoux, mes jambes n’arrivant plus à me porter. Kuchel accourt vers moi et se positionne en soutient sous mon bras, je la regarde dans les yeux, elle et son visage inquiet, avant de fondre en larmes tout en passant mes bras autour de son corps tout frêle.

Elle passe sa main dans mes cheveux et les caresse doucement, avec une profonde tendresse.

-Chut... Calme-toi... Ca va aller... On va te soigner, et après on va boire un bon café... S’il te plait Erwin, arrête de pleurer...



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